I) « Tout mouvement de libération de l'homme ne saurait plus passer maintenant que par une déscolarisation.»

Ivan Illich

II) « L'oppression des enfants est première, et fondamentale. Elle est le moule de toutes les autres. »

Christiane Rochefort

III) « Quels enfants allons-nous laisser à la planète ? »

Jaime Semprun

IV) « Non plus créer des écoles alternatives, mais des alternatives à l’école »

John Holt

V) « Notre principale menace aujourd'hui est le monopole mondial de domination scolaire sur l'esprit des hommes. »

Everett Reimer

VI) « Ce qui me paraît le plus insupportable, c'est que l'école me séparait de moi-même. »

Christian Bobin

VII) « Plus l’homme se connaît par la voie officielle, plus il s’aliène »

Raoul Vaneigem

VIII) « Je perçois l'école non pas comme une institution qu'il faut réformer et perfectionner, mais comme une prison qu'il faut détruire. »

Cornélius Castoriadis

IX) « Ce qui abrutit le peuple, ce n'est pas le défaut d'instruction mais la croyance en l'infériorité de son intelligence. »

Jacques Rancière

X) « Prisonnier de l'idéologie scolaire, l'être humain renonce à la responsabilité de sa propre croissance et, par cette abdication, l'école le conduit à une sorte de suicide intellectuel. » Ivan Illich

XI) « Les hommes qui s'en remettent à une unité de mesure définie par d'autres pour juger de leur développement personnel, ne savent bientôt plus que passer sous la toise.» Ivan Illich

Site connexe : débordelisation.

LOGO 1 coul inv

Nexus

COUV NEXUS 108 WEBOn parle de nous (interview) dans le numéro 108 de Nexus de Jan/Fév 2017

Dossier « Déscolariser la société »

moinsOn a participé au dossier sur la déscolarisation du numéro 24 (août/sept 2016) du journal romand d'écologie : - Moins

L'école de la peur (texte complet)

ecoledelapeur

Attention aux méprises !

Nous ne sommes pas pour l'Instruction En Famille (IEF) sauf comme solution temporaire, celle-ci est inégalitaire et faire la part belle à une autre institution de l'ordre adulte presqu'autant problématique que l'école (si ce n'est plus !) Pourquoi toujours penser les choses en terme de systèmes fermés ?

Notre revendication se situe sur les communs et un monde ouvert : établir des écoles libres (chacun est libre d'y aller quand il veut), égalitaires (chacun peut intervenir pour enseigner), communales, citoyennes, gratuites, débarrassées de l'État, dans les espaces publics et communs, autogérées.

Article en avant

mamandeserie

Global larcin

Le monde est un grand larcin, un grand accaparement très diversifié, chacun son butin :

Les Élus volent le pouvoir.

Les universitaires volent l'université.

Les professeurs volent l'apprendre.

Les bibliothécaires volent les bibliothèques.

Les propriétaires volent la terre.

Les patrons volent la force de travail.

Les médecins volent la médecine.

Les médias volent l'information. ... etc. (S.R.)

Scolarisation du monde (le film)

schooling the worldAvec sous-titres Fr (bouton CC)

Outil n°1 pour lever le voile

etymosvignette

Les deux faces de la même médaille

mairieecoled

Cliquez sur l'image pour l'agrandir dans un onglet

Article du 30/08/2015

Un document exceptionnel !

millecitations

Nos liens Illustrateurs

Émissions en direct sur une radio locale

LE MONDE ALLANT VERS..., un jeudi sur deux à 19h30, sur la petite radio locale : RADIO GRÉSIVAUDAN.

Vous pouvez écouter ces émissions en rejoignant le site internet de Radio Grésivaudan ou en ouvrant votre radio sur la bonne fréquence.

Générique de l'émission :

Participez en direct en appelant le :

04 76 08 91 91

Accéder aux archives des émissions sur le site de Radio Grésivaudan.

Et si la cause des causes était l'absence d'architecture spirituelle chez chacun ? --> Ecoutez l'émission sur "La Citadelle" :

Fallait oser...

« L'enfant a droit à une éducation gratuite et obligatoire. »

Charte des droits de l'enfant de l'UNESCO

Bossuet nous disait :

« Il n'y a point de plus grand obstacle à se commander soi-même que d'avoir autorité sur les autres. »

 Professeurs, déscolarisez-vous !

« Les enfants ne sont pas seulement extrêmement doués pour apprendre; ils sont bien plus doués pour cela que nous. En tant qu'enseignant, j'ai mis beaucoup de temps à le découvrir. J'étais un enseignant ingénieux et plein de ressources, habile à élaborer des séquences de cours, des démonstrations, des outils de motivation et tout ce galimatias. Et ce n'est que très lentement et douloureusement - croyez-moi, douloureusement ! - que j'ai réalisé que c'était quand je me mettais à enseigner le moins que les enfants se mettaient à apprendre le plus. »

John Holt

Corollaire ou conclusion de cette idée de Holt : si on enseigne à l'E.N., c'est donc pour propagander, détourner, aliéner.

 

Propagande Nationale

Propagande Nationale

SOUTIEN INCONDITIONNEL AUX ZADISTES

zad 1Lettre ouverte aux habitant-e-s de la Zad de Notre dame des Landes, et plus particulièrement à celles et ceux qui, selon le gouvernement, légitimeraient l'usage de la force.

Ces jours-ci je scrute avec inquiétude et perplexité la stratégie gouvernementale habilement relayée par les médias pour en finir avec la Zad de Notre Dame des Landes. Vous avez récemment publié deux excellents articles sur le site de la ZAD :  Tapis dans le bocage, la vérité sur les armes secrètes des zadistes et Le but de la médiation c'est la division… Dans ces articles, relayés assez largement  sur internet, vous  évoquez avec beaucoup de justesse l'immonde usage par la presse de mots très connotés pour vous décrire et vous stigmatiser, et pour faire émerger plusieurs catégories de zadistes. D'un côté les plutôt « bons », en tout cas ceux qu'on peut comprendre dans une certaine mesure et avec qui on est prêt à dialoguer (agriculteurs ou zadistes agriculteurs, voire quelques gentils utopistes rêveurs un peu déconnectés du monde réel mais qui ne feront pas d'esclandres et partiront d'eux-mêmes en cas d'intervention musclée des forces de l' « ordre), et de l'autre les « méchants », qui sont résolument et intrinsèquement ralliés sous le mot d'ordre contre, donc violents, donc exclus des négociations, et  donc expulsables quels que soient les moyens utilisés. Toute la stratégie du pouvoir repose sur une conception simpliste et très manichéenne du mouvement et du monde. 

