I) « Tout mouvement de libération de l'homme ne saurait plus passer maintenant que par une déscolarisation.»

Ivan Illich

II) « L'oppression des enfants est première, et fondamentale. Elle est le moule de toutes les autres. »

Christiane Rochefort

III) « Quels enfants allons-nous laisser à la planète ? »

Jaime Semprun

IV) « Non plus créer des écoles alternatives, mais des alternatives à l’école »

John Holt

V) « Notre principale menace aujourd'hui est le monopole mondial de domination scolaire sur l'esprit des hommes. »

Everett Reimer

VI) « Ce qui me paraît le plus insupportable, c'est que l'école me séparait de moi-même. »

Christian Bobin

VII) « Plus l’homme se connaît par la voie officielle, plus il s’aliène »

Raoul Vaneigem

VIII) « Je perçois l'école non pas comme une institution qu'il faut réformer et perfectionner, mais comme une prison qu'il faut détruire. »

Cornélius Castoriadis

IX) « Ce qui abrutit le peuple, ce n'est pas le défaut d'instruction mais la croyance en l'infériorité de son intelligence. »

Jacques Rancière

X) « Prisonnier de l'idéologie scolaire, l'être humain renonce à la responsabilité de sa propre croissance et, par cette abdication, l'école le conduit à une sorte de suicide intellectuel. » Ivan Illich

XI) « Les hommes qui s'en remettent à une unité de mesure définie par d'autres pour juger de leur développement personnel, ne savent bientôt plus que passer sous la toise.» Ivan Illich

Site connexe : débordelisation.

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Nexus

COUV NEXUS 108 WEBOn parle de nous (interview) dans le numéro 108 de Nexus de Jan/Fév 2017

Dossier « Déscolariser la société »

moinsOn a participé au dossier sur la déscolarisation du numéro 24 (août/sept 2016) du journal romand d'écologie : - Moins

L'école de la peur (texte complet)

ecoledelapeur

Attention aux méprises !

Nous ne sommes pas pour l'Instruction En Famille (IEF) sauf comme solution temporaire, celle-ci est inégalitaire et faire la part belle à une autre institution de l'ordre adulte presqu'autant problématique que l'école (si ce n'est plus !) Pourquoi toujours penser les choses en terme de systèmes fermés ?

Notre revendication se situe sur les communs et un monde ouvert : établir des écoles libres (chacun est libre d'y aller quand il veut), égalitaires (chacun peut intervenir pour enseigner), communales, citoyennes, gratuites, débarrassées de l'État, dans les espaces publics et communs, autogérées.

Bibliographie déscolarisation

Une société sans école
Ivan Illich
Mort de l'école
Everett Reimer
Le maître ignorant
Jacques Rancière
Comme des invitées de marque
Léandre Bergeron
Les apprentissages autonomes
John Holt
Pour décoloniser l'enfant
Gérard Mendel
Avertissement aux écoliers et aux lycéens
Raoul Vaneigem
Apprendre sans l'école
John Holt
Et je ne suis jamais allé à l'école
André Stern
La fin de l'éducation ? Commencements.
Jean-Pierre Lepri
Insoumission à l'école obligatoire
Catherine Baker
L'école de Jules Ferry, un mythe qui a la vie dure
Jean Foucambert
De l'éducation
Jiddu Krishnamurti
Pour l'abolition de l'enfance
Shulamith Firestone
L'école mutuelle, une pédagogie trop efficace ?
Anne Querrien
L'enfant et la raison d'Etat
Philippe Meyer
Le pédagogue n'aime pas les enfants
Henri Roorda
Les enfants d'abord
Christiane Rochefort
Les cahiers au feu
Catherine Baker
La fabrique de l'impuissance 2, l'école entre domination et émancipation
Charlotte Nordmann
La fabrique scolaire de l'histoire
Laurence de Cock et Emmanuelle Picard
L'école contre la vie
Edmond Gilliard
Libres enfants de Summerhill
A.S. Neill
Soumission à l'autorité
Stanley Milgram
Si j'avais de l'argent, beaucoup d'argent, je quitterais l'école
Une éducation sans école
Thierry Pardo
La véritable nature de l'enfant
Jan Hunt
C'est pour ton bien
Alice Miller
L'herméneutique du sujet
Michel Foucault
Ni vieux ni maîtres
Yves Le Bonniec et Claude Guillon
L'individu et les diplômes
Abel Faure
La domination adulte
Yves Bonnardel
Encore heureux qu'on va vers l'été
Christiane Rochefort
S'évader de l'enfance
John Holt
Inévitablement (après l'école)
Julie Roux

Article en avant

mamandeserie

Global larcin

Le monde est un grand larcin, un grand accaparement très diversifié, chacun son butin :

Les Élus volent le pouvoir.

