I) « Tout mouvement de libération de l'homme ne saurait plus passer maintenant que par une déscolarisation.»

Ivan Illich

II) « L'oppression des enfants est première, et fondamentale. Elle est le moule de toutes les autres. »

Christiane Rochefort

III) « Quels enfants allons-nous laisser à la planète ? »

Jaime Semprun

IV) « Non plus créer des écoles alternatives, mais des alternatives à l’école »

John Holt

V) « Notre principale menace aujourd'hui est le monopole mondial de domination scolaire sur l'esprit des hommes. »

Everett Reimer

VI) « Ce qui me paraît le plus insupportable, c'est que l'école me séparait de moi-même. »

Christian Bobin

VII) « Plus l’homme se connaît par la voie officielle, plus il s’aliène »

Raoul Vaneigem

VIII) « Je perçois l'école non pas comme une institution qu'il faut réformer et perfectionner, mais comme une prison qu'il faut détruire. »

Cornélius Castoriadis

IX) « Ce qui abrutit le peuple, ce n'est pas le défaut d'instruction mais la croyance en l'infériorité de son intelligence. »

Jacques Rancière

X) « Prisonnier de l'idéologie scolaire, l'être humain renonce à la responsabilité de sa propre croissance et, par cette abdication, l'école le conduit à une sorte de suicide intellectuel. » Ivan Illich

XI) « Les hommes qui s'en remettent à une unité de mesure définie par d'autres pour juger de leur développement personnel, ne savent bientôt plus que passer sous la toise.» Ivan Illich

Site connexe : débordelisation.

LOGO 1 coul inv

Nexus

COUV NEXUS 108 WEBOn parle de nous (interview) dans le numéro 108 de Nexus de Jan/Fév 2017

Dossier « Déscolariser la société »

moinsOn a participé au dossier sur la déscolarisation du numéro 24 (août/sept 2016) du journal romand d'écologie : - Moins

L'école de la peur (texte complet)

ecoledelapeur

Attention aux méprises !

Nous ne sommes pas pour l'Instruction En Famille (IEF) sauf comme solution temporaire, celle-ci est inégalitaire et faire la part belle à une autre institution de l'ordre adulte presqu'autant problématique que l'école (si ce n'est plus !) Pourquoi toujours penser les choses en terme de systèmes fermés ?

Notre revendication se situe sur les communs et un monde ouvert : établir des écoles libres (chacun est libre d'y aller quand il veut), égalitaires (chacun peut intervenir pour enseigner), communales, citoyennes, gratuites, débarrassées de l'État, dans les espaces publics et communs, autogérées.

Bibliographie déscolarisation

Une société sans école
Ivan Illich
Mort de l'école
Everett Reimer
Le maître ignorant
Jacques Rancière
Comme des invitées de marque
Léandre Bergeron
Les apprentissages autonomes
John Holt
Pour décoloniser l'enfant
Gérard Mendel
Avertissement aux écoliers et aux lycéens
Raoul Vaneigem
Apprendre sans l'école
John Holt
Et je ne suis jamais allé à l'école
André Stern
La fin de l'éducation ? Commencements.
Jean-Pierre Lepri
Insoumission à l'école obligatoire
Catherine Baker
L'école de Jules Ferry, un mythe qui a la vie dure
Jean Foucambert
De l'éducation
Jiddu Krishnamurti
Pour l'abolition de l'enfance
Shulamith Firestone
L'école mutuelle, une pédagogie trop efficace ?
Anne Querrien
L'enfant et la raison d'Etat
Philippe Meyer
Le pédagogue n'aime pas les enfants
Henri Roorda
Les enfants d'abord
Christiane Rochefort
Les cahiers au feu
Catherine Baker
La fabrique de l'impuissance 2, l'école entre domination et émancipation
Charlotte Nordmann
La fabrique scolaire de l'histoire
Laurence de Cock et Emmanuelle Picard
L'école contre la vie
Edmond Gilliard
Libres enfants de Summerhill
A.S. Neill
Soumission à l'autorité
Stanley Milgram
Si j'avais de l'argent, beaucoup d'argent, je quitterais l'école
Une éducation sans école
Thierry Pardo
La véritable nature de l'enfant
Jan Hunt
C'est pour ton bien
Alice Miller
L'herméneutique du sujet
Michel Foucault
Ni vieux ni maîtres
Yves Le Bonniec et Claude Guillon
L'individu et les diplômes
Abel Faure
La domination adulte
Yves Bonnardel
Encore heureux qu'on va vers l'été
Christiane Rochefort
S'évader de l'enfance
John Holt
Inévitablement (après l'école)
Julie Roux

Article en avant

mamandeserie

Global larcin

Le monde est un grand larcin, un grand accaparement très diversifié, chacun son butin :

Les Élus volent le pouvoir.

