Mes Adieux programmés à Internet

J'essaie d'entrevoir depuis quelques mois, la "fin d'internet" en ce qui me concerne. La fin d'internet signifiant la fin d'internet de façon régulière, quotidienne et domestique.
Si Internet continue d'exister dans la société, je pourrais peut-être me connecter de façon très épisodique quand je ferai des passages dans les "villes" ou chez des amis (peut-être pour transmettre quelques pensées/écrits à quelques personnes).
N.B : avec tout ce que j'ai réussi déjà à STOPPER comme bêtises babyloniennes, croire que je n'y arriverai pas serait une erreur - même si c'est vrai que c'est un peu plus long et difficile que pour Facebook ou le téléphone mobile.

Dans cet optique, je vais faire plusieurs appels pour vous inciter à me communiquer vos coordonnées téléphoniques (fixe et portable) et adresse postale pour, non seulement garder le lien, mais pour être uniquement sur un lien en mode années 80 (quand nous avions encore de vrais liens en médiation divine et non diabolique) : Coups de fils directs avec la voix et les visites, la vraie vie quoi.
Sur la "Médiation divine" - pléonasme donc - : voir mon texte "Prière (à propos de la médiation) " et/ou lire Simone Weil : la seule médiation vivante est celle qui est directe, les autres entretiennent la division, le repli sur soi, et donc sont diaboliques au sens étymologique du diabolos-le diviseur)
Ce message constitue donc un premier appel pour avoir vos coordonnées précises (et je vous invite à noter les miennes : localisation géographique surtout et téléphone fixe). N.B : car il se pourra aussi que je n'ai plus de téléphone fixe pendant certaines périodes, voire plus du tout, à voir (même si j'accorde toujours une valeur pharmacologique très positive au téléphone fixe façon années 80).
De plus en plus de gens, qui disposent de Facebook, 5 adresses emails, un compte viadeo, MSN, snapchat, Tindle, Mumble, Pidgin, Google, Linkled, 2 téléphones portables, une messagerie vocale par téléphone, les SMS, une montre connectée,.... et qui crèvent de solitude, pensent qu'en réduisant les moyens de contacts, on s'exclut des rapports d'amitié. Je ressens strictement l'inverse concernant l'amitié. La "société" étant une dissociété, elle est un concept strictement opposé à l'amitié. S'exclure de "la société" permet de trouver toujours plus d'amitié et d'amour. Aller voir des amis à pieds ou en vélo qui habitent à 2km, toute une après-midi, sans Internet ni téléphone, ni aucun perturbateur... comble l'âme en totalité (ou presque si on continue de vouloir la polis véritable). Tout ce que l'âme désire en terme de relation et de socialité est comblé par l'authenticité de médiations directes autour de soi. La qualité, la vérité, la réalité, la présencialité, et l'intensité s'opposera toujours à la quantité en terme d'amitié.
 
Concernant le site internet www.descolarisation.org, la question de sa fermeture s'est fréquemment posée (et à déjà donné lieu à deux interruptions). Là aussi, j'entrevois fortement sa fin définitive.
Parmi les nombreuses atrocités d'Internet que j'ai déjà pu décortiquer, il y en une parfaitement monstrueuse que je nommerais ainsi : la dynamisation exponentielle des entre-sois consensuels, et, la maximisation de la doxa et du conformisme contre toutes les marges et les idées nouvelles. (Donc, la fin apocalyptique des transindividuations donc des individuations et de l'individuation psychique collective et des protensions collectives - vocabulaire : stieglerien/simondonien -).

Ce n'était pas tout à fait le cas, il y a encore 5 ans ou 10 ans, mais aujourd'hui, dès que vous faites une rencontre dans le réel en déclinant votre identité, on vous googlisera directement afin de contrôler le degré d'affinité et de vérifier si vous ne posez pas de problème particuliers (Ô dissociété absolue !!!).
Ainsi, si on peut déjà dire qu'une personne fortement allergique aux chats (ou n'aimant pas les chats) ne vous contactera peut-être plus si elle découvre que vous êtes passionné de chats, cette situation s'aggrave à l'infini si vous êtes un militant, un contestataire, un preneur et afficheur de positions, ou si vous présentez des idées nouvelles, subversives, choquantes, non conformes à la doxa.