Les universitaires volent l'université.

Les professeurs volent l'apprendre.

Les bibliothécaires volent les bibliothèques.

Les propriétaires volent la terre.

Les patrons volent la force de travail.

Les médecins volent la médecine.

Les médias volent l'information. ... etc. (S.R.)

Scolarisation du monde (le film)

schooling the worldAvec sous-titres Fr (bouton CC)

Outil n°1 pour lever le voile

etymosvignette

Les deux faces de la même médaille

mairieecoled

Cliquez sur l'image pour l'agrandir dans un onglet

Article du 30/08/2015

Un document exceptionnel !

millecitations

Nos liens Illustrateurs

Émissions en direct sur une radio locale

LE MONDE ALLANT VERS..., un jeudi sur deux à 19h30, sur la petite radio locale : RADIO GRÉSIVAUDAN.

Vous pouvez écouter ces émissions en rejoignant le site internet de Radio Grésivaudan ou en ouvrant votre radio sur la bonne fréquence.

Générique de l'émission :

Participez en direct en appelant le :

04 76 08 91 91

Accéder aux archives des émissions sur le site de Radio Grésivaudan.

Et si la cause des causes était l'absence d'architecture spirituelle chez chacun ? --> Ecoutez l'émission sur "La Citadelle" :

Fallait oser...

« L'enfant a droit à une éducation gratuite et obligatoire. »

Charte des droits de l'enfant de l'UNESCO

Bossuet nous disait :

« Il n'y a point de plus grand obstacle à se commander soi-même que d'avoir autorité sur les autres. »

 Professeurs, déscolarisez-vous !

« Les enfants ne sont pas seulement extrêmement doués pour apprendre; ils sont bien plus doués pour cela que nous. En tant qu'enseignant, j'ai mis beaucoup de temps à le découvrir. J'étais un enseignant ingénieux et plein de ressources, habile à élaborer des séquences de cours, des démonstrations, des outils de motivation et tout ce galimatias. Et ce n'est que très lentement et douloureusement - croyez-moi, douloureusement ! - que j'ai réalisé que c'était quand je me mettais à enseigner le moins que les enfants se mettaient à apprendre le plus. »

John Holt

Corollaire ou conclusion de cette idée de Holt : si on enseigne à l'E.N., c'est donc pour propagander, détourner, aliéner.

 

Les citations du jour

Citations du jour

Citation du jour : un extrait de « L'insurrection qui vient »

millecitations

 