Depuis quelques semaines, on assiste, via les médias, à un cheminement lent mais acharné de la part du gouvernement vers la diffusion d'une volonté guerrière à votre encontre, qui se diffuse, qui s'affirme peu à peu comme une évidence dans l'esprit des masses: un tel mot choisi pour désigner les habitant-e-s de la ZAD, une image très suggestive d'un feu de palette en fond d'écran du JT, un sondage qui assoit le soutien de la nation aux opérations d' « évacuation » par la force, l'intervention d'un ministre qui derrière la volonté supposée de paix annonce -avec un dédoublement déconcertant- l'usage nécessaire de la violence (faire la guerre pour être en paix, toujours la même rengaine, l'usage de LEUR violence étant toujours légitime, sympathique, bienveillante même, alors qu'une riposte ou une défense face à leurs méthodes coercitives est considérée comme éminemment dangereuse pour LEUR ordre public…).

Quiconque ignore à qui appartiennent les médias, quiconque méconnaît les techniques utilisées pour orienter un sondage, quiconque est dupe quand à la partialité de l'état français dans sa collaboration à la toute-puissance de l'économie mondiale se laisse hypnotiser et convaincre par ce discours lancinant… Au goutte à goutte, on assiste à la mise en place dans la conscience collective de cette volonté certaine d'en finir avec l'expérience zadiste, expérience que l'état ne parvient pas à encadrer, à comprendre, à accepter, expérience hors norme, hors de l'imaginaire restreint des hommes de pouvoir, expérience qui présage d'autres possibles et d'autres issues à notre triste société routinière de l'hyper consommation et du burn-out, expérience qui fait voler les murs gris du quotidien pour proposer d'autres horizons. Et cela, non, c'est impossible… Octroyer à une partie du peuple, à ceux qui ne se reconnaissent pas dans l'actuelle forme de société imposée, 1600 hectares sur les 64 millions qui constituent la France, soit une miette, une poussière, non, jamais !

En cela, l'État affirme sa répugnance à s'ouvrir à d'autres formes d'expérimentations de la vie collective, sa curiosité est NULLE, il veut TOUT. Rétablir l'État de droit ??? Quels droits pour ceux et celles qui rêvent à un autre monde ? Et si, de manière définitive, certain-e-s ne se reconnaissent pas dans le modèle en place, d'après une logique qui leur est propre et qui demanderait à être débattue publiquement, largement, pour tester sa validité ? Quelle place pour eux, pour elles, sinon aujourd'hui l'oubli, le mépris voire l'anéantissement???

Le gouvernement ne pourrait-il pas laisser vous laisser 0,000025 % du territoire qu'il « gère », par curiosité, pour une expérience inédite, vivante, d'une autre forme de société humaine ? Est-il à ce point arrogant et sûr de lui pour affirmer ainsi que son modèle est le seul qui puisse exister, le seul valable ??? Quel manque de recul, alors, si jamais ses perspectives et plans s'annoncent pernicieux et funestes, quelle bêtise d'avoir verrouillé toutes les portes de secours pour s'acheminer vers un monde plus viable ! Quelle posture dangereuse pour tout-un-chacun, et en miroir, quelle joie de vous voir explorer d'autres formes de vie commune !!!

Ces derniers jours, donc, nouvelle stratégie à votre encontre, nouvelle illusion de négociations dans un scénario où l'enjeu est d'éradiquer cette expérience collective : José Bové vient, en symbole corrompu et institutionnalisé de la résistance du Larzac, se placer aux côtés de Nicolas Hulot, le modèle de l'écologie bourgeoise au service des multinationales et des banques. Et derrière cette iconographie  destinée à séduire les réfractaires bien-pensants au projet d'expulsion de la ZAD, derrière ces deux Che Guevara de la ménagère gauchiste, quel discours peut-on lire entre les lignes ? Encore et toujours, la vénération absolue de l'Argent par le biais de l'Insertion Sociale par le Travail… Ou comment l'État  brandit son nouvel appât pour brouiller les cartes et tricher une fois de plus, fait semblant de vouloir concilier et comprendre, mais impose son cadre et sa législation pour reprendre le contrôle sur la Zad, pour vous diviser, et diviser l'ensemble du peuple. Les agriculteurs, eux qui paient des cotisations annuelles à l'État français, eux qui participent malgré tout à l'économie du pays, au PIB et à tout le bousin, eux qui versent l'impôt, restent MALGRÉ TOUT de bons contribuables qui graissent les rouages de la machine capitaliste ; ils seront donc au centre des négociations. Les zadistes-agriculteurs, ceux qui ont déclaré une activité salariée, ceux qui sont enregistrés et détiennent leur numéro d'identifiant à la MSA, eux aussi auront leur chance et pourront tirer leur épingle du jeu, dans cette stratégie qui ne vise qu'à diviser et à éradiquer le cœur du mouvement qui est : l'entraide collective et l'expérimentation au jour le jour d'un autre modèle...

José Bové se présente en héros du terroir et du bon fromage, en valeureux paysan, à l'écoute de ceux qui sont là pour prendre soin de la terre, (traduire à l'écoute de ceux qui l'exploitent et en tirent un bénéfice, ceux qui monnayent leur travail dans le circuit conventionnel imposé, ceux qui sont soumis à l'axiome sur lequel la société entière repose : Travail au service du dieu Argent). Que les choses soient claires, je ne fustige en rien les agriculteurs de la Zad, loin de là, je pense que c'est la diversité de vos différentes postures qui fait la force du mouvement. Simplement, le point d'entrée du gouvernement pour chercher à vous diviser est pour moi très clair et repose sur une illusion puissante sur laquelle repose l'ensemble de la société actuelle.

