I) « Tout mouvement de libération de l'homme ne saurait plus passer maintenant que par une déscolarisation.»

Ivan Illich

II) « L'oppression des enfants est première, et fondamentale. Elle est le moule de toutes les autres. »

Christiane Rochefort

III) « Quels enfants allons-nous laisser à la planète ? »

Jaime Semprun

IV) « Non plus créer des écoles alternatives, mais des alternatives à l’école »

John Holt

V) « Notre principale menace aujourd'hui est le monopole mondial de domination scolaire sur l'esprit des hommes. »

Everett Reimer

VI) « Ce qui me paraît le plus insupportable, c'est que l'école me séparait de moi-même. »

Christian Bobin

VII) « Plus l’homme se connaît par la voie officielle, plus il s’aliène »

Raoul Vaneigem

VIII) « Je perçois l'école non pas comme une institution qu'il faut réformer et perfectionner, mais comme une prison qu'il faut détruire. »

Cornélius Castoriadis

IX) « Ce qui abrutit le peuple, ce n'est pas le défaut d'instruction mais la croyance en l'infériorité de son intelligence. »

Jacques Rancière

X) « Prisonnier de l'idéologie scolaire, l'être humain renonce à la responsabilité de sa propre croissance et, par cette abdication, l'école le conduit à une sorte de suicide intellectuel. » Ivan Illich

XI) « Les hommes qui s'en remettent à une unité de mesure définie par d'autres pour juger de leur développement personnel, ne savent bientôt plus que passer sous la toise.» Ivan Illich

News

COUV NEXUS 108 WEBOn parle de nous (interview) dans le numéro 108 de Nexus de Jan/Fév 2017

Dossier « Déscolariser la société »

moinsOn a participé au dossier sur la déscolarisation du numéro 24 (août/sept 2016) du journal romand d'écologie : - Moins

L'école de la peur (texte complet)

ecoledelapeur

Attention aux méprises !

Nous ne sommes pas pour l'Instruction En Famille (IEF) sauf comme solution temporaire, celle-ci est inégalitaire et faire la part belle à une autre institution de l'ordre adulte presqu'autant problématique que l'école (si ce n'est plus !) Pourquoi toujours penser les choses en terme de systèmes fermés ?

Notre revendication se situe sur les communs et un monde ouvert : établir des écoles libres (chacun est libre d'y aller quand il veut), égalitaires (chacun peut intervenir pour enseigner), communales, citoyennes, gratuites, débarrassées de l'État, dans les espaces publics et communs, autogérées.

Bibliographie déscolarisation

Une société sans école
Ivan Illich
Mort de l'école
Everett Reimer
Le maître ignorant
Jacques Rancière
Comme des invitées de marque
Léandre Bergeron
Les apprentissages autonomes
John Holt
Pour décoloniser l'enfant
Gérard Mendel
Avertissement aux écoliers et aux lycéens
Raoul Vaneigem
Apprendre sans l'école
John Holt
Et je ne suis jamais allé à l'école
André Stern
La fin de l'éducation ? Commencements.
Jean-Pierre Lepri
Insoumission à l'école obligatoire
Catherine Baker
L'école de Jules Ferry, un mythe qui a la vie dure
Jean Foucambert
De l'éducation
Jiddu Krishnamurti
Pour l'abolition de l'enfance
Shulamith Firestone
L'école mutuelle, une pédagogie trop efficace ?
Anne Querrien
L'enfant et la raison d'Etat
Philippe Meyer
Le pédagogue n'aime pas les enfants
Henri Roorda
Les enfants d'abord
Christiane Rochefort
Les cahiers au feu
Catherine Baker
La fabrique de l'impuissance 2, l'école entre domination et émancipation
Charlotte Nordmann
La fabrique scolaire de l'histoire
Laurence de Cock et Emmanuelle Picard
L'école contre la vie
Edmond Gilliard
Libres enfants de Summerhill
A.S. Neill
Soumission à l'autorité
Stanley Milgram
Si j'avais de l'argent, beaucoup d'argent, je quitterais l'école
Une éducation sans école
Thierry Pardo
La véritable nature de l'enfant
Jan Hunt
C'est pour ton bien
Alice Miller
L'herméneutique du sujet
Michel Foucault
Ni vieux ni maîtres
Yves Le Bonniec et Claude Guillon
L'individu et les diplômes
Abel Faure
La domination adulte
Yves Bonnardel
Encore heureux qu'on va vers l'été
Christiane Rochefort
S'évader de l'enfance
John Holt
Inévitablement (après l'école)
Julie Roux

Article en avant

mamandeserie

Global larcin

Le monde est un grand larcin, un grand accaparement très diversifié, chacun son butin :

Les Élus volent le pouvoir.

Les universitaires volent l'université.

Les professeurs volent l'apprendre.

Les bibliothécaires volent les bibliothèques.

Les propriétaires volent la terre.

Les patrons volent la force de travail.

Les médecins volent la médecine.

Les médias volent l'information. ... etc. (S.R.)

Scolarisation du monde (le film)

schooling the worldAvec sous-titres Fr (bouton CC)

Outil n°1 pour lever le voile

etymosvignette

Les deux faces de la même médaille

mairieecoled

Cliquez sur l'image pour l'agrandir dans un onglet

Article du 30/08/2015

Un document exceptionnel !

millecitations

Nos liens Illustrateurs

Émissions en direct sur une radio locale

LE MONDE ALLANT VERS..., un jeudi sur deux à 19h30, sur la petite radio locale : RADIO GRÉSIVAUDAN.

Vous pouvez écouter ces émissions en rejoignant le site internet de Radio Grésivaudan ou en ouvrant votre radio sur la bonne fréquence.

Générique de l'émission :

Participez en direct en appelant le :

04 76 08 91 91

Accéder aux archives des émissions sur le site de Radio Grésivaudan.

Et si la cause des causes était l'absence d'architecture spirituelle chez chacun ? --> Ecoutez l'émission sur "La Citadelle" :

Fallait oser...

« L'enfant a droit à une éducation gratuite et obligatoire. »

Charte des droits de l'enfant de l'UNESCO

Bossuet nous disait :

« Il n'y a point de plus grand obstacle à se commander soi-même que d'avoir autorité sur les autres. »

 Professeurs, déscolarisez-vous !

