I) « Tout mouvement de libération de l'homme ne saurait plus passer maintenant que par une déscolarisation.»

Ivan Illich

II) « L'oppression des enfants est première, et fondamentale. Elle est le moule de toutes les autres. »

Christiane Rochefort

III) « Quels enfants allons-nous laisser à la planète ? »

Jaime Semprun

IV) « Non plus créer des écoles alternatives, mais des alternatives à l’école »

John Holt

V) « Notre principale menace aujourd'hui est le monopole mondial de domination scolaire sur l'esprit des hommes. »

Everett Reimer

VI) « Ce qui me paraît le plus insupportable, c'est que l'école me séparait de moi-même. »

Christian Bobin

VII) « Plus l’homme se connaît par la voie officielle, plus il s’aliène »

Raoul Vaneigem

VIII) « Je perçois l'école non pas comme une institution qu'il faut réformer et perfectionner, mais comme une prison qu'il faut détruire. »

Cornélius Castoriadis

IX) « Ce qui abrutit le peuple, ce n'est pas le défaut d'instruction mais la croyance en l'infériorité de son intelligence. »

Jacques Rancière

X) « Prisonnier de l'idéologie scolaire, l'être humain renonce à la responsabilité de sa propre croissance et, par cette abdication, l'école le conduit à une sorte de suicide intellectuel. » Ivan Illich

XI) « Les hommes qui s'en remettent à une unité de mesure définie par d'autres pour juger de leur développement personnel, ne savent bientôt plus que passer sous la toise.» Ivan Illich

Site connexe : débordelisation.

LOGO 1 coul inv

Nexus

COUV NEXUS 108 WEBOn parle de nous (interview) dans le numéro 108 de Nexus de Jan/Fév 2017

Dossier « Déscolariser la société »

moinsOn a participé au dossier sur la déscolarisation du numéro 24 (août/sept 2016) du journal romand d'écologie : - Moins

L'école de la peur (texte complet)

ecoledelapeur

Attention aux méprises !

Nous ne sommes pas pour l'Instruction En Famille (IEF) sauf comme solution temporaire, celle-ci est inégalitaire et faire la part belle à une autre institution de l'ordre adulte presqu'autant problématique que l'école (si ce n'est plus !) Pourquoi toujours penser les choses en terme de systèmes fermés ?

Notre revendication se situe sur les communs et un monde ouvert : établir des écoles libres (chacun est libre d'y aller quand il veut), égalitaires (chacun peut intervenir pour enseigner), communales, citoyennes, gratuites, débarrassées de l'État, dans les espaces publics et communs, autogérées.

Bibliographie déscolarisation

Une société sans école
Ivan Illich
Mort de l'école
Everett Reimer
Le maître ignorant
Jacques Rancière
Comme des invitées de marque
Léandre Bergeron
Les apprentissages autonomes
John Holt
Pour décoloniser l'enfant
Gérard Mendel
Avertissement aux écoliers et aux lycéens
Raoul Vaneigem
Apprendre sans l'école
John Holt
Et je ne suis jamais allé à l'école
André Stern
La fin de l'éducation ? Commencements.
Jean-Pierre Lepri
Insoumission à l'école obligatoire
Catherine Baker
L'école de Jules Ferry, un mythe qui a la vie dure
Jean Foucambert
De l'éducation
Jiddu Krishnamurti
Pour l'abolition de l'enfance
Shulamith Firestone
L'école mutuelle, une pédagogie trop efficace ?
Anne Querrien
L'enfant et la raison d'Etat
Philippe Meyer
Le pédagogue n'aime pas les enfants
Henri Roorda
Les enfants d'abord
Christiane Rochefort
Les cahiers au feu
Catherine Baker
La fabrique de l'impuissance 2, l'école entre domination et émancipation
Charlotte Nordmann
La fabrique scolaire de l'histoire
Laurence de Cock et Emmanuelle Picard
L'école contre la vie
Edmond Gilliard
Libres enfants de Summerhill
A.S. Neill
Soumission à l'autorité
Stanley Milgram
Si j'avais de l'argent, beaucoup d'argent, je quitterais l'école
Une éducation sans école
Thierry Pardo
La véritable nature de l'enfant
Jan Hunt
C'est pour ton bien
Alice Miller
L'herméneutique du sujet
Michel Foucault
Ni vieux ni maîtres
Yves Le Bonniec et Claude Guillon
L'individu et les diplômes
Abel Faure
La domination adulte
Yves Bonnardel
Encore heureux qu'on va vers l'été
Christiane Rochefort
S'évader de l'enfance
John Holt
Inévitablement (après l'école)
Julie Roux

Article en avant

mamandeserie

Global larcin

Le monde est un grand larcin, un grand accaparement très diversifié, chacun son butin :

Les Élus volent le pouvoir.

Les universitaires volent l'université.

Les professeurs volent l'apprendre.

Les bibliothécaires volent les bibliothèques.

Les propriétaires volent la terre.

Les patrons volent la force de travail.

Les médecins volent la médecine.

Les médias volent l'information. ... etc. (S.R.)

Scolarisation du monde (le film)

schooling the worldAvec sous-titres Fr (bouton CC)

Outil n°1 pour lever le voile

etymosvignette

Les deux faces de la même médaille

mairieecoled

Cliquez sur l'image pour l'agrandir dans un onglet

Article du 30/08/2015

Un document exceptionnel !

millecitations

Nos liens Illustrateurs

Émissions en direct sur une radio locale

LE MONDE ALLANT VERS..., un jeudi sur deux à 19h30, sur la petite radio locale : RADIO GRÉSIVAUDAN.

Vous pouvez écouter ces émissions en rejoignant le site internet de Radio Grésivaudan ou en ouvrant votre radio sur la bonne fréquence.

Générique de l'émission :

Participez en direct en appelant le :

04 76 08 91 91

Accéder aux archives des émissions sur le site de Radio Grésivaudan.

Et si la cause des causes était l'absence d'architecture spirituelle chez chacun ? --> Ecoutez l'émission sur "La Citadelle" :

Fallait oser...

« L'enfant a droit à une éducation gratuite et obligatoire. »

Charte des droits de l'enfant de l'UNESCO

Bossuet nous disait :

« Il n'y a point de plus grand obstacle à se commander soi-même que d'avoir autorité sur les autres. »

 Professeurs, déscolarisez-vous !

« Les enfants ne sont pas seulement extrêmement doués pour apprendre; ils sont bien plus doués pour cela que nous. En tant qu'enseignant, j'ai mis beaucoup de temps à le découvrir. J'étais un enseignant ingénieux et plein de ressources, habile à élaborer des séquences de cours, des démonstrations, des outils de motivation et tout ce galimatias. Et ce n'est que très lentement et douloureusement - croyez-moi, douloureusement ! - que j'ai réalisé que c'était quand je me mettais à enseigner le moins que les enfants se mettaient à apprendre le plus. »

John Holt

Corollaire ou conclusion de cette idée de Holt : si on enseigne à l'E.N., c'est donc pour propagander, détourner, aliéner.

Sur le refus de parvenir

« Les honneurs déshonorent, le titre dégrade, la fonction abrutit. » Flaubert

*****

« Si nous voulons un monde nouveau, comment accepter de grimper, d'être reconnu par des institutions du vieux monde ? »
Marianne Enckell

Autres citations sur le refus de parvenir

Le corps enseignant ?

On parle toujours du « corps enseignant », mais jamais de son âme... C'est parce qu'il n'en a pas. Et s'il en avait une, ce serait évidemment celle, noire et vicieuse, de Jules Ferry.  S.R.

julesferryamenoireVoici le monsieur qui s'occupe de vos enfants !

descoetdroit

« L'éducation, avec son fer de lance qu'est le système de scolarité obligatoire, avec toutes ses carottes, ses bâtons, ses notes, ses diplômes et ses références, m'apparaît aujourd'hui comme la plus autoritaire et la plus dangereuse des inventions humaines. C'est la racine la plus profonde de l'état d'esclavage moderne et mondialisé dans lequel la plupart des gens ne se sentent rien d'autre que producteurs, consommateurs, spectateurs et fans, motivés de plus en plus, dans tous les aspects de leur vie, par l'appât du gain, l'envie et la peur. »

John Holt

Lien vers des centaines d'autres citations sur le sujet (mis à jour de teps en temps)

 
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Réflexions philosophiques

Réflexions philosophiques

Sommes-nous des projectiles ? (et puis c'est tout ?)

projectilesNous sommes des projectiles soumis à la loi d'inertie et à la gravité. Les vecteurs initiaux sont la flèche du temps et l'éducation (Éducation Nationale + Famille + Industries culturelles + algorithmes).
Et voici, encore une autre manière de dire la passion de l'homme face à la masse :

J'ai cette image toute simple depuis plusieurs jours dans la tête : celle du projectile, celle d'un projectile en forme de petite boule toute simple (10 cm de diamètre pourquoi pas). Je me mets à voir les gens comme des projectiles entièrement soumis à leurs paramètres physiques qui les déterminent totalement et les font se mouvoir uniquement en fonction de la force initiale (qui les a projetés), puis de l'inertie et de la gravité qui fait faire à tous, en une vie, un simple rayon de courbure à la con...

Je pense que cette image me frappe d'autant plus que je suis trentenaire (36) et que je suis donc beaucoup en lien avec des adultes mûrs ou des plus vieux encore. Je peux donc sentir de façon terrifiante : les lois d'inertie et de gravité qui gouvernent mes congénères. Je pourrais aussi bien employer l'expression de pilotage automatique (qui serait confié aux dames inertie et gravité).

Des vecteurs on été développés par l'éducation et ce sont eux qui s'expriment (gouvernent) le plus longtemps possible. La loi d'inertie suit les vecteurs déterminés par l'éducation.

Alors, j'observe, je scrute intensément, les manifestations rares, affreusement rare, de forces intérieures autonomes qui ajouteraient des vecteurs improbables et inattendus capables de s'opposer à tous les autres paramètres physiques que je viens de décrire... ce serait d'ailleurs des vecteurs beaucoup plus verticaux (pour s'opposer à la gravité et à l’inexorable). J'observe, j'attends les manifestations de l'énergie libre de ces petites boules projetées...

