Proposition de rachat collectif de terre ou de bâtiment à vocation citoyenne.

systèmeLes idées pour avancer et pour construire, nous les avons depuis belle lurette, et elles se précisent davantage chaque jour au fil de nos réflexions.

Pourtant…

Si nous continuons à évoquer les multiples solutions possibles pour sortir de l'impasse dans laquelle nous nous trouvons, sans pouvoir réaliser, concrétiser le moindre petit rêve à dimension collective, nous risquons de perdre notre précieuse énergie et notre motivation à construire ensemble.

Si le seul lieu de rencontre réel dont nous disposons reste une salle communale gérée par les pouvoirs dits publics ou une quelconque association,  et si nous devons, toujours, demander  une autorisation ponctuelle et sans cesse renouvelable pour ce qui est une composante essentielle de la société humaine : la rencontre et le partage, nous ne pourrons malheureusement pas mettre en œuvre  tous les rêves au service du bien commun qui nous animent.

Nous avons le pouvoir de la parole, concédé le temps d'une rencontre, mais la parole reste creuse si elle n'est appuyée par un geste concret.  Or, le passage à l'acte reste lui aussi, en second lieu et de manière encore plus pénétrante, contrôlé et soumis à autorisation de l'oligarchie politique. Il n'existe aucun espace où les élans collectifs et citoyens puissent se déployer librement. Cette situation génère beaucoup de frustration, de renoncement et de résignation face à toutes les initiatives avortées avant même d'avoir pu germer. On se retourne vers la sphère privative, dans laquelle la composante sociale de notre être ne peut s'épanouir, et nous souffrons tous de cela.

Il manque donc désormais un support matériel pour déployer notre imaginaire et matérialiser nos aspirations communes.

Aujourd'hui, inutile d'attendre de la part des élus une quelconque coopération. Quand bien même la personne serait animée de la meilleure volonté qui soit,  sa fonction d'élu s'inscrit dans un système pyramidal que nous cherchons à voir évoluer vers un fonctionnement  horizontal. Les décisions, irrémédiablement, seront prises par un tout petit nombre qui n'est pas du tout représentatif de l'ensemble de la population, puisque la population ne s'exprime pas et n'a aucun pouvoir décisionnaire.

Nous n'avons  pas les moyens physiques de nous rassembler, de peser sur les choix politiques, de construire ensemble.

L'espace public étant privatisé, ne pourrait-on pas rendre public ce qui aujourd'hui est privé, pour commencer à bâtir ensemble une société plus égalitaire où l'intelligence collective puisse s'épanouir?

Cette conduite évite la confrontation avec les élus, l'éternelle attente de leur consentement, et permet une relative autonomie dans la réalisation d'une aspiration commune. La notion de responsabilité juridique partagée apparaît aussi. Il paraît impensable que dans une vie publique décidée par le plus grand nombre d'habitants d'une commune, la responsabilité d'une action repose sur les seules épaules d'un maire. Cette charge freine et empêche bien des initiatives également, par peur des lourdes sanctions qui peuvent apparaître injustement quand une personne supporte juridiquement le poids de la collectivité. Plus le nombre de propriétaires d'un lieu est important, plus la responsabilité est diluée, ce qui ne signifie en rien qu'elle s'efface mais qu'elle est supportée par tous.

PROPOSITION :

On pourrait racheter collectivement une terre ou un bâtiment, avec le plus grand nombre possible de propriétaires pour diluer la propriété au profit de l'espace public.

Nous sommes maintenant nombreux à connaître ce proverbe amérindien :

Quand le dernier arbre aura été coupé, quand la dernière rivière aura été empoisonnée, quand le dernier poisson aura été attrapé, seulement alors, l'Homme se rendra compte que l'argent ne se mange pas.

Avant d'en arriver là,  pourrait-on transformer de nouveau l'argent en terre, en arbre et en poisson, et inverser la prophétie ?

Les prochains axes de conversation doivent converger vers la réappropriation collective du foncier, et tout le reste viendra, dans un joyeux bazar enthousiaste. Un hectare de terre mis au service de tous, peut constituer le point zéro d'une vie citoyenne concrète. L'esprit sans la matière n'est pas complet…

A suivre très bientôt...

 (Illustration de notre ami Andrea Echorn)

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