« Les enfants ne sont pas seulement extrêmement doués pour apprendre; ils sont bien plus doués pour cela que nous. En tant qu'enseignant, j'ai mis beaucoup de temps à le découvrir. J'étais un enseignant ingénieux et plein de ressources, habile à élaborer des séquences de cours, des démonstrations, des outils de motivation et tout ce galimatias. Et ce n'est que très lentement et douloureusement - croyez-moi, douloureusement ! - que j'ai réalisé que c'était quand je me mettais à enseigner le moins que les enfants se mettaient à apprendre le plus. »

John Holt

Corollaire ou conclusion de cette idée de Holt : si on enseigne à l'E.N., c'est donc pour propagander, détourner, aliéner.

Sur le refus de parvenir

« Les honneurs déshonorent, le titre dégrade, la fonction abrutit. » Flaubert

*****

« Si nous voulons un monde nouveau, comment accepter de grimper, d'être reconnu par des institutions du vieux monde ? »
Marianne Enckell

Autres citations sur le refus de parvenir

Le corps enseignant ?

On parle toujours du « corps enseignant », mais jamais de son âme... C'est parce qu'il n'en a pas. Et s'il en avait une, ce serait évidemment celle, noire et vicieuse, de Jules Ferry.  S.R.

julesferryamenoireVoici le monsieur qui s'occupe de vos enfants !

descoetdroit

« Le monde allant vers...» sur la déscolarisation

Les deux émissions Radio Grésivaudan du mois d'octobre 2014 sur "la Déscolarisation" :

« Le monde allant vers...» sur notre procès du 22/01/2015

 

« L'éducation, avec son fer de lance qu'est le système de scolarité obligatoire, avec toutes ses carottes, ses bâtons, ses notes, ses diplômes et ses références, m'apparaît aujourd'hui comme la plus autoritaire et la plus dangereuse des inventions humaines. C'est la racine la plus profonde de l'état d'esclavage moderne et mondialisé dans lequel la plupart des gens ne se sentent rien d'autre que producteurs, consommateurs, spectateurs et fans, motivés de plus en plus, dans tous les aspects de leur vie, par l'appât du gain, l'envie et la peur. »

John Holt

Lien vers des centaines d'autres citations sur le sujet (mis à jour une fois par mois)

 

Réflexions philosophiques

Réflexions philosophiques

Une seule responsabilité pour les abolir toutes. Un monde de sous-hommes.

35574 405224276988 2268790 nL'homme de cette société est tombé en tentation : n'avoir plus qu'une seule responsabilité pour ne pas avoir la foule des responsabilités de l'homme. C'était trop tentant, comme d'envoyer un SMS pour s'affranchir de l'autre, ou prendre sa voiture pour tuer la marche. Trop tentant comme un morceau de viande dans l'assiette ou dans son lit.​
Il s'agira pour les grands d'un TRAVAIL, et pour les petits de l'ÉCOLE. Comment refuser, comment ne pas se laisser tenter ? Si je fais mon travail, si je remplis ce devoir-là ensuite, je n'ai plus à me soucier de rien et je ne suis plus responsable de rien. Je peux devenir et rester un sous-homme. En allant au travail et à l'école, je peux continuer de porter des couches et de sucer mon pouce dans un océan de doudous toxiques sans aucun problème.

Être responsable : répondre de, honorer la promesse qu'on s'est fait, qu'on a faite et que Dieu nous a faite. Les sous-hommes répondent de leur travail et de l'école. Sur le reste, ils n'ont rien à dire aucune promesse à tenir.

Je suis venu sur Terre, et ma venue me demande une seule chose : de faire mon travail si je suis grand et d'aller à l'école si je suis petit, c'est tout. Ma venue sur Terre n'implique rien d'autre. En remplissant cet unique office, tous les autres disparaissent, magique ! Magie noire du travail de l'adulte et de celui de l'écolier.
Autre point fondamental : cette seule responsabilité, si je la remplis, m'offre la possibilité de n'avoir plus rien à apprendre. J'apprends un métier ou j'apprends par cœur, mécaniquement, ce qu'on me demande d'apprendre (donc je désapprends), et ensuite, me voilà dispensé d'apprendre, de cette constante mise à l'épreuve et appel au dépassement de moi-même à la découverte de moi-même !
Apprendre, est-ce un plaisir ou une souffrance ? Ni l'un ni l'autre, c'est juste l'essence de l'homme. Mais c'est trop tentant de ne pas être un homme, et le travail et l'école m'en fournissent le moyen (quand je suis petit puis ensuite quand je suis grand). — mais je ne suis jamais grand, je reste mineur toute la vie, un sous-homme, un irresponsable —.
 