Je ne suis pas nihiliste, je suis croyant ; la vie humaine est un défi à relever grâce à la passion de l'impossible : celui de réaliser autre chose qu'un simple rayon de courbure à la con, celui qui consiste à produire suffisamment d'énergie libre pour être capable de tout reprendre de sa trajectoire et de dessiner dans le ciel, ce qu'on voudra. Oui, comme cette image d'un avion postal d'avant la seconde guerre mondiale (coucou Saint-ex !) qui dessine un cœur dans le ciel, si ça le chante, avec son échappement de gaz.
Des cœurs, et toutes les arabesques qu'on voudra en fait. Tout, mais pas un rayon de courbure à la con. Toutes les arabesques qu'on pourra réaliser qui ne doivent rien à l'hérédité et à notre milieu, qui ne doivent rien ou presque rien à la flèche du temps. Transformer son éducation (et pour cela la remettre en cause) en rampe de lancement aérospatiale qui permet de vaincre la gravité planétaire avant de basculer en pilotage autonome dans l'espace interstellaire...

Je me trompe peut-être mais ça ne semble pas être le souci de mes congénères. La plupart semble vraiment s'appliquer à réaliser le rayon de courbure à la con... le plus con possible. A quel moment y'a-t-il remise en cause radicale des croyances issues de l'Éducation et du milieu pour, enfin, se mettre au commande ?! Jamais ?! Mes congénères me consternent, et me déçoivent au plus haut point je dois l'avouer. C'est très misanthropique, mais tant pis, pour moi, il ne font pas ce qu'il faut. Vivre, une vie d'homme, c'est remettre en cause tous les vecteurs initiaux afin de se mettre, enfin, au commande, pour pro-poser quelque-chose. Je suis certes un pro-jectile, mais je dois pro-poser quand même.
Celui qui me lit se dit peut-être : quel orgueil abyssal de se croire délivré des déterminations alors que c'est le tragique de la condition humaine que nous partageons ensemble... En fait, je ne me crois pas délivré, mais je me sais doté de la plus extrême vigilance et concentration à cet endroit. Sortir de la caverne, me mettre au commande est le point où je dirige mes efforts depuis fort longtemps et je peux goûter régulièrement et de plus en plus souvent les fruits de ce travail. D'un autre côté, il me semble déceler que mes congénères ne dirigent pas leurs efforts sur ce même point. Mais j'ai bien conscience que ma perception de ce qui se joue avec les trajectoires humaines est forcément parcellaire, à partir de mon point de vue temporel, et non, holistique et diachronique.

Le milieu et l'Éducation fabriquent, on le sait, un surmoi qui vole les commandes pendant toute la durée de ce vol en forme de rayon de courbure à la con qui se termine par un crash.

Ce qui se passe, c'est qu'en réalisant un rayon de courbure à la con, les autres faisant de même, on peut donc les voir au dessus, en dessous, devant, derrière, ou à-côté. Ça nous rassure, on se dit qu'on est dans la bonne direction. On sait très bien que prendre les commandes pour faire des arabesques nous conduirait loin de la caverne des rayons de courbures à la con, au beau milieu du désert ou de l'océan.
Et est-ce qu'on en veut du désert et de l'océan ?
Si on savait que c'est là, et uniquement là, que se rencontre le petit prince ou que se joue notre bataille intime et dernière avec un gigantesque Marlin (Cf : le vieil homme et la mer), on prendrait les choses autrement au sérieux et on dirigerait nos efforts au bon endroit.

Sylvain

Franchir des lignes

lignesJ'ai encore rendez-vous, ce jour, avec l'Élu de la Lumière Céleste Intersidérale.  Je m'y rendrai mais je ne me rendrai pas.

Je serai sûrement encore tout seul ou bien avec ma bonne amie. Sujet : le 9 novembre dernier, six personnes ont effectué une demande pour 4 soirées conviviales et culturelles dans la salle polyvalente de la commune (à ce jour sans réponse), deux dates étant déjà passées.

Je lui dirais encore la vérité (concernant les processus ordonnateurs de la vie) et il me dira éternellement son mensonge d'Élu de la Lumière Intersidérale Enrubannée Électroluminescente et Fluorescente...

Je me heurte depuis 12 ans à ce propos de Cornélius Castoriadis :

Domination d'une oligarchie et passivité et privatisation du peuple ne sont que les deux faces de la même médaille.

Ce matin, j'ai tourné le truc dans tous les sens avec cette exigence : réussir à inventer quelque-chose. Face à la répétition d'une situation, c'est la seule façon de s'en sortir par le haut.
Mais ça tourne de plus en plus dans la choucroute : la confrontation du Prince avec moi n'a que trop duré.
Je connais par cœur toutes les réactions du Prince, toutes ses ficelles, toutes ses formules, toutes ses pathologies et ses déviances. Pendant des années, je les ai apprises, maintenant je suis lassé au dernier degré. Nos dialogues sont de plus en plus, toujours les mêmes. Il manque de plus en plus l'intervention extrinsèque qui peut tout changer.
Mais qui veut franchir les lignes ?!

Les processus de normalisation sociale installent pour chacun de nous, des faisceaux de lignes, invisibles, à ne pas franchir (ça commence dans le sym-bolique (coutumes, lois,...), et ça finit dans le dia-bolique). Certains nomment cela : le Surmoi. Ça pèse sur la conscience. Des personnages l'incarnent : l'Élu, le Prof, le Prêtre, le Flic, le Médecin,...

Dans le monde d'aujourd'hui, ces faisceaux constituent carrément des entrelacs de barbelés qui lacèrent au quotidien les individus.
Malgré cela, c'est pas grave, le Surmoi semble toujours vainqueur : ne jamais, à aucun prix, franchir les lignes. Glauque. Morbide.

Pour ma part, et je crois que c'est ma qualité, je me suis toujours fait profession de capter les lignes, de jouer avec et de les franchir. Je me sens un peu seul avec ça. Mais à vrai dire, je ne me sens bien que comme ça. Rester toujours en-deçà des lignes du Surmoi, me viderait l'âme, me tuerait. J'ai parfois la sinistre impression que c'est exactement l'inverse pour les autres. Face à l'invitation à franchir une ligne, la réponse classique des "gens" est une peur bleue équivalente à la peur de mourir.

Franchir des lignes demande, il est vrai, d'improviser (une fois la ligne franchie), et d'aller à la rencontre de l'inconnu : l'inconnu en soi, l'inconnu dans l'autre, et l'inconnu de chaque seconde qui se présente. Franchir la ligne du Surmoi, nous amène en fait dans le seul véritable lieu du créatif, que les Grecs nommaient Poiesis et qui donna naissance au mot de poésie.

 

L'homme du commun, le vulgus, le prolétaire, reste toujours en-deçà des lignes symboliques. Cela se traduit par : faire ce qu'il convient de faire et dire ce qu'il convient de dire, qui sont toujours des mauvaises actions et des mensonges (au moins vis à vis de soi-même). Franchir les lignes, c'est toujours tenter de dire la vérité à l'endroit même où il ne faut pas la dire, et c'est aussi effectuer une action avec un degré de surprise telle (donc de poiesis, donc de poésie), qu'il y a aussi expression (approchée) de la vérité. Car rien n'est plus vrai que la loi de gravitation universelle, et franchir des lignes, c'est sauter dans le vide, c'est affronter le vide, c'est se confronter au vide. Car le vide est nécessaire pour que quelque-chose de neuf (poiesis) puisse advenir (Cf : Peter Brook, L'Espace vide.)
Tout ça, c'est aussi la notion de Kairos, le temps profond, qui rompt le Chronos, le temps linéaire. On peut parfois traduire le Kairos par opportunité.

Avec les Princes de ce monde, depuis dix-douze ans, je pense que je crée constamment des opportunités de Révolution. Je brise le Chronos, en franchissant des lignes (notamment via la parole, mais pas seulement) pour faire apparaître le Kairos. Un temps profond, c'est-à-dire un essai de Rugby qui doit être transformé par le peuple. Je le fais en puisant dans mes racines chrétiennes qui me confère une passion de l'impossible. Une vie chrétienne, c'est une vie qui compose constamment avec une réalité nourrie de l'irréalité qui contient "Dieu" : l'invisible, l'impossible, le vide, tout ce qui est au-delà de TOUTES les lignes. Je suis parfois chrétien "militant" pour cette raison : il faut des outils pour accepter de se confronter au vide. Mais il y a aussi l'outil du théâtre. Et c'est uniquement pour cela que depuis 2001, j'ai constamment fait la promotion de l'apprentissage du théâtre. Car le théâtre, est la discipline totale qui permet d'apprendre à franchir les lignes (de s'auto-éduquer à), à combattre le surmoi, de rivaliser avec lui, puisque c'est un moyen en or pour se retrouver véritablement en situation de (le mot est de plus en plus galvaudé) création (au sens de la poeisis). J'invite quiconque qui ne l'a pas encore fait à se retrouver de nombreuses fois dans la situation qui amène l'acteur à franchir la ligne qui séparent les coulisses de la scène. Sachant qu'après cette première ligne gigantesque, la scène sera le lieu d'un franchissement de lignes permanent...

Refuser la mécanique glaciale des secondes et des jours en mettant des pieds dans le vide, est, je pense, le trait fondamental de ma personnalité. Je crois que j'ai toujours été ainsi : toujours vivre avec une dose plus ou moins substantielle de provocation qui dans un sens littéral devient un pur synonyme du "franchissement de lignes".
Je n'ai jamais vraiment réussi à aller à la Boulangerie (ou autres topoï de notre vie sociale) et à réaliser ce qu'il convient de dire et de faire dans une boulangerie sans franchir de lignes (mêmes petites, mêmes faciles à franchir). Moi je me sens mourir si je ne franchis pas de lignes.
Mais, donc, là où se situe la plus intense réflexion et interrogation philosophique pour moi : pourquoi diable, ai-je l'impression que c'est rigoureusement l'inverse chez les autres, disons chez l'extrême majorité ?! Me parviennent constamment les preuves et les signes, que les autres ont, eux, l'impression de mourir s'ils doivent franchir des lignes... Je suis humain, je suis donc semblable à mes frères, mais je pense que j'exprime là ma plus grande différence d'avec mes frères.