La France est un produit de son école, et non l’inverse. Nous vivons dans un pays excessivement scolaire, où l’on se souvient du passage du bac comme d’un moment marquant de la vie. Où des retraités vous parlent encore de leur échec, quarante ans plus tôt, à tel ou tel examen, et combien cela a grevé toute leur carrière, toute leur vie. L’école de la République a formé depuis un siècle et demi un type de subjectivités étatisées, reconnaissables entre toutes. Des gens qui acceptent la sélection et la compétition à condition que les chances soient égales. Qui attendent de la vie que chacun y soit récompensé comme dans un concours, selon son mérite. Qui demandent toujours la permission avant de prendre. Qui respectent muettement la culture, les règlements et les premiers de la classe.Même leur attachement à leurs grands intellectuels critiques et leur rejet du capitalisme sont empreints de cet amour de l’école. C’est cette construction étatique des subjectivités qui s’effondre chaque jour un peu plus avec la décadence de l’institution scolaire. La réapparition, depuis vingt ans, de l’école et de la culture de la rue en concurrence de l’école de la République et de sa culture en carton est le plus profond traumatisme que subit actuellement l’universalisme français. Sur ce point, la droite la plus extrême se réconcilie par avance avec la gauche la plus virulente. Le seul nom de Jules Ferry, ministre de Thiers durant l’écrasement de la Commune et théoricien de la colonisation, devrait pourtant suffire à nous rendre suspecte cette institution. Quant à nous, lorsque nous voyons des profs issus d’on ne sait quel « comité de vigilance citoyen » venir pleurnicher au 20-Heures qu’on leur a brûlé leur école, nous nous souvenons combien de fois, enfants, nous en avions rêvé. Lorsque nous entendons un intellectuel de gauche éructer sur la barbarie des bandes de jeunes qui hèlent les passants dans la rue, volent à l’étalage, incendient des voitures et jouent au chat et à la souris avec les CRS, nous nous rappelons ce qui se disait des blousons noirs dans les années 1960 ou, mieux, des apaches à la « Belle Époque » : « Sous le nom générique d’apaches – écrit un juge au tribunal de la Seine en 1907 –, il est de mode de désigner depuis quelques années tous les individus dangereux, ramassis de la récidive, ennemis de la société, sans patrie ni famille, déserteurs de tous les devoirs, prêts aux plus audacieux coups de mains, à tous les attentats contre les personnes ou les propriétés. »
Ces bandes qui fuient le travail, prennent le nom de leur quartier et affrontent la police sont le cauchemar du bon citoyen individualisé à la française : ils incarnent tout ce à quoi il a renoncé, toute la joie possible et à laquelle il n’accédera jamais. Il y a de l’impertinence à exister dans un pays où un enfant que l’on prend à chanter à son gré se fait inévitablement rabrouer d’un « arrête, tu vas faire pleuvoir ! », où la castration scolaire débite à flux tendu des générations d’employés policés. L’aura persistante de Mesrine tient moins à sa droiture et à son audace qu’au fait d’avoir entrepris de se venger de ce dont nous devrions tous nous venger. Ou plutôt dont nous devrions nous venger directement, là où nous continuons à biaiser, à différer. Car il ne fait pas de doute que par mille bassesses inaperçues, par toutes sortes de médisances, par une petite méchanceté glacée et une politesse venimeuse, le Français ne cesse de se venger, en permanence et contre tout, de l’écrasement à quoi il s’est résigné. Il était temps que le nique la police! prenne la place du oui, monsieur l’agent! En ce sens, l’hostilité sans nuance de certaines bandes ne fait qu’exprimer d’une manière un peu moins feutrée que d’autres la mauvaise ambiance, le mauvais esprit de fond, l’envie de destruction salvatrice où ce pays se consume.

Extrait de « L'insurrection qui vient » de notre bibliographie déscolarisation et de nos « 1000 citations contre l'école».

Citation du jour : L'observateur modifie toujours l'observé

millecitationsUn point crucial sur l'aberration du système scolaire, et en particulier sur le système de l'évaluation/contrôle, sous forme d'une loi physique évidente qu'il me faudra rajouter à ma « Géométrie Scolaire » est que l'observateur modifie l'observé.

C'est une loi que je connaissais bien dans le cadre des ateliers théâtre et de la théorie du théâtre. C'est une loi que nous connaissons tous assez douloureusement. Dans la vie, quand nous sommes observés ou quand nous nous sentons observés : si nous ne perdons pas nos moyens, nous nous sentons en tout cas autre et plus faible la plupart du temps, ou à l'inverse très très fort. C'est effectivement un des enjeux de la pratique scénique au théâtre que de plutôt transformer le fait d'être observé en force par une forme de contre-pied violent de la pente naturelle qui serait la faiblesse : sur une scène, soit on meurt, soit on se dépasse soi-même en étant le plus soi-même possible...

La faiblesse quand nous sommes observés provient du crédit que l'observateur nous donne au début de l'observation dont nous avons très peur qu'il périclite. C'est ce qu'on nomme au théâtre, le trac. La situation scolaire ainsi que la situation familiale, où nous sommes continuellement et horriblement observés, nous fait presque tous passer l'enfance en ayant le trac. C'est aussi cette continuelle observation qui condamne "le souci de soi" en situation scolaire (je suis toujours en train de préparer un article : "de l'impossibilité du souci de soi en situation scolaire").

