I) « Tout mouvement de libération de l'homme ne saurait plus passer maintenant que par une déscolarisation.»

Ivan Illich

II) « L'oppression des enfants est première, et fondamentale. Elle est le moule de toutes les autres. »

Christiane Rochefort

III) « Quels enfants allons-nous laisser à la planète ? »

Jaime Semprun

IV) « Non plus créer des écoles alternatives, mais des alternatives à l’école »

John Holt

V) « Notre principale menace aujourd'hui est le monopole mondial de domination scolaire sur l'esprit des hommes. »

Everett Reimer

VI) « Ce qui me paraît le plus insupportable, c'est que l'école me séparait de moi-même. »

Christian Bobin

VII) « Plus l’homme se connaît par la voie officielle, plus il s’aliène »

Raoul Vaneigem

VIII) « Je perçois l'école non pas comme une institution qu'il faut réformer et perfectionner, mais comme une prison qu'il faut détruire. »

Cornélius Castoriadis

IX) « Ce qui abrutit le peuple, ce n'est pas le défaut d'instruction mais la croyance en l'infériorité de son intelligence. »

Jacques Rancière

X) « Prisonnier de l'idéologie scolaire, l'être humain renonce à la responsabilité de sa propre croissance et, par cette abdication, l'école le conduit à une sorte de suicide intellectuel. » Ivan Illich

XI) « Les hommes qui s'en remettent à une unité de mesure définie par d'autres pour juger de leur développement personnel, ne savent bientôt plus que passer sous la toise.» Ivan Illich

Site connexe : débordelisation.

LOGO 1 coul inv

Nexus

COUV NEXUS 108 WEBOn parle de nous (interview) dans le numéro 108 de Nexus de Jan/Fév 2017

Dossier « Déscolariser la société »

moinsOn a participé au dossier sur la déscolarisation du numéro 24 (août/sept 2016) du journal romand d'écologie : - Moins

L'école de la peur (texte complet)

ecoledelapeur

Attention aux méprises !

Nous ne sommes pas pour l'Instruction En Famille (IEF) sauf comme solution temporaire, celle-ci est inégalitaire et faire la part belle à une autre institution de l'ordre adulte presqu'autant problématique que l'école (si ce n'est plus !) Pourquoi toujours penser les choses en terme de systèmes fermés ?

Notre revendication se situe sur les communs et un monde ouvert : établir des écoles libres (chacun est libre d'y aller quand il veut), égalitaires (chacun peut intervenir pour enseigner), communales, citoyennes, gratuites, débarrassées de l'État, dans les espaces publics et communs, autogérées.

Bibliographie déscolarisation

Une société sans école
Ivan Illich
Mort de l'école
Everett Reimer
Le maître ignorant
Jacques Rancière
Comme des invitées de marque
Léandre Bergeron
Les apprentissages autonomes
John Holt
Pour décoloniser l'enfant
Gérard Mendel
Avertissement aux écoliers et aux lycéens
Raoul Vaneigem
Apprendre sans l'école
John Holt
Et je ne suis jamais allé à l'école
André Stern
La fin de l'éducation ? Commencements.
Jean-Pierre Lepri
Insoumission à l'école obligatoire
Catherine Baker
L'école de Jules Ferry, un mythe qui a la vie dure
Jean Foucambert
De l'éducation
Jiddu Krishnamurti
Pour l'abolition de l'enfance
Shulamith Firestone
L'école mutuelle, une pédagogie trop efficace ?
Anne Querrien
L'enfant et la raison d'Etat
Philippe Meyer
Le pédagogue n'aime pas les enfants
Henri Roorda
Les enfants d'abord
Christiane Rochefort
Les cahiers au feu
Catherine Baker
La fabrique de l'impuissance 2, l'école entre domination et émancipation
Charlotte Nordmann
La fabrique scolaire de l'histoire
Laurence de Cock et Emmanuelle Picard
L'école contre la vie
Edmond Gilliard
Libres enfants de Summerhill
A.S. Neill
Soumission à l'autorité
Stanley Milgram
Si j'avais de l'argent, beaucoup d'argent, je quitterais l'école
Une éducation sans école
Thierry Pardo
La véritable nature de l'enfant
Jan Hunt
C'est pour ton bien
Alice Miller
L'herméneutique du sujet
Michel Foucault
Ni vieux ni maîtres
Yves Le Bonniec et Claude Guillon
L'individu et les diplômes
Abel Faure
La domination adulte
Yves Bonnardel
Encore heureux qu'on va vers l'été
Christiane Rochefort
S'évader de l'enfance
John Holt
Inévitablement (après l'école)
Julie Roux

Article en avant

mamandeserie

Global larcin

Le monde est un grand larcin, un grand accaparement très diversifié, chacun son butin :

Les Élus volent le pouvoir.

Les universitaires volent l'université.

Les professeurs volent l'apprendre.

Les bibliothécaires volent les bibliothèques.

Les propriétaires volent la terre.

Les patrons volent la force de travail.

Les médecins volent la médecine.

Les médias volent l'information. ... etc. (S.R.)

Scolarisation du monde (le film)

schooling the worldAvec sous-titres Fr (bouton CC)

Outil n°1 pour lever le voile

etymosvignette

Les deux faces de la même médaille

mairieecoled

Cliquez sur l'image pour l'agrandir dans un onglet

Article du 30/08/2015

Un document exceptionnel !

millecitations

Nos liens Illustrateurs

Émissions en direct sur une radio locale

LE MONDE ALLANT VERS..., un jeudi sur deux à 19h30, sur la petite radio locale : RADIO GRÉSIVAUDAN.

Vous pouvez écouter ces émissions en rejoignant le site internet de Radio Grésivaudan ou en ouvrant votre radio sur la bonne fréquence.

Générique de l'émission :

Participez en direct en appelant le :

04 76 08 91 91

Accéder aux archives des émissions sur le site de Radio Grésivaudan.

Et si la cause des causes était l'absence d'architecture spirituelle chez chacun ? --> Ecoutez l'émission sur "La Citadelle" :

Fallait oser...

« L'enfant a droit à une éducation gratuite et obligatoire. »

Charte des droits de l'enfant de l'UNESCO

Bossuet nous disait :

« Il n'y a point de plus grand obstacle à se commander soi-même que d'avoir autorité sur les autres. »

 Professeurs, déscolarisez-vous !

« Les enfants ne sont pas seulement extrêmement doués pour apprendre; ils sont bien plus doués pour cela que nous. En tant qu'enseignant, j'ai mis beaucoup de temps à le découvrir. J'étais un enseignant ingénieux et plein de ressources, habile à élaborer des séquences de cours, des démonstrations, des outils de motivation et tout ce galimatias. Et ce n'est que très lentement et douloureusement - croyez-moi, douloureusement ! - que j'ai réalisé que c'était quand je me mettais à enseigner le moins que les enfants se mettaient à apprendre le plus. »

John Holt

Corollaire ou conclusion de cette idée de Holt : si on enseigne à l'E.N., c'est donc pour propagander, détourner, aliéner.

Sur le refus de parvenir

« Les honneurs déshonorent, le titre dégrade, la fonction abrutit. » Flaubert

*****

« Si nous voulons un monde nouveau, comment accepter de grimper, d'être reconnu par des institutions du vieux monde ? »
Marianne Enckell

Autres citations sur le refus de parvenir

Le corps enseignant ?