Ça doit me venir de mon père, qui était bien spécial, et qui m'a appris par son action et ses paroles que l'autorité est bête et illégitime. J'ai donc moins de mal que la moyenne à jouer avec.

J'ai donc rendez-vous avec « mon père », tout à l'heure, à 15h. Je serai presque seul face à sa tyrannie, sa bêtise et son absence de légitimité. On créera sans doute un petit Kairos, et quelques VERTIGES, comme ça, pour dire à l'adversaire qu'on est toujours là, bien vivants, plus vivants que jamais ! Et pour maintenir l'Espérance.
Mais bon sang, qu'est-ce que c'est long...

Les autres, eux, sont en-deçà de la ligne, au "travail", en-deçà de la ligne-glissière : sur l'autoroute de la vie.

Conseil de prudence : prenez la première sortie autoroutière, franchissez la ligne... de crête, et prenez le chemin de la forêt et de la Montagne.
Là, par delà les branches et les cimes, vous retrouverez le Ciel, la Lune et les Étoiles : le COSMOS.

Sylvain

 

Bien vieillir ou mal vieillir

bouffier elzeardBien vieillir ou mal vieillir.
Quand on relit ce texte de Foucault, il est clair que la possibilité est donnée à chacun de bien vieillir ou de mal vieillir (avec bien-sûr tout un spectre de possibilités entre les deux).

Ce bien vieillir, on peut donc le commencer dès l'âge de 20 ans si on comprend bien ce que nous dit Foucault.

Mais ce bien vieillir n'aura pas pu atteindre les générations nées entre 1930 et 1960 (exceptions mises à part), à cause d'un fait historique majeur (qui est le fait historique principal du XXe siècle) : le biopouvoir issu des industries culturelles (couplé à l'Éducation Nationale) visant à impacter massivement et durablement les consciences par des monticules infinis de sornettes utiles au capitalisme consumériste et à l'hypercontrôle des masses.

Ces générations ont été totalement impactées depuis leur naissance par le mode de vie diffusée par la propagande de masse. Ces générations se superposent totalement à l'apogée de l'histoire du cinéma, de la radio et de la télévision (les industries culturelles).

La critique des industries culturelles n'a véritablement commencé que dans les années 70 (un peu avant avec Adorno et Horkheimer), pour obtenir les premiers effets dans les années 90 et 2000 (avec une masse notoire qui balance enfin leur téléviseur par la fenêtre et entame les réflexions sur "la décroissance").

Les générations (1930-1960) ont souffert de la crédulité de A à Z. Ils ont bouffé de la propagande comme jamais aucune génération n'en avait bouffé dans l'histoire et des milliards d'existences ont tenté de se faire à partir de cette propagande de masse. Mais on ne peut pas à la fois s'adapter aux désirs du système capitaliste (en bouffant crédulement sa propagande permanente), et vieillir comme Foucault ou les philosophes le préconisent (voir lien ci-dessus), c'est antinomique.

 

C'est ainsi que nous débouchons sur une époque avec une masse énorme de gens plutôt vieux (population française plutôt vieille) qui découvrent à quel point ils ont été crédules et bernés de A à Z (comme aucune autre génération avant eux). La part d'entre-eux qui passent aux aveux tranquillement et acceptent les permutations nécessaires dans leurs cerveaux et comportements est extrêmement faible. La grande majorité maintient de force le voile de l'illusion devant leurs yeux.
Tout se craquelle, le décor en carton-pâte fiche le camp, on sait bien qu'on a vécu dans le faux, que tout est faux, qu'on a vécu pour enrichir les multinationales, les banques et détruire la planète, qu'on s'est gavé comme des porcs, qu'on a été CRÉDULES et niais, des béni-oui-oui, mais on veut l'emporter avec soi dans sa tombe. Ils savent qu'ils ont mal vécu, alors ils veulent mal vieillir et pour ça la meilleure façon, c'est de se venger sur les nouvelles générations en empêchant tout changement (qui mettrait en lumière inévitablement et directement leurs abyssales erreurs).

En vieillissant, ils ont souvent acquis du pouvoir (propriétés, carrières, argent, grades, pouvoir politique etc.). Et au final, les vieux-cons sont partout présents dans toutes les instances pour empêcher que de nouvelles vues (et modes de vie) existent car ceux-ci risquent fort de montrer combien ils ont mal vécu, combien ils ont été crédules, combien ils se sont fait avoir, combien ils n'ont rien fait de « bien », combien ils ont tout laissé faire/pourrir. Ils ont laissé l'environnement se dégrader totalement sans rien faire : jamais ils ne l'admettront, ce sont des vieux-cons aigris et méchants. Des gens qui ont mal vieilli. En plus, nombreux d'entre-eux sont souvent en même temps les fachos de la chansons de Brassens : "la ballade des gens qui sont nés quelques-part" : 

(Version Tarmac)). La France en 2016 est majoritairement remplie de vieux-cons fachos. Pardonnez-moi ce langage simpliste qui résonne comme de la tarte à la crème (indigne peut-être de la philosophie), mais je ne parviens pas à lutter contre cette sensation au fond de ma tripe.

On pourrait dire que l'histoire se répète, mais je ne crois pas, à cause de l'existence au XXe siècle des industries culturelles et de l'Éducation Nationale (faits nouveaux). Les vieux-cons à l’œuvre actuellement, sont vraiment les plus cons depuis que le monde est monde. Et ceux qui veulent œuvrer ne savent plus du tout quoi faire d'eux. Comment donc les congédier, et leur donner de la soupe pour qu'ils se taisent ? Ils sont le cerveaux en vrac, pété par des décennies de PROPAGANDE CAPITALISTE. On voudrait pouvoir « travailler » en paix, pouvoir aggrader ce monde que nos aïeux ont totalement détruit sans que ceux-là même qui l'ont détruit nous en empêchent. A un moment c'est STOP !!!!
Sauf que les super-vieux-cons actuels pourraient être battus par les suivants qui auront eux été encore plus atteints que leurs parents, par la gouvernementalité algorithmique et la disruption actuelles. ...

Sylvain

 

Tout avoir pour soi, chez soi, ou pour son association....

Tenter de reconstituer chez soi, pour soi, ou pour son association/entreprise tous les moyens de rencontres, de partages, de progrès, d'apprentissage, d'élaboration, de construction, de technologie, de communications, de transport, de liberté, de fraternité, de convivialité, qui ne sont pas dans l'espace commun.

Voilà, ce que nous faisons tous... Mais ça ne va pas du tout... du tout, du tout, du tout...

Nous le faisons de facto pour rivaliser avec les autres, afin de gagner de l'argent, dans le but que nos besoins vitaux soient pris en charge. Nous le faisons aussi pour rivaliser avec les autres sur le plan égotique.
En vérité je vous le dis, nous devrions avoir pour nous, en privé, tout ce qui concerne nos besoins vitaux et uniquement (donc tout ce qui est donné par la grâce du cosmos quand le diviseur ne s'interpose pas), et ensuite tous le reste devrait appartenir à l'espace commun.
3 sortes d'entités permettent d'accumuler (à l'asphyxie) de façon privative des choses qui devraient appartenir uniquement à l'en-commun : les maisons individuelles et les terrains privés, l'association Loi 1901 et les entreprises (SA, SARL, SCOP, etc.).
Ainsi, des milliards de personnes (physiques ou morales donc) vont s'équiper de façon totale, en menuiserie par exemple, en informatique, en moyens de transport, en techniques de pointe diverses et variées, en outils de jardinage/agricoles, en outils d'impression et de publication, en outils de construction, en moyens d'accueil, en outils de divertissement/spectacle, en outils de soins, en outils de communication, etc. etc. etc. . Chacun essaie de croître pour lui-même, dans sa chose à lui (une involution donc) ... Notre société est bien de fait une dissociété car nous essayons de récréer constamment NOTRE PROPRE SOCIÉTÉ. La société est donc bien une constellation de sociétés privées concurrentes (zéro amitié).
 
Et comment faisons-nous pour être aveugle à ce point-là sur l'association loi 1901 (privée) ?! Tromperie majeure qui a encore si peu été révélée jusqu'à ce jour.
 
Combien de fois ai-je pu, non sans un certain effroi, pénétrer dans des univers matériels PRIVÉS où j'ai directement pensé que ce qui se trouvait devant moi pourrait servir à des centaines voire des milliers de personnes alentours... Combien de fois ai-je pu me dire que telles ou telles sortes de propriétés privées étaient privées de façon scandaleuse et injuste, pour la bonne et simple raison que SI CHACUN VEUT LA MÊME CHOSE CE NE SERA PAS POSSIBLE (ou bien au prix du chaos) : « Homme, si tu veux trouver le vrai, cherche le juste » phrase de V. Hugo qui m'accompagne en permanence ;
et « Nous sommes des tyrans les uns pour les autres », vous savez peut-être que j'ai aussi constamment dans ma besace cette phrase de D.R. Dufour.
 
Mais, celui (personne morale ou physique) qui se fait une grande menuiserie intégrale (exemple) privative pour son usage/plaisir (ou pour gagner de l'argent) sait bien, au fond, que tout le monde ne peut pas disposer pour lui-même d'une grande menuiserie intégrale, mais il se vit donc, lui, comme plus important (meilleur) que les autres. C'est un peu comme pour la parole et le pouvoir, celui qui a plus la parole est persuadé qu'il la mérite plus que les autres. ... D'ailleurs des grandes menuiseries intégrale ou autres moyens, il en existe parfois dans quelques municipalités mais évidemment les Élus distribuent à seulement quelques-uns. C'est un autre aspect de l'horreur : quand un bien commun semble apparaître, il est immédiatement privatisé par l'oligarchie politique et par sa "justice distributive" totalement opposée à la justice mutuelle.
 