Quelle joie de retourner au travail ou à l'école même si je fais semblant de râler et de m'en plaindre. Quelle joie sans borne de rejoindre la corvée qui m'offre ce que je désire par dessus tout : ne point être un homme. Quelle joie de disparaître dans les rouages, d'être un prolo toute la vie ! Quelle joie secrète de m'astreindre à ce qui m'offre la possibilité totale de rester toute ma vie un irresponsable, un sous-homme !
La culture de la noix ? Faire un abri pour le hérisson ? Méditer, trouver la paix ? Fabriquer des pulls en laine ? Venir en aide à autrui ? Gérer mes excréments ? Tailler les ongles de mon cheval ? Creuser un puits ? Ramasser des mûres et des graines de calendula ? Semer des épinards ? Couper du bois pour le feu ? Traire biquette ? Masser mon amie ? Récolter la sève du bouleau, le miel de mes abeilles ? Consulter le calendrier lunaire ? Fabriquer un savon ? Prendre le temps d'écouter les autres ? Organiser une assemblée ?  Ranger mes affaires, en prendre soin, mettre en valeur chaque chose tellement tout est précieux ?  Écrire un poème ? Observer avec attention des parties infinitésimales du réel ? Descendre en ville pour tenter de faire sortir les gens de la caverne ? Apporter une tartine à une enfant ? Construire une petite éolienne, une serre, un séchoir ? Rassurer quelqu'un ? Aller voir l'Élu, le prêtre ou le professeur pour leur dire qu'ils se trompent ? Pêcher du poisson pour me nourrir ? Construire ma maison ? Planter des arbres fruitiers ? Réparer le manche d'un outil avec du bois de frêne ? Allumer un feu au sens propre comme au sens figuré ? Lire de la philosophie ? Élever des canards ? Nourrir mes poules ? Préparer un repas ? Arroser le jardin ? Ramasser les pommes de terre ? Mettre des lauzes sous les courges ? Soigner un animal ? Faire un bouquet de fleurs ? Faire un baume contre les irritations ? Fabriquer une étagère, des paniers ? ... Bon j'arrête ici, la liste incommensurable de tout ce que je peux éviter, simplement, en allant travailler et en allant à l'école.
En allant travailler, je peux accéder au confort de n'avoir rien d'autre à faire ensuite. Ce seul inconfort : le travail ou l'école, pour que la vie soit « confortable » par ailleurs. « Confortable », c'est-à-dire avoir constamment la possibilité de dégénérer en paix, sans culpabilité.
Après avoir « travaillé » ou après avoir été à l'école, j'ai le droit de me droguer, de m'avachir, d'être nul, sale, de cultiver la médiocrité, de polluer, de gaspiller, de « rien glander », de manger comme un porc, j'ai le droit de m'atrophier sans honte, de me racornir, de me livrer à toutes sortes de bassesses, j'ai le droit de rire comme un con (le rire du sous-homme) au lieu de rire de bon cœur (le rire de l'homme). Travailler ou aller à l'école me donne le droit si sublime, si enivrant, si doux, d'être une merde, d'être bon à rien, et de foutre le bordel partout, de chier dans mes couches. Le fait d'avoir travaillé me donne par exemple le droit bien connu de disparaître dans mon canapé devant la télévision. Ce dernier droit est vraiment terrible, mais je l'obtiens facilement en ayant préalablement été au travail ou à l'école (ou avant d'y aller).
Rendez-vous bien compte de tout ce que le travail permet d'éviter ! Des milliards de choses difficiles comme ramasser des pommes de terre dans la quiétude du soir les tubercules apparaissant comme des pépites d'or avec des micro-bulles de joie qui pétillent dans la tripe à chaque nouvelle patate qui jaillit... Ça, et toutes les choses difficiles de la vie qui sont évitées d'un coup d'un seul ! Grâce à mon travail, je peux m'acheter un pot de miel et m'éviter ainsi une récolte pénible avec du miel qui dégouline sur mes doigts, et je peux par exemple m'épargner de contempler l'univers merveilleux d'une ruche. Ça, et tellement d'autres choses que je peux tout simplement éviter en allant travailler et en allant à l'école. Avec mon travail, je peux aller m'acheter un banc en bois au lieu de le faire moi-même ! Ça, et tellement d'autres choses horribles !!!!!! Qui sont tellement horribles !!!!! Tellement inconfortables !
Saint Exupéry disait que pour qu'un homme soit heureux, il fallait d'abord qu'il soit un homme.
Et les gens sont si malheureux car ils ne sont point homme. Ils sont seulement des travailleurs et des écoliers une fraction du temps et des grosses merdes pendant le peu de temps qui leur reste. Mais ils ont parfaitement le droit d'être des grosses merdes irresponsables, pollueurs et gaspilleurs qui ne prennent SOIN de rien et qui sont curieux de rien ! Car ils sont allés au travail et à l'école !
Et surtout, d'être allés à l'école quand ils sont petits, ils vont avoir le droit d'aller au travail une fois plus âgés, et ainsi de suite.
Hashtag jevisavecdessoushommes.
 

Sylvain Rochex - 20 août 2017

Article relayé par Les Moutons Enragés.

 

Je veille sur Mammon

je veille sur mammonLe « sert-vice » de La Poste « Je veille sur mes parents » ne dit pas clairement son véritable nom. Il s'agit en fait de « Je veille sur Mammon », ou même « Nous veillons sur le règne absolu et final de Mammon sur terre ».
Mammon, c'est le Dieu Argent. C'est une des nombreuses versions du diabolos (le diviseur) ; la version la plus agressive de toutes.
Dans la 4ème vidéo à propos de « Je veille sur mes parents » publiée hier sur www.descolarisation.org, la factrice à l’œuvre arbore une croix chrétienne bien visible.
Elle serait « chrétienne »... ? Je pose encore et toujours la même question depuis au moins 20 ans : est-on chrétien de se reconnaître dans les assassins du Christ ou bien est-on chrétien de chercher à imiter Jésus Christ ?
Bien-sûr, être homme, c'est être pécheur. Les chrétiens sont pécheurs. Mais le chrétien, parce qu'il est chrétien ne pêche pas dans tout, il ne peut pas être aveugle sur tout et s'il pêche, il le sait au moins à posteriori (voire à priori). Et il ne peut pas se tromper sur un certain nombre de sujets bien précis. En premier desquels : le principe de la charité.
Le chrétien vit avec cette idée que l'amour de Dieu se manifeste dans le lien d'affection spontané et gratuit entre les hommes que l'on nomme AMITIÉ ou CHARITÉ (la charité n'est pas de faire l’aumône aux pauvres, la charité, c'est « l'amour du prochain » dont parle Jésus). L'amitié ou la charité est ce qui s'oppose au diabolos et à Mammon (Dieu Argent).
L'argent et l'amitié sont deux maîtres qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre, si bien que la Bible nous enseigne que nul ne peut servir deux maîtres, et que soit vous êtes dans l'un et vous haïssez l'autre, soit vous êtes dans l'autre et vous haïssez le premier. C'est soit l'un, soit l'autre.
Soit vous êtes dans le monde de l'argent, soit dans celui de l'amitié. Bien-sûr le chrétien peut être pécheur et se perdre un instant dans le monde de l'argent, mais le chrétien, s'il est chrétien, sait qu'il change de maître et qu'il n'a pas le droit de se la faire à l'envers (ou de nous la faire à l'envers) en osant dire qu'il peut avoir deux maîtres en même temps.
Dans « Je veille sur mes parents », on affiche clairement que le sujet c'est la charité : veiller sur l'autre, veiller les uns sur les autres, prendre soin de l'autre, prendre soin les uns des autres, nous aimer ; et dans le même temps on OSE (le mot est faible) dire que cette charité de Jésus-Christ coûte tant. On OSE dire qu'on sert deux maîtres en même temps : Dieu et Mammon alors que c'est totalement impossible. Et cela est réalisé en prime par une dame qui porte la croix de Jésus Christ autour de son cou...
N'importe qui, même quelqu'un qui ne se dit pas chrétien, qui vient à l'aide d'une personne par CHARITÉ/AMITIÉ se sent insulté si on vient lui proposer de l'argent en contrepartie. C'est dans ce genre de sentiment évident qu'on peut percevoir que l'idée biblique du « nul ne peut servir deux maîtres » est absolument vraie.
Et pourtant, les responsables actuels de La Poste ont décidé de crucifier le sauveur.
Veiller sur ses parents... Veiller... se soucier de l'autre... prendre souci de la personne qui nous a donné la vie... prendre souci des personnes qui vivent proche de soi... devenu la proie totale du Dieu Argent...
La décadence du monde est effectivement terminale.