On parle toujours du « corps enseignant », mais jamais de son âme... C'est parce qu'il n'en a pas. Et s'il en avait une, ce serait évidemment celle, noire et vicieuse, de Jules Ferry.  S.R.

julesferryamenoireVoici le monsieur qui s'occupe de vos enfants !

descoetdroit

« L'éducation, avec son fer de lance qu'est le système de scolarité obligatoire, avec toutes ses carottes, ses bâtons, ses notes, ses diplômes et ses références, m'apparaît aujourd'hui comme la plus autoritaire et la plus dangereuse des inventions humaines. C'est la racine la plus profonde de l'état d'esclavage moderne et mondialisé dans lequel la plupart des gens ne se sentent rien d'autre que producteurs, consommateurs, spectateurs et fans, motivés de plus en plus, dans tous les aspects de leur vie, par l'appât du gain, l'envie et la peur. »

John Holt

Lien vers des centaines d'autres citations sur le sujet (mis à jour de teps en temps)

 

Réflexions philosophiques

Réflexions philosophiques

Avec tout ça, il ne faudrait quand même pas oublier l'Existentialisme !

sartreVoici un texte bien connu qui s'impose sur ce site avec l'impérieuse nécessité de l'équilibrage. A dénoncer, comme nous savons si bien le faire le poids terrible des institutions sur les hommes, les réflexions sur la Déscolarisation pourraient offrir à certains excuses et justifications en pagaille et ce n'est évidemment pas du tout notre but. J'ai l'impression que la posture de critique radicale des institutions (en tant qu'elles corrompent radicalement l'homme), comporte (si on manque d'une certaine vigilance) le risque de se retrouver à l'opposé de tout existentialisme (qui m'apparaît être le seul gage d'une fertilité réelle).

J'affirme, qu'on devrait être à la fois "rousseauiste" (la société abîme l'homme, le corrompt, le conditionne - oui, des puissances malheureuses qui rendent l'homme impuisant sont à l'oeuvre), Éxistentialiste (l'homme reste fondamentalement libre, lequel se définit par ses actes, lequel peut donc déjouer les puissances susévoquées qui l'abîment) et puis Chrétien (cette liberté totale n'est pas le signe de inexistence de Dieu, car Dieu existe par son absence, par cette liberté totale qu'il offre à l'homme (et là on rejoint une Simone Weil ou Ellul). Je sais bien que ces trois positions sont souvent perçues comme non conciliables (Sartre est anti-Dieu, et si on est aussi libre que ça pourquoi donc chialer à propos de nos institutions, etc.), pourtant elles me paraissent relever de la dialectique la plus basique qui soit, dont la synthèse est : Putain de bordel de merde bougez-vous le cul bande de Gnous décérébrés !!!

Depuis des années et des années, j'entends constamment de la bouche de mes contemporains que leur "vrai moi profond" serait de vivre dans la forêt, dans une cabane, avec des chèvres, des abeilles et un âne. De vivre dans l'authenticité, dans la simplicité, en harmonie avec le cosmos. etc. etc. etc. Oui, mais au final, que FONT-ILS ? Peut-on à ce point-là oublier les choses si simples posées par l'Éxistentialisme ? Si vous vivvez à New-York et que vous passez vos journées derrière un bureau à envoyer des emails, quelle valeur votre vrai-moi et ses chèvres et sa cabane ont-ils ? Aucune bordel de merde, putain relire le texte de Sartre ci-dessous fichtre alors.

J'en ai un peu marre d'entendre tous les jours les hommes me dire : Tu sais mon véritable moi, c'est en fait d'être berger, de vivre dans la forêt, dans la simplicité et l'harmonie avec le cosmos. Ou tel autre disant qu'au fond de lui, il est un indien, que ce qu'il réalise en ce moment n'est pas son vrai-lui. Ou tel travailleur, tel étudiant, ou tel ou tel passionné d'informatique, de cinéma, de jeux-vidéo et d'électronique, qui révèle que son véritable moi, ce serait le bois, la terre et l'eau. Ou tel autre enfermé dans un bureau ou sur un banc de montage, qui dira aussi que son vrai-lui n'est pas ça.

Et je veux bien les croire, d'où l'existence de ce site internet et des "travaux" qu'on fait avec Mathilde.

Mais il n'empêche ! A un moment, il faut aussi équilibrer tout ça avec l'Éxistentialisme sartrien, sinon LA BÊTISE nous tend les bras.

Le retour au balai !

L'extravagance du désir est la cause fondamentale qui a conduit le monde à sa difficile situation actuelle. Fukuoka - La Révolution d'un seul brin de paille.

balaiJe me fais donc NÉGUENTROPISTE afin qu'on s'entraide dans nos désirs. Oui, je vous propose qu'on marche ensemble pour chercher "la vie éternelle".

L'expression est lâchée : « la vie éternelle ». Voilà qu'un grand nombre d'entre-vous arrêtent tout net de me lire, dressés qu'ils ont été à mépriser tout ce qui leur semble appartenir au domaine du religieux. C'est commettre un sérieux impair : c'est oublier qu'entre le religieux débile qui rend bête et qui tue, et la vie de l'esprit qui sauve et qui élève, il y a juste une différence d'interprétation à partir d'un vocabulaire souvent identique. Je vous propose donc une interprétation néguentropique du concept de "vie éternelle", très différente des délires de certains croyants.

Qu'est-ce donc que « la vie éternelle » dont parlent les chrétiens ou autres croyants ? S'agit-il vraiment de vivre jusqu'à la fin des temps ? N'est-ce pas plutôt le fait de vivre comme l'être humain a toujours vécu et vivra toujours ? « La vie éternelle » n'est-ce pas tout simplement, cette vie, où nos désirs sont en accord avec la vie humaine d'hier, d'aujourd'hui, de demain et de toujours ? Cette vie où nos désirs ne sont jamais conjoncturels, liés à une époque particulière, mais en accord avec l'Idée de l'homme ?

Ceci étant dit, avant d'être attaqué de Stalinien ou d'intégriste, il me faut préciser que l'Idée de l'homme n'appartient à personne. Comme l'Idée de jaune, elle appartient au monde des Idées. Je ne dis point que celui qui voit du jaune dans un ciel rose doit être égorgé. Je souhaite juste qu'on discute plus souvent de l'Idée de l'homme (ça s'appelle philosopher).

« La vie éternelle », répétez donc cette expression et essayez d'entendre l'interprétation que je vous propose. L'entendez-vous ? « La vie éternelle »... entendez-vous comme cela peut vouloir dire : « La vie juste, donc la vraie vie » eu égard à cette phrase magique de Victor Hugo qui trône dans ma cuisine :

Homme, si tu veux savoir le vrai, cherche le juste ». Victor Hugo

Que faire pour cheminer vers « la vie éternelle » ? La pharmacologie et la néguentropie (en tant que pensée et praxis quotidiennes) ne sont-elles pas fondamentales pour avancer ? 