Je suis tombé dans ce panneau à une époque : j'ai notamment acheté en 2009 des projecteurs de théâtre, une console de pilotage des lumières et quelques autres objets de la même branche. J'ai conscience aujourd'hui que ce fut une hérésie. Je pourrais prendre beaucoup d'autres exemples mais je trouve celui-ci particulièrement parlant puisque le théâtre par essence ne peut être que commun. Et, donc, au lieu d'avoir un théâtre public, nous avons des milliers de petites entreprises libérales qui essaient de reconstituer en leur sein tous les éléments utiles au théâtre. Au lieu d'équiper chaque lieu qui a une vocation théâtrale avec des moyens techniques communs, chaque personne physique ou morale qui veut faire du théâtre est obligé de se constituer en petite entreprise complète totalement indépendante. Débile. (Débile n'est pas une insulte, c'est un vrai mot qui a un sens !)
Chaque association va donc en permanence chercher à S'ÉQUIPER, aura l'impression de CROÎTRE, de s'enrichir (à mesure qu'elle sera de plus en plus ÉQUIPÉE), mais bon sang chacun fait la même chose en même temps, pourquoi ne pas le voir ???? Une association qui investit par exemple, cette semaine, dans une viseuse, un chapiteau, un vidéo-projecteur et une caméra numérique, et ce sont donc en fait des milliers d'associations qui investissent en même temps dans une viseuse, un chapiteau, un vidéo-projecteur et une caméra numérique (et pareil à titre individuel). Comme si chaque personne morale ou physique se sert tous les jours d'une viseuse, d'un chapiteau, d'un vidéo-projecteur et d'une caméra numérique !
 
Une soi-disant société qui n'est pas capable de s'organiser pour étudier quels éléments seront mis en commun et quels autres seront forcément privatifs, n'est pas viable, elle se dirige vers l'asphyxie économique, et elle n'est pas MORALE !
Dans ce contexte, il ne peut pas y'avoir d'AMITIÉ (philia) en dehors de nos AMOURS (les personnes avec qui nous avons de grosses affinités).
 
Nous vivons dans un monde où nous essayons de récréer dans nos espaces privatifs tous les éléments de la convivialité et de la fraternité car ils ont été retirés de la vie commune.
Fini depuis longtemps le lavoir commun, le four banal... Des gens se fabriquent leur propre four à pain, leur propre "BAR", leur propre piscine, leur propre ceci ou leur propre cela... Et c'est comme ça pour tout... c'est en fait pas très propre, c'est franchement sale !!! On est dans un monde où des gens possèdent pour eux-mêmes des avions, des bateaux, des théâtres, des milliers d'hectares, des montagnes, des îles, plusieurs maisons etc.... etc....
Chaque association va faire sérigraphier ses propres verres au lieu d'équiper en jolis verres chaque lieu qui a vocation à boire un verre ensemble...
 
Au lieu d'acter LA PRÉSENCE DU DIVISEUR PARMI NOUS, au lieu d'en finir avec la division, nous la nourrissons en permanence.
 
Quelle méthode pour avancer ? : regarder intensément chaque objet partout et faire l'effort, quitte à se tromper, à les positionner dans l'espace privé ou l'espace commun (et y revenir fréquemment pour ré-interroger).
Pour déplacer mentalement un objet de l'espace privé à l'en-commun, il suffit de répondre à la question : est-ce que la vie sur terre est viable si chacun de nous dispose d'une version de cet objet ?
Enfin, prendre le risque : de remettre mentalement un objet dans l'espace commun et de s'y tenir (= ne pas se le procurer pour soi), même si nous sommes encore à l'heure du diviseur (et que le dit-objet, n'est pas encore dans l'espace commun).
 

Sylvain

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Mes Adieux programmés à Internet

J'essaie d'entrevoir depuis quelques mois, la "fin d'internet" en ce qui me concerne. La fin d'internet signifiant la fin d'internet de façon régulière, quotidienne et domestique.
Si Internet continue d'exister dans la société, je pourrais peut-être me connecter de façon très épisodique quand je ferai des passages dans les "villes" ou chez des amis (peut-être pour transmettre quelques pensées/écrits à quelques personnes).
N.B : avec tout ce que j'ai réussi déjà à STOPPER comme bêtises babyloniennes, croire que je n'y arriverai pas serait une erreur - même si c'est vrai que c'est un peu plus long et difficile que pour Facebook ou le téléphone mobile.

Dans cet optique, je vais faire plusieurs appels pour vous inciter à me communiquer vos coordonnées téléphoniques (fixe et portable) et adresse postale pour, non seulement garder le lien, mais pour être uniquement sur un lien en mode années 80 (quand nous avions encore de vrais liens en médiation divine et non diabolique) : Coups de fils directs avec la voix et les visites, la vraie vie quoi.
Sur la "Médiation divine" - pléonasme donc - : voir mon texte "Prière (à propos de la médiation) " et/ou lire Simone Weil : la seule médiation vivante est celle qui est directe, les autres entretiennent la division, le repli sur soi, et donc sont diaboliques au sens étymologique du diabolos-le diviseur)
Ce message constitue donc un premier appel pour avoir vos coordonnées précises (et je vous invite à noter les miennes : localisation géographique surtout et téléphone fixe). N.B : car il se pourra aussi que je n'ai plus de téléphone fixe pendant certaines périodes, voire plus du tout, à voir (même si j'accorde toujours une valeur pharmacologique très positive au téléphone fixe façon années 80).
De plus en plus de gens, qui disposent de Facebook, 5 adresses emails, un compte viadeo, MSN, snapchat, Tindle, Mumble, Pidgin, Google, Linkled, 2 téléphones portables, une messagerie vocale par téléphone, les SMS, une montre connectée,.... et qui crèvent de solitude, pensent qu'en réduisant les moyens de contacts, on s'exclut des rapports d'amitié. Je ressens strictement l'inverse concernant l'amitié. La "société" étant une dissociété, elle est un concept strictement opposé à l'amitié. S'exclure de "la société" permet de trouver toujours plus d'amitié et d'amour. Aller voir des amis à pieds ou en vélo qui habitent à 2km, toute une après-midi, sans Internet ni téléphone, ni aucun perturbateur... comble l'âme en totalité (ou presque si on continue de vouloir la polis véritable). Tout ce que l'âme désire en terme de relation et de socialité est comblé par l'authenticité de médiations directes autour de soi. La qualité, la vérité, la réalité, la présencialité, et l'intensité s'opposera toujours à la quantité en terme d'amitié.
 
Concernant le site internet www.descolarisation.org, la question de sa fermeture s'est fréquemment posée (et à déjà donné lieu à deux interruptions). Là aussi, j'entrevois fortement sa fin définitive.
Parmi les nombreuses atrocités d'Internet que j'ai déjà pu décortiquer, il y en une parfaitement monstrueuse que je nommerais ainsi : la dynamisation exponentielle des entre-sois consensuels, et, la maximisation de la doxa et du conformisme contre toutes les marges et les idées nouvelles. (Donc, la fin apocalyptique des transindividuations donc des individuations et de l'individuation psychique collective et des protensions collectives - vocabulaire : stieglerien/simondonien -).

Ce n'était pas tout à fait le cas, il y a encore 5 ans ou 10 ans, mais aujourd'hui, dès que vous faites une rencontre dans le réel en déclinant votre identité, on vous googlisera directement afin de contrôler le degré d'affinité et de vérifier si vous ne posez pas de problème particuliers (Ô dissociété absolue !!!).
Ainsi, si on peut déjà dire qu'une personne fortement allergique aux chats (ou n'aimant pas les chats) ne vous contactera peut-être plus si elle découvre que vous êtes passionné de chats, cette situation s'aggrave à l'infini si vous êtes un militant, un contestataire, un preneur et afficheur de positions, ou si vous présentez des idées nouvelles, subversives, choquantes, non conformes à la doxa.

Cette "dynamisation exponentielle des entre-sois consensuels, et, cette maximisation de la doxa et du conformisme contre toutes les marges et les idées nouvelles." est une nouvelle forme, elle-aussi, maximisée, du PSYCHOPOUVOIR, ce pouvoir liquide (voire gazeux) qui fait que les gens consentent eux-mêmes, automatiquement, inconsciemment, à faire ce qu'il convient de faire, à dire ce qu'il convient de dire, et à se lier avec les gens conformes. On se surveille les uns les autres, comme jamais. Le "SURMOI" est devenu le SOI.
Internet permet de cultiver la méfiance permanente, d'ouvrir ou de fermer à toute vitesse "pour un oui ou pour un non", de devenir des HYSTÉRIQUES ENTROPIQUES DU J'AIME/J'AIME PAS , de passer sa vie EN INTERPRÉTATIONS DES SIGNAUX D'AUTRUI au lieu de côtoyer autrui
(N'est-ce pas Jean-Claude B, la semaine passée qui me dit qu'il va passer me voir, mais qui ne passe pas, à fortiori à cause de quelques échanges de mails qui ne manqueront pas d'être disséqués et interprétés).
 
Dans notre cas de "Déscolarisateurs" (mais comme dans celui de beaucoup de révolutionnaires), l'École étant LA religion de l'État moderne et nos prises de positions plaçant, de fait, chaque personne qui pourrait y avoir accès dans un état d'instabilité philosophique/psychologique plus ou moins grave, il est évident que nous puissions souffrir de nombreuses googlisations de nos personnes (Mathilde et moi).
Vous répondrez sûrement que ça permet de toucher ceux qui doivent l'être, ceux qui sont en mesure de comprendre notre message... Mais voilà donc pourquoi je parle de "dynamisation exponentielle des entre-sois consensuels". Ce qu'on continue de nommer le "vivre-ensemble" n'a pourtant rien à voir, il me semble, avec le fait de côtoyer uniquement ceux qui pensent comme nous ou qui sont prêts à penser comme nous, c'est bien le contraire, eu égard à ce que j'ai maintes et maintes fois développé sur le polémos. Vivre avec les autres (et la démocratie) suppose la confrontation des points de vue (se mettre d'accord) et nous savons tous que toutes nos rencontres ne sont plus que de SINISTRES entre-sois.

Désormais, vous avez des gens qui vouent un véritable culte à Internet soi-disant en tant qu'outil de libération et d'émancipation totale, Dieudonné en tête. Dieudonné semble faire complètement l'impasse sur le fait qu'il a d'abord existé dans le showbiz "classique" et qu'Internet est simplement arrivé à point nommé pour qu'au moment où il quittait le showbiz un outil puisse réaliser la passerelle, la continuité (et puis il faut dire que Dieudonné pratique de toute façon le spectacle et l'humour, il est dans le showbiz dans tous les cas).