L'État, avec toute sa miellerie, tous ses sourires hypocrites, nous endort une fois de plus en faignant un compromis, accommodant pour tout-un-chacun afin de sortir de la crise, alors que ses propositions rétablissent de manière unilatérale et dans son intégralité son fonctionnement de principe qui perdure depuis trop longtemps, et qui est l'adhésion de gré ou de force au monde du travail ; il n'y a aucun contrat où chaque partie après de longues négociations débouche sur un accord, l'état propose SA solution, en l'enveloppant de sucre et de sa mascotte José Bové pour faire croire à un compromis, et n'envisage aucune option ou proposition qui émanerait de la partie adverse.

Mais quid de la question centrale de l'expérience zadiste avec l'apparition de José Bové à la rescousse des agriculteurs ? Éradiquée, volatilisée, soufflée. Au mieux, les gens partiront d'eux-mêmes (sous-texte : il n'y a et aura de toute façon aucune place pour eux). La majorité des habitant-e-s de la Zad ne s'inscrivent pas dans la logique de l'emploi au sens tristement classique qu'on lui attribue, donc ils ne sont pas, ils sont effacés. Celui ou celle qui œuvre, depuis de nombreuses années, sur ce territoire, qui l'aménage, construit, cultive, vit, expérimente, plante, récolte, joue, rit et pleure : son existence n'a aucune validité puisqu'elle ne s'inscrit dans aucun projet professionnel. Ils sont des sous-humains, leur vie a moins de poids et de substance que celle de ceux qui cotisent et conséquemment le traitement qui leur sera infligé visera à leur faire comprendre où est leur place. Quelle violence inouïe, quelle cruauté, quel manque de poésie et d'imagination !!! L'État affirme et réaffirme toujours l'unique potentialité du genre humain qu'il autorise : la mise sous servitude. L'image de José Bové, sa main tendue vers les agriculteurs, les méritants, les travailleurs, a pour conséquence directe l'oubli et l'effacement de tous les autres habitants du lieu et leur mépris le plus total.

N'oublions pas, nous, que sans vous, zadistes « inclassables », zadistes « oublié-es », « stigmatisé-e-s » l'expérience vécue de la Zad n'aurait pas tout ce sens porteur d'une promesse ouverte sur demain.

Bien loin de la calomnie injuste qui vous frappe, habitant-e-s de Notre dame des Landes, je vous adresse toute ma gratitude et mon respect, frères et sœurs, pour ce que vous écrivez dans le présent du monde.

Mathilde

On va pas se laisser abattre !

cabane arbreSOUTIEN INCONDITIONNEL AUX ZADISTES -2-

La folie médiatique concernant Notre Dame des Landes se poursuit ces jours-ci. Sans que le gouvernement n'ait encore rien annoncé officiellement, les pires scénarios sont subrepticement dessinés par la presse quant à l'évacuation, - on parle d'ailleurs maintenant d'expulsion (!!!) - des habitants qui protègent les terres du projet d'aéroport. L'État distille la peur au compte-goutte par le biais d'une complicité directe avec les médias, dont l'impartialité n'est plus à démontrer, et attend que l'opinion publique soit bien mûre, après l'avoir manipulée pendant deux mois, crescendo vers l'horreur, pour annoncer froidement ses « prérogatives ».

Un article du Monde paru le 12 janvier, décrit avec une précision déconcertante le plan «  d'évacuation de la Zad ». D'où vient ce nouveau plan ??? De « plusieurs sources », peut-on lire. L'article ne site d'ailleurs pas les sources, étrangement, comme pour laisser les mains propres à ceux qui planifient de telles opérations, le temps que les esprits soient préparés à la guerre.

Car c'est bien de guerre qu'il s'agit, une guerre contre une partie du peuple. Avec un choc à l'estomac, on apprend que 2500 militaires seraient mobilisés… Cette information avait déjà été relayée assez largement, rien de nouveau dira-t-on… Sauf que la stratégie médiatique est d'induire, choc après choc, l'acceptation progressive d'une violence inouïe. On parle d'abord d'un possible abandon du projet d'aéroport, ce qui suscite un soulagement général de la part de tous ceux qui s'y opposent, mais en parallèle, l'État avance, comme un pion sur un échiquier, l'idée d'évacuation de la Zad. Cette tactique crée la confusion dans l'esprit de chacun. La blessure qu'on ressent à l'idée d'un affrontement possible, (qui laisse supposer des blessés, des morts, là, juste à côté de chez nous ) est atténuée par la consolation d'un possible retrait du projet d'aéroport. Et depuis deux mois, la manœuvre se poursuit. On parle de concertation, de rencontres, d'intermédiaires, de conciliation. On nous présente un premier ministre à l'écoute des opposants et des pro-aéroports (institutionnels, car on n'entend jamais la parole publique des habitant-e-s de la Zad relayée par les médias classiques) ; et simultanément, d'autres idées, beaucoup plus bellicistes, progressent.

Après avoir installé l'idée d'une évacuation inéluctable, quelques jours plus tard apparaît l'idée « d'une opération militaire de grande envergure », avec 2000 effectifs déployés, puis l'article du Monde ajoute innocemment 500 personnes, sans compter les CRS et les policiers mobilisés. Par assauts médiatiques successifs, en dosant l'intensité du choc produit pour qu'il reste chaque fois en dessous de la limite du supportable, le gouvernement pilote les opérations, à ses fins. Et ce nouvel article du Monde augmente d'un grade l'abomination, et annonce maintenant que « la gendarmerie n’exclut pas de mobiliser ses véhicules blindés – d’ordinaire employés pour des opérations de maintien de l’ordre outre-mer » (!) et « de solliciter des moyens du génie de l'armée de terre pour détruire des obstacles tels que des barricades, déloger des opposants de leurs cabanes perchées . » (!!!) Si nous pouvons, malgré tout, encaisser l'agressivité de tels propos sans nous soulever à notre tour, c'est par le biais de la stratégie de communication employée. Si du jour au lendemain, sans ambages, l'État avait annoncé qu'il envoyait ses blindés et le génie de l'armée de terre, en étroite collaboration avec les CRS et policiers, pour expulser les opposants au projet d'aéroport, l'opinion publique se serait insurgée devant tant d'horreur. Mais tout est calculé avec précision. J'en suis horrifiée.