Les hommes ont-ils toujours eu un aspirateur ? En auront-ils toujours un ? L'aspirateur fait-il partie de « la vie éternelle » ? Il me semble qu'on peut objectivement penser que non. En revanche, attraper et lier entre eux certains végétaux secs bien choisis pour confectionner un balai, fut-il quand même un pharmakon, une prothèse, un organon, une invention, et donc une écriture, il me semble qu'on pourrait dire que le balai fait partie de cette « vie éternelle » dont je vous parle, contrairement à l'aspirateur tel qu'il est apparu dans ce qu'on nomme "la modernité".

Certains penseront : « Mais j'ai besoin de mon aspirateur ! Cela fait partie de mon confort lié à la modernité. Qu'est-ce que c'est que cet hurluberlu intégriste qui veut qu'on retourne à la bougie - au balai pardon !! -  dans les cavernes ! Et qu'on vive tous de la même manière !! Fasciste !! ». On observera donc que la pharmacologie et la néguentropie sont interdites à l'heure actuelle, chaque objet technique ayant sa valeur absolue et totemique (on peut donc se demander qui est réellement religieux dans le mauvais sens du mot)

[Lire les ouvrages de Jacques Ellul sur la Société technicienne]. Les objets techniques sont devenus "démoniaques" dans le sens étymologique du démoniaque rappelé par Jacques Ellul : ils prennent possession de l'esprit, ils nous passionnent.

Nous autoriser à faire de la pharmacologie ensemble, ça consisterait à redonner une valeur relative à chacun de nos objets, à prendre conscience (à ne pas oublier) que nos objets sont des pharmaka qui existent les uns par rapport aux autres et qu'ils n'ont donc rien d'absolu. Ça consisterait à arrêter de s'obnubiler par les faces remèdes de nos pharmaka, pour penser à fond toutes les toxicités afférentes (autant que nous sommes intéressés par les faces remèdes). Ainsi (mais ce type de raisonnement pharmacologique est faisable pour des milliards d'objets), l'aspirateur moderne est totalement fonction de la forme de l'habitat et des modes de vie actuels déterminés par le capitalisme. On peut donc se rendre compte facilement que l'association entre l'aspirateur moderne et l'idée de confort est fallacieuse (et on pourrait faire le même genre de cheminement pour des milliards d'objets). Si notre type d'habitat change, ainsi que notre rapport au temps, le plus confortable des deux peut devenir en un clin d'oeil : le balai, et ce, très loin devant !

Si votre habitat devient une petite maison carrée de 20 mètres-carrés (sur deux niveaux pourquoi pas), que le plancher est au même niveau que le pallier, que ça donne directement sur l'extérieur et que vous cultivez la sobriété (grâce justement à la pharmacologie et à la néguentropie), le balai deviendra infiniment plus confortable que l'aspirateur. Le petit-tas de poussière sera ramené devant la porte en un tournemain et en un éclair, ensuite vous ouvrez la porte et zou ! (même pas besoin de la pelle et de la balayette dans cette configuration).

Et le balai, vous ne trouvez pas qu'il appartient à « la vie éternelle », lui ? Depuis la nuit des temps, des hommes ont rassemblé certains végétaux secs entre eux pour "balayer" leur couche ou leur table. Les humains, s'ils se maintiennent sur la terre, ne le feront-ils pas jusqu'à la fin des temps ? Et l'aspirateur "moderne", lui, n'appartient-il pas seulement à une basse époque ?

Et celle-ci de phrase ? (qui trône dans ma bibliothèque) :

J'ai enlevé beaucoup de choses inutiles de ma vie et Dieu s'est rapproché pour voir ce qui se passait. Christian Bobin

Voulez-vous chercher cette « vie éternelle » avec moi ? Ou  bien continuer avec "l'extravagance du désir" où chaque pharmakon vient corriger un défaut engendré par le précédent, sans fin, vers toujours plus d'entropie, de maladie et de mort ? Je pense que faire de la pharmacologie et de la néguentropie ensemble est aussi important que de faire des ateliers constituants. Mais cela nous ramène encore au sujet principal de ce site : retrouver la convivialité et la rencontre, dans des communaux de la parole, dans des espaces communs (publics ?). Pour chercher ensemble « la vie éternelle » (si vous m'avez compris...)

Sylvain Rochex

P.S : Et comprenez-vous en quoi cette interprétation de "la vie éternelle" se confond magistralement in fine avec celle plus courante de ne pas mourir ?

Fatale Inertie

inertieEn ce moment, ce qui brise l'âme a un nom très clair : l'inertie et ce, dans son sens purement physique tel que donné sur wiktionnnaire : « Résistance passive qu’opposent les corps du fait de leur masse au changement de l’état de repos ou de mouvement dans lequel ils se trouvent.» Le concept sociologique de "masse" trouve là un sens bien réel en étant associé à la loi physique de l'inertie... Et nous sommes dans une société de masse.

A travers toutes les prises de conscience qui se sont déroulées pendant les trois ou quatre dernières décennies, quelque-chose s'est bien arrêté. Mais après l'arrêt, il y a malheureusement l'horreur de l'inertie, comme sur la photo ci-contre. Après le mur, il y a notre pénétration mortelle du mur à cause de l'inertie. La fatale inertie donc.

Chaque journée qui passe voit des milliards d'humains remettre à plus tard le changement radical qu'ils devraient opérer de toute urgence dans leur vie. Chacun repousse inlassablement la venue de « l'heure de la main vide » (Voir C. Bobin plus bas dans ce site). Et chacun semble étrangement ignorer que les autres commettent la même erreur, au même moment.

En-être, absolument et toujours. Reproduire et imiter, pour en-être. Faire ce qu'il convient de faire, dire ce qu'il convient de dire, être à sa place, correspondre à sa classe sociale, à son âge, à son sexe, à tous ses déterminismes, les uns après les autres. Correspondre à tout ce qui est attendu. Vivre en maintenant dans des proportions acceptables, qui restent toujours en deçà d'un certain seuil critique : tout ce qui est du domaine du choc, de la surprise, de l'inconnu, du basculement, de la rupture, de l'inversion. Demeurer dans la foule, dans les villes, dans les structures, sur les routes, dans les transports, dans les télécommunications, dans les institutions, dans les laboratoires, dans l'action, parce que ça nous donne l'impression que c'est là que ça se passe. Mais en même temps, passer sa vie à dire, ou à penser secrètrement, que manger des châtaignes qu'on vient de ramasser, au coin du feu, à parler ou à rêver de l'écureuil qu'on a aperçu en ramassant les châtaignes, c'est ça qui est vrai, c'est ça qui a valeur, comme tant d'autres gestes et façons de vivre plurimillénaires qui nous plaçent au coeur du cosmos. Le cosmos semblant éternel, il nous attendra ! Pourtant ni lui ni nous ne sommes éternels. Les gens continuent à tout prix leur trajectoire dans le vieux monde, ce monde-là qui tue lentement mais sûrement, les châtaigners et les écureuils (et leurs amis).