Les universitaires volent l'université.

Les professeurs volent l'apprendre.

Les bibliothécaires volent les bibliothèques.

Les propriétaires volent la terre.

Les patrons volent la force de travail.

Les médecins volent la médecine.

Les médias volent l'information. ... etc. (S.R.)

Scolarisation du monde (le film)

schooling the worldAvec sous-titres Fr (bouton CC)

Outil n°1 pour lever le voile

etymosvignette

Les deux faces de la même médaille

mairieecoled

Cliquez sur l'image pour l'agrandir dans un onglet

Article du 30/08/2015

Un document exceptionnel !

millecitations

Nos liens Illustrateurs

Émissions en direct sur une radio locale

LE MONDE ALLANT VERS..., un jeudi sur deux à 19h30, sur la petite radio locale : RADIO GRÉSIVAUDAN.

Vous pouvez écouter ces émissions en rejoignant le site internet de Radio Grésivaudan ou en ouvrant votre radio sur la bonne fréquence.

Générique de l'émission :

Participez en direct en appelant le :

04 76 08 91 91

Accéder aux archives des émissions sur le site de Radio Grésivaudan.

Et si la cause des causes était l'absence d'architecture spirituelle chez chacun ? --> Ecoutez l'émission sur "La Citadelle" :

Fallait oser...

« L'enfant a droit à une éducation gratuite et obligatoire. »

Charte des droits de l'enfant de l'UNESCO

Bossuet nous disait :

« Il n'y a point de plus grand obstacle à se commander soi-même que d'avoir autorité sur les autres. »

 Professeurs, déscolarisez-vous !

« Les enfants ne sont pas seulement extrêmement doués pour apprendre; ils sont bien plus doués pour cela que nous. En tant qu'enseignant, j'ai mis beaucoup de temps à le découvrir. J'étais un enseignant ingénieux et plein de ressources, habile à élaborer des séquences de cours, des démonstrations, des outils de motivation et tout ce galimatias. Et ce n'est que très lentement et douloureusement - croyez-moi, douloureusement ! - que j'ai réalisé que c'était quand je me mettais à enseigner le moins que les enfants se mettaient à apprendre le plus. »

John Holt

Corollaire ou conclusion de cette idée de Holt : si on enseigne à l'E.N., c'est donc pour propagander, détourner, aliéner.

Sur le refus de parvenir

« Les honneurs déshonorent, le titre dégrade, la fonction abrutit. » Flaubert

*****

« Si nous voulons un monde nouveau, comment accepter de grimper, d'être reconnu par des institutions du vieux monde ? »
Marianne Enckell

Autres citations sur le refus de parvenir

Le corps enseignant ?

On parle toujours du « corps enseignant », mais jamais de son âme... C'est parce qu'il n'en a pas. Et s'il en avait une, ce serait évidemment celle, noire et vicieuse, de Jules Ferry.  S.R.

julesferryamenoireVoici le monsieur qui s'occupe de vos enfants !

descoetdroit

« L'éducation, avec son fer de lance qu'est le système de scolarité obligatoire, avec toutes ses carottes, ses bâtons, ses notes, ses diplômes et ses références, m'apparaît aujourd'hui comme la plus autoritaire et la plus dangereuse des inventions humaines. C'est la racine la plus profonde de l'état d'esclavage moderne et mondialisé dans lequel la plupart des gens ne se sentent rien d'autre que producteurs, consommateurs, spectateurs et fans, motivés de plus en plus, dans tous les aspects de leur vie, par l'appât du gain, l'envie et la peur. »

John Holt

Lien vers des centaines d'autres citations sur le sujet (mis à jour de teps en temps)

 

On nous a volé l'humanité, remettons-la dans nos coeurs

Cet article commence sur une petite note joyeuse et optimiste à l'égard de l'humanité...

notenote

  « A l'égard du peuple, il sera toujours sot et barbare [...]. Ce sont des bœufs auxquels il faut un joug, un  aiguillon   et    du foin. » Voltaire

 

