Une idée complètement tarée et débile

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Vive la Propagande !! Ce truc surpuissant, survolté en continu, qui sert à rassurer tout le monde en permanence. Votre conscience hurle contre vous-même, et de plus en plus fort et strident, la nuit aussi !! Alors, On (l'État et les industries culturelles) vous offre de quoi lui faire fermer sa gueule !

Pour les Propagandistes, c'est archi-simple : vous donner à entendre ce que vous voulez entendre. Et ce que vous voulez entendre c'est toujours la même chose, c'est : comment allons-nous changer sans changer ?! C'est ça que vous aimez entendre par dessus tout !

Madame ! Calmez-vous ! Écoutez-moi ! Je vais vous dire ce que vous voulez entendre : l'école va changer totalement ! Mais sans changer !

Madame !! Calmez-vous ! Écoutez-moi ! Je vais vous dire ce que vous voulez entendre : l'État et le système politique vont changer totalement ! Mais sans changer !

Madame !!! Calmez-vous ! Écoutez-moi ! Je vais vous dire ce que vous voulez entendre : l'argent et le système capitaliste vont changer totalement ! Mais sans changer ! Ouf ! Voici que tout à coup ça va un peu mieux ! Tout va changer ! Alors ma conscience se tait ! Tout va changer, mais sans changer ! Alors l'intégrité de ma conscience et la base de mon être sont préservés, RA-SSU-RÉS !! L'animal craintif mort de trouille qu'est l'espèce humaine n'a que ça en ligne de mire : se rassurer ! (et recolter des "J'aime" et des "tu es beau et important"). Rassurer principalement la base de son être.

La base de mon être, c'est l'école, c'est l'argent, c'est les gosses, c'est l'État et les institutions, c'est les papiers, c'est les gendarmes les experts et les boulangers, c'est le bureau de tabac la bière et le vin, c'est les hôpitaux, les tribunaux, c'est mes potes, c'est la propriété foncière, c'est mon crédit, c'est ma bagnole c'est mon smartphone et mon ordi, c'est les banques les assurances, c'est Noël, le ski, la télévision et le spectacle, c'est le cinéma, c'est la technologie... Oui, tout ça doit changer car notre monde c'est vraiment de la merde qui flingue tout ! ... Mais... Mais sans changer s'il vous plaîîît !!! Car je refuse que la lumière vienne sur les ténèbres des fondements de ma vie ! Changeons tout ! sauf mes fondements ! Donc changeons rien ! Ou plutôt, faisons, une fois de plus semblant de changer, pour s'offrir 30 ans de répit supplémentaires dans le seul but de refiler la patate chaude à ses enfants comme l'ont fait nos propres parents et grand-parents : oui ne jamais être la génération qui prend la responsabilité d'exécuter l'arrêt de la machine.

Alors la technique est la suivante : toujours garder l'Idée, l'Esprit, le code génétique ! Et on change quoi ? : L'esthétique ! qui se rapproche étymologiquement du concept de sensation ! Voilà, c'est ça : il faut changer notre perception, la sensation, que l'on éprouve vis-à-vis de la chose. On récuse l'école, mais on veut la garder pour ne pas bousculer les fondements de notre être, alors il suffit juste de modifier la sensation que l'on va ressentir vis-à-vis de l'école. Et ça se passe dans les mots surtout, tartiner avec des jolis mots : coopération, confiance, bienveillance ( mais qu'est ce qui nous casse les couilles celui-ci en ce moment ), autonomie, démocratie, égalité, ensemble, liberté, choisir etc. etc. Et puis évidemment, ça ne suffirait pas (quoique !), il faut aussi disséminer quelques objets : là, un compost, ici, une poule, là, un travail en équipe, ici, une assemblée délibérative (et pourquoi pas : là, un tirage au sort), pour que tous les esprits faibles sensibles aux illusions puissent s'en saisir pour rétorquer aux esprits lucides et objectifs : « ben tu vois bien que ça change, regarde, ils s'occupent d'un compost ! Et ils ramassent les oeufs de Violette la poupoule de l'école ! »

L'Idée, l'Esprit, le code génétique qui président à tout ça n'a pas été modifié même un tout petit peu, mais la sensation qu'on en a, oui ! Et à chaque fois, c'est ça qui compte pour repartir pour 30 ans ou plus !

La situation scolaire et scolarisante qui scolarise les individus et la société, est toujours là intacte, immaculée, avec tous les sordides personnages des professeurs, directeurs, experts et compagnie ; l'institutionnalisation des rapports, l'intégration en chacun de l'hétéronomie en toute matière, la propagande de masse, la toute-puissance et la légitimité de l'État, la diffusion de toutes les idéologies totalitaires dont l'idéologie de l'enfance, l'obsession du devenir, la spécialisation, l'argent. Tout cela est toujours à la base de l'école mais on n'a plus tout à fait la même SENSATION, c'est bien assez pour quelques lustres supplémentaires. L'école de Jules Ferry depus 1880 se reproduit toujours selon ce protocole. (Il y a aussi le sujet de « l'opposition contrôlée » : créer de vraies oppositions qui jouent le rôle d'opposant mais que l'État gère et organise de A à Z).

A la base des écoles (y compris les écoles de ce film) : il y a l'enfermement et la séparation d'avec la vie, l'inégalité et la peur de l'autre. Facile de le verrifier : prenez n'importe laquelle de ces 9 écoles présentées dans le film et demandez-vous ce qui se passerait si des dizaines de citoyens lambdas se proposaient d'intervenir dans l'école au même titre que les enseignants ? Aïe, aïe, aïe, la nouvelle école ne serait plus si nouvelle que ça... Car dans le code génétique de l'école de Jules Ferry, il y a toujours ce cristal : « dans la vie, il y a des gens PROFS et des PAS-PROFS et une institution extra-social non démocratique et puissante valide qui l'est et qui ne l'est pas.» Ça par exemple on n'y touche pas... parce que c'est un fondement.

Et puis bon sang, n'oublions JAMAIS que tous ces connards de profs sont rémunérés. Oui, ces abrutis, ces éternels-écoliers ineptes-inaptes suceurs de l'État et de tout ce qui est PUISSANT, au service du mensonge, sont payés pour (soi-disant) transmettre un savoir... Ils sont PROFS : dans leur intérêt personnel, pour aller s'acheter des voitures, des smartphones, des vacances au ski et des place de ciné. Voilà, un autre élément central de la génétique de l'école de Jules Ferry mais qu'on ne touchera pas non plus... pour conserver nos fondements : POUR CHANGER MAIS SANS CHANGER ! Sinon, on aurait vraiment trop trop peur !