Et le plus important, grâce à son esprit : cultiver au quotidien un monceau de justifications morales de tout ce qu'on fait qu'on ne devrait pas faire. Pour cela Il suffit de penser pour nous-mêmes, que nous avons une destinée et une morale particulière qui nous autorisent, nous, spécialement nous, à pousser le vice. C'est simple comme mécanique : on peut s'autoriser des vices à l'envi, en recouvrant sa conscience de l'idée que, fondamentalement, nous avons une valeur exceptionnelle sur le plan moral et de la destinée. C'est là le vice majeur de tous ceux qui soi-disant "réussissent" : ils se persuadent sans mal qu'ils ont des droits supérieurs, car ils seraient une sorte de héros qui rendront - plus tard - à l'humanité au centuple ce qu'ils lui ont pris, et de ce point de vue, les turpitudes pour atteindre leur(s) but(s) deviennent parfaitement négligeables dans leur esprit. C'est exactement le même modus operandi qui conduit des gens à en tuer d'autres massivement, pour le bonheur futur de l'humanité dont ils possèdent la clé. D'ailleurs, de nos jours, quand vous continuez "dans le système", vous tuez littéralement et directement des gens.

Continuer sa trajectoire, inertie comprise, avec comme toujours, ce millier d'excuses et de justifications qui ont toujours été les illusions qui nous tuent : l'ambition, le prestige, la reconnaissance, le sentiment d'exister, l'argent, les titres, les grades, les diplômes, finir ce qu'on a commencé, honorer des engagements, ne pas trahir des réseaux et des gens qui nous font exister, etc. Et, surtout, oh oui surtout, toujours se convaincre que c'est temporaire. L'inertie du monde vient de là : chacun se dit que sa situation est temporaire, que "ça n'est qu'une période", mais qu'ensuite, une fois ceci "effectué", ceci "achevé", ceci "terminé", ceci "conclu", ceci "réussi", ceci "obtenu", le vrai, la vraie vie va pouvoir apparaître. On pourra, ensuite, s'adonner au vrai, à notre vrai moi. (Quand notre moi n'est pourtant que ce que nous en faisons dans l'instant présent : il n'est ni le passé, ni les rêves d'avenir).

Pour certains, il s'agit de finir tel cycle d'études ou de grandir en âge et en prérogatives, pour d'autres (qui sont très souvent les mêmes que les premiers un temps plus tard), c'est le fait d'amasser suffisamment d'argent (qui sera mis, bien-sûr, au service du vrai, du bon, du juste, toujours !). Pour encore d'autres, c'est le fait de réaliser un parcours professionnel qui honorent leurs objectifs initiaux, par exemple parcourir avec brio le temps qui s'écoule entre le projet d'une entreprise et le fait d'atteindre le plein essor de cette entreprise. Sur ce dernier point, le piège est total puisque dans notre système, ce type de croissance n'a pas vraiment de fin (en effet, qu'est-ce qui vous empêche de rechercher un succès équivalent à celui de Facebook ou Google ?). Ce système n'a pas de limite, n'est-ce pas bandant ?!

Et chacun continue avec le connu, avec ce qu'il sait déjà faire. Il n'y a qu'un petit nombre de musicien qui n'ont pas perdu leur âme, qui sauront poser leur violon qu'ils maîtrisent à la perfection pour entâmer l'apprentissage du piano (oui, cette phrase était à entendre métaphoriquement). Mais ça, c'est dans le meilleur des cas. Où sont les agronomes qui commençent le violon ? Les pompiers qui se mettent à faire du pain et à apprendre les plantes ? Les informaticiens qui se mettent à construire leur maison et à cultiver des tomates ?

Et surtout, où sont ceux qui arrêtent et qui s'arrêtent ? Où sont les profs qui arrêtent d'être profs ? Où sont les chimistes qui abandonnent leurs paillasses ? Où sont les élus qui démissionnent ? Où sont les banquiers qui arrêtent ? Où sont les prolétaires qui cessent d'être prolétaire ? Où sont les médecins qui arrêtent de prescrire du smecta dans un cabinet afin de simplement conseiller à leurs amis de prendre de l'argile au besoin ? Où sont les étudiants qui cessent d'être étudiant autrement qu'en ayant leur diplôme (qui est un arrêt imposé de l'extérieur) ? Où sont les lycéens (ou les collégiens), qui décident, qu'ils ne retourneront plus au lycée à partir d'aujourd'hui ? Où sont les gens qui mettent un terme, d'eux-mêmes, au schéma esclavagisant : travail, salaire, crédits ?

Qui arrête de courir ? Qui prend le chemin de son "travail" comme tous les jours et puis finalement n'y va pas et n'y retournera jamais ? Qui ?! Qui est en retard pour rendre un travail urgent (pléonasme), se stresse, se tue à la tâche une minute, et puis finalement de but en blanc, abandonne, comprenant qu'il s'agit là non de lâcheté, non de paresse, non de déshonneur, mais exactement de l'inverse : de courage ! Le courage de ne plus être aimer par l'autre, parce que nous arrêtons de servir ses intérêts, et parce qu'il ne s'agissait donc pas d'amour.

Qui arrête de jouir de son pouvoir sur autrui quand il en a un et ce, en toute matière ? Qui arrête de dominer et de diviser pour dominer ? Qui accepte de se briser le coeur selon la phrase suivante de Simone Weil : « Il faut, pour respecter la vie en autrui quand on a dû se mutiler soi-même de toute aspiration à vivre, un effort de générosité à briser le cœur. »

Qui accepte de ne vraiment plus trouver aucune excuse au système ? Qui accepte d'avouer que son seul soubassement est Dieu et le Cosmos, puisque ni les institutions, ni le moi, n'ont de consistance ?

A cette série de question qui pourraient s'étaler sur des pages et des pages, je veux répondre : personne ! Les annonces d'un présent absolument apocalyptique pleuvent, mais ça ne change absolument rien, chacun ayant peur de perdre l'amour de l'autre, son sentiment d'exister et de faire une oeuvre : CONTINUE tragiquement. Chacun pense qu'il arrêtera un jour mais que ce n'est pas son heure, que c'est trop tôt pour lui, que ce n'est pas tout à fait l'heure. Pourtant, ce qui caractérise le passage, c'est justement le rapport au temps. Comment le passage d'un monde à l'autre pourrait-il être commandé par le calendrier quand le calendrier est justement la négation du passage ? Comment ce passage qui implique justement la destruction du calendrier au profit des saisons du cosmos pourrait-il être gouverné par le calendrier ?!

En ce moment, il est l'heure de ramasser les châtaignes, les noix, les pommes ! En avez-vous dans les mains ?

Celui qui pensent qu'il s'arretera un jour en suivant le calendrier du système ne pourra jamais embrasser les saisons du cosmos, il demeurera dans le système ad vitam.

Arrêter et arrêter l'inertie, implique une conversion brutale de l'âme qui nous brutalise, qui nous tue, pour nous faire renaître.