Éloignons nous vite de cette idée, nous y reviendrons bien trop tôt, mais déchirons un instant cette pensée d'un peuple bête et abruti, pour nous poser une question fondamentale : quelles sont les valeurs qui fondent l'humanité ? Qui donnent un sens à la vie d'un être humain? Je pars de l'idée que l'humain est un être qui aime vivre en contact avec ses semblables, et son existence ne prend sens que dans le rapport précieux qu'il entretient avec l'Autre. Ainsi, l'entraide, la solidarité, le partage, l'échange de connaissances, la prise en considération et le soin porté à l'Autre, l'hospitalité, le lien à la Terre, ces valeurs essentielles, communes à tous, donnent sens à notre vie. On est loin de l'idée des bœufs développée par Voltaire ou de la conception de Hobbes selon laquelle l'homme est un loup pour l'homme (ici je trouve particulièrement dénigrant pour le loup d'être associé à cette vision de l'homme, et non pas l'inverse).

Et pourtant... Pourquoi ce vide, cet individualisme global, cette compétition comme mode de fonctionnement de société, cette apathie, cette résignation généralisée ? Les individus sont totalement déresponsabilisés, en carence de ce qui leur donne la force de vie, de toutes ces valeurs fondamentales et de ce réseau de liens qui forment la communauté humaine. Force est de constater que l'idée de Voltaire s'est frayée son chemin, tirée par les bœufs. Si tout un chacun, ou presque, reconnaît maintenant souffrir de la pathologie sociale dans laquelle nous baignons tous au quotidien, celle d'un monde en quête de sens, quand il s'agit de chercher des solutions et de puiser en nous des ressources de résistance, bien souvent le constat suivant empêche toute révolte « on n'y peut rien, c'est dans la nature humaine, l'homme n'a pas bon fond ». Allons bon...

Alors penchons nous sur ce concept de nature humaine, éclairés par les propos de Marshall Sahlins  dans « La nature humaine, une illusion occidentale ». L'idée d'homme mauvais qui s'humanise par l'éducation et la socialisation, si elle n'est pas nouvelle, s'est imposée avec particulièrement de force au siècle des Lumières, avec Hobbes, et... Voltaire, entre autres. Il est à noter qu'il fut tout à fait avantageux pour les tenants de cette idéologie de répandre l'idée que le peuple est mauvais par nature ; cela justifiait son contrôle et son éducation, et la prise de pouvoir sur lui s'en trouvait légitimée. Toute l'organisation sociale actuelle découle de cette idée, et les éducateurs la mettront en avant pour justifier leur domination sur les esprits de leurs élèves, dans divers domaines. Le système politique actuel, le système éducatif, sont les émanations toxiques de cette pensée véreuse, brandie par une petite caste bien portante cherchant à faire proliférer leurs intérêts privés, comme un cancer se développe sur un terrain fragilisé.

Cette doctrine a su s'insinuer dans toute la société, jusqu'au profond des âmes.

Aujourd'hui, celui qui justifie son positionnement dans la société en vertu de cette idée, pour légitimer le fait de tirer son épingle du jeu macabre ou sa résignation à un état de fait pathétique, ignore que cette idée même, pernicieusement mise en avant, a aidé à construire une société de contrôle et de déresponsabilisation complète des individus. Des élus éclairés règnent sur une masse ignorante et dangereuse. Contrôle et soumission, tant au niveau politique qu'éducatif, et avec toute l'armada des institutions qui s'est emparée au passage des valeurs humaines évoquées plus haut... Car quoi de plus facile que de contraindre un individu quand on lui a fait croire qu'il est par essence dangereux pour lui-même et ne doit pas s'écouter, et que ses maîtres se chargent de l'humaniser? L'individu, ainsi catalogué est dépossédé de lui-même et déresponsabilisé au goutte à goutte. On retrouve d'ailleurs cette pensée actuellement avec toutes les philosophies orientales qui ont tendance à s'imposer massivement. On doit chercher le salut dans la quête intérieure, et la résolution méditative de nos conflits, qui émergent forcément de notre nature humaine corrompue et de nos désirs insatiables. Sans exclure totalement l'idée de la nécessité d'une remise en question individuelle, il est cependant essentiel de réaliser qu'une autre conception de l'humain est possible, conception moins culpabilisante, qui ouvre la porte à d'autres modes de fonctionnement collectifs. Ce n'est pas l'égoïsme qui caractérise l'humanité mais le désir de vivre ensemble.