Je voulais donc sur ce sujet de l'observation assassine donner une citation de Christiane Rochefort :

On ne peut pas mesurer une chose qu'on modifie par sa propre présence. Ça c'est la Loi d'Indétermination, qui porte aussi le joli nom de Relation d'Incertitude, posée par Heisenberg il y a longtemps déjà mais elle a du mal à rentrer car elle gêne beaucoup de monde. Cette loi dit : l'observateur modifie l'observé. Elle dérange déjà pas mal les physiciens. Mais pour lesdites Sciences Humaines elle est une vraie catastrophe, elle leur retire carrément de sous les pieds le tapis épistémologique, c'est-à-dire qu'elle limite à quasi-zéro leur droit de connaître et d'affirmer. Car, l'observé étant humain, il est tellement modifié par son observateur que l'observation est sans valeur scientifique. Alors quand l'observateur a pouvoir sur l'observé ! Par exemple quand l'avenir entier de l'enfant testé dépend du testeur ! C'est drôle qu'on évite généralement de soulever ce petit point.

Christiane Rochefort, extrait de « Les enfants d'abord » de notre bibliographie déscolarisation et de nos « 1000 citations contre l'école».

Citation du jour : « On apprend à faire quelque chose en le faisant.»

millecitations

L'autre idée répandue et fausse qui se cache derrière le mot "apprentissage", c'est qu'apprendre et faire seraient deux types d'actions différentes. Ainsi, je joue du violoncelle seulement depuis quelques années. J'adore cet instrument, je passe des heures à en jouer, je travaille dur les morceaux et j'espère un jour les jouer bien. La plupart des gens diraient que ce que je fais, c'est "apprendre à jouer du violoncelle". Notre langue ne nous donne pas vraiment d'autre façon de l'exprimer. Or ces mots introduisent dans notre esprit l'idée étrange qu'il existerait deux processus très différent l'un de l'autre : apprendre à jouer du violoncelle et jouer du violoncelle. Cela impliquerait que je doive d'abord suivre le premier jusqu'à son terme ; et qu'ensuite seulement je pourrais commencer le second. En quelque sorte, il me faudrait "apprendre à jouer" jusqu'à ce que j'aie "fini d'apprendre", et ensuite seulement je pourrais commencer "à jouer". Bien sûr c'est un non-sens. Il n'y a pas deux processus, mais un seul. On apprend à faire quelque chose en le faisant. Il n'y a pas d'autre méthode.
 
John Holt, de notre bibliographie déscolarisation et de nos « 1000 citations contre l'école»
.

Appliquée à la philosophie, l'idée de John Holt ci-dessus a une saveur toute particulière et fait le lien avec l'article du 3 février dernier : "Philosophie et vie philosophique". En effet, essayez donc de remplacer "le violoncelle" par "la philosophie" dans le propos ci-dessus, c'est intéressant...

Pourtant ils sont nombreux, justement, à "apprendre" une ribambelle de philosophies : le socratisme, le stoïcisme, l'épicurisme, le cynisme antique et différents ascétismes de toutes sortes. Ils sont nombreux à "apprendre" Foucault, Deleuze, Gorz, Guattari, Weil, Castoriadis,... et tous les autres. Ils sont nombreux à "apprendre" aussi tous "les anarchismes", à "apprendre" même, "la révolution", "l'autonomie" et "l'émancipation des masses", etc. Certains aussi, "apprennent" le Christianisme...

Ce que le passage sélectionné de John Holt ne dit pas, c'est ce qu'il se passe quand ces gens ont "fini d'apprendre" et se mettent à faire : ils s'érigent en maître absolu, et comme ils n'ont pas appris en faisant, ils sont les maîtres d'un savoir-mort, d'un faux-savoir, ce sont "les parvenus". Cela rejoint donc aussi le sujet de parvenir, de l'obsession du devenir et de l'ambition qu'on aborde souvent sur ce site. 

