A très vite dans le réel pour de la convivialité

Internet est-il un bienfait ou un poison mortel ? Nous pouvons poser la même question pour beaucoup d'autres choses, par exemple : l'école sert-elle l'éducation ? La médecine, la santé ? La voiture, le transport efficace ? Non, pour chacune de ces choses et bien d'autres, l'homme dépasse malheureusement toujours un seuil critique qui lui fait perdre les vertus qu'il recherchait initialement. Oui, je me situe totalement sur la même ligne que Ivan Illich.

Internet tue aujourd'hui la convivialité, comme l'école, tue l'éducation. Il faut maintenir fermement Internet à sa place de pivot. On ne débat pas sur Internet, on ne parle pas sur Internet, on ne se rencontre pas sur Internet. Sur Internet, on se file rencard pour se voir en vrai, c'est (à peu près) tout.

Quand on pense à un site comme wikipédia, on voit bien par exemple que la force encyclopédique d'Internet risque d'être longtemps tentante.

Bernard Stiegler nous propose de faire de la pharmacologie positive numérique pour faire en sorte d'avancer avec la face remède d'Internet et de trouver comment annihiler sa toxicité. C'est peut-être un peu ce qu'on compte faire avec cette page, mais il n'empêche, c'est surtout la pharmacologie de nos outils de rencontre réelle qu'on veut effectuer.

Internet doit être : "la cerise sur le gâteau", donc, il faut d'abord un gâteau, mais y'a pas de gâteau, tout est verrouillé, empêché, stérilisé, partout, et personne ne réagit. Chers amis, faisons le gâteau.

On ne pose au final qu'une seule question (plusieurs en une) :

  • Pourquoi est-ce que nous ne pouvons pas nous TRANSINDIVIDUER dans l'espace public ?
  • Pourquoi n'y a-t-il pas d'espace public ? ("la mise en commun des actes et des paroles" Arendt)
  • Pourquoi la parole est-elle éternellement aristocratisée et gérée de façon oligarchique ? (Alors que la vraie révolution est, et sera toujours, quand le peuple se met à PARLER, à se RENCONTRER ( = la philia), et à formuler "ce qui ne va pas" et "ce qu'il désire").
  • Pourquoi part-on toujours du principe qu'il y aurait 1000 personnes avec un cerveau, un savoir, des choses à dire, et une capacité de parole dans ce pays ??!!!!?
  • Pourquoi continue-t-on de se laisser berner par les statuts, les grades, les titres, les diplômes, alors que le vieux monde n'est pas viable ?!
  • Pourquoi y'a-t-il des milliards et des milliards de rétentions tertiaires virtuelles d'un côté et l'impossibilité de se rencontrer de l'autre ?
  • Pourquoi les gens partagent-ils ce qu'ils savent, aiment, pensent, conçoivent, souffrent, font, sur Internet et pas en vrai, là où ils sont, en présenciel, HIC ET NUNC ?
  • Pourquoi, partout, des petites oligarchies organisatrices PRIVATISÉES qui se la pètent, "FONT VENIR LA PERSONNE CONNUE - L'ARISTOS DE LA CHOSE" et NE REGARDENT JAMAIS, ET NE METTENT JAMAIS EN ŒUVRE, LA RICHESSE HUMAINE QU'IL Y A AUTOUR D'EUX ?

Nombreux sont ceux qui aiment dire que "les choses avancent", mais c'est faux, on est toujours au point zéro, car on avance uniquement quand on peut cheminer ensemble, quand on peut se transindividuer (et je ne crois pas à cette transindividuation virtuelle, qui nous conduit tous à vivre par écran interposé) et on ne peut que constater le recul net de la philia (peurs, parano, caméras de VS, difficultés pour se parler, pour se mettre d'accord, pour partager, pour échanger, etc.).

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Depuis des années, voire depuis toujours, mon but est la philia locale et de rester non-puissant, de ne jamais avoir d'autorité ou de pouvoir sur quiconque, de ne prendre la place de personne, de ne représenter personne, de ne parler qu'en mon nom propre (et de corrélativement, n'être jamais représenté par quelconque kratos extérieur à moi). Depuis des années mon but, ma direction, n'est pas MON expression, mais l'expression de tous, celle du peuple, de faire en sorte que ceux qui ne parleraient pas, parlent. Je n'ai jamais voulu être "choisi", "préféré", "tirer mon épingle du jeu", "me faire une place", car c'est l'égalitarisme qui m'anime au plus profond de mon être. J'ai toujours tenu bon sur ces principes premiers (certains, rares clairvoyants, heureusement, le voient et le savent) et je tiendrai toujours. Aussi, il m'est devenu insupportable que certains autres cherchent souvent à dénoncer une volonté de puissance ou d'autoritarisme de ma part, quand cette puissance est de fait et de volonté, absente, et quand ces mêmes personnes ne s'attaquent jamais de la même manière à leurs vrais maîtres. La majorité des humains organisent leur puissance, alors il est souvent difficile à cette majorité de comprendre qu'on puisse faire exactement l'inverse.

Pourtant l’œuvre de non-puissance, couplée à l’œuvre de l'esprit restera toujours le seul véritable chemin de la réalisation de soi. Cette page renverra donc au local et vous donnera constamment rendez-vous pour de la convivialité et du militantisme radical pour abattre définitivement le vieux-monde, dans la non-violence et les jus de fruits et légumes.

Je place tout ce qui vient et tout ce qui est, dans le Christ et dans Athéna. Tout le monde souffre, il faut en finir avec l'apocalypse.

Alors, chers amis, courage, à bientôt en vrai.

Sylvain Rochex