Nous en sommes à un point tragique où l'humain, éloigné de lui-même, de ce qui fait sa dignité, a laissé sa vie au service des institutions. Ou plutôt, où le système mis en place par la même poignée de biens portants ventripotents a littéralement volé les valeurs humaines pour les institutionnaliser. Voler les valeurs humaines, c'est nous éloigner de notre autonomie pour nous rendre dépendants à un système. J'ai choisi un petit extrait du livre « Pleure Géronimo » de Forrest Carter pour imager et clarifier cette idée à la façon apache, en toute fin de cet article... Ce qui doit résider dans nos cœurs et faire l'objet d'une attention permanente, d'abord de soi à soi, mais aussi de soi à l'autre, est extirpé, manipulé, géré par des administrations qui ne se soucient pas du bien-être commun mais de défendre ses intérêts propres.

Ainsi, l'éducation est en charge de l'institution scolaire. C'est le point de départ d'une lente mais irrévocable déshumanisation. Pour bien saisir cette pensée dans sa totalité, remettons dans notre cœur la valeur de l'apprentissage, écartons toutes les doctrines imposées pour écouter ce que nous souffle notre humanité. L'être humain est par essence apprenant. Jacques Rancière écarte l'idée qu'un éducateur est nécessaire dans le processus d'apprentissage et nous met en garde contre le fléau de l'explication dans « Le maître ignorant ». Le petit enfant, sans avoir de méthode ou de programme établi à cet usage -et bien heureusement!- apprend, seul, par l'observation, la joie, le plaisir de grandir, à marcher, à parler. Il est totalement autonome dans l'acquisition de la marche. La vie est une aventure permanente de recherche, de quête, d'apprentissage, de dépassement de soi, d'intérêt pour l'Autre. Que vient faire un programme scolaire dans cette affaire d'apprentissage ? Qui décide à quel âge un enfant est apte à apprendre à lire, à compter, qui décide s'il a envie de prendre parole en public pour réciter une poésie ? Qui se proclame au dessus de lui, sachant pour lui ce qui est bon ? Pourquoi interférer de cette façon dans sa joie spontanée d'apprendre encore et encore ?

Ah, j'oubliais, qui a répandu cette idée d'un peuple barbare à éduquer, d'un humain soumis à des pulsions à refréner par le processus salvateur de l'éducation? Ceux-là même qui ont tant d'intérêts à défendre... Ainsi donc, tout s'explique. Au but prétendument altruiste d'émancipation du petit homme, il s'agit d'une soumission insidieuse, lente, tout au long de ses jeunes années, pour faire de lui un être civilisé, c'est à dire un être affable qui ne compromettra pas les intérêts de ceux qui se sont auto-proclamés bergers des foules. La mise en place de l'institution scolaire, avec ses différentes tentatives pour réussir à trouver un modèle de stabilité garant de la formation d'élèves conformes ( voir le livre d'Anne Querrien « L'école mutuelle, une pédagogie trop efficace ») et les déclarations très explicites de Jules Ferry finissent d'achever la prétendue mission de salut proclamée par l'école.

La faculté humaine de l'apprentissage, qu'on devrait collectiviser et partager avec humilité, entre humains soucieux du bien être de tous et du développement harmonieux de chacun, est volée, mise sous clef, contrôlée par d'autres par le biais d'une institution au service de l'état... A partir de là, et pendant de longues années, cette prise de possession de tout l'être par l'institution continue vaille que vaille, par des contrôles, des évaluations, des sanctions, des commentaires, des ajustements, tout un vaste programme de formation -entendre ici la formation comme donner forme à, c'est-à-dire mouler- afin de construire un individu conforme, dont les valeurs répondent à celles d'un système, éloigné de ses propres convictions pour le rendre docile. Pourtant, pourtant, pourtant...Thoreau nous disait dans son Journal, « si je ne suis pas moi, qui le sera » ???

On peut tracer chaque fois le même chemin, en évoquant d'autres besoins humains fondamentaux, dont celui d'exister au sein d'un collectif, besoin renié par le système politique représentatif actuel. Le mot politique a été si bien remanié qu'il provoque des crises aiguës d'urticaire à sa simple évocation ou une « huîtrade », mouvement de repli sur soi caractéristique du fameux mollusque qui referme brusquement sa coquille au pressentiment d'un danger imminent. Le fait de pouvoir agir sur notre environnement local, de prendre des décisions concernant la vie publique, est une valeur indéniable qui nous gonfle de joie quand on se sent considéré et écouté ; quand on prend part à la vie de groupe. Cette joie là aussi nous a été confisquée, dès lors qu'on « donne sa voix » à quelqu'un d'autre, devenant ainsi aphone...