J'ai enfin pu entendre par une autre bouche que la mienne une critique radicale d'Internet dans une vidéo avec Stan Maillaud (ne vous dites pas uniquement "c'est paradoxal puisqu'il s'agit d'une vidéo", allez donc écouter la radicalité totale de cette critique) :

 
Non, Internet n'est PAS un outil de libération et d'émancipation.
Dans mon cas personnel, désirant une véritable amitié dans le réel, Internet représente très souvent pour moi UN MUR (QUAND EST-CE QUE LES GENS VONT-ILS TIQUER, QU'IL S'AGIT D'ÉCRANS ET QUE FACEBOOK PARLE MÊME DE MURS ??!!!).
Ce MUR de l'écran me fait souvent péter des câbles, et ma personnalité sur Internet (comme pour beaucoup d'autres gens) n'est pas du tout fidèle à ma personnalité dans le réel (Là-dessus, je cite toujours cet exemple parmi d'autres de ce gars qui m'avait connu sur Internet et après quelques heures passées ensemble m'avait dit : "J'ai été bien content de découvrir qu'en fait Sylvain Rochex n'est pas tout rouge, avec de la fumée qui sort des oreilles et de la bave aux lèvres.")

A bientôt dans la forêt et dans le réel, en présenciel (n'en déplaise aux mécanismes des nouveaux pouvoirs orwelliens).

Merci de m'envoyer (ou de me renvoyer) vos coordonnées.

Comment ça, c'est comme ça???

pipeC'est comme ça: la terre a vu, en peu de temps pulluler à sa surface  des bâtiments scolaires tous identiques, des mairies au centre névralgique des villages avec des élus qui fourmillent dedans et autour,  la terre est découpée en petits fragments insignifiants de propriétés individuelles, clôturés et distincts les uns des autres par des frontières matérielles bien marquées.

C'est comme ça: en quelques deux cent ans, la terre a été scarifiée par des voies goudronnées empruntées par un flux quasi continu de véhicules crachant une poussière toxique, par un réseau gigantesque de fils mortels émanant d'un cœur d'uranium doté d'une force de destruction sans pareille.

C'est comme ça.

Les femmes aujourd'hui lisent des magazines, et sont encouragées par une belle congénère souriante  en papier glacé, à nourrir leur enfant avec une poudre blanche dans une boîte en aluminium. Ou elles s'assoient sur leur canapé et alors que leur pensée se relâche des pressions de la journée, l'image d'une housse de téléphone portable léopard, ou d'une barquette de carottes râpées avec de la sauce toute prête dans une boîte de plastique s'immisce dans leur esprit : la télé est allumée. Demain, il faudra bien aller travailler pour acheter tout ça.

C'est comme ça !

Monsieur le notaire a dit que le droit de préférence était octroyé à Mme Glubion, la secrétaire de mairie affirme qu'il faut le récipissé F-4510 et une attestation d'assurance pour l'agence de l'eau, on ne peut pas commencer les travaux car le voisin - qui est du métier ! - a dit qu'on ne doit pas dépasser une extension de plus de 32 m², il manque une signature en bas à droite DONC toutes les procédures sont en suspens, le banquier a affirmé que c'est un livret d'épargne avantageux il doit avoir de bon motifs, il paraît que cette marque de lunettes est incomparable (elle porte le label KBI-Mountain), non on ne plantera pas de haricots dans la copropriété cette année il faut attendre l'AG qui est au mois de novembre, créer une association et désigner un président, le docteur Vladik a affirmé que la dernière molécule de benzothéine est particulièrement efficace contre les flatulences nocturnes, dans le cadre des droits et devoirs attachés à la perception du revenu de solidarité active précisé par l'article L 262-28 du code de l'action et des familles, vous êtes tenue de rechercher un emploi, d'entreprendre les démarches nécessaires pour une insertion sociale et professionnelle, le lundi il faut se lever tôt pour aller à l'école, demain il faut aller voter parce que, parce que, parce que…

C'EST COMME ÇA !!!!

Le « c'est comme ça », c'est la résignation du monde, la fin de la curiosité et de l'action spontanée d'un être ou d'un collectif, l'écrasement de nos élans par le poids des conventions, l'acceptation totale d'un schéma de pensée donné.

« C'est comme ça » : le diplôme attestant l'aboutissement de la scolarisation, autrement dit la dispersion de l'imagination et du rêve dans les détails de l'existence. Le « C'est comme ça » tamponne sur nos fronts, à la manière automatique des employés de poste qui valident le courrier, les schémas du vieux monde au détriment de nos propres volontés.

Pourtant, la matière du monde d'aujourd'hui a d'abord été façonnée par l'esprit des hommes d'hier, puis par leurs mains. A ceci prêt que ceux qui conçoivent ne sont pas ceux qui réalisent, hier comme aujourd'hui. Ceux qui réalisaient disaient déjà, peut-être, soumis à la pensée des décideurs d'alors : « C'est comme ça », leur pensée propre étant gelée par la volonté d'expansion de l'esprit de ceux qui leur imposaient leurs vues.

Dans le monde des hommes, chaque institution, chaque loi, chaque bâtiment, ruelle, chaque prairie pâturée, jusqu'au lit des rivières  dans les contrées façonnées par l'homme, chacun des rôles social tenus par nous, chacun des codes de conduite résulte d'une pensée mise en œuvre par une volonté humaine, et ancrée dans la matière par divers moyens. Nous n'avons bien souvent pas conscience que la «normalité» s'est construite peu à peu, par la réalisation de la pensée de quelques-uns, qui se sont emparés du pouvoir d'agir sur la matière et sur le monde. Chaque banalité quotidienne, une bouteille de jus de fruits qui fait clac quand on dévisse le couvercle, une feuille de papier blanche A4, un panneau de signalisation, l'anodin « Et ce sera tout ? » qui coule innocemment  de la bouche de vendeuse, chaque petite chose appartient à un système de pensée plus vaste et s'inscrit dans une logique particulière.

L'évidence de la matière nous saute aux yeux et nous imprègne, et on a tendance à oublier qu'historiquement, tous ces objets, tous ces codes, tous ces aménagements sont le fruit de volontés et réflexions humaines, que rien n'est juste « comme ça », mais le piètre résultat d'un long processus. Un voyageur du Moyen-Âge siècle visitant curieusement le XXIème siècle n'aurait pas cette petite formule toute faite dans la bouche pour exorciser la folie du monde moderne, mais resterait pantois et tremblottant devant ce qui parait l'évidence pour un trop grand nombre.

Alors, s'il en a été autrement, hier, pourquoi n'en serait-il pas de même, demain? Pourrait-on partir de ce postulat, plutôt qu'immobiliser sans cesse toute volonté indépendante par des formules aigrelettes du type « C'est comme ça ma bonne dame! »?

Tout les petits faits, gestes et pensées qu'on pourrait décrire sans fin, qui constituent notre univers mental, prennent confortablement place dans le monde marchand, ultra hiérarchisé et individualiste d'aujourd'hui, construit par quelques-uns, et qui pour naître au monde détruit méthodiquement les cohésions des groupes et les innombrables autres modes de pensée, de façon quasi totale, partout sur le globe. Pendant que certains prospèrent (?) dans cet état de fait, nous sommes chaque jour plus nombreux à nous tordre sous le poids des conventions et des agaçants « c'est comme ça »; et cette énergie à nous démener tant bien que mal freine nos aspirations profondes et nos potentiels pourtant si prometteurs!

Bien sur, rien d'étonnant, pas de nouveauté, dans cette affirmation que la société d'aujourd'hui est le résultat des pensées et actions des hommes d'hier. La question est de savoir qui a pris part à la création de ce système de pensée, et si nous avons, de fait, la liberté et le choix de le transformer pour le rendre conforme à nos rêves. Qui a écrit les lois? Peut-on les réviser si elles ne nous conviennent pas ou sont-elles à jamais sclérosées, ou manipulables à souhait par une seule caste d'élus privilégiés??? L'imagination individuelle et collective est-elle mise à profit pour construire chaque jour le monde des hommes?

Avons-nous choisi d'élire des chefs qui décident pour nous de la gestion de l'eau, de l'air, des forêts et des hommes? Avons-nous choisi d'aller à l'école? Je ne parle pas seulement de choix individuels, mais aussi de choix collectifs. Avons-nous choisi de vouer notre esprit au culte de l'argent, du divertissement et de la futilité plutôt qu'à l'enrichissement des différents potentiels humains? Avons-nous ensemble le choix de s'extraire du système de pensée en place, si celui-ci ne nous correspond pas? Le choix de penser nous-mêmes le monde et de le réaliser comme on l'aura rêvé? Au-delà des mots fantômes qui flottent, vides de contenu, en mirages sur nos existences: liberté, égalité, fraternité..., pouvons-nous librement inscrire dans la matière d'autres modes d'être? Un petit groupe d'hommes a confisqué, depuis belle lurette, le pouvoir décisionnaire de chacun, et mène le chariot de la société humaine à son bon vouloir. Embarqués de force dans le train de leur logique, la vitesse et la direction pourra -peut-être ? - nous paraître un temps des plus « normales », ou confortable, par accoutumance progressive. Mais si l'on veut marcher, et prendre une autre direction, le train s'arrêtera-il pour nous laisser descendre et poser le pied sur l'herbe???

Chaque personne, chaque groupe qui s'échappe du train inscrit dans le monde de nouvelles trajectoires, et permet, en retour, l'existence d'autres formes de pensée. Matière et esprit vont de pair, intriqués l'un dans l'autre comme deux amants.

L'évidence est un leurre. Rien ne devrait être pris pour acquis dans le monde des hommes. Tout est en construction permanente, et chacun d'entre nous a sa pensée propre, petite flamme unique, fragile et décidée, à fournir au monde. Nous sommes piégés par le fait qu'un vieux système de pensée, qui se réalise chaque jour dans la matière, et qui sied à un trop petit nombre, se prolonge depuis trop lontemps, laissant l'amère impression d'une immuabilité du monde. La vie est création permanente, n'en déplaise à ceux qui ont trouvé refuge dans l'immobilisme et la conformité, nous irons de l'avant et inventerons pour demain d'autres rêves à expérimenter dans le monde pour accorder sans cesse nos vies à la musique mouvante du Cosmos.