Pourtant, toutes ces philosophies et ascétismes sont clairs et quasi univoques (en dehors de leurs antagonismes pour que les universitaires aient de quoi perdre leur temps) : accepter son néant, consentir à n'être rien, avouer son ignorance, se connaître soi-même, avoir le souci de soi, prendre soin de soi-même et des autres, vivre simplement, sobrement, en accord avec la nature. Rechercher l'autonomie individuelle et collective. Rejeter la compétition, l'argent, la propriété privé, les biens matériels. Cultiver la non-puissance. Rechercher la vérité, s'établir dans la skholè. Pratiquer la parrhésia. Vivre en accord avec sa conscience, ne jamais se compromettre pour s'élever socialement. Vivre pauvre et libre plutôt que riche et à genoux. Se mettre au service des autres. Accueillir l'autre, l'étranger, à sa table. Rechercher l'harmonie des contraires. Etc.

Souvenez-vous peut-être de la fois où vous avez "appris" à changer une roue de vélo... ou même simplement de quand vous avez "appris" à FAIRE du vélo. Étiez-vous assis sur une chaise ?

Et de quand vous avez appris parler... étiez-vous silencieux ?! ... Et de quand vous avez "appris" à FAIRE l'amour .... ? Est-ce que c'était devant un film porno ?! ... Aviez-vous vraiment réussi à "apprendre" à embrasser quelqu'un avec le pli de votre coude ou le museau de votre chat ?!!

Eh bien, pour "apprendre" la philosophie, c'est pareil, il faut embrasser "la vie philosophique", à pleine bouche.

Citation du jour : nocivité de l'éducation

millecitations

Ma conviction de la nocivité de l’éducation repose sur les constatations suivantes : tous les conseils pour l’éducation des enfants trahissent plus ou moins nettement des besoins de l’adulte, nombreux et divers, dont la satisfaction n’est pas nécessaire au développement de l’enfant et de ce qu’il y a de vivant en lui, et par surcroît l’entrave. Cela vaut même pour les cas où l’adulte est sincèrement persuadé d’agir dans l’intérêt de l’enfant.  Parmi ces besoins, il faut compter : premièrement, le besoin inconscient de reporter sur un autre les humiliations que l’on a soi-même subies dans le passé ; deuxièmement, le besoin de trouver un exutoire aux affects refoulés ; troisièmement, celui de posséder un objet vivant disponible et manipulable ; quatrièmement, celui de conserver sa propre défense, c’est-à-dire de préserver l’idéalisation de sa propre enfance et de ses propres parents, dans la mesure où la valeur de ses propres principes d’éducation doit confirmer celle des principes parentaux ; cinquièmement, la peur de la liberté ; sixièmement, la peur de la réémergence du refoulé que l’on retrouve chez son propre enfant et qu’il faut à nouveau combattre chez lui après l’avoir tué en soi ; septièmement et pour finir, la vengeance pour les souffrances endurées. Etant donné que, dans toute éducation, l’une de ces motivations intervient, [l’éducation est bonne tout au plus] à faire de l’enfant un bon éducateur. Mais en aucun cas elle ne peut l’aider à accéder à la liberté de la vie. Quand on éduque un enfant, il apprend à éduquer. Quand on fait la morale à un enfant, il apprend à faire la morale ; quand on le met en garde, il apprend à mettre en garde ; quand on le gronde, il apprend à gronder, quand on se moque de lui, il apprend à se moquer, quand on l’humilie, il apprend à humilier, quand on tue son intériorité, il apprend à tuer. Il n’a plus alors qu’à choisir qui tuer : lui-même, les autres, ou les deux. (...) Contrairement à l’opinion généralement répandue, et quitte à horrifier les pédagogues, je ne vois pas quelle signification positive on pourrait trouver au terme « éducation ». Je n’y vois qu’une défense des adultes, une manipulation pour échapper à leur propre insécurité et à leur propre absence de liberté, que je peux certes comprendre, mais dont je ne dois pas ignorer les dangers.

Alice Miller, extrait de « C'est pour ton bien » de notre bibliographie déscolarisation et de nos « 1000 citations contre l'école».