L'essentiel et le conflit (MAJ 29/09 à 11h30)

elzéard« Le conflit fait partie de l'existence.» « Il y a toujours des conflits qui apparaissent. C'est comme ça, c'est la vie »

Ce genre de propos est assez courant. Le conflit, c'est-à-dire en fait, les relations conflictuelles, sont souvent perçues comme une donnée irréductible de l'existence humaine, comme un élément que l'on peut tenter d'éloigner mais qui finira toujours par revenir. C'est vrai que dans mon propos sur le polémos, je n'avais pas hésité de m'associer à monsieur Polémos : en l'occurrence Héraclite, puis à Alain, Foucault, Ricoeur et les autres pour dire en quoi le polémos est bien une pièce maîtresse de la réalité du monde et qu'il ne faudrait pas  trop se tromper à son sujet. Voici d'une certaine manière un nouveau chapitre concernant le polémos. Une réflexion de plus sur le conflit. Et je voudrais parler pas forcément des guerres, mais plutôt des conflits du quotidien et de la violence morbide qui se cache derrière les murs des bâtisses. Sur ce sujet, nous avons tous notre propre expérience de vie, mais il suffit d'aller assister à des audiences au tribunal pour prendre en pleine poire combien l'humanité est malade du conflit (des conflits stériles...) .

Cette façon qu'ont les humains de s'écharper en permanence, de vociférer, de casser de la vaisselle, de s'entre-tuer, de se tyranniser et de se faire mal, est-ce que cela rentre vraiment dans la définition du polémos ? Pas si sûr. Ça semble trop morbide, destructeur et chaotique pour être en phase avec l'ordre cosmique.

Le polémos constitue seulement l'affirmation d'une réalité fondée sur des antagonismes qui sont à la base d'un équilibre et donc de l'harmonie. Peut-on vraiment justifier tous les conflits relationnels entre nous, par le polémos ? Je ne le pense pas. Dire : on se fout sur la gueule, c'est bien normal, car en choeur avec nous il y a, le jour et la nuit qui se détestent, le feu et l'eau qui ne cessent de s'abîmer, la santé et la maladie qui s'affrontent en continu, l'intérieur et l'extérieur qui ne parviennent jamais à faire tomber le mur de la haine, comporte je ne sais quoi de frauduleux.

En fait, nous devons effectivement mener et vivre les polémoï, c'est-à-dire, cheminer ensemble vaillamment au travers de toutes les contradictions présentes dans le réel, en nous, et entre nous, mais est-ce que pour autant le phénomène engendré doit correspondre à l'horreur, au malheur, au crime, à la violence, au cri, au déchirement et à la haine ? N'y-a-t-il pas quelque-chose d'erroné, de foncièrement stupide, à ce que les humains vivent les antagonismes de façon aussi mortelle ?! Et là, on rejoint mon propos sur le polémos : il doit être "démocratique" et non "sanglant", mais j'ajouterais qu'il doit être exempt de souffrance et de malheur. Les arcs de la lyre sont en tension l'un avec l'autre, mais c'est une tension qui peut être joyeuse, - pourquoi ne le serait-elle pas ? - ils ne se trucident pas !

Bref, les humains vont toujours au delà du polémos pour déboucher dans la souffrance et le malheur. S'opposer est un jeu, mais s'entre-tuer et se faire mal, c'est tout autre chose. S'opposer en jouant conduit à l'harmonie, mais se projeter littéralement l'un contre l'autre conduit au chaos puis au néant.

Cela étant dit on peut donc s'interroger à nouveau sur le fait de justifier tous nos conflits entre personnes et communautés, en prétendant à une irréductibilité du conflit dans le réel. Je pense que, si le polémos décrit par Héraclite, lui, n'est pas réductible, nos conflits de merde, destructeurs, qui vont au delà du polémos sont parfaitement circonstanciés (liés à des conditions particulières délétères créant des psychismes malades) et donc dépassables, car nos conflits relationnels sont inversement proportionnels à l'essentiel.

Chacun peut en faire l'expérience : quand on augmente ce qu'on nomme « l'essentiel » dans nos vies, la charge de conflits relationnels diminuent d'autant. C'est pour cela que Christian Bobin écrivait un propos divin tel que celui-ci :  « J'ai enlevé beaucoup de choses inutiles de ma vie, et Dieu s'est rapproché pour voir ce qui se passait.» On sent bien que dans cette phrase le mot Dieu incarne volontiers un monceau de concepts tels que la paix, la sérénité, le calme, l'ataraxie et donc l'absence de conflits relationnels.

Si cela est vrai, reste à savoir définir le mieux possible ce qu'est « l'essentiel» et comment se diriger vers lui et ce n'est peut-être pas une mince affaire. Quoique, puisque l'essentiel est essentiel.

Ne pourrait-on pas justement se servir de ce que je suis en train de vous dire pour définir l'essentiel ? L'essentiel pourrait être ce point d'arrivée des oppositions humaines, vers lequel tout le monde tend, pour maintenir le polémos dans ses bornes acceptables, c'est-à-dire au service de l'harmonie. L'essentiel, c'est la recherche du juste pour trouver le vrai, selon la phrase merveilleuse de Victor Hugo (encadrée dans ma cuisine) : « Homme, veux-tu trouver le vrai ? Cherche le juste. » L'essentiel, à titre individuel, c'est la stricte satisfaction de ses besoins vitaux et le souci de soi, besoins qui se ramènent d'ailleurs tous à la chaleur sous diverses formes (nourriture, soleil, vêtements, abris et chauffage, repos, relations sociales/amours, relations avec le cosmos, activité). La recherche de l'essentiel est un processus néguentropique de suppression du superflu et de l'inutile, c'est distinguer dans le réel ce qui est de l'ordre du superflu et qui n'est donc pas JUSTE, qui provoque des désajustements, de l'injuste, et de l'injustice. C'est chercher l'ajustement à soi, qui provoquera subséquemment un ajustement aux autres et au réel et qui augmentera la quantité de juste dans ce monde.

Je pense vraiment, et c'est le sujet principal de ce billet, que la société dite moderne (capitaliste et industrielle), avec ses montagnes d'inutiles, ses voyages incessants, le règne de la technique, et la domination du Dieu Argent, c'est-à-dire son hubris, fait perdre à l'extrême majorité d'entre-nous « l'essentiel » et que cela est la cause majeure des conflits sans fin entre les personnes. Si l'entropie, liée aux objets, aux techniques, à la vitesse, à la dispersion, aux pharmaka en tout genre augmente, celle liée aux relations humaines augmente en même temps.

Quand chacun d'entre-nous fait un pas de plus vers l'essentiel, et se met à cheminer neguentropiquement, les conflits dans sa vie reculent.

L'idée que je veux partager avec vous dans ce billet est relativement empirique et donc je voudrais vous inviter à vous remémorer des conflits antérieurs afin, peut-être de constater qu'effectivement, la source du conflit n'était jamais dans des choses touchant à l'essentiel, et qu'à l'inverse quand vous fûtes ajustés à des choses essentielles, la paix était là (peut-être pas à 100%, mais ça tend vers ça).

La société dite moderne, gorgée de superflu à l'extrême, souffrant de l'hubris, met en jeu une telle quantité et diversité infinie d'objets, de matériaux, de techniques, de situations, de lois, de normes, de contraintes, de verrous, de murs (à toute allure et toujours de plus en plus vite) que nos subjectivités vont trouver du plaisir à s'exprimer à propos de chaque chose rencontrée et donc rentrer facilement en compétition avec toutes les subjectivités voisines. Le pharmakon (plus il est complexe) est un moteur surpuissant de la mise en conflit des subjectivités. Le pharmakon ayant toujours deux faces, l'une remède, l'autre toxique, quoi de plus aisé de faire sans cesse apparaître deux camps qui militent pour la face qu'ils veulent voir ! Et avec autant d'objets et de paramètres (à une telle vitesse), nous ne sommes tout simplement jamais d'accords. Je ne veux pas dire qu'il faille être d'accord, je ne condamne pas comme je vous l'ai dit : le polémos, mais pour que ce dernier soit fertile, il faut que le paramètre de l'entropie reste en-deçà d'un certain seuil (et pour cela faire de la pharmacologie !). En langage plus simple : c'est tellement LE BORDEL, y'en a tellement de partout, on baigne tellement dans le superflu indigeste que tous nos conflits sont, non seulement violents (car ils concernent le pouvoir et tous ces pharmaka nous donnent une puissance gigantesque à tous), mais surtout STÉRILES.