Des hordes de chrétiens devraient se soulever partout pour reprendre à Mammon ce qui est la propriété de Dieu.

Bien-sûr, Mammon/le diabolos s'est organisé depuis longtemps pour rendre caduque la langue biblique que j'emploie dans ce message. Que ceux qui voient seulement ici, une langue révolue de religieux-à-la-con, médite sérieusement le passage de Luc en oubliant un instant qu'il s'agit de la Bible :
« Aucun serviteur ne peut servir deux maîtres. Ou bien il haïra l'un et aimera l'autre, ou bien il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l'Argent»
« Nul ne peut servir deux maîtres...» Ce n'est ni une langue ni un langage, il n'y a là aucune discrétisation, aucun engrammage qui compte, car il y a là une Idée pure qui rentre directement en vibration avec les couches les plus profondes de notre être intime.
 
Sylvain, Anarchiste Chrétien et Chrétien Anarchiste.

« Quand elle prend corps »

 « Quand elle prend corps »

araignéeUn texte de Jean-Philippe sur le blog Éloge du détail. Que je veux associer au texte publié hier par Mathilde : Où est passée la spontanéité ?​ L'inconnu, l'imprévu, terrorise. Donc, le spontané terrorise. ​La spontanéité est l'araignée suprême qui se fait écraser à tous les coins de rue par les chaussures de l'homme de la masse et agent du respect de la conformité parfaite de l'ordre établi.
Qui êtes-vous ? Quelle association êtes-vous ? Que faites-vous ? Avez-vous une autorisation ? Demande l'agent (qui peut être un simple passant, un fonctionnaire, — ils sont si nombreux à répercuter l'horreur —), gorgé d'une émotion de terreur qu'il ne domine pas, toujours une chaussure dans la main.
Résultat : nos existences sociales publiques sont froides et mortes comme des portes de prison (normal, nous sommes dans une prison, celle des émotions).
Résultat : Je suis aujourd'hui celui que je n'ai pas pu rencontrer quand j'étais plus jeune. Je suis celui que ceux qui sont comme j'ai été ne peuvent pas non plus rencontrer. C'est par cette pathocratie qui ne dit jamais son nom, qu'on laisse moisir tous les jeunes gens de ce monde dans le tunnel sombre et immonde de la propagande, de zéro à 25 ans.

Voilà, je vous laisse avec le texte de mon frère.

Appel du 8 mai 2017 : l'Hyper-Mouvement de la Dépression Généralisée !

ours triste à creverNous vous proposons qu'on se rassemble tous, et massivement, pour avouer. Oui, qu'on se le dise enfin, qu'on assume, tous ensemble, entre quatre yeux et plus encore... Et de cette manière, il s'agira peut-être du plus grand rassemblement de l'Histoire. On aurait dû d'ailleurs y penser bien avant ! Il suffisait juste de s'avouer cette chose toute simple les uns aux autres dans un immense élan de soulagement. Un ras de marée d'aveux réciproques.

S'avouer ensemble qu'on déprime, qu'on n'en peut plus du tout, qu'on est au bord de l'abîme tout en ayant touché le fond depuis longtemps (et qu'on ne sait même plus d'ailleurs comment dire les choses), qu'on est crevé de désespoir, qu'on est patraque, oui, vraiment patraque, en vrac, qu'on en a notre claque,..., se le dire enfin, mais se le dire ensemble dans une grande allégresse béate mélangée de larmes, de rires nerveux et de spasmes en tout genre (et avec des rototos et des pets aussi pourquoi pas) ! Tous nous unir, nous, les burn-outés, les sous-cachetons, les mélancoliques, les couci-couça, les écœurés, les accablés, les H.S les KO, les sur-la-touche, les déclassés, les cancres, les rebelles, les rebuts, les illuminés, les hallucinés, les éliminés, les minés, les invisibles, les dégoûtés, les déboutés, les abstentionnistes, les empathiques, les finis, les vidés, les rêveurs (qui en ont marre de cauchemarder), les soi-disant idéalistes, les angoissés, les dépressifs (de courte ou de longue durée), les colériques, les nerfs-à-vifs ou les passablement énervés, les schizos, les paranos, les dédoublés, les bi-polaires, les ours polaires, les électro-sensibles, les orthoréxiques, les autistes, les suicidaires (débutants ou confirmés), les cyclothymiques, les amorphes, les résignés, les mortifiés, les fous-de-rage, les désespérés, les qu'en-peuvent-plus, les au-bout-du-bout-du-rouleau, [ICI met tes symptômes à toi] ... Sachant que la cause à tous ces symptômes et manifestations est la même : voir ce monde finir de s'auto-détruire sous nos yeux impuissants. Car on est trop sensibles. Oui, avouons-le aussi, nous sommes des « pauvres chéris ». Eh oui, bon, c'est comme ça, nous refusons la guerre de tous contre tous, et la destruction de tout ce qui est joli, nous sommes donc des tapettes, des mauviettes, des bons-à-rien, et des objecteurs de conscience (et de croissance !). Mais assumons-le maintenant.
Et parce que parfois c'est trop dur, on tempête, on fulmine, on enrage, et on gueule. Car, on le repète, on est trop sensible, et pour ça, nous sommes donc des fous, des destructurés, des inadaptés, des désaxés...

Enfin réunis, nous pourrons élégamment et tranquillement régurgiter toute l'amertume, la colère, la tristesse, la résignation, le désespoir, le ras-le bol, bref tout ce qu'on retient quotidiennement faute d'un espace sympathique, cosy et chaleureux pour déprimer enfin ensemble. N'ayons plus de honte à ne pas savoir nous adapter à ce monde. Ensemble, voguons fièrement sur un océan de vomi putride (issu d'une purge collective de ce qui nous accable). Alors notre équipage de bras-cassés pourra enfin valider que c'est ce monde le problème et pas nous, et que ça n'a jamais été nous. Assumons enfin la charge énorme de ce qui pèse en nous, par nous et sur nous, pour s'en délester en rejoignant ce club mondial qui va naître de cet appel. Des millions de déprimés qui s'assument tout d'un coup, ça doit bien pouvoir donner quelque-chose !! Car des millions de déprimés vont accourir de partout (et accourent déjà — mais à leur propre rythme —) !