Et puis, autre stratégie pour légitimer cette guerre, la diabolisation graduelle des habitant-e-s de la ZAD : « ultra-gauchistes » puis « ultra-gauchistes adeptes de la violence, peu susceptibles de s'attirer la moindre compassion en cas de dégâts humains » (oui, Olivier Mazerolles au micro de RTL a osé proféré cette immondice), puis, parmi tant d'autres : «  un noyau dur d'une cinquantaine d'individus radicaux et violents » (BFMTV), « des gens dangereux qui préparent une guérilla »… La plupart de ces déclarations reposent sur un reportage du Journal du Dimanche qui a maintes et maintes fois été démenti, et sur les dires du gouvernement qui n'apporte aucune preuve, mais qu'importe.

On a pu lire aussi sur le site de LCI : « Tournent souvent, relayées par les gendarmes, ces images de checkpoint, de chiens qui montent la garde, de fossés et miradors, de barricades piégées, renforçant l’image d’un camp retranché. Mi-décembre, une carte a même été publiée sur Google signalant des armes et points dangereux installés par les Zadistes. Y figurent ainsi champs de mines, caches d’armes, pièges, ou encore diffuseurs de gaz toxiques... Infos fiables ou pas, elles suscitent, quoiqu'il en soit, des relents de soufre ».

C'était le 9 janvier. Choquée, une fois de plus par ces propos, je les avais copié-collé pour m'en servir plus tard. En retournant sur le site de LCI aujourd'hui, voilà que je m'aperçois que les propos ont été modifiés, il ne reste plus que cette partie : « Tournent souvent, relayées par les gendarmes, ces images de checkpoint, de chiens qui montent la garde, de fossés et miradors, de barricades piégées, renforçant l’image d’un camp retranché. Infos fiables ou pas, elles suscitent, quoiqu'il en soit, des relents de soufre. ».

Toute la partie sur la carte Google, les champs de mines, les caches d'armes, les pièges, les gaz toxiques a disparu. Pourtant des milliers de personnes ont eu accès à ces informations, les ont lues… Maintenant que la violence a augmenté d'un cran, légitimée par de telles assertions, ces propos ont disparu sans mea culpa de la part des rédacteurs. De quelle manœuvre s'agit-il ? Il ne reste aujourd'hui plus que des mots sujets à interprétation, et qui ne valident en rien l'intervention musclée des forces armées : des chiens qui montent la garde ? Comment être sûrs qu'ils ne sont pas juste en promenade ? Pour ma part je n'ai vu sur la Zad que des chiens tranquilles qui déambulaient, sauf peut-être à l'abord des maisons où  de temps à autre un chien aboyait pour signaler ma présence, comme n'importe quel chien des familles aboie à l'arrivée d'un étranger. Des fossés ? Évidemment nous sommes dans le bocage ! Des miradors, des barricades : oublions-nous qu'il s'agit d'une lutte historique contre un projet d'aéroport qui se tient là depuis 50 ans ! Que sans ces barricades et protections, les terres auraient été prises par les forces de l'ordre en 2012, et que l'aéroport serait alors peut-être déjà construit ? Ne doit-on pas être immensément reconnaissant, envers ceux et celles qui œuvrent pour la préservation du bocage, d'avoir réussi jusqu'ici à tenir bon face à toutes les menaces effectives tout au long du parcours ? Les personnes présentes sont là pour PROTÉGÉR les terres, donc ont mis en place des moyens défensifs, d'ici là à les transformer en individus dangereux, qu'est-ce-qui, aujourd'hui, légitime véritablement ces affirmations hâtives, sinon des rumeurs, et la criminalisation infondée, des gens qui habitent là-bas ?

Un nouvelle imposture est à l’œuvre. Aucune justice, laquelle est supposée être un socle majeur de la « République » ne valide le recours à la violence de la part de l'État. Des rumeurs circulent et façonnent un profil avilissant d'une petite partie des personnes qui habitent sur la ZAD, et ces seules allégations légitimeraient l'usage de la force, sans aucune forme de procès, sur les seules affirmations du gouvernement. Comme si sa puissance seule témoignait de la validité de ses propos. En suivant cette logique, un patron pourrait renvoyer son employé en l'accusant d'être violent, simplement parce que son autorité fait loi ? Nous, nous attendons les preuves.

Les fondements de cette guerre ne sont qu'allégations, même pas soumises à l'épreuve judiciaire. Le simple fait d'une occupation illégale ne justifie en rien le recours à la violence. Nous parlons d'humains, de vies. Quoi de plus important ?

Je suis aussi très inquiète d'une nouvelle terminologie utilisée pour diaboliser les personnes, il s'agit du fichier S. Car un nouveau pas a été franchi par les médias ces jours-ci, en révélant un soi-disant fichage « S » de  certains habitants de la ZAD: « Les autorités évoquent une centaine de militants aguerris, dont au moins une trentaine de fichés S » (L'Express).  Puisque dans l'imagerie collective le fichier S est associé au terrorisme, cette nouvelle carte retournée contribue à une propagation accentuée de la peur dans la population, et à l'acceptation qui en découle d'en finir avec la Zad de Notre Dame des Landes. Pourtant je pense qu'il est crucial d'examiner de plus près le dangereux phénomène du fichier S, car son existence récente questionne sur l'évolution de la justice au sein de notre pays. C'est un sujet très sensible, car les personnes fichées S sont d'une grande diversité tant dans leurs actes que dans leurs pensées. Les militants écologistes côtoient les hooligans et les terroristes. Celui qui veut sauver des arbres est associé à un poseur de bombe.