Terminons ce propos par la description d'une difficulté. Le conflit et la dispersion (et tous nos pharmaka) participent intensément du sentiment d'exister. Parfois, la recherche de l'essentiel peut donner l'impression que le sentiment d'exister diminue (« La société c'est la caverne, la sortie est la solitude. » S. Weil), mais je dirais qu'il s'agit d'une simple réaction transitoire de l'âme et qu'il faut persévérer car le sentiment d'exister est coriace (notre âme le régénère et le développe à la moindre occasion, à partir de presque rien).

Une fois à l'aise au pays de l'essentiel, qui permet le souci de soi, le soin, l'investissement, et la "fidélité", le sentiment d'exister est mille fois plus fort et solide, qu'au beau milieu des villes, au milieu des gens-faux et perdus dans des rôles et des contraintes, au milieu des transports qui foncent et des objets inutiles.

Nous sommes sur descolarisation.org, alors ajoutons pour finir ces deux questions :

L'Éducation Nationale nous conduit-elle pas à pas à nous diriger vers l'essentiel, à des vies éloignées du superflu et basées sur l'essentiel et le souci de soi ?

Ce qu'on nomme "politique" à l'heure actuelle, est-ce une activité qui s'intéresse à l'essentiel ou au superflu (hubris) ?

Sylvain Rochex, septembre 2015

VERROUS

Une (di)société qui est un enchevêtrement de portes et de cadenas, toujours plus rapprochés les uns des autres : l'air et le ciel disparaissent. Tout le monde étouffe. Je publie ce texte que j'avais écrit fin octobre 2013.

verrouPharmacologie du verrou

Vers où voulez-vous aller avec tous ces verrous comme autant d'étoiles noires dans un ciel de plomb ? On ne peut plus aller nul-part ! La route est barrée, tout le temps. Pas de déviation, pas de respiration. Reste quelques check-point où il vaut mieux avoir de l'argent sur soi. On est en plein désert pourtant, mais il faut essayer d'éviter les mines antipersonnel tout le temps. Voulez-vous continuer d'accrocher votre peur à chaque ouverture, à chaque ciel qui s'offre à vous, comme un petit Poucet qui aurait troqué ses cailloux pour des cadenas ? Voulez-vous toujours corrompre la liberté par son inverse, à chaque pas ?

On met des verrous vis à vis de l'autre, mais avez-vous seulement réfléchi qu'ils font de même vis à vis de nous ? et que donc chaque verrou que l'on pose, on se le pose toujours à soi-même ? Avec tous ces verrous, on se heurte, on se cogne, on asphyxie ; l'espace se réduit comme notre peau, on convoque le néant et le chagrin. « On ferme ! » va bientôt crier l'aubergiste céleste, et l'happy hour sera loin dernière nous, très loin. D'un ciel ouvert, on le bouche, on embouteille et on débouche sur rien du tout.

Nous sommes un drôle de type en proie à une urgence qui a perdu ses clés et qui gémit, qui veut sa Maman. Qui remet en question, trop tard, le verrou.

On dirait que quelque chose se venge ? La revanche du verrou sur les clés ? Non, les clés et le verrou, c'est le même objet ! C'est la vengeance de l'homme contre l'homme. Quand je mets un verrou, je me venge de moi, je jette l'éponge laquelle percute le mur immédiatement et retombe. Le verrou rouillera, et tombera, longtemps après nous, longtemps après l'éponge, longtemps après la tombe.

Mais mourrons-nous d'avoir perdu les clés ou d'avoir perdu l'entendement ? Car « Ouvert », si on ouvre bien ses oreilles, c'est bien la musique inverse de « Verrou ». On peut se lamenter en disant : « J'ai oublié que je vais rouiller ». Mais en enfer on dira : « Je sais bien que je verrouillais ».

L'allégorie dernière de l'humanité, c'est un type amer qui a perdu ses clés et qui se mord les doigts, très fort, car il sait que c'est lui qui a tout verrouillé bêtement.

L'allégorie première, c'est donc un type qui installe un verrou dont il ignore qu'il s'agit de son propre verrou, celui contre lequel il se cognera à mort dans très peu de temps.

« Ciel fermé » n'est-il pas le plus pur des oxymores ? Car si les cieux sont fermés dans notre tête, c'est qu'ils ont été enfermés. Rien d'autre dans la création, à part nous, joue avec l'ouverture et la fermeture. Le vivant, lui, fonctionne avec des membranes, des champs, et des orbitales probabilistes.

Le verrou est un des premiers pharmaka, si ce n'est le premier de tous. C'est le cadenas installé sur la source de la vie. C'est le geste de Papet et d'Ugolin. C'est le hurlement de Manon et ses conséquences terribles pour le village des hommes.

Sylvain Rochex

« Doudous Toxiques », notre émission du 16 avril 2015

Descriptif de l'émission :

L'être humain naît apparemment inachevé (néoténie) et il souffre plus ou moins de la séparation avec la mère. Apparaît dans cet espace entre la mère et l'enfant, des objets, dits transitionnels (le plus célèbre étant le doudou). La plupart des objets qui nous entourent seraient en fait pratiquement tous frappés de doudouité. Le manque d'attention, de temps, de soin de la mère pour l'enfant à cause de la vie moderne renforcerait ce travers de façon toxique. Mais ce ne serait pas la seule cause. L'incomplétude de notre être à la naissance et cette souffrance de séparation, s'additionnent à l'esprit (la pensée) qui pousse l'homme à rêver puis à inventer et ensuite à conserver.

Tout ceci donne naissance à une humanité formée d'êtres pharmacologiques et prothétiques qui accumulent du matériel jusqu'à l'asphyxie. Au final, les inventions humaines sont des pharmaka, c'est-à-dire des choses qui ont une face remède en même temps qu'une face toxique (et dans les conditions actuelles, c'est la face toxique qui s'expriment). La toxicité, en même temps que l'entropie (le désordre), augmentent à mesure que le défaut ou le déséquilibre est corrigé par un pharmakon en créant un nouveau défaut à corriger de façon toujours plus complexe. La puissance de nos outils, et leur mise à disposition du plus grand nombre, ne faisant qu'augmenter, nous devenons tous " des tyrans les uns pour les autres". Nous sommes tous transformés en producteurs-consommateurs et nous sommes tous prolétarisés à l'extrême. Cette accumulation, cette absence de limite, engendre une absence de soin, d'attention, aux objets, à soi, aux autres et nous devenons dépendants d'objets, ce qui nous éloigne de l'autonomie. Nous vivons dans la consommation qui n'est rien d'autre qu'une vie de pulsion qui détruit les objets de son désir (consommation - consummer - comsomption). Nous vivons dans une infidélité, dans une jetabilité, dans une obsolescence, au lieu de l'inverse : le soin, l'investissement, la fidélité, la construction.