Oh il doit y'en avoir beaucoup qui nous lisent et, encore hypnotisés qu'ils sont, ne se déclareront pas tout de suite avec nous, mais ils viendront tôt ou tard, oui, ils finiront par nous sauter dans les bras en hurlant leur mère dans pas très longtemps (car comment rester éternellement insensible au scénario macabre et eschatologique qui se déroule implacablement sous nos yeux). Car c'est le seul découpage qui soit vraiment certain : les hypnotisés insensibilisés (violés psychiquement) — qui continuent avec le sourire qui fait rentrer l'argent — et les sensibles déprimés (relativement plus immunisés contre le viol psychique). Alors rassemblons-nous ! Rassemblons-nous partout, quotidiennement, sur toutes les places, et dans toutes les rues juste pour déprimer ensemble que rien ne soit possible ici-bas, qu'on n'y arrive plus, qu'on jette l'éponge, que c'est la fin des haricots, vraiment la fin... Mes frères et soeurs ! Cessons de pleurer tout seul dans nos chaumières cachés dans nos chambres : pleurons ensemble à chaudes larmes, à coeur et à ciel ouvert (c'est à la fois le moins et le plus qu'on puisse faire). Pleurons sur notre sort de masse impuissante (comme toutes les masses). Osons enfin pleurer de concert les lois de la pesanteur qui nous écrasent. Et à force de pleurer ensemble, ça va nous faire marrer ! C'est la seule chose qui pourrait nous faire marrer en fait ! (Partager ses maux avec une seule personne nous suffit pour aller mieux, alors imaginez si on le faisait à millions en même temps !)

Alors, rejoignez tout de suite, l'Hyper-Mouvement de la Dépression Généralisée (HMDG). L'humanité déprime au dernier degré, mais elle le fait maintenant ensemble ! Unie dans la douleur ! Toute la différence est là ! D'aucuns, diront qu'il faut semer des graines et ne pas se lamenter sur le monde, mais nous savons désormais que rien ne germe sur le sol stérile d'un monde fait d'argent.
Nous prenons le parti de former au préalable un incommensurable tas de fumier né de nos fulminations et blessures, à épandre ensuite partout, pour confier à la Terre notre malheur, car elle seule saura le transformer en beauté.

Mais d'abord et avant tout, le pus ! Ces derniers mots forment notre noble bannière que nous brandirons fièrement !

Allez dans votre cuisine, trouvez l'éponge, emportez la et rejoignez-nous. On va la jeter ensemble ! Mais d'abord et avant tout, le pus !

La liste des Dieux de l'État et du Capitalisme

totem[On fera des mises à jours pendant une période, l'article sera disponible dans le menu documents principaux]

L'ARGENTLA LAÏCITÉ, L'ÉTAT, LA FRANCE - LA NATION, LA DIVISION DU TRAVAIL- LE MÉTIER, LE TRAVAIL, TRAVAILLER, LE BUREAU, L'EMPLOI, LE STAGE, LA FORMATION, LE CALENDRIER GRÉGORIEN, LA VITESSE, LE FAIRE ET L'AGIR, LE SYNDICAT - L'ASSOCIATION - LE PARTI, GAGNER SA VIE, LE CONTRAT - L'ENGAGEMENT, LE COMMERCE, LA CONSOMMATION, LE CLIENT, 3 REPAS PAR JOUR, LES PRODUITS LAITIERS, LES PROTÉINES - LA VIANDE, L'ALCOOL, UN CAFÉ, LA PRISE EN CHARGE, LA JUSTICE - LES TRIBUNAUX - LE DROIT - LES JURISTES - LES CODES - LA LOI - LE JUGEMENT, LA PEINE - LA PUNITION - LE BLÂME - LA PRISON, LE JOURNAL DE 20H, LE CRIME - LE MEURTRE - LE TERRORISME - LA MAUVAISE NOUVELLE, LE PROJET, L'ÉCOLE - L'ÉDUCATION, L'ORIENTATION, LES ÉTUDES - L'ÉTUDIANT, LE DIPLÔME, LES ÉLECTIONS, LA DÉMOCRATIE, LES PARENTS - LA FAMILLE, LE LIVRE - L'ÉCRIT, L'IMAGE, LA VOITURE, LE CINÉMA, LE CHIEN LE CHAT, NOËL, LA DÉCO - LE DESIGN, LE LOOK - L'APPARENCE, L'ORDINATEUR, INTERNET, LA TÉLÉVISION, LE TÉLÉPHONE, LE SMARTPHONE, LE SEXE, LA ROUTE, LA TECHNOLOGIE, LE MACHINISME, L'AUTOMATISME, L'INGÉNIERIE, L'ÉLECTRICITÉ - LE NUCLÉAIRE, LE PAVILLON, LA PROPRETÉ - L'ASEPSIE, L'ENTRETIEN, LA PROPRIÉTÉ PRIVÉE, LA PAUVRETÉ, LA HIÉRARCHIE, LES VACANCES-LES CONGÉS, LA RECHERCHE - LA SCIENCE - LA MÉDECINE, LE WEEK-END, LA CROISSANCE, LA PRODUCTION, LE CADEAU, ENFANT, JEUNE - LA JEUNESSE - LA VIE ACTIVE, VIEUX, LE VOYAGE - LE TOURISME, LE SPORT, LE FOOTBALL, LA COMPÉTITION, L'ARCHITECTURE, L'ART, LE SPECTACLE, LES MÉDIAS, LE VÊTEMENT - LES MARQUES - LES VITRINES, LA VILLE, PARIS, LYON, GRENOBLE, BORDEAUX (...),

Sylvain et Mathilde

Sur « la division du travail » et ses causes psychologiques liées à la scolarisation

etiennefrancisyoutubeSuite au magnifique dialogue filmé entre Étienne Chouard et Francis Cousin (voir ci-dessous), je ressens le besoin de poser quelques éléments concernant le sujet de « la division du travail » que nos deux amis abordent longuement de façon contradictoire.

On parle toujours de ce concept sur le plan économique ou politique et pas assez sur le plan de la psychologie je trouve, et je voudrais le faire.

Dans l'entretien entre F. Cousin et Étienne Chouard, Étienne est celui qui défend « la division du travail » et on ne peut que ressentir les implications psychologiques très puissantes chez lui au travers de son émotion : une peur panique de la polyvalence pour chacun (donc pour lui-même) à laquelle conduit inévitablement la fin de « la division du travail ». Et pour vivre cette peur, Étienne convoque volontiers des milliards d'autres gens qui, comme lui, seraient en panique totale de « devoir tout faire » ou de « devoir savoir tout faire » (Étienne dit en gros : moi je ne veux pas et je ne peux pas, et "les gens" ne voudront pas non plus et ne pourront pas non plus). Francis Cousin, quant à lui, est totalement serein avec l'idée d'en finir avec « la division du travail » pour trouver enfin une complétude de l'être (atteindre « l'être générique » selon ses termes si je me souviens bien.)