 

Supprimer le téléphone mobile pour retrouver le choix et donc le soin (à soi, aux autres, à ce qu'ont fait)

tel mobileJe n'ai plus de téléphone mobile depuis décembre 2015. Mon amie Mathilde n'en a plus non plus. Je veux en témoigner concernant un des points que je trouve important, si ce n'est le plus important ! (même si le nombre de toxicités écartées est gigantesque).

Je dirais que le principal avantage de la suppression du mobile, est un phénomène intense de re-concentration de mes actes/gestes quotidiens, une régénération de mon attention et d'une dose substantielle (et principale) de soin : le retour d'un engagement total de ma personne dans chacun de mes gestes et de mes choix. LE RETOUR en fanfare du vrai CHOIX (Alléluia).

Le mécanisme en est archi-simple : le téléphone mobile est ce pharmakon qui nous place en permanence TOUS dans un état de conscience où nous sommes constamment envahis par une énorme quantité d'autres éventualités - infinie en fait, puisque le mobile c'est aussi l'espoir secret que "Jésus", ou autres envoyés divins subjectifs, se décident enfin à nous contacter personnellement pour nous donner une promotion affective, financière, en terme de pouvoir et de "réussite" ou autres - . Nous faisons quelque-chose, mais le téléphone mobile contient la possibilité de faire des milliers d'autres choses. Nous voyons quelqu'un, mais le téléphone mobile contient la possibilité de voir des centaines d'autres personnes. Nous vivons, mais le téléphone mobile contient en permanence UNE AUTRE VIE - MEILLEURE ÉVIDEMMENT - EN POTENTIEL. Et donc, nous ne vivons pas la vie que l'on a, et je pense sincèrement que nous nous méprisons tous les uns les autres via cet outil : car nous savons que nous en avons (presque) tous un (l'insulte est donc réciproque, c'est d'ailleurs peut-être pour ça qu'elle fonctionne).
Quel nouveau donné entre nous vraiment nauséabond ! : nous nous voyons cher ami, mais nous savons toi et moi que nous avons beaucoup d'autres chats à fouetter et que ceux-ci peuvent apparaître d'une seconde à l'autre. C'est LE POSTULAT RÉCIPROQUE du j'ai toujours à faire ailleurs et avec d'autres que toi, ne m'en veux pas ! ...
Eh bien, il faudrait peut-être commencer à s'en vouloir un peu plus car ce n'est pas NORMAL cette histoire : c'est même vicieux et méchant au dernier degré !
D'ailleurs, je parle d'insulte réciproque (qui fonctionne grâce à sa réciprocité); c'est intéressant étant donné qu'en ce qui me concerne je n'en ai plus : je me consacre donc à 100% aux gens que je vois, mais eux, non ! Charmant ! ;-)

C'est en fait la très vieille problématique philosophique de : tous les choix conservés = aucun choix réel, qui se trouve portée à son extremum avec le pharmakon du téléphone mobile.

Et donc quel véritable bonheur, de se remettre à choisir telle ou telle activité/geste ou de voir telle ou telle personne, afin de s'y consacrer à 100% en éliminant pour cela toutes les autres potentialités ... Ce qui est normalement un des premiers piliers de la sagesse, voire même plutôt de LA VIE ! ... de tout ce qui est vivant, ... de la néguentropie !!! Imaginez tels ou tels éléments du cosmos qui essaieraient d'évoluer en conservant (plus ou moins "consciemment", matériellement), en stock, toutes les potentialités... Vous voyez bien que c'est le contraire radical de la vie.
Aucun Écureuil mâle de la forêt n'est arrêté dans sa chasse pour niquer sa comparse, par un SMS qui l'orienterait tout à coup dans un autre coin de forêt !!! Non, ce serait trop entropique pour maintenir LA VIE. L'harmonie serait attaquée en son ADN. ...

N.B : ce problème de l'absence de choix, on le trouve aussi dramatiquement de plus en plus depuis un demi-siècle concernant l'espace et l'habitat : on veut garder en potentiel le fait de pouvoir aller à la mer, à la ville, à la campagne, à la montagne, sur toute la terre et dans tous les pays, et donc, on ne parvient pas à s'implanter, à construire, et à prendre racines (et on se dessèche... dans les transports...).

En d'autres termes, le téléphone mobile pose le problème philosophique du désir. Ascétiquement, on sait que le désir est notre plus grand ennemi. Ne rien "désirer" est le cap de sagesse suprême. Eh bien, le téléphone mobile est ce qui maintient en permanence la puissance concomitante de tous les désirs (au sens de "ce qui pourrait être").

Quand je pense aussi au désastre affectif que peut représenter cette toxicité du téléphone mobile, je suis pris d'effroi (parce que dans cette analyse, on peut parler d'amitié mais aussi d'amour).
Nous avons basculé dans un monde où quand Sylvie est avec Mathieu, elle pense que Bruno pourrait lui téléphoner d'une seconde à l'autre, pendant que Mathieu pense qu'il va bientôt envoyer un SMS à Lydie (sachant que Bruno et Lydie, eux-aussi, sont dispersés et ainsi de suite). Nous avons basculé dans un monde où quand Hervé va voir sa mère, il consulte ses emails (et ses SMS, voire en envoie) pendant qu'il fait mine d'écouter sa mère et il pense à tous les coups de fils important qu'il pourrait recevoir ou qu'il pourrait donner (il dira à sa mère : "Attend, excuse-moi, c'est important !" voire ne dira rien du tout !! Il répondra !). Nous avons basculé dans un monde où un nombre substantiel de gens font l'amour tandis que les smartphones vibrent ou sonnent à cause de SMS envoyés par des amants ou prétendants... Nous avons basculé dans un monde où les jeunes sont joignables en permanence par leurs parents (et s'ils ne répondent pas ils se feront gronder : "pourquoi tu n'as pas répondu ?? il faut que tu répondes." Ça, et mille et une autres situations du même genre où LE SOIN, l'ATTENTION, la concentration, à l'autre ou à ce qu'on fait se sont étiolés, voire ont complètement disparu.
(Y'a aussi les deux concepts de "fidélité" et d' "investissement", mais le sens de ces deux mots a été tordu par d'autres voies et ils sont un peu difficiles à utiliser).
L'absence de soin, d'attention, de concentration, d'investissement et de fidélité : c'est ce qu'on appelle d'un seul mot : L'INCURIE.

Le téléphone mobile (à fortiori le smartphone) généralisé, c'est l'incurie généralisée.

Alors quelle joie de se consacrer corps et âme, EN ENTIER, à ce qu'on fait et/ou avec qui l'on se trouve. Quelle joie d'aimer !
Sauf que l'autre que je vois demeure pour le moment armé de son téléphone ! Mais fort heureusement, c'est désarmant !

Ce discours étant fait, il apparaît qu'un téléphone mobile et un téléphone fixe sont des objets fondamentalement différents, voire selon cette analyse totalement opposés. Le téléphone fixe, placé à un endroit bien choisi de notre abris (chambre, maison), et branché quand on le décide, permet justement de corréler : retrait du monde et le retour potentiel de la multiplicité des choix concernant le monde. Il faut que ça soit uniquement le désoeuvrement, le vide, et l'absence totale de relation qui donnent son essence au téléphone et qui provoque son usage déterminé.  De cette manière, vous obtenez un juste équilibre (vital) entre action/inaction, relation/non-relation, intérieur/extérieur, relation avec untel = non relation avec tel autre.

C'est souvent qu'on réalise une action en apparence ennuyeuse qu'on est tenté d'apprécier la béquille du téléphone, or la voie juste est celle donnée par Simone Weil (deuxième partie de la citation) : « Croire qu'on s'élève parce qu'en gardant les mêmes bas penchants (exemple : désir de l'emporter sur autrui) on leur a donné des objets élevés. On s'élèverait au contraire en attachant à des objets bas des penchants élevés. »

Sylvain

 

A l'heure de la Révolution, on change de nom !

tomMathilde La Sauvageonne, me dit souvent les choses ainsi :

[ Tout le monde s'est déjà révolté, oui, plusieurs fois,... dans ce qu'on appelle frauduleusement l'enfance...
Mais tout le monde s'est pris une tarte !!
Tout le monde s'est fait humilier au dernier degré de s'être rebellé.
Et tout le monde a refoulé... ]

Psychanalyse collective de comptoir ?
Je ne crois pas. Cette idée simple est le résumé parfait d'une centaine de bouquins sur le sujet, les : "Pour décoloniser l'enfant" de Mendel, "Les enfants d'abord" de Rochefort, ou les "C'est pour ton bien" d'Alice Miller, ou "la domination adulte" de Bonnardel, et tant d'autres !

Ce que nous proposons à tous (et depuis le début, via "La Déscolarisation de la société"), c'est de remonter avant LA TARTE !!
De redevenir à celui qui savait écouter le fond de son cœur, et ce, sur tous les plans.
Sur le plan social-historique : quand on est petit, on sent très bien (à cause de notre extrême sensibilité) ce qui se joue au niveau de "la grande histoire".
Sur le plan des activités aussi : que celui qui fut intéressé par les pierres précieuses ou les animaux ou les étoiles ou la mécanique ou la mer ou la musique ou les arbres ou l'eau ou la neige ou ceci ou cela, REVIENNE à la pureté de son élan premier, afin de retirer une à une, les couches nauséabondes (de capitalisme et de pression sociale à devenir quelque-chose) qui sont venues corrompre totalement cette pureté originelle, cette Vérité.

Comment ça se fait qu'on termine tous aussi loin (souvent aux antipodes) de ce qui nous intéressait vraiment au fond du cœur ?

Revenir donc avant la tarte dans la gueule.
Revenir avant toutes les tartes.
Je m'étais déjà un peu exprimé sur le sujet dans un article sur l'anamnésis (le 7 août 2015). (Remonter, tel un saumon, le courant de sa petite histoire ou celui de la Grande, ça s'appelle une anamnèse.)

Revenir anamésiquement avant toutes les tartes.
Pour cela s'humilier selon les voies de Jésus-Christ, accepter, de n'être rien, effectivement, pour racheter le fait d'avoir voulu être quelque-chose (à cause de la baffe).