Et il en est de même pour tout ce qui préserve notre dignité :
-La faculté de se nourrir, avec un accès à la terre de plus en plus difficile, la fragilité des espaces de nature soumis à la pression immobilière, l'incapacité à mettre en place des gestions collectives des villes et des campagnes favorisant l'autosuffisance au niveau local, la dépendance des populations au sacro-saint supermarché ;
-La liberté en matière de soin à notre propre corps, la médecine étant aux mains des institutions médicales elles-mêmes dépendantes des industries pharmaceutiques, au détriment des savoirs populaires confisqués et de l'automédication diabolisée, avec l'idée d'exercice illégal de la médecine appliqué à toute forme de soin non reconnu officiellement;
-L'auto-construction -avec les normes restrictives, les réglementations, l'inextricable problème de la propriété privée, l'idée dominante que construire sa maison requiert des compétences inimaginables malgré l'expérience séculaire de nos ancêtres-,
-L'entraide et de l'hospitalité -le soin à nos anciens étant laissé aux mains des maisons de retraites, des étrangers aux centres d'accueil, des inadaptés au centres spécialisés, des sans abri aux centres d'hébergement d'urgence...
-Le lien à l'Autre et à la terre, le petit humain étant cueilli dès son plus jeune âge pour en faire un individu distinct, coupé des liens qui l'unissent à l'Autre et à l'ensemble du monde vivant, ces liens qui définissent une autre conception de ce que peut être l'humain, non comme détaché du monde mais interdépendant et existant à travers lui, à travers les connexions qu'il tisse avec ses semblables.

J'ajoute une petite parenthèse pour faire poindre une idée qui ne sera pas développée ici mais qui me paraît capitale : l'humain, issu de l'humus, existe non seulement à travers les relations humaines qu'il entretient, mais également avec le monde animal, avec les éléments, la Terre et l'Univers. L'âme humaine devient beaucoup plus vaste sitôt qu'elle intègre en elle chaque être, humain, animal ou minéral comme faisant partie de l'immense mouvement de Vie.

En dépit de ces valeurs immuables qui façonnent l'humain, et qui, j'en suis sûre reprendrons de la force au fur et à mesure que nous nous émanciperons individuellement et collectivement de l'état de d'aliénation actuel, nous en sommes au point où l'individu est totalement scolarisé, dépendant des institutions, éloigné de lui-même, convaincu qu'il a été formé ainsi pour son propre bien, installé à la place qu'on voulait qu'il prenne, résigné à l'apathie vers laquelle on l'a mené. Une échelle de valeur lui assigne son statut social, échelle relative à la réussite scolaire. Ici un petit renvoi au précieux et limpide ouvrage d'Ivan Illich « Une société sans école » n'est pas superflu. Quel jeune adulte, au sortir de cette vaste entreprise de formation qu'est l'école est apte à se nourrir par lui-même, à se soigner, à construire sa maison, à prendre part aux décisions concernant le lieu où il vit ?


euh

QUI EST VERITABLEMENT AUTONOME ?

Tout ce qui pourrait nous réchauffer le cœur par l'échange et la prise en charge citoyenne, consentie, partagée des besoins de tous et de chacun, tout ce qui fonde notre réelle humanité est confisqué par les institutions, qui font, de plus, de ces valeurs un commerce, et restreignent la portée de notre imaginaire en nous conformant à un modèle de pensée maigrichon et servile au service d'intérêts particuliers. L'humanité doit être définie au service de la Vie dans son infinie créativité, non au service des intérêts égoïstes de quelques-uns. Ces valeurs humaines doivent être logées dans le cœur, pas dans une doctrine portée par une administration. Chacun doit prendre part à l'élaboration d'une société où ces valeurs sont défendues et portées par tous, non extérieures à nous mêmes comme aujourd'hui. Nous devons reprendre ce que l'on nous a volé. Pour cela, il nous faut retrouver le courage. J'y reviendrai...

Maintenant, place à une légende amérindienne forte de sens. Posons nous la question de qui peut être le serpent, au delà du gouvernement et des politiciens. Professeurs, éducateurs, parents... toute personne qui cherche à prendre pouvoir sur nos âmes et à nous détourner de nous-mêmes... Réfléchissons, avec sincérité, chacun et chacune d'entre nous, à quelle est la part du serpent en nous-mêmes, et la part du coyote et de l'aigle bernés par sa ruse... Redevenons l'Apache qui suit la Voie.