Épictète (Ier siècle après JC)

« Combien de temps encore vas-tu attendre pour t'estimer digne des plus grands biens, et cesser enfin d'enfreindre la règle qui doit déterminer ta vie ? Tu connais les principes qui doivent fonder ta réflexion ;  c'est assez réfléchi ! Quel maître attends-tu, à présent, pour te décharger, sur lui, du soin de ton progrès moral ? Tu n'as plus quinze ans, tu es un homme mûr. Si désormais tu te montres négligent, si tu prends les choses à la légère, si tu continues à échafauder projet sur projet en reculant sans cesse le jour où tu devras enfin prendre soin de ta vie, tu ne feras aucun progrès, et, sans t'en rendre compte, tu finiras par vivre et mourir comme un homme ordinaire.

Décide donc tout de suite de vivre en adulte résolu à progresser. Que tout ce qui te semble le meilleur te soit une loi incontournable. En présence de quelque tâche pénible ou agréable, glorieuse ou honteuse, dis-toi que tu dois te lancer ;  que les Jeux olympiques sont ouverts ;  que tu ne peux plus tergiverser et qu'en un seul jour une seule action peut anéantir ou confirmer ton progrès moral.

C'est ainsi que se comportait Socrate qui n'écoutait, en toutes circonstances, que la règle dictée par la raison. Pour toi — même si tu n'es pas encore Socrate — vis au moins en t'efforçant de l'imiter. »

****

« Si un jour on te dit que tu ne sais rien, et que tu n'en es pas mortifié, sache que tu es en bonne voie.»

****

Extraits du manuel d'Epictète : Lien

Citations du jour : réussir ?!

millecitations

« Réussir» n'est rien d'autre qu'obéir, s'aliéner, se perdre et se conformer. Bref, l'inverse de la vie philosophique.

Ceux qui réussissent à l'école — et certains même avec plaisir — n'ont pas la conscience de tout ce à quoi ils se plient, à quoi ils se conforment, pour cela. Tout ce à quoi ils renoncent. Ils sont congratulés, encouragés à se mouler dans le modèle — dont on espère qu'ils seront les défenseurs, voire, à leur tour, les agents. Catherine Baker

Connais-toi toi-même veut dire : reviens à toi, à ce qui en toi ne peut te tromper. Ton humilité n'est que crainte orgueilleuse de trébucher sous le regard des autres. Trébucher n'est rien ; le mal est de divaguer, de sortir de sa route, de plus faire attention à ce qu'on dit, d'oublier ce qu'on est. Va donc ton chemin. Jacques Rancière

« Plus l’homme se connaît par la voie officielle, plus il s’aliène. »

Raoul Vaneigem

Prochainement : la cinquième partie de la "géométrie scolaire" sur l'impossibilité du souci de soi en situation scolaire.

Citation du jour

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J'ai souvent l'impression que tous les anarchistes chrétiens de l'histoire parlent d'une seule voix... :

Un petit paysan peut, d’un coup, prouver une force de conception artistique que Goethe, à son apogée, n’avait pas atteinte. (...) L’homme naît parfait ; c’est le mot sublime qu’a prononcé Rousseau et qui demeure réel et inébranlable comme le roc. Notre idéal est en arrière et non pas en avant. L’éducation corrompt l’homme au lieu de le rendre meilleur. Il est donc insensé de vouloir donner l’instruction et l’éducation à l’enfant, car il est plus près que moi de l’idéal harmonieux du vrai, du beau et du bien vers lequel j’ai l’orgueilleuse prétention de l’élever. Léon Tolstoï

Citation du jour

millecitations

« L'école a une seule structure de pensée et un unique mode de vie. Le mode de vie avantageux pour l'Entreprise. L'école est un des plus puissants moyens d'abolir l'infinie diversité qui est la gloire de notre espèce.
Même pour un maître encore vivant il n'est pas facile de s'écarter du Programme.
Au reste ils ne sont pas tous vivants, beaucoup sont parfaitement normaux. Ils distribuent des tranches de savoir, soigneusement découpées, et ébarbées des éléments gênants : Histoire, catalogue des exploits de la classe dominante (etc.). Ce qui est ôté l'est selon une doctrine, qui vise à changer la nature des choses. Il ne faudrait pas dire Programme, mais Propagande. Ces tranches étant données pour le gâteau entier, on n'aura pas l'idée d'aller chercher ailleurs ce qu'on ne sait pas qui manque. Sauf coups de bol. »