Hier, je réagissais à ce fait le plus banal du monde dans la dictature actuelle : la censure pure et simple d'un gars sur une radio locale (radio couleur chartreuse) et je disais que les manœuvres des chefaillons ne devaient définitivement plus rester sans réaction populaire immédiate.
Je disais que chaque injustice quotidienne devait donner naissance à la réaction directe d'équipe locale de 5 à 30 personnes.
Mais bien-sûr, les gens, ne sont toujours pas en état de foutre le bordel.
Quand je dis "foutre le bordel", ça concerne le vieux monde (car du côté permaculture, il s'agit d'être soigneux)

Ma proposition concrète est la suivante. Revenons tous en chœur : avant la claque, en incarnant les petits gredins que nous fûmes.

Oui, devenons des blousons-noirs, des fripouilles, des pirates, des sacripants, des canailles, des chenapans !
Ça se passe toujours ainsi, dans Les Révolutions !

Voulez-vous faire frémir un gouvernement, une dictature, sans devenir de La Canaille ? Non, ça ne se passe jamais comme ça.
La fripouille, la petite canaille, c'est justement celui qui n'a pas encore refoulé la tarte dans sa gueule, qui est toujours prêt à en recevoir une autre, et qui continue à agir selon les voies intimes de son cœur.

Vous pouvez donc ouvrir un bon dictionnaire des synonymes et vous choisir votre nouveau nom pour la Révolution qui est là.

L'affreux-Jojo, L'arsouille, Le Bandit, Le Brigand, Le Coquin, Le Vaurien, Le Fripon, La Crapule, Le Galapiat, Le Galopin, Garnement, Gibier de potence, Gouape, Julot, Le Loubard, Le Loulou, Le Morveux, Le Rocker, La Racaille, Le Salaud, Le Saligaud, Le Sauvageon, La Vermine, Le Voyou, Le Gougnafier, Le Jean-fesse, La Maroufle, Le Marpaud, Le Salopiaud, Le Salopin, Le Pirate, Le Filou, Le Flibustier, Le Forban, Le Faucheur, Le Tapageur, Le Marcheur, ... (et cette liste est longue, il faut aussi en inventer de nouveaux qui seront ré-employés pour une autre Révolution dans 5 siècles)

Et puis, après, surtout : Faîtes des bêtises ! Tous les jours ! Partout !
Pour certains, ça fait 20, 30, 40, ou 50 ans que vous avez arrêté de faire des bêtises !!! Il est plus que grand temps d'y REVENIR.
Donnez du fil à retordre à tous ceux qui en veulent à votre liberté ! (et à l'Égalité !!) Faites courir au 4 vents vos poursuivants ! Soyez inventif, soyez au quotidien comme le gars dans "Maman j'ai raté l'avion"! ou Tom Sawyer.
Bref, revenez AVANT LA BAFFE, quand c'était encore votre CŒUR, le chef !!!

Cessez donc de chercher à vous identifier au flic, au prof, au chef, au juge, cessez de vous percevoir dans leur camp. Et si vous êtes malheureusement devenu l'un d'eux, « quittez-tout et vous trouverez tout !» Devenez de La Canaille ! C'est à dire : RIEN ! Ce RIEN qui fait tomber, par essence, tous ceux qui croient être quelque-chose.

Et je vous donne rencard (à vous avec votre nouveau nom), dehors, pour "foutre un bordel noir".
Prenez vos Bombes-à-eau et vos Pet-sec, et la gardienne et le gardien (L'État et ses sbires) vont en voir de toutes les couleurs ! Arc-en-ciel... et puis après : ... Somewhere over the rainbow...

Sylvain Lafripouille.

chenapan

Sans pharmacologie, on est mort.

main qimg 71915b97dc4340599d8f4ab01f3673caIl y a de grandes chances pour que nous fermions à nouveau et définitivement le site Descolarisation.org et que nous mettions fin à notre activité Internet. La raison est simple : les hommes ne sont point du tout sages avec la technique, mais alors, pas du tout ! L'être humain, oui, est pharmacologique, donc, il devrait, pour ne pas en mourir, faire tous les jours de la pharmacologie, c'est-à-dire de la philosophie individuelle et collective à propos de ses pharmaka. Mais il n'en est rien, l'homme accumule des prothèses, se laisse obnubiler par la partie remède des choses, et occulte totalement les faces toxiques. Chaque invention qui débarque est toujours regardée pour ce qu'elle permet de réaliser, pour le service qu'elle rend et c'est dramatiquement tout. Une voiture sert à se déplacer, un avion à voler, un disque-dur à stocker des données numériques, une machine à café à faire du café, et un téléphone .... à envoyer des SMS... ! On se précipite sur les objets en fonction de la réponse qu'ils offrent à une faiblesse, à un penchant que nous avons. Ainsi, marcher est un effort (et cette ville située à 200 km est vraiment très loin), voilà donc la voiture qui vient corriger ce défaut et puis c'est tout, on ne voit pas plus loin, on ne regarde pas l'autre versant des choses (ou bien seulement quand c'est déjà trop tard) ; on ne voit étrangement pas les nouveaux défauts, plus gros, plus complexes, engendrés par l'arrivée du pharmakon. Si l'homme invente la voiture, pharmakon surpuissant, il devrait observer (depuis le début) le versant toxique de l'objet, mais non, il ne le fait pas : car la voiture répond BÊTEMENT à la "faiblesse" de la marche à pied.

Comment vivre ici bas, avec une humanité qui se moque du versant toxique de ses inventions ? L'homme devrait être pharmacologique, il n'est que prothétique. Il accumule les prothèses et chaque prothèse provoque une atrophie quelque-part. D'atrophie en atrophie : il meurt. Quelle est stérile et débile cette soi-disant polémique entre gens du "progrès" et gens du retour à la terre et de la décroissance concernant les objets. Car nous sommes tous logés à la même enseigne dans ce domaine. Où que nous en soyons, nous devons faire de la pharmacologie pour ne pas nous faire prendre le bras, la tête et les jambes dans nos inventions. Le paysan "décroissant" peut aussi se faire prendre dans une mauvaise pharmacologie concernant ses techniques apicoles, arboricoles et agricoles, s'il n'est point vigilant, s'il n'est point sage.

La première des pharmacologies, c'est sûrement de bannir les objets techniques trop puissants qui prennent possession de nous-mêmes, avec lesquels nous ne parvenons pas à être sages.

Pour faire de la pharmacologie, il est très important d'analyser à quelle faiblesse, à quel défaut, répond tel ou tel pharmakon. En ce moment, la majeure partie des techniques de type : SMS, smartphones, tablettes, Internet, répond à la faiblesse suivante du genre humain : notre difficulté à l'altérité, notre difficulté à affronter le regard de l'autre, la parole (libre) de l'autre, l'odeur de l'autre, la liberté de l'autre, les souffrances de l'autre, le besoin de consolation infini de l'autre...

Je le dis souvent et je le répète : si la voiture a détruit tous les paysages en répondant à la faiblesse de la marche à pied, les techniques [SMS, smartphones, tablettes, Internet,...] en répondant à notre faiblesse à aller les uns vers les autres, vont littéralement détruire l'humanité.

Nous sommes à la fois semblables et distincts (dans les bonnes proportions qui sont des proportions divines) et c'est pour cette raison qu'il existe entre nous un élan du coeur, un lien. Si nous étions totalement semblables ou totalement différents, ce lien divin n'existerait pas. Mais ce lien, cette Parole, qui est Dieu, est fragile car c'est un effort d'explorer ce lien - justement parce qu'il repose autant sur la similitude que sur la différence - .

Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, depuis quelques années, sont arrivés des inventions, des pharmaka, qui répondent à cette difficulté immémoriale. De nos jours, si quelqu'un cherche à rentrer en contact avec moi, j'ai désormais la possibilité de fuir l'effort d'exploration, de fuir la rencontre humaine, dans des techniques qui sont là pour ça. Les SMS, les Emails et autres, permettent de créer une illusion de contact réel, une forme de contact où la difficulté a été magiquement (diaboliquement) expurgée. Un "contact" (on garde le mot, mais il ne s'agit plus de ça), mais sans l'effort qu'il contient dans des conditions "normales" (sans l'effort de la rencontre).

Cet effort, je veux lui donner un nom et je choisis : JÉSUS. Cet effort inhérent à toute rencontre humaine réelle, cet effort causé par l'effroi à vivre paradoxalement autant la similitude que la différence, il s'appelle JÉSUS. L'homme vient d'inventer, tout récemment, des techniques pour fuir Jésus, pour tuer Jésus. Enfin !!! Enfin, libérés nous sommes, de Jésus ! (L'argent est aussi un des moyens privilégiés pour tuer l'amitié, mais nous ne savions pas qu'après l'argent, en plus de l'argent, viendrait INTERNET).

Exactement comme la voiture nous libéra de la marche, des techniques viennent d'apparaître pour nous libérer de l'effort de la rencontre humaine. Encore une fois, si la voiture a flingué les paysages, que va-t-il se produire avec un outil qui tue Jésus en personne ? Toute prothèse cause une atrophie et nous avons installé une prothèse sur le corps du Christ.

Alors, face à ce problème apocalyptique, nous devrions en discuter tous les jours : faire de la pharmacologie, prendre conscience de l'atrophie en marche. Oui, à minima faire de la pharmacologie, et surtout ne point "défendre" ces outils techniques. Mais au lieu de ça, nous constatons l'inverse. Les hommes, TOUS LES HOMMES, se livrent à une APOLOGIE TOTALE ET CONSTANTE D'INTERNET ET OBJETS "CONNECTÉS", même chez les plus militants d'entre-nous, même chez les plus "religieux" et même chez les plus vieux. Des prêtres (j'en parlais dans un billet) qui vont même jusqu'à bénir des smartphones en cérémonie. Sans arrêt, tous les jours : on vénère INTERNET et tutti. Si encore, les gens restaient circonspects, dans l'épokhè la plus sincère... On pourrait être tolérant, comprendre que l'objet technique génère certains troubles, voire une certaine désorientation, mais ce n'est pas que nous observons : il n'y a pas de recherche, il y a juste une dépossession de l'homme par lui-même, UN ABANDON. Et ce qui est très majoritaire, voire total, c'est LE CULTE, la VÉNÉRATION. Internet et tous les appareils qui vont avec, ce serait une TRÈS BONNE CHOSE. Pour beaucoup, c'est même carrément DIVIN, et ils le disent comme ça (Dieudonné en tête !). C'est même pour beaucoup ce qui va SAUVER L'HUMANITÉ... Rien que ça !!! Ce serait donc Jésus ? Le Messie ? (Je dis, moi, que c'est son stricte inverse !) ... Ha ha, qu'il est ben diabolique le diabolos, d'arriver à se faire passer pour le Sauveur ! (Comme d'hab !). N.B : Nous proposons une intervention : "Doudous Toxiques" pour faire de la pharmacologie ensemble, mais, problème, la Philia n'est plus et y'a foot samedi.