Ce qui m'effare, c'est la criminalisation immédiate qui découle de cet étiquetage. Pourtant il est bien stipulé que la fiche S est utilisée pour « procéder à la surveillance de ceux sur lesquels ne repose aucune incrimination pénale, mais qui peuvent, par leur activité, représenter à un moment ou à un autre un risque de trouble à l'ordre public ou une atteinte à la sûreté de l’État ». Ici, la notion de trouble à l'ordre public est très floue, sujette à de nombreuses interprétations. De plus, « le fichier « S » mélange les personnes condamnées, suspectes comme innocentes ». Il existe là un paradoxe effarant : la personne est fichée S mais légalement innocence, sa culpabilité est donc présumée dans un futur hypothétique. Or cette supposition est  contraire aux lois, un délit ne pouvant être condamné que s'il est avéré et non hypothétique. Malgré cela, une personne fichée S est considérée comme coupable de facto : l'usage de la force étant légitimé par la présence de personnes « fichées S » sur la ZAD de Notre Dame des Landes, comme si cela les rendait d'emblée coupables, quand nous savons qu'ils peuvent être en dehors de toute « incrimination pénale ». Dans la même veine, l'ancienne ministre de l'Éducation Nationale Najat Vallaud-Belkacem s'est exprimée sur l'emploi de la fiche S au sein des écoles : « Les informations nous sont automatiquement transmises par le ministère de l'Intérieur et notre réponse est simple : suspension immédiate et procédure disciplinaire engagée (…) en vue d'une exclusion définitive ». La fiche S aujourd'hui vaut pour jugement, donc, quand bien même la personne est innocente. Ceci est très très inquiétant. Car les critères pour être fiché sont obscurs, n'importe qui peut l'être pour opinion politique contraire ou critique vis-à-vis du gouvernement actuel, se catégorisant donc aux yeux de l'État comme potentiel ennemi. Mais sommes-nous ennemis quand nous explorons d'autres chemins, iraient-ils à l'encontre de ceux communément empruntés ?

Cela questionne grandement sur la capacité d'auto-critique de l'État. Accepte-t-il d'autres formes de visions que celle qu'il défend, à savoir celle d'une croissance illimitée au profit de l'économie toute puissante, sur une planète aux ressources fragiles et inextensibles ? Alors quoi, parce que ma position est radicalement – entendre à la racine – différente de celle défendue par le gouvernement, je serais peut-être moi aussi fichée S ? Et donc, de facto coupable (on dirait alors : elle est fichée S !!! et cela vaudrait pour jugement, cela légitimerait qu'on m'exclue, qu'on m'inflige des traitements réservés à ceux qui commettent un délit, sans procès préalable). La façon de procéder de l'État, ses tactiques pour ostraciser celui ou celle qui le dérange dans ses plans, n'est-elle pas discutable ? Et si non, cela ne remet-il pas d'emblée en question le sens du mot démocratie brandi haut et fort?

Dans une société libre, chacun expose ses opinions, cela engendre un débat, une polémique si les différentes parties ne sont pas d'accord ; chacun construit son existence en prenant en compte la diversité des autres personnes qui l'entourent, et la singularité de chaque être. La capacité à se remettre en question des institutions, et de chacun, est sans cesse convoquée. Ce foisonnement de positions diverses est le garant d'une société créative, inventive, respectueuse des individualités distinctes qui s'y déploient. Au-delà de la protection du bocage contre la construction du nouvel aéroport, c'est une expérience collective de ce type qui se pérennise à Notre Dame des Landes.

A contrario, le gouvernement réfute toute possibilité d'expérimentation qui sort du champ de ce que la constitution autorise. Jamais la validité de cette constitution n'est remise en cause, jamais elle n'est réactualisée, en prenant en compte l'avis de chacun, les enjeux de l'époque et la pluralité des modes d'être. Les gouvernements se succèdent et aucun n'admet en son sein une critique profonde. Or la critique permet l'humilité, le doute, la remise en question, elle permet d'évoluer et de se repositionner. L'État qualifie de désobéissants tous ceux qui explorent par curiosité d'autres voies possibles. Car nombreux sont ceux qui refusent l'étroitesse de la vision unique proposée, qui enserre nos existences dans une normalité routinière et pesante. Nombreux sont les aventuriers de la vie, qui inventent d'autres chemins. L'État qualifie d'illégale toute pratique et toute connaissance qu'il n'a pas validée, incapable de saisir l'originalité d'une pensée ou d'un acte différents, incapable d'interroger sa propre pertinence. Ses institutions sont verrouillées, n'admettent que des discours rodés. La culture dominante se diffuse en continu par le biais des bibliothèques, des écoles, de la presse (...) qui n'autorisent aucune pensée critique sérieuse qui viendrait remettre en cause la validité de tout cet arsenal. Aujourd'hui, j'ai honte d'être une citoyenne française, honte qu'on m'ait affublé, à ma naissance, de ce titre déshonorant pour la pensée et pour la vie, car synonyme d'une existence étriquée et soumise. J'attends désespérément qu'une brèche installe plus de poésie en ce monde et permette à la singularité de chacun de s'exprimer.

C'est ce qui me plaît dans l'expérience de la Zad de Notre Dame des landes, cette possibilité soudain offerte, ce rêve accessible et matérialisé de sortir des carcans avariés qui nous soumettent de gré ou de force. Un petit mot aussi pour dire que jusqu'à ce jour,  tous les acteurs de la défense du bocage parlent à l'unisson concernant la richesse du mouvement qui s'y déploie. Il y a quelques jours encore, le collectif Copain44 rappelait lors d'un communiqué : « Nous œuvrerons à ce que la richesse des propositions alternatives qui s'y inventent depuis dix ans puisse s'y développer, dans l'objectif d'un avenir constructif et pacifié, en lien étroit avec le voisinage et les collectivités concernées. » Jusqu'à ce jour, aucun des membres de la Zad n'a dénoncé la présence d'individus dangereux et violents, malgré les dénonciations anxiogènes qui émanent de l'État. Alors quoi ? Une grande diversité de personnes cohabitent depuis dix ans, avec, bien sûr, des caractères très contrastés. Et malgré tout, l'expérience veut se prolonger, même si l'aéroport ne se construit pas, il y a certainement une bonne raison à cela, non ?  À croire que chacun aurait pris goût à vivre en bonne intelligence avec son voisin ! Sans omettre la complexité de vivre ensemble, le désir puissant de continuer à expérimenter l'emporte à l'unanimité…