Cette "dynamisation exponentielle des entre-sois consensuels, et, cette maximisation de la doxa et du conformisme contre toutes les marges et les idées nouvelles." est une nouvelle forme, elle-aussi, maximisée, du PSYCHOPOUVOIR, ce pouvoir liquide (voire gazeux) qui fait que les gens consentent eux-mêmes, automatiquement, inconsciemment, à faire ce qu'il convient de faire, à dire ce qu'il convient de dire, et à se lier avec les gens conformes. On se surveille les uns les autres, comme jamais. Le "SURMOI" est devenu le SOI.
Internet permet de cultiver la méfiance permanente, d'ouvrir ou de fermer à toute vitesse "pour un oui ou pour un non", de devenir des HYSTÉRIQUES ENTROPIQUES DU J'AIME/J'AIME PAS , de passer sa vie EN INTERPRÉTATIONS DES SIGNAUX D'AUTRUI au lieu de côtoyer autrui
(N'est-ce pas Jean-Claude B, la semaine passée qui me dit qu'il va passer me voir, mais qui ne passe pas, à fortiori à cause de quelques échanges de mails qui ne manqueront pas d'être disséqués et interprétés).
 
Dans notre cas de "Déscolarisateurs" (mais comme dans celui de beaucoup de révolutionnaires), l'École étant LA religion de l'État moderne et nos prises de positions plaçant, de fait, chaque personne qui pourrait y avoir accès dans un état d'instabilité philosophique/psychologique plus ou moins grave, il est évident que nous puissions souffrir de nombreuses googlisations de nos personnes (Mathilde et moi).
Vous répondrez sûrement que ça permet de toucher ceux qui doivent l'être, ceux qui sont en mesure de comprendre notre message... Mais voilà donc pourquoi je parle de "dynamisation exponentielle des entre-sois consensuels". Ce qu'on continue de nommer le "vivre-ensemble" n'a pourtant rien à voir, il me semble, avec le fait de côtoyer uniquement ceux qui pensent comme nous ou qui sont prêts à penser comme nous, c'est bien le contraire, eu égard à ce que j'ai maintes et maintes fois développé sur le polémos. Vivre avec les autres (et la démocratie) suppose la confrontation des points de vue (se mettre d'accord) et nous savons tous que toutes nos rencontres ne sont plus que de SINISTRES entre-sois.

Désormais, vous avez des gens qui vouent un véritable culte à Internet soi-disant en tant qu'outil de libération et d'émancipation totale, Dieudonné en tête. Dieudonné semble faire complètement l'impasse sur le fait qu'il a d'abord existé dans le showbiz "classique" et qu'Internet est simplement arrivé à point nommé pour qu'au moment où il quittait le showbiz un outil puisse réaliser la passerelle, la continuité (et puis il faut dire que Dieudonné pratique de toute façon le spectacle et l'humour, il est dans le showbiz dans tous les cas).

J'ai enfin pu entendre par une autre bouche que la mienne une critique radicale d'Internet dans une vidéo avec Stan Maillaud (ne vous dites pas uniquement "c'est paradoxal puisqu'il s'agit d'une vidéo", allez donc écouter la radicalité totale de cette critique) :

 
Non, Internet n'est PAS un outil de libération et d'émancipation.
Dans mon cas personnel, désirant une véritable amitié dans le réel, Internet représente très souvent pour moi UN MUR (QUAND EST-CE QUE LES GENS VONT-ILS TIQUER, QU'IL S'AGIT D'ÉCRANS ET QUE FACEBOOK PARLE MÊME DE MURS ??!!!).
Ce MUR de l'écran me fait souvent péter des câbles, et ma personnalité sur Internet (comme pour beaucoup d'autres gens) n'est pas du tout fidèle à ma personnalité dans le réel (Là-dessus, je cite toujours cet exemple parmi d'autres de ce gars qui m'avait connu sur Internet et après quelques heures passées ensemble m'avait dit : "J'ai été bien content de découvrir qu'en fait Sylvain Rochex n'est pas tout rouge, avec de la fumée qui sort des oreilles et de la bave aux lèvres.")

A bientôt dans la forêt et dans le réel, en présenciel (n'en déplaise aux mécanismes des nouveaux pouvoirs orwelliens).

Merci de m'envoyer (ou de me renvoyer) vos coordonnées.