Cette peur panique d'Étienne Chouard, et à travers lui, des milliards d'autres personnes est vraiment une émotion-clé pour comprendre l'origine psychologique de la division du travail. En plus de cette peur, le deuxième élément de son discours qui permet de tout révéler sur ce problème de « la division du travail », ce sont les catégories qui lui viennent spontanément à l'esprit pour illustrer cette polyvalence-terreur, et surtout la première d'entre-elles,  qu'il répétera une bonne dizaine de fois au cours de l'entretien : le travail de la terre. « Mais moi je ne sais pas cultiver la terre !! »... « Mais moi je ne sais pas cultiver la terre !! »... Et ensuite, il en vient très logiquement à l'habitat (« Construire sa maison »), puis aux vêtements (il parlera du « savoir filer la laine etc.»). Si on le laissait continuer sur ce fil, il aurait ensuite parlé de la gestion de l'eau et de l'assainissement... Eh oui, les besoins fondamentaux seront toujours les mêmes. Il est édifiant de voir que la polyvalence-terreur chez ceux opposés à la fin de « la division du travail» est bien directement comprise de part les composantes de « l'être générique », c'est-à-dire l'être de la complétude et de la plénitude voulu justement par ceux, comme F. Cousin et moi-même, qui sont pour la fin de « la division du travail ».

Vers la fin du dialogue, Étienne, toujours parlant de cultiver la terre, donne l'exemple de quelqu'un qui a cultivé la terre pendant 3 heures, et là, d'un seul tenant, il lâche (en le répétant 2 fois !) : qui a sué SANG ET EAU pendant 3 heures, qui s'est donné du mal... On voit là encore cette même peur panique concernant les choses essentielles de l'homme... concernant le fait de chercher sa complétude et son humanité (donc son humilité - humus...) ... La manière dont Étienne parle de devoir « construire soi-même sa maison » (ou du sujet des vêtements) caractérise la même peur... La peur panique donc de retrouver son être générique, c'est-à-dire son humanité et de répondre à la question : qu'est-ce que l'homme ? C'est un animal social qui se nourrit principalement de végétaux, boit de l'eau, s'habille et s'abrite et ne fait pas caca directement sur ses salades... Comment ne pas voir que « la polyvalence » dont parle Étienne n'en est pas une, que ce qui lui fait peur véritablement ce n'est pas d'être polyvalent mais de devenir un homme ! Car cultiver la terre (ou cueillir des plantes sauvages), gérer son eau, s'habiller et s'abriter, etc. ce n'est pas de la polyvalence, c'est juste : être un homme.

Mais d'où ça vient cette peur-là ?! D'où vient cette peur d'apprendre à devenir le plus complet possible au niveau de l'essentiel ? Cette apologie de « la division du travail » et la peur de la recherche de la complétude vient de la scolarisation qui nous apprend très rapidement (dès l'âge de 5 ans) qu'il nous est plus profitable AFFECTIVEMENT-PARLANT de nous spécialiser, de répéter un truc qu'on sait faire, au lieu de diversifier continuellement son savoir (incluant les savoirs-faire manuels bien-sûr). Diversifier continuellement son savoir nous amène à vivre continuellement dans un jeu d'essais et erreurs. Diversifier son savoir nous amène à vivre continuellement dans l'inconnu et dans une instabilité. Cet inconnu, ces erreurs et cette instabilité ne sont pas trop gênants de soi à soi, mais ça le devient totalement dans le service à autui (le croit-on !!!). Donc, on découvre très tôt que tout cet inconnu, toutes ces erreurs, toutes ces tentatives et ces recherches, bref : TOUT CET APPRENTISSAGE CONSTANT, nous amène à régulièrement perdre l'amour de l'autre, car LE « SERVICE » apporté aux autres souffre forcément de la même instabilité/incertitude. Cet APPRENTISSAGE CONSTANT fait de nous l'inverse d'une marchandise. La spécialisation, on le comprend très tôt, nous libère de l'erreur (donc de l'apprendre), et du même coup de l'insatisfaction des autres, en nous transformant en objet, en marchandise. On découvre très tôt, que lorsqu'on sait faire quelque-chose qui plait aux autres, on peut le répéter à l'identique et à l'infini sans effort (jusqu'à celui de l'ennui abyssal mais qu'on est étrangement capable de supporter pour ne pas perdre l'amour de l'autre). On découvre très tôt qu'il suffit, en société, d'apprendre très peu, vraiment très peu, juste ce qu'il faut pour maîtriser deux-trois choses qui satisferont les autres, que l'on va répéter ensuite jusqu'à la mort. Ainsi, jusqu'à sa mort, nous sommes libéré du fardeau de l'apprendre qui est un fardeau car peu compatible avec le fait de contenter les autres autour de nous à court-terme. En devenant une marchandise, en devenant quelque-chose (de fixe, de stable et qui satisfait les autres), j'accède à une forme de sécurité affective permanente (et si on ajoute à ça les mécanismes psychologiques liés à la récompense en argent... le tableau est entièrement sombre...). En recherche de ma complétude, cette sécurité affective (et financière !) tombe. On retrouve donc toujours ce problème d'être obsédé par « l'amour » qu'on nous porte sans prendre conscience que l'autre nous veut marchandise pour sa propre satisfaction et ne souhaite pas notre complétude qui le satisfait forcément moins A COURT TERME.

Notre recherche de complétude oeuvre pour la venue du « royaume » et cette oeuvre est forcément radicalement opposée à la satisfaction courtermiste des individus en manque-de-tout (puisqu'incomplet et ne recherchant pas la complétude) qui nous entourent. C'est donc à nous, seul, de vouloir notre complétude (dans ce qu'elle apporte de complète jouissance à terme) en cessant d'être obnubilé par le fait de contenter les autres dans l'instant pour recueillir leur faux-amour.

Entretien entre Étienne Chouard et Francis Cousin

Étienne,

J'ai l'impression que tu as eu avec F. Cousin, sur l'économie et la politique, la discussion que nous pourrions avoir sur l'École si on avait ce type d'entretien.

Pourquoi est-on incapable de mettre à la poubelle notre monde ?
Tout se passe chez chacun dans le système nerveux : on défend mordicus nos connexions synaptiques.