Un dernier mot pour remettre les choses à leur place. C'est le gouvernement qui parle de « policiers », de « militaires », « d'opération d'ampleur », de « destruction de cabanes », de « grenades de désencerclement », de « lacrymogènes », de « balles de défense » (alors qu'il attaque), de « véhicules blindés », « d'expulsion », de « blessés des deux côtés, voire des morts ». C'est l'État qui s'apprête à assaillir, à guerroyer. La violence réelle, et non supposée, est belle est bien celle de l'État. Pendant ce temps, les habitant-e-s du bocage, à Notre Dame des Landes, plantent des arbres, préparent le jardin pour le printemps qui arrive, se réunissent à la bibliothèque du Taslu, imaginent. Et s'ils se défendent pour pérenniser leurs rêves, ne nous laissons pas duper, et pointons la brutalité et la virulence là où elle se situe vraiment. N'inversons pas les rôles.

En cela, il est grand temps que chacun et chacune se positionne clairement et sorte de l'anonymat. Nous pouvons tous faire preuve d'imagination et nous auto-surprendre, et surprendre nos proches, en laissant surgir tout à coup nos rêves en attente, notre courage, notre sève.

La Zad de Notre Dame des Landes cristallise aujourd'hui un enjeu essentiel, celui de la liberté d'expérimenter un tout autre modèle de société. C'est une expérience vivante, concrète, réelle qui perdure grâce à la volonté, à la tenacité de tous ceux qui y vivent. Et nous, autour, que faisons-nous pour matérialiser nos désirs, pour inventer autre chose, pour installer l'inédit en ce monde ? Qui, au fond de son cœur, n'a pas un tel engouement, d'entreprendre un rêve fou, envers et contre tout ? Je ne lis que des visages tristes, au fond des villes, des visages vidés, épuisés. Si nous laissons le gouvernement piétiner ce rêve à Notre Dame des Landes, alors ce sont nos rêves à tous qui s'éteignent, ne l'oublions pas...

Allez, arbres du bocage et avec eux les oiseaux, cabanes et maisonnettes, tritons et jardins, bibliothèque et four à pain, habitant-e-s de la Zad, inventeurs de monde, et tous ceux qui, partout, en secret ou activement, installent d'autres possibles : ne nous laissons pas abattre !

Mathilde

Mille arguments contre la laïcité, en voici un :

zemmourMais il me faut d'abord passer sur l'argument de l'impossibilité de pouvoir objectivement savoir ce qui relève d'une croyance ou non et m'en tenir aux religions et croyances officiellement (et bêtement) désignées en tant que telles par la société. Cet argument — contre la laïcité — étant écarté, on arrive sur un os dont personne ne parle que je vais détailler ci-après.
Ce que je vais dire relève d'une évidence, mais dans un monde à l'envers, ce qui est évident ne l'est jamais.
Je vais prendre en premier exemple une des religions les plus attaquées de nos jours.

Ça tient finalement en peu de mot : si vous êtes POUR l'islam et les musulmans, soit que vous êtes musulmans ou soit que vous êtes sympathisants et que vous souhaitez vous exprimer publiquement en faveur de cette religion, ou même simplement de façon amicale et pour transmettre de la connaissance, on va vous objecter le principe de laïcité, en vous disant que tout ce qui vous anime n'a de place qu'en privé, et non en public.
Mais en revanche, si vous êtes CONTRE l'islam et les musulmans, et que vous souhaitez vous exprimer dans ce sens, le principe de la laïcité ne vous sera pas opposé, ou, disons, infiniment moins. Ben oui, car chier sur une religion fait de vous un potentiel athée revendiqué, ce qui est l'attendu du système (car c'est la meilleure façon d'être ensuite parfaitement disponible pour toutes les croyances et Dieux liés au capitalisme — que ce dernier s'échine à ne pas vous présenter en tant que tels). En photo ci-dessus, Éric Zemmour, un personnage médiatique très laïc !

Voilà donc une conséquence de la Laïcité dont personne ne parle : ce qui restera en public comme discours sur la religion ne sera plus que des discours de haine à l'endroit de chaque religion. Des anti-chrétiens pourront s'en donner à cœur joie, pendant que plus aucun chrétien ne pourra dire son amour pour telle ou telle partie du nouveau testament. Discourir avec amour sur le texte des béatitudes du Christ: c'est pas du tout laïc mais alors pas du tout ! mais chier sur les chrétiens et sur cette religion : c'est assez laïc ! Ça rentre facilement dans le cadre de la laïcité. Et ceci est valable pour toutes les religions : leur chier dessus sera toujours infiniment plus laïc que les promouvoir ou même simplement en parler amicalement. Ainsi : la laïcité ne peut que faire grandir la haine entre les religieux et in fine entre les gens (car contrairement à ce que dit Mélenchon : 100% de la population est religieuse, qu'elle le sache ou non). Avec la laïcité, toutes les expressions d'amour issues de croyances et religions disparaissent du champ du visible pour devenir invisibles, tandis que toutes les expressions de haines et de rejets provoqués par les religions deviennent, elles, visibles et peuvent se répandre. Mais à part ça, on ose vous dire que la laïcité est au service de la paix entre les religions et de la tolérance des croyances de chacun...
Avec la laïcité, c'est la ferveur d'amour qui est évincée en permanence au profit de la ferveur de haine. Le POUR est assassiné au profit du CONTRE. Personne ne pense à opposer la laïcité à quelqu'un qui chie sur les musulmans en public. Non, parce que cette personne apparaît comme non-religieuse. On critiquera peut-être (un peu) cette personne, mais pratiquement jamais on va lui opposer la laïcité ! Par contre, on oppose la laïcité à celui qui aime l'islam et qui veut le dire (idem pour les autres religions).