Ivan Illich, l'auteur d'une société sans école, avait mis sur la table la recherche de limites (concernant l'énergie, les objets techniques) en ayant comme principe pharmacologique la convivialité, le soin, la fertilité et l'égalité (au sens de la justice). C'est un peu aussi quelque-part la définition de la permaculture.

Océan d'objets donc, surenchère matérielle permanente jusqu'à l'encombrement et la destruction totale des espaces et des âmes, en plus de la dispersion géographique et de l'accélération sociale que nous avions déjà abordées dans une autre émission, et nous en perdons l'essentiel. Nous conservons les objets aussi en tant que support de la mémoire. Tous ces objets donnent naissance à des montagnes de déchets que nous ne savons pas gérer (clin d'oeil ici à Thierry Casasnovas qui rappelle souvent les lois incontournables de l'élimination pour le corps comme pour tout). Résultat nous étouffons. Nous ne savons même plus définir une liste simple et quasi-exhaustive d'objets authentiques, sains, et durables qui nous suffiraient amplement et que nous pourrions tous avoir sans avoir à en passer par l'industrie et les rapports de domination. Nous n'arrivons même plus à mettre la main sur les choses qui couvrent nos besoins premiers. Nous sommes entourés d'objets superflus tandis que le nécessaire n'est pas du tout satisfait. Nous devrions tous faire de la pharmacologie quotidiennement, intensément, c'est-à-dire philosopher à propos des objets et de la technique, afin de faire des choix (autonomie) et de nous remettre à prendre soin, du monde, de soi, des autres.

Ce paysage philosophique ainsi décrit est fortement nourri et inspiré par le livre de Bernard Stiegler "De la pharmacologie" que je vous conseille fortement. Dans l'émission nous citons aussi Jan Hunt "La véritable nature de l'enfant" et Fukuoka "la révolution d'un seul brin de paille".

Bonne écoute.

Sylvain

Translation vers le cosmos : la marginalité en question

pour peindreÊtre marginal, aujourd'hui, ça n'est pas très bien vu. Quand on dit de quelqu'un qu'il est marginal, souvent une moue de dépit, de dégout ou de dédain  accompagne le mot lâché, qui tombe lourdement, chargé de son sens de plomb, et son écrasement au beau milieu de la conversation est souvent ponctué d'un silence de circonstance qui laisse matière à penser. Et, de fait, sur le fumier de ce mot galvaudé, apparaissent les images-pourritures qui lui sont associées.

On se figure le hippy qui fait pousser ses artichauts avec du purin de calament des Alpes cueillis en lune descendante quand mercure est aligné avec la constellation du Sagittaire, le poivrot qui harangue les foules devant Monoprix, le teufeur tout troué qui sillonne les routes avec son vieux Merco, le chômeur asocial qu'on ne voit jamais aux vœux du maire sortant, l'étudiant qui a brutalement interrompu son brillant cursus universitaire pour aller planter des arbres fruitiers, la maman irresponsable qui fait le choix d'accoucher chez elle et qui médique ses enfants avec des plantes, le fanatique du bio, le gros fainéant de voisin qui ne travaille pas depuis cinq ans mais qui est bien content de profiter des aides de l'état, le militant extrémiste qui interrompt les passants pendant leur chalandage débonnaire pour leur asséner des absurdités sur l'état du monde, la mamie qui marche pied nus, la jeune fille qui joue de la guitare en pleine rue, l'enfant qui ne va pas à l'école, l'homme qui habite dans une cabane sans en avoir d'autorisation, ou encore celui qui fait pousser des légumes sur un terrain vague destiné-à-un-projet-de-bureaux-qui-va-créer-de-l'emploi-au-centre-ville.

Marginal.

Marginale, marginaux...
En marge de quoi, d'ailleurs ???
Et bien, en marge de la société, pardi !!!
Ah… Évidemment, je n'y avais pas pensé, tiens… Mais encore ?
Ben… Marginal, quoi !

Bon. Creusons un peu pour découvrir ce que cache ce concept, cette évidence de la marginalité. Dans le même registre, on a aussi : « Ils sont partis un peu loin dans leur démarche » très rapidement complété par la suite mathématique récitée comme un théorème : « Moi je ne suis pas aussi extrémiste ».

Loin de quoi ? A l’extrémité de quoi ? En marge de quoi ?

Lire la suite : Translation vers le cosmos : la marginalité en question

Vivre sa vie comme au dernier jour (2 textes)

voituresarbreLes gens vont tellement mal... et tellement de plus en en plus mal... C'est là, sous nos yeux : une société en tout point cancéreuse. Nous avons atteint ce point où le prêt-à-penser délivré en continu par la propagande ne suffit plus pour maintenir les personnes dans une illusion de stabilité, où le voile de la propagande et du mensonge global se déchire. Mais il semble que la majorité n'est pas outillée pour affronter l'abîme qui s'ouvre sous leurs pieds. Ils sont exactement dans cet image du sable mouvant où les gestes effectués, au lieu de les faire progresser vers une résolution, aggravent les choses toujours plus. C'est franchement le bordel intégral dans les esprits et la violence sous toutes ses formes est évidemment là. La propagande est allée trop loin dans la dissolution du sens, dans le désordre neuronal. Les individus nés du nouvel esprit du capitalisme et au bout de 130 ans d' " Éducation Nationale " et 3 siècles d'anthropocène, sont de purs handicapés, en état de dégénérescence accéléré : tous névrosés, tous drogués, tous inaptes, tous dispersés, atomisés, paumés et pire encore.

Lire la suite : Vivre sa vie comme au dernier jour (2 textes)

Être ou en être ? Telle est la question.

enetre« La solitude est impraticable et la société fatale. » Cette phrase d'Emerson est un peu devenue pour moi, ma maxime, tant j'y pense quotidiennement et tant elle participe à une majorité de mes analyses et réflexions. Elle résume souvent bon nombre de développements de nombreux autres auteurs ou fait écho à d'autres phrases un peu équivalentes, par exemple, celle-ci, chez Simone Weil : « La société c'est la caverne, la sortie c'est la solitude.» Ces vues résument bien le principal dilemme de l'individu "moderne" vivant dans nos sociétés de masse étatisées et gorgées de propagande à l'extrême. Dilemne ô combien intense dans cette "ère scolaire" qui est la notre, que nous fustigeons sur ce site et que nous aimerions voir s'achever.

Je pense que la formulation d'Emerson ou celle de Simone Weil, constituent un certain centre pour la philosophie. Comment gérer ce dilemme - le plus déchirant qui soit - ? Cela me semble bien être LA question philosophique individuelle.

Une façon encore plus simple d'écrire ce dilemme fondamental pourrait selon moi tenir dans la formule simple et brève suivante : être ou en être.

(Photo : bouchons en France, Juillet 2015.)

Lire la suite : Être ou en être ? Telle est la question.