On peut prendre n'importe quel face du cristal de notre monde civilisé : les hommes se dressent, non pas pour mettre à mal ce monde, mais pour le défendre mordicus. Ici, on défend la monnaie, là, l'association, là, l'école, ici, la technologie, là, l'État, ici, l'Élection, là, le Droit, ici, la Laïcité, etc. etc.
Ici, on attaque l'Élection, mais on fustige celui qui se permet d'attaquer l'école... Ici, on attaque l'État, mais on fustige celui qui attaque la laïcité (par exemple). On n'arrive pas, individuellement et collectivement, à foutre à la poubelle notre monde, dans toutes ses facettes...

Je t'ai vu aussi dans une autre vidéo récente où je vois que tu as fait du chemin concernant l'école : tu parles enfin de domestication complète des êtres, tu te sens "presque coupable" (professorat) etc. Mais je suis sûr que si on avait un entretien, tu défendrais encore un peu l'école, comme tu défends la monnaie ou le Droit face à F. Cousin.
J'ai noté un passage équivoque, où tu défends l'échange face à F. Cousin et ton argument final c'est : je ne sais pas cultiver la terre. Ce n'est pas anodin, ça, comme remarque "finale". Un humain doit savoir tirer sa subsistance de la terre sinon il fait peser cela sur d'autres : n'est-ce pas une définition de la bourgeoisie et de la domination générique ? (Cf : TOLSTOÏ sur ces points).

L'enjeu est le même pour chacun de nous : être capable de lutter contre les connexions synaptiques qui nous sont chères (et contre nos peurs bourgeoises à mettre les mains dans la terre ;-) (rejoins ceux qui font de la permaculture de subsistance). Rejeter radicalement et totalement ce monde. Et convoquer les Dieux à mettre sur le ring en face des Dieux du capitalisme. (Lecture sur ce dernier point : « Signes annonciateurs d'orages »)

Affectueusement,

Sylvain

Ça a foiré... totalement...

container bâteau

déchets

Nous faisons tous face à des choix. Nous pouvons avoir des calottes glaciaires et des ours polaires, ou nous pouvons avoir des automobiles. Nous pouvons avoir des barrages ou nous pouvons avoir des saumons. Nous pouvons avoir des vignes irriguées dans les comtés de Mendocino et Sonoma, ou nous pouvons avoir la rivière Eel et la rivière Russian. Nous pouvons avoir le pétrole du fond des océans, ou nous pouvons avoir des baleines. Nous pouvons avoir des boîtes en carton ou nous pouvons avoir des forêts vivantes. Nous pouvons avoir des ordinateurs et la myriade de cancers qui accompagne leur fabrication, ou nous pouvons n’avoir aucun des deux. Nous pouvons avoir l’électricité et un monde dévasté par l’exploitation minière, ou nous pouvons n’avoir aucun des deux (et ne venez pas me raconter de sottises à propos du solaire : vous aurez besoin de cuivre pour le câblage, de silicone pour le photovoltaïque, de métaux et de plastiques pour les dispositifs, qui ont besoin d’être fabriqués et puis transportés chez vous, et ainsi de suite. Même l’énergie électrique solaire n’est pas soutenable parce que l’électricité et tous ses attributs requièrent une infrastructure industrielle). Nous pouvons avoir des fruits, des légumes, et du café importés aux États-Unis depuis l’Amérique latine, ou nous pouvons avoir au moins quelques communautés humaines et non-humaines à peu près intactes à travers la région. […] Nous pouvons avoir du commerce international, inévitablement et par définition ainsi que par fonction dominé par d’immenses et distantes entités économiques/gouvernementales qui n’agissent pas (et ne peuvent pas agir) dans l’intérêt des communautés, ou nous pouvons avoir un contrôle local d’économies locales, ce qui ne peut advenir tant que des villes requièrent l’importation (lire : le vol) de ressources toujours plus distantes. Nous pouvons avoir la civilisation — trop souvent considérée comme la plus haute forme d’organisation sociale — qui se propage (qui métastase, dirais-je) sur toute la planète, ou nous pouvons avoir une multiplicité de cultures autonomes uniques car spécifiquement adaptées au territoire d’où elles émergent. Nous pouvons avoir des villes et tout ce qu’elles impliquent, ou nous pouvons avoir une planète habitable. Nous pouvons avoir le « progrès » et l’histoire, ou nous pouvons avoir la soutenabilité. Nous pouvons avoir la civilisation, ou nous pouvons au moins avoir la possibilité d’un mode de vie qui ne soit pas basé sur le vol violent de ressources.

Tout cela n’est absolument pas abstrait. C’est physique. Dans un monde fini, l’importation forcée et quotidienne de ressources est insoutenable. Hum.

Montrez-moi comment la culture de la voiture peut coexister avec la nature sauvage, et plus particulièrement, comment le réchauffement planétaire anthropique peut coexister avec les calottes glaciaires et les ours polaires. N’importe laquelle des soi-disant solutions du genre des voitures électriques solaires présenterait des problèmes au moins aussi sévères. L’électricité, par exemple, a toujours besoin d’être générée, les batteries sont extraordinairement toxiques, et, quoi qu’il en soit, la conduite n’est pas le principal facteur de pollution de la voiture : bien plus de pollution est émise au cours de sa fabrication qu’à travers son pot d’échappement. La même chose est vraie de tous les produits de la civilisation industrielle.

Nous ne pouvons pas tout avoir. Cette croyance selon laquelle nous le pouvons est une des choses qui nous ont précipités dans cet horrible endroit. Si la folie pouvait être définie comme la perte de connexion fonctionnelle avec la réalité physique, croire que nous pouvons tout avoir — croire que nous pouvons simultanément démanteler une planète et y vivre ; croire que nous pouvons perpétuellement utiliser plus d’énergie que ce que nous fournit le soleil ; croire que nous pouvons piller du monde plus que ce qu’il ne donne volontairement ; croire qu’un monde fini peut soutenir une croissance infinie, qui plus est une croissance économique infinie, qui consiste à convertir toujours plus d’êtres vivants en objets inertes (la production industrielle, en son cœur, est la conversion du vivant — des arbres ou des montagnes — en inerte — planches de bois et canettes de bière) — est incroyablement cinglé. Cette folie se manifeste en partie par un puissant irrespect pour les limites et la justice. Elle se manifeste au travers de la prétention selon laquelle il n’existe ni limites, ni justice. Prétendre que la civilisation peut exister sans détruire son propre territoire, ainsi que celui des autres et leurs cultures, c’est être complètement ignorant de l’histoire, de la biologie, de la thermodynamique, de la morale, et de l’instinct de conservation. & c’est n’avoir prêté absolument aucune attention aux six derniers millénaires. Derrick Jensen