Bon, et puis je termine sur l'argument sur lequel je suis passé au début : on oppose bien-sûr jamais la laïcité aux apologues et dévots de toutes sortes des croyances et des religions du Capital et de l'État...

Donc, Laïcité = diffusion permanente de l'intolérance et de la haine à l'égard de la religion des autres — l'amour, lui, est renvoyé à l'espace privé (donc rendu invisible) —  et diffusion permanente du culte des religions du Capital et de l'État (Mammon — l'argent — en tête).

Sylvain Rochex - 7 avril 2017

Texte relayé par La TVNet Citoyenne

Une idée complètement tarée et débile

ideefolle---> https://www.uneideefolle-lefilm.com/
Vive la Propagande !! Ce truc surpuissant, survolté en continu, qui sert à rassurer tout le monde en permanence. Votre conscience hurle contre vous-même, et de plus en plus fort et strident, la nuit aussi !! Alors, On (l'État et les industries culturelles) vous offre de quoi lui faire fermer sa gueule !

Pour les Propagandistes, c'est archi-simple : vous donner à entendre ce que vous voulez entendre. Et ce que vous voulez entendre c'est toujours la même chose, c'est : comment allons-nous changer sans changer ?! C'est ça que vous aimez entendre par dessus tout !

Madame ! Calmez-vous ! Écoutez-moi ! Je vais vous dire ce que vous voulez entendre : l'école va changer totalement ! Mais sans changer !

Madame !! Calmez-vous ! Écoutez-moi ! Je vais vous dire ce que vous voulez entendre : l'État et le système politique vont changer totalement ! Mais sans changer !

Madame !!! Calmez-vous ! Écoutez-moi ! Je vais vous dire ce que vous voulez entendre : l'argent et le système capitaliste vont changer totalement ! Mais sans changer ! Ouf ! Voici que tout à coup ça va un peu mieux ! Tout va changer ! Alors ma conscience se tait ! Tout va changer, mais sans changer ! Alors l'intégrité de ma conscience et la base de mon être sont préservés, RA-SSU-RÉS !! L'animal craintif mort de trouille qu'est l'espèce humaine n'a que ça en ligne de mire : se rassurer ! (et recolter des "J'aime" et des "tu es beau et important"). Rassurer principalement la base de son être.

La base de mon être, c'est l'école, c'est l'argent, c'est les gosses, c'est l'État et les institutions, c'est les papiers, c'est les gendarmes les experts et les boulangers, c'est le bureau de tabac la bière et le vin, c'est les hôpitaux, les tribunaux, c'est mes potes, c'est la propriété foncière, c'est mon crédit, c'est ma bagnole c'est mon smartphone et mon ordi, c'est les banques les assurances, c'est Noël, le ski, la télévision et le spectacle, c'est le cinéma, c'est la technologie... Oui, tout ça doit changer car notre monde c'est vraiment de la merde qui flingue tout ! ... Mais... Mais sans changer s'il vous plaîîît !!! Car je refuse que la lumière vienne sur les ténèbres des fondements de ma vie ! Changeons tout ! sauf mes fondements ! Donc changeons rien ! Ou plutôt, faisons, une fois de plus semblant de changer, pour s'offrir 30 ans de répit supplémentaires dans le seul but de refiler la patate chaude à ses enfants comme l'ont fait nos propres parents et grand-parents : oui ne jamais être la génération qui prend la responsabilité d'exécuter l'arrêt de la machine.

Alors la technique est la suivante : toujours garder l'Idée, l'Esprit, le code génétique ! Et on change quoi ? : L'esthétique ! qui se rapproche étymologiquement du concept de sensation ! Voilà, c'est ça : il faut changer notre perception, la sensation, que l'on éprouve vis-à-vis de la chose. On récuse l'école, mais on veut la garder pour ne pas bousculer les fondements de notre être, alors il suffit juste de modifier la sensation que l'on va ressentir vis-à-vis de l'école. Et ça se passe dans les mots surtout, tartiner avec des jolis mots : coopération, confiance, bienveillance ( mais qu'est ce qui nous casse les couilles celui-ci en ce moment ), autonomie, démocratie, égalité, ensemble, liberté, choisir etc. etc. Et puis évidemment, ça ne suffirait pas (quoique !), il faut aussi disséminer quelques objets : là, un compost, ici, une poule, là, un travail en équipe, ici, une assemblée délibérative (et pourquoi pas : là, un tirage au sort), pour que tous les esprits faibles sensibles aux illusions puissent s'en saisir pour rétorquer aux esprits lucides et objectifs : « ben tu vois bien que ça change, regarde, ils s'occupent d'un compost ! Et ils ramassent les oeufs de Violette la poupoule de l'école ! »

L'Idée, l'Esprit, le code génétique qui président à tout ça n'a pas été modifié même un tout petit peu, mais la sensation qu'on en a, oui ! Et à chaque fois, c'est ça qui compte pour repartir pour 30 ans ou plus !

La situation scolaire et scolarisante qui scolarise les individus et la société, est toujours là intacte, immaculée, avec tous les sordides personnages des professeurs, directeurs, experts et compagnie ; l'institutionnalisation des rapports, l'intégration en chacun de l'hétéronomie en toute matière, la propagande de masse, la toute-puissance et la légitimité de l'État, la diffusion de toutes les idéologies totalitaires dont l'idéologie de l'enfance, l'obsession du devenir, la spécialisation, l'argent. Tout cela est toujours à la base de l'école mais on n'a plus tout à fait la même SENSATION, c'est bien assez pour quelques lustres supplémentaires. L'école de Jules Ferry depus 1880 se reproduit toujours selon ce protocole. (Il y a aussi le sujet de « l'opposition contrôlée » : créer de vraies oppositions qui jouent le rôle d'opposant mais que l'État gère et organise de A à Z).