Fin de la pause mais ralentissement estival

« Les ordinateurs sont en train de faire de la communication ce que les clôtures ont fait des champs et les voitures des rues.»

Ivan Illich - en 1981...

Et si vous arrêtiez avec les SMS, les Emails, la "consommation" de sites internet, la consommation de vidéos en pagaille, Facebook, les forums, les interfaces de commentaires,... pour mettre internet à sa place et la vie à la sienne ?

Proposition d'une règle pharmacologique qui aide à voir quelle pourrait être la limite : Ne dialoguez ou ne tentez jamais de dialoguer avec Internet (ou avec les emails et les SMS idem), n'envisagez jamais un dialogue avec ces outils. Corollaire : demandez-vous toujours si vous souhaitez dialoguer avec les autres et si la réponse est oui, alors utilisez le téléphone et/ou organisez des rendez-vous.

Vivez le web seulement comme un espace de publication. Vous consultez régulièrement tel ou tel site ? Alors rentrez en contact réel avec les rédacteurs/animateurs du site pour établir un lien réel et vous joindre à eux, ne soyez pas des consommateurs d'informations.

Ne rêvez pas votre vie sur Internet. Cela passe par cesser de vous dire  : "les choses avancent, les choses changent" à chaque fois que vous tombez sur une publication avec laquelle vous êtes d'accord, car c'est une vie de mirages (vous trouverez toujours à l'échelle du web, des gens qui vous ressemblent dans toute leur singularité, mais ça ne signifie en rien une modification subtantielle de la norme sociale-historique). Pour l'instant le régime politique et le régime d'éducation sont strictement inchangés, intouchés, donc, nous continuons de descendre, faut pas vous faire d'illusion. Une écrasante majorité est incapable de remettre en question les régimes politique et d'éducation et de travailler à cela. Tel propriétaire et tel promoteur sont en train comme hier et comme demain, de discuter avec tels élus pour que tels terrains passent constructibles, ce qui transformera à nouveau de la terre arable avec hérissons, taupes, renards, bouton d'or, aïl des ours, ortie, coquelicots, et lapins (de quoi VIVRE), en bureau, béton, zone industrielles, zone commerciale, ou T3/T4 (de quoi mourir - d'ennui, de famine, de froid, et d'asphyxie notamment). Cela s'arrêtera quand chacun d'entre-nous cessera d'attendre les autres pour attaquer le régime politique et d'éducation en vigueur. Le changement de régime requiert qu'une masse critique de gens ait pu faire des expériences d'impuissance politique assez cuisantes, et ça pourra prendre un temps fou.

Autre point, je pense que "la passion inégalitaire" est trop forte dans l'humanité. La force de l'État et de l'état de fait repose sur la somme des faiblesses de chaque individu. La plupart des êtres humains vivent de l'accaparement et de la propriété (objets, places, statuts, grades, prérogatives, pouvoirs, personnes (conjoints, enfants, "amis"), terrains, arbres, animaux, bâtiments, argent, ouvriers/esclaves,...) et cherchent à l'emporter sur les autres, les comportements sont régis par cela et cela donne naissance à l'État et aux lois, qui ne sont rien d'autre que de "la violence organisée" pour protéger tous les accaparements. Ces acaparements sont à l'origine de tous les conflits puisqu'ils procèdent toujours par division et destruction. Le changement viendra donc uniquement quand ce sera "Dieu" qui comblera le coeur de chaque homme à la place de tous ces accaparements. Mais vous savez, Dieu, ce n'est pas grand chose, c'est simplement comprendre que vous avez déjà tout, que TOUT vous a été donné à votre naissance. Comprendre que ce TOUT est bien réel et concret, là, sous vous yeux, en vous, devant vous, dans le cosmos, en l'autre, avec l'autre.

Jouis de la terre, ne la possède pas ! nous dit Thoreau...

(mais bon sang, ne vous contentez pas de jouir (pour faire baisser la pression) de la lecture cette phrase comme tant d'autres "vérités" déposées à longueur de sites web, appliquez directement et le plus rapidement possible !!!!) - Bon courage à tous.

P.S : le jeu des priorités d'apprentissage. Classez dans le bon ordre.

a) Apprendre à faire un site internet et/ou un blog

b) Apprendre à écrire

c) Apprendre les plantes sauvages comestibles

d) Apprendre à faire un film

e) Apprendre à construire des toilettes sèches

f) Apprendre la photo

g) Apprendre la mécanique automobile

h) Apprendre à se vêtir localement et/ou en autonomie

i) Apprendre les techniques de gouvernance partagée

j) Apprendre la technologie nucléaire

k) Apprendre les plantes médicinales et leurs propriétés

l) Apprendre à construire des objets et mobiliers simples en bois

m) Apprendre Marcel Proust

n) Apprendre à faire une mare vivante

o) Apprendre les mathématiques

p) Apprendre à construire une maison en matériaux simples et vernaculaires

q) Apprendre à gérer la ressource en eau (sources, nappes, puits, cours d'eau, assainissement)

r) Apprendre le commerce

 

Tableau de vie

bergerJ'entre, sans y être invitée, dans une maison comme il en existe tant, en France, au début du XXI ème siècle : une maison sur commande, que l'occupant n'aura pas bâtie ni pensée, qui ne correspondra donc pas  à ce qu'il est mais à ce que d'autres ont pensé bon pour lui. A l'image de toute une vie. 

Au mur, plusieurs images racontent les rêves des habitants du lieu. Des femmes africaines, encadrées et mises sous verre dans un tableau, reviennent du champ, portant leur outil. Elles rient. Posé sur une étagère sans poussière, un autre cadre protège l'image figée de paysans péruviens tressant de beaux épis de maïs colorés. De nouveau, un grand tableau où sont épinglés des photos de voyage. On voit le couple, flânant dans un marché exotique. L'homme a la barbe longue et le sourire jusqu'aux oreilles, en habit large et coloré, et en sandales ; A ses côtés ondule une jeune femme, radieuse, les cheveux jusqu'aux fesses, vêtue d'une jupe longue, ses pieds nus ornés d'un bracelet indien. Ils ont immobilisé, pour le rendre éternel, ce moment de beauté et de bonheur fugace. Une autre photo : un petit enfant, nu ; les fesses dans l'eau, un peu de sable au coin de la bouche, il est visiblement absorbé par le clapotis éternel des vagues. Dans un alpage, le même enfant, un peu plus grand, avançant prudemment à côté d'un troupeau de vaches tarines pour se rendre dans le petit refuge qu'on aperçoit au loin. Les moments les plus précieux de vie sont accrochés au mur comme on épingle des papillons.

Un nouveau cadre, tout en largeur, pour faire ressortir l'incroyable l'étendue des plaines mongoles. On ne voit personne dans ce paysage, on contemple dans un rectangle de trente centimètres par quatre-vingt dix l'immensité vertigineuse d'une nature sauvage. A côté, quelqu'un a peint sur un petit tableau une île cernée par des icebergs géants, peuplée par les oiseaux marins qui nichent sur les corniches battues par les vents. Je pose la main sur la poignée qui ouvre la porte du jardin, avant de sortir je jette un dernier coup d’œil à un autre tableau, celui d'une prairie de montagne, où mille fleurs ondoient sous la brise d'été.

Lire la suite : Tableau de vie

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