Christiane Rochefort - Les Enfants d'abord

Citation du jour

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 L'école ne bougera pas. On peut, à certains moments, croire qu'elle se met en marche. Elle tourne seulement sur son pivot et ramène sa face inchangée. Elle dispose d'une souveraine puissance : l'inertie. Je suis rendu ; j'ai mal aux articulations, comme si j'avais déchargé des bordées de coups de poing dans un sac de sable. Je suis dégoûté de frapper sur du sourd. Cela devient une impression de cauchemar.
Il y a des siècles que l'école bouffe des claques. Plus on la fouette, plus elle s'engraisse ; et des coups mêmes. Elle se nourrit impudemment de la substance des généreuses indignations quelle suscite. Elle plonge son gobelet dans le torrent des invectives, et se gargarise. Quelques coups de glotte suffisent, et l'amertume du tonique s'évapore, tout ce qu'elle avale est devenu guimauve. Ce qu'elle a ingurgité de vérités est inimaginable, ce qu'elle a rendu de sornettes est incalculable. Sa panse est une usine à avortements. Ce qui y pénètre en foudre en ressort en fumée. Le tonnerre y finit en vesse. Son pouvoir de communiquer l'impotence est quasi prodigieux ; il y a de quoi épouvanter toute bravoure de vie.
Sa faculté d'absorption désanimatrice et de regorgement désappétissant s'exerce de préférence sur les objets qui semblent doués de la virulence la plus hostile. Non seulement l'école se repaît béatement du mal qu'on dit d'elle, mais elle en fait une pâtée qu'elle offre avec un empressement marqué, sûre qu'elle est des effets anéantissants de son admiration calculée, et des mortelles conséquences de sa révérence.
Dès que son propos consent, le meilleur mot s'écœure.
Dire que c'est l'école qui enseigne Rabelais, Montaigne ou Rousseau !... Il n'y a pas (si de pareils mots peuvent se joindre) de plus triomphante démonstration de la monstrueuse puissance de sa fadeur infectieuse. Son trou à parlote est l'entrée du gouffre où l'univers s'abîme dans l'insignifiance. (...) On ne renversera l'école qu'en soulevant et en retournant le monde. Seule une secousse universelle décollera de la peau des enfants ses mains grasses d'huile rance, et son suçoir à baisements pernicieux ; seul un déchaînement de l'ouragan cosmique des résurrections originelles pourra lutter contre le vent stupéfiant que, depuis des siècles, tant d'ailes de vampires entretiennent sur le front des élèves comateux.

Edmond Gilliard dans "l'école contre la vie" - 1944

Citation du jour

millecitations

Léandre Bergeron, à propos des correspondances épistolaires de ses filles non-scolarisées :

Le goût de communiquer par l'écrit devient un plaisir, mais un plaisir rare car les correspondantes qui vont toutes à l'école n'ont pas le temps d'écrire ou n'ont tout simplement pas envie "d'encore écrire". Mes braves filles doivent donc attendre des semaines et des mois alors que, de leur côté, elles répondent à une lettre avec enthousiasme dès le lendemain matin. Quelle ironie !

Citation du jour

millecitations

« Si les parents aimaient réellement leurs enfants, ils construiraient une société nouvelle ; mais ils ne les aiment pas assez profondément, et par conséquent ne trouvent pas le temps de se consacrer à ce problème si urgent. Ils ont du temps pour gagner de l'argent, pour se distraire, pour se livrer à tous leurs cultes, mais ils n'en ont pas pour réfléchir à l'éducation qu'il convient de donner à leurs enfants. Ce fait, la plupart des personnes refusent de le voir en face. L'affronter les mènerait peut-être à renoncer à leurs amusements et à leurs distractions, et ils n'ont certainement pas envie de s'en priver, ils envoient donc leurs enfants dans des écoles quelconques, où les professeurs ne se soucient pas plus d'eux qu'ils ne s'en soucient eux-mêmes. Et pourquoi se donneraient-ils cette peine ? Ils ne font ce métier que pour gagner leur vie. Nous proclamons si facilement notre amour pour nos enfants ! Mais y a-t-il de l'amour dans nos cœurs lorsque nous acceptons les présentes conditions sociales, lorsque nous ne voulons pas transformer radicalement cette société destructrice ? » Krishnamurti, De l'éducation.

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