A la base des écoles (y compris les écoles de ce film) : il y a l'enfermement et la séparation d'avec la vie, l'inégalité et la peur de l'autre. Facile de le verrifier : prenez n'importe laquelle de ces 9 écoles présentées dans le film et demandez-vous ce qui se passerait si des dizaines de citoyens lambdas se proposaient d'intervenir dans l'école au même titre que les enseignants ? Aïe, aïe, aïe, la nouvelle école ne serait plus si nouvelle que ça... Car dans le code génétique de l'école de Jules Ferry, il y a toujours ce cristal : « dans la vie, il y a des gens PROFS et des PAS-PROFS et une institution extra-social non démocratique et puissante valide qui l'est et qui ne l'est pas.» Ça par exemple on n'y touche pas... parce que c'est un fondement.

Et puis bon sang, n'oublions JAMAIS que tous ces connards de profs sont rémunérés. Oui, ces abrutis, ces éternels-écoliers ineptes-inaptes suceurs de l'État et de tout ce qui est PUISSANT, au service du mensonge, sont payés pour (soi-disant) transmettre un savoir... Ils sont PROFS : dans leur intérêt personnel, pour aller s'acheter des voitures, des smartphones, des vacances au ski et des place de ciné. Voilà, un autre élément central de la génétique de l'école de Jules Ferry mais qu'on ne touchera pas non plus... pour conserver nos fondements : POUR CHANGER MAIS SANS CHANGER ! Sinon, on aurait vraiment trop trop peur !

La propagande au kilomètre

primaire

J'espère que vous avez bien en tête que nous ne disposons pas des moyens pour dénoncer chaque maillon d'une propagande pro-école qui se déroule en continu et au kilomètre dans cette société.

Au rayon cinéma, le plus célèbre maillon (récent) de cette propagande est le film "Sur le chemin de l'école" (2012). Ici, on vous propose plutôt son antithèse : Schooling the World.

schooling the world

Pour contrer la propagande, vous pouvez essayer d'organiser des projections de Schooling the world (les réalisateurs sont ok), mais dans l'espace "public", il faudra franchir la barrière des élus de la lumière intersidérale (qui sont souvent les premiers défenseurs de l'école d'état). Nous vivons en dictature.

N.B : à ceux qui pensent qu'il s'agirait aussi de Propagande de diffuser "schooling the world," je les renvoie au chapitre sur la Puissance dans le livre de Jacques Ellul "Propagandes". Un élément caractéristique et premier de la Propagande est son incroyable Puissance de feu qui n'a rien à voir avec l'échelle humaine ou villageoise.

Le concept de "Projet"... une pandémie qu'on n'arrête plus

Première page issue du "magazine de la communauté de commune Coeur de Savoie" (22 occurrences !! du concept de PROJET dans cette seule page "Jeunesse") et deuxième page issue d'un 4 pages "lettre aux habitants de Belledonnes" (15 occurrences, - N.B : 30 occurrences sur le 4 pages entier - ). Où comment "apprendre à marcher" devient aussi un produit pour le capitalisme (pardon : un projet !!!!!!) - il ne restait plus que ça qui n'était pas encore atteint par la marchandisation. N'hésitez pas de confier votre enfant à un prestataire pour qu'il apprenne à marcher, dès fois qu'il soit en retard de 4 heures sur son planning de développement et de réussite ! CE MONDE EST MORT.

 

Rappel : Franck Lepage s'inspire de Boltanski : "Le nouvel esprit du capitalisme". A lire !!!

Je joints aussi la saynète que j'avais écrit sur le même thème (en 2011-2012) :

Je vous propose donc un peu (beaucoup !!!!!) de pharmacologie avec ce concept MOR-TI-FÈRE, en essayant de ne plus l'utiliser ou bien seulement après validé 7 fois en conscience qu'il s'impose en dehors du "nouvel esprit du capitalisme".

Jouer avec des lecteurs de CB, des pots de Nutella, de Ricorée, et des caddies, c'est éducatif !

J'ai retrouvé ça dans mes archives (2007) : la réponse du "défenseur des enfants" à qui j'avais écrit pour dénoncer les jouets à l'effigie parfaite des attributs de "la grande distribution" (catalogue Jouet-club-sandwish à l'appui).

Sa réponse est très croustillante quand on pense à notre critique radicale de l'éducationisme et notamment au passage concernant les "jouets éducatifs" dans le livre "la domination adulte" de Y. Bonnardel (citation sur les jouets que Mathilde donne dans la dernière émission du Monde Allant vers)

Jouer à la marchande permet aux enfants d'imiter les adultes dans leurs comportements ordinaires et d'appréhender progressivement l'autonomie ainsi que le sens des responsabilités et des initiatives.

La DÉFENSEURE des enfants

Magnifique, n'est-ce pas ?! Orwell...

ARTICLES AU HASARD

Réflexions philosophiques | 17 Nov 2014 12:23 | Sylvain Rochex
Deuxième émission radio sur « la domination adulte » avec Y. Bonnardel

Je suis allé écouter Déirdre Bergeron hier soir à Dullin qui témoignait de son enfance sans école pour elle et ses deux soeurs [ ... ]

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Réflexions philosophiques | 30 Avr 2015 21:56 | Sylvain Rochex
Deuxième émission radio sur « la domination adulte » avec Y. Bonnardel

Ce texte de Sénèque me paraît avoir toute sa place ici.

 

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Déscolarisation.org | 01 Sep 2015 08:40 | Mathilde Anstett
La Terre est vidée de ses enfants

Et voilà…

La Terre a connu une chaude respiration estivale où enfin, toutes les parcelles de vie, forêts et clairières, petits [ ... ]

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Terre et permaculture | 26 Juil 2017 09:28 | Sylvain Rochex
Deuxième émission radio sur « la domination adulte » avec Y. Bonnardel

Je le vois venir et c'est très beau... et très moche en même temps...

Peu à peu, jour après jour, individu après individu, [ ... ]

Terre et permacultureLire l'article
Réflexions philosophiques | 30 Mar 2016 08:32 | Sylvain Rochex
Deuxième émission radio sur « la domination adulte » avec Y. Bonnardel

Je n'ai plus de téléphone mobile depuis décembre 2015. Mon amie Mathilde n'en a plus non plus. Je veux en témoigner [ ... ]

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Crédit Photo originale : Par Khoyobegenn