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Hommage aux invisibles

flouA tous ceux qui vivent loin du grand cirque fanatique de la société occidentale contemporaine, qui ne s'exposent pas, et vivent en accord avec le Cosmos dans une humilité simple et non revendiquée. Juste humains. Petite précision de la plus haute importance, je ne les oppose pas aux quelques personnalités courageuses qui s'immiscent ponctuellement dans la soupe médiatique et dans l'espace « public » pour tenter d'y faire émerger des bulles de paix et de réflexivité. Mais ceux là, d'une certaine manière, et quelquefois-même par le rejet, trouvent une forme de reconnaissance publique ; les médias qui invalident leur prise de position valident de façon inversée, et pour qui sait comprendre, leur existence. Et en apparaissant un temps dans la sphère dite publique , ils trouvent quelquefois une forme de soutien, souterrain mais chaleureux et puissant, de la part des invisibles qui soudain voient apparaître un des leur là où l'on ne l'y attend plus et leur témoigne leur amitié sincère. Aussi minime soit-il, ce soutien vient  leur donner ponctuellement du courage pour poursuivre la dénonciation d'un monde qui ne tourne plus ni rond, ni carré, ni triangle, mais qui est totalement désaxé, qui n'a plus rien de géométrique et qui dégénère en une bouillie infâme.

homme qui plantait des a 1 gLes invisibles, eux, et justement parce qu'ils sont invisibles, en tout cas rendus tels quels, n'ont aucun crédit, aucune reconnaissance, dans la mesure où leur existence même est niée, en tout cas ignorée, soufflée. Loin de ce monde, à la façon d'Elzear Bouffier, ou chacun à sa manière, une myriade d'hommes, de femmes et d'enfants œuvrent chaque jour pour préserver et renouveler la magie et le mystère de l'humanité, loin de la définition frauduleuse qu'on en fait. Car l'humain n'est pas cet être assujetti à une société mortifère par un travail qui menotte son existence, il n'est pas cet être impersonnel formé par les usines à pensée conforme que sont les écoles, l'humain est tellement, profondément, tellement plus que cela…

Hommage à ces femmes qui choisissent d'accompagner leur enfant aussi longtemps qu'il en a besoin vers l'autonomie réelle, loin du modèle maintenant standard enjoignant chaque mère à confier le plus vite possible sa progéniture à l'institution pour sa sociabilisation en bonne et due forme. Ces femmes font le choix de l'amour, de la confiance, du respect et de la vie, s'opposent à tous les dogmes en vigueur dans notre folle société, et parfois, courageusement, à leur compagnon pour défendre une vie en devenir. Elles ne reçoivent en retour, de la part d'une majorité de leur entourage, qu'un vague mépris, de l'incompréhension généralisée dans un monde où l'attention à l'autre est considérée comme suspecte et le dévouement au travail salarié une évidence incontournable. Ces femmes, rendues invisibles, effacées, sont des héroïnes insoupçonnées: Emilie, Laura, Fanny, Olivia, Isabelle, Sonia, Aline, Alexia, Céline, Marina, Cécile,  Véronique, Natasha,  et tant d'autres partout dans le monde… Je n'oublie pas les compagnons  valeureux qui s'impliquent et choisissent eux aussi le respect de la vie d'un autre. Eux aussi sont rendus invisibles, et ignorés face à l'image d'un homme travailleur dévoué à l'entreprise, sûr de lui et vaillamment autoritaire que  transpire quotidiennement tous les pores du corps social nécrosé, asphyxiant d'une odeur nauséabonde toute la vie fragile avoisinante et la créativité latente qui ne demande qu'a fleurir.

Hommage aux libres penseurs, éparpillés dans le monde, qui maintiennent la fougue de la créativité intacte et qui inventent et lisent le monde à chaque instant. Ils empêchent, peut-être même quelquefois sans le savoir, le bloc monolithique de béton frais « Pensée unique généralisée » de se sceller sur l'humanité. Ils sont fissures, craquèlements, lichen, pluie, acide, corrosion, érosion, saxifrages, mousses, surprenants. Ils maintiennent le renouveau OU ils renouvellent le « Maintenant » et ainsi, font apparaître aux yeux éteints la magie ineffable du moment Présent, l'instant Cadeau, que les écrans et discours stériles ne voient pas et effacent de l'existence. Ne pas les voir, ces invisibles, ne veut pas dire qu'ils n'existent pas. Peut-être même, au contraire. Dans notre monde de validation et de diplômes, c'est parce qu'ils sont absents, qu'on peut être sûr qu'ils existent…

La société compétitive et spectaculaire braque ses projecteurs sur des personnalités uniformes, conformes, insipides, faussement rebelles, faussement étonnantes, marionnettes sous contrôle, ficelles tirées par de tristes humains qui ont perdu la substance de la vie et qui ne savent plus comment se divertir et qui ne donne de sens à leur creuse existence qu'en manipulant celle des autres.

Quand on sait que la Vie ne peut être prisonnière, on sait AUSSI que le libre penseur ne sera pas la marionnette qu'on utilise pour un scénario bidon, tragique et moribond. Il sera donc, fatalement, celui qu'on ne voit pas. Il expérimente la Vie, et connaît DONC, volontairement ou non, la censure. Inversement, Tout ce qui a droit d'image et de parole au sein de notre monde d'écrans et de barrières est DONC vide de substance, puisque reproduisant sans fin un même système sans originalité ni créativité... 

Mais ... Mille pensées vivantes fourmillent partout, à chaque instant, bourgeonnent, éclosent, s'infiltrent, tâtonnent, s'affermissent, grondent et se fraient leur chemin. Ne l'oublions pas. N'oublions pas que si nous ne voyons pas éclore, dans la sphère « publique » accaparée par les puissants, ces merveilleuses initiatives, c'est que ces pensées dissidentes mettent en danger le monopole des tristes marionnettistes et sont inlassablement écartées par ceux qui dirigent et n'ont pas appris à partager l'espace et la pensée… Ceux qu'on voit sont vides de substance, alors que les invisibles penseurs contiennent la Vie sans cesse renouvelée. Étrange paradoxe, de l'apparence qui cache la mort et l'invisible qui révèle la vie…

On s'achemine vers l'humain qui se cache derrière les apparences d'une fonction qu'il occupe, invisible sous le personnage qu'il moule sur lui-même. A lui -à elle, je m'adresse, vibrante étincelle cachée derrière un bureau, une officine, un comptoir, un guichet ou un étal, ou sous un costume fantoche, étincelle lointaine mais ardente et décidée, ou en voie de renaître à la Vie. Hommage à celui ou celle qui du fond de son cœur, du fond de son âme, sait qu'il occupe une position qui nuit à la Vie, mais qui infiltré dans un système délétère attend son heure avec obstination et persévérance pour rejoindre enfin la danse du Cosmos et les siens, bombe de Vie à retardement, entraînant dans son explosion  toute cette vieille société bourrée de conservateurs toxiques, et qui a donc bien du mal à se décomposer.

Hommage au paysan qui marche sur les crêtes au petit matin, les poumons emplis de l'air neuf de l'aube ; hommage au rire qui circule de bouche en bouche dans un cercle d'humains assis sur la terre ; hommage à celui-celle, qui plonge amoureusement ses mains dans le sol pour y enfouir une graine ; hommage à la dissidence, hommage à la danse, hommage à l'indien qui parle au caillou-ancêtre , à l'amie qui embrasse en riant un escargot et au chat qui ronronne; hommage aux enfants qui désobéissent aux règles qui les tourmentent, ou qui obéissent à la vie, selon l'angle qu'on choisit ; hommage au musicien qui renouvelle et accorde les sons du monde au moment Présent et Unique, loin du temps programmé ; hommage aux déscolarisés, hommage à ceux qui ne seront  jamais scolarisés, hommage aux enfants qui naissent loin des hôpitaux, à leurs mères qui accouchent avec courage et discrétion, aux femmes qui sont là pour les soutenir et accueillir les enfants du Cosmos et non de la société ; hommage à celui-celle qui de ses mains et aidé-e par celles de ses ami-e-s bâtit sa maison de paille, de pierre ou de bois, en donnant simplement forme aux éléments du Cosmos pour créer son refuge ; hommage à celui-celle qui fait le choix d'être invisible et brille parce qu'il ne cherche pas à briller, hommage au parent qui ne rend pas visible son affection en la transformant en cadeau matérialisé, hommage à l'apiculteur, qui, pareil à ses abeilles et peut-être pas par hasard, bourdonne chaque jour pour bâtir une communauté humaine cohérente et mellifère, hommage à ceux qui marchent ; hommage à ceux qui ont rejoint la forêt, à l'entrepreneur devenu paysan-boulanger, devenu Homme ; hommage à l'hôte qui se retirant en lui-même offre à son invité la liberté de se mouvoir ; hommage à ceux qui donnent et qui partagent, à ceux qui savent recevoir, hommage à tous ceux là qui en épousant la Vie savent que la mort en fait partie et lui donne substance, aux humains qui se respectent et communiquent avec le cœur et l'esprit conjugués.

Hommage aux oubliés, et à tous les oubliés que j'aurais oublié, hommage aux invisibles et à tous ceux que je n'aurais pas rendu visibles, ils sont là, présents par leur absence, et leur vie maintiennent l'humanité vivante…

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