Qu'est-ce donc que le vrai et le seul amour ?

aimerVivre, c'est vouloir aimer, non vouloir être aimé.
Vivre, c'est chercher à aimer, non chercher à être aimé.
Vivre, c'est parvenir à s'aimer soi et à aimer les autres, et non réussir à être aimé des autres.
C'est la clé du mystère, car le chemin vers la vérité est à ce prix-là.
Tenter de vivre en voulant être aimé aura pour conséquence un chemin constant vers le mensonge.
Pourquoi ? Tout simplement car l'être humain est pêcheur, fragile, et tend malheureusement à vouloir être aimé plutôt qu'aimer.
Pourquoi tous chercher à être aimé par des gens qui ne veulent qu'une chose : être aimé des autres ? C'est absurde et DANGEREUX.
La première forme d' « amour » recherché par les gens est l'intégration sociale. C'est l'animalité pure liée à la survie. L'être humain est pourtant appelé à s'élever au dessus de son animalité.

L'être humain, faible, met en place constamment des techniques de chantage à l'amour pour avoir la sensation d'être aimé des autres.
Les principaux chantages à l'amour orchestrés concernent l'intégration sociale : la mise en conformité, la reproduction. C'est la principale occasion de chute des êtres humains.  Si tu ne te conformes pas, tu auras la sensation de recevoir moins d'amour ou plus du tout, c'est le principal chantage à l'amour dans lequel tombe la majorité des êtres humains. Pourtant ce mouvement, entropique (décomposition en éléments simples semblables), est opposé à la vie, qui est néguentropique (elle singularise, ordonne tout en complexifiant)

Mais tout ce soi-disant « amour », celui né de la volonté d'être aimé : n'est pas l'amour, mais son inverse. L'amour, c'est aimer soi et les autres, ce n'est JAMAIS ce machin sordide qui nous pousse à rechercher l'amour des autres, ce machin qui fait qu'on attend sans arrêt des manifestations de notre beauté et de notre importance, des compliments, et des marques d'affections (des « j'aime » et des « vues »). C'est l'inverse de l'amour, puisque c'est la preuve qu'on ne s'aime pas (suffisamment).

7 milliards de types qui recherchent l'amour des autres en même temps, ça donne l'apocalypse, c'est-à-dire la révélation de la vérité : vivre c'est aimer, non vouloir être aimé. 7 milliards de types qui regardent sans arrêt leur smartphone pour voir s'ils n'ont pas reçu un SMS qui leur révèle leur beauté, leur importance ou pour qu'ils se sentent « aimés », RASSURÉS (d'être aimé). 7 milliards de types qui envoient des SMS, de l'affection (« bisou ! »), des politesses, des gentillesses, ou des preuves de leur conformité sociale : non pour aimer, mais uniquement pour recevoir une sensation d' « amour » en retour. C'est incroyable de voir ce que 7 milliards de types sont capables de mettre en place pour recevoir des pouièmes de faux amour. 7 milliards de types qui avancent dans la vie en pensant continuellement en terme de DON/CONTRE DON... Ça donne, oui, l'apocalypse... L'impossibilité de vivre ensemble sur cette planète... L'impossibilité pour notre espèce de continuer... Ça donne la fin des temps où la vérité est révélée : vivre, c'est aimer, non vouloir être aimé.

Et il y a, entre ces deux formes opposées de l'amour, la même opposition radicale qu'il y a entre l'argent et l'amitié, entre le pouvoir et l'amitié, ou entre le pouvoir (vouloir être aimé) et la non-puissance (aimer les autres, s'aimer soi-même).

Tous les « méchants », notamment tous les gens de pouvoir, sont les plus blessés d'entre-nous. Ils sont le plus éloignés de chercher à aimer les autres : ils végètent dans les tréfonds de cette mendicité permanente de l'amour (qui me semble, à mes yeux faibles d'humain, souvent irrévocable, tant c'est un infini). Cet infini ne peut apparemment être comblé que par un infini : Dieu. Ces gens de pouvoir qui sont les champions des mécanismes de chantage à l'amour ! (Voir la section dans « l'école de la peur » sur la méchanceté radicale des profs).

Et moi qui écris ces mots, il me faut préciser que je n'ai point la prétention de réussir à aimer (m'aimer et aimer les autres), qu'en tant qu'être humain je suis faible aussi, parfois, et que je cherche un peu l'amour des autres, mais si peu, et de si peu de gens. J'ai la prétention, cependant, de ne pas passer ma vie à rechercher l'amour des autres contrairement à la majorité des moutons de cette planète, de savoir me faire haïr de beaucoup si cela est nécessaire au service de la vérité. La plupart du temps, je ne recherche point l'amour des autres. C'est la vérité que je cherche, et si cela passe par ne point me faire aimer ou me faire détester, je l'accepte. Je pense avoir cette qualité grâce à l'amour infini que j'ai reçu de ma mère à ma naissance. J'en suis même sûr, car je sens bien que cette capacité à ne point chercher l'amour des autres pour chercher la vérité repose totalement sur la certitude d'être déjà aimé et constamment aimé quoiqu'il arrive. Je pense donc que les gens ont soit besoin d'être aimés correctement à la naissance, soit besoin de Dieu (mais ils vivent dans une société qui a tué Dieu, et malheureusement ils s'en satisfont : ils vouent un culte à leur principale ennemie : la laïcité).

J'ai tellement, à la fois de compassion, mais aussi d'incompréhension, pour tous ces êtres autour de moi, qui passent leur vie dans le mensonge (mensonge qui les fait souffrir et, ce, de plus en plus, à mesure que s'avance l'apocalypse), parce qu'ils la passent à chercher l'amour des autres, et l'intégration sociale. Leur vie est une réponse permanente à ce qui est attendu par les autres, ce qui se traduit fatalement par une pente constante vers le mensonge, la division et la mort.

Vivre, c'est vouloir aimer, non vouloir être aimé.
Vivre, c'est chercher à aimer, non chercher à être aimé.
Vivre, c'est parvenir à s'aimer soi et à aimer les autres, et non réussir à être aimé des autres. Aimer ou vouloir être aimé, ce sont deux opposés. Les deux opposés.
C'est la clé du mystère, car le chemin vers la vérité est à ce prix-là.

Sylvain

sensortird

Crédit Photo originale : Par Khoyobegenn