« Crook rangea son poignard. "Racontez-nous-en une... Une des histoires."
Horn fronça les sourcils. "Il faut savoir qu'un grand nombre est en rapport avec la lutte contre l'esclavage... les Apaches combattent l'esclavage depuis trois siècles. Il y a celle du serpent... qui est devenu un sale fils de pute. Il suit toutes les lois inférieures, la pire est qu'il a un putain de désir pour tout. Alors le serpent va voir l'aigle. Il lui dit:
"Regarde, tous les jours tu voles pour chercher à manger, mais tu n'as aucune garantie que tu vas en trouver. C'est risqué, mais si tu crois en moi au lieu de croire en toi et en Usen... C'est Dieu... Je te garantis de te fournir à manger si je m'en occupe."
"Vous voyez, expliqua Horn, ici, le serpent suit une loi inférieure, il inspire la peur et détruit la foi de l'aigle en lui-même et en son esprit. Puis le serpent dit: "Regarde le coyote, il peut courir cent fois plus vite que toi, c'est pas juste. Laisse-moi avoir le pouvoir des choses et il ne pourra plus courir plus vite que toi." Vous voyez, ici le serpent utilise la loi inférieure de l'envie... et ainsi de suite... jusqu'à ce que l'aigle donne au serpent tout pouvoir sur lui. Le serpent dit la même chose au coyote, sauf qu'il lui fait envier le vol de l'aigle et qu'il lui promet de le maintenir au sol, comme le coyote. La conclusion, c'est que le coyote et l'aigle se retrouvent avec les pieds et les ailes attachés. Ils grattent la terre et plantent du maïs pour le serpent et toute leur attention est occupée par la sécurité matérielle et les objets et ils ont oublié leur foi, leur honneur et leur courage... toutes les lois supérieures.
"Les Apaches viennent et leur expliquent... en un mot... ils les délivrent. Ils sont à nouveau libres et comptent sur leur esprit et leur foi. C'est pourquoi, dit Horn avec satisfaction, le serpent se cache toujours sous un rocher quand il voit un coyote ou un aigle... ou un Apache... Ce qui est plus ou moins une preuve..."
Crook ôta les pieds du bureau et se tourna vers Horn.
"Le serpent représente qui?
-Ben, comme je l'ai dit... Le gouvernement... ou les bon Dieu de politiciens qui sont avec...
-Alors -Crook sourit- je suppose que pour les Apaches je suis le serpent.

-Ben... dit Horn en réfléchissant, pas tellement; mais on parle de religion pure. Géronimo est un puriste et pour lui vous représentez le serpent. Vous voyez, général, peu importe à Géronimo que vous soyez loyal. Il dit que vous n'avez aucun droit pour le nourrir et qu'importe que la nourriture soit bonne ou mauvaise. Vous n'avez aucun droit de le loger, ni de l'habiller. Il dit que quand vous faites ça, vous lui volez sa foi... Vous lui volez et vous affaiblissez l'esprit du corps. C'est ce que le gouvernement ne comprend pas... C'est pourquoi ils disent que Géronimo est un "renégat", parce qu'il ne veut pas se mettre à quatre pattes, comme un bon chien, pour une poignée de nourriture. Géronimo croit que cette réserve est une idée de la puissance inférieure qui est venue et qui s'en ira... vous ne pouvez plus détruire l'idée... elle reviendra tourmenter les Apaches... et de plus en plus suivront. "

 


Forrest Carter
Pleure, Géronimo

 

 

homunculus-drawing

 

Mathilde Anstett

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Rencontre du 17 juin 2017 (et radio ce jeudi 15) sur le thème de la permaculture

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Déscolarisation.org | 19 Déc 2016 10:54 | Sylvain Rochex
Rencontre du 17 juin 2017 (et radio ce jeudi 15) sur le thème de la permaculture

Il a ouvert en septembre 2014. Le sujet de la toxicité grandissante et terrifiante d'Internet a été évoqué [ ... ]

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Déscolarisation.org | 25 Fév 2015 17:57 | Sylvain Rochex
Notre pétition avec son préambule

Pour signer directement la pétition, merci de rejoindre la plateforme Change.org.

Cliquer sur le logo pour rejoindre notre pétition [ ... ]

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