I) « Tout mouvement de libération de l'homme ne saurait plus passer maintenant que par une déscolarisation.»

Ivan Illich

II) « L'oppression des enfants est première, et fondamentale. Elle est le moule de toutes les autres. »

Christiane Rochefort

III) « Quels enfants allons-nous laisser à la planète ? »

Jaime Semprun

IV) « Non plus créer des écoles alternatives, mais des alternatives à l’école »

John Holt

V) « Notre principale menace aujourd'hui est le monopole mondial de domination scolaire sur l'esprit des hommes. »

Everett Reimer

VI) « Ce qui me paraît le plus insupportable, c'est que l'école me séparait de moi-même. »

Christian Bobin

VII) « Plus l’homme se connaît par la voie officielle, plus il s’aliène »

Raoul Vaneigem

VIII) « Je perçois l'école non pas comme une institution qu'il faut réformer et perfectionner, mais comme une prison qu'il faut détruire. »

Cornélius Castoriadis

IX) « Ce qui abrutit le peuple, ce n'est pas le défaut d'instruction mais la croyance en l'infériorité de son intelligence. »

Jacques Rancière

X) « Prisonnier de l'idéologie scolaire, l'être humain renonce à la responsabilité de sa propre croissance et, par cette abdication, l'école le conduit à une sorte de suicide intellectuel. » Ivan Illich

XI) « Les hommes qui s'en remettent à une unité de mesure définie par d'autres pour juger de leur développement personnel, ne savent bientôt plus que passer sous la toise.» Ivan Illich

Site connexe : débordelisation.

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Nexus

COUV NEXUS 108 WEBOn parle de nous (interview) dans le numéro 108 de Nexus de Jan/Fév 2017

Dossier « Déscolariser la société »

moinsOn a participé au dossier sur la déscolarisation du numéro 24 (août/sept 2016) du journal romand d'écologie : - Moins

L'école de la peur (texte complet)

ecoledelapeur

Attention aux méprises !

Nous ne sommes pas pour l'Instruction En Famille (IEF) sauf comme solution temporaire, celle-ci est inégalitaire et faire la part belle à une autre institution de l'ordre adulte presqu'autant problématique que l'école (si ce n'est plus !) Pourquoi toujours penser les choses en terme de systèmes fermés ?

Notre revendication se situe sur les communs et un monde ouvert : établir des écoles libres (chacun est libre d'y aller quand il veut), égalitaires (chacun peut intervenir pour enseigner), communales, citoyennes, gratuites, débarrassées de l'État, dans les espaces publics et communs, autogérées.

Bibliographie déscolarisation

Une société sans école
Ivan Illich
Mort de l'école
Everett Reimer
Le maître ignorant
Jacques Rancière
Comme des invitées de marque
Léandre Bergeron
Les apprentissages autonomes
John Holt
Pour décoloniser l'enfant
Gérard Mendel
Avertissement aux écoliers et aux lycéens
Raoul Vaneigem
Apprendre sans l'école
John Holt
Et je ne suis jamais allé à l'école
André Stern
La fin de l'éducation ? Commencements.
Jean-Pierre Lepri
Insoumission à l'école obligatoire
Catherine Baker
L'école de Jules Ferry, un mythe qui a la vie dure
Jean Foucambert
De l'éducation
Jiddu Krishnamurti
Pour l'abolition de l'enfance
Shulamith Firestone
L'école mutuelle, une pédagogie trop efficace ?
Anne Querrien
L'enfant et la raison d'Etat
Philippe Meyer
Le pédagogue n'aime pas les enfants
Henri Roorda
Les enfants d'abord
Christiane Rochefort
Les cahiers au feu
Catherine Baker
La fabrique de l'impuissance 2, l'école entre domination et émancipation
Charlotte Nordmann
La fabrique scolaire de l'histoire
Laurence de Cock et Emmanuelle Picard
L'école contre la vie
Edmond Gilliard
Libres enfants de Summerhill
A.S. Neill
Soumission à l'autorité
Stanley Milgram
Si j'avais de l'argent, beaucoup d'argent, je quitterais l'école
Une éducation sans école
Thierry Pardo
La véritable nature de l'enfant
Jan Hunt
C'est pour ton bien
Alice Miller
L'herméneutique du sujet
Michel Foucault
Ni vieux ni maîtres
Yves Le Bonniec et Claude Guillon
L'individu et les diplômes
Abel Faure
La domination adulte
Yves Bonnardel
Encore heureux qu'on va vers l'été
Christiane Rochefort
S'évader de l'enfance
John Holt
Inévitablement (après l'école)
Julie Roux

Article en avant

mamandeserie

Global larcin

Le monde est un grand larcin, un grand accaparement très diversifié, chacun son butin :

Les Élus volent le pouvoir.

Les universitaires volent l'université.

Les professeurs volent l'apprendre.

Les bibliothécaires volent les bibliothèques.

Les propriétaires volent la terre.

Les patrons volent la force de travail.

Les médecins volent la médecine.

Les médias volent l'information. ... etc. (S.R.)

Scolarisation du monde (le film)

schooling the worldAvec sous-titres Fr (bouton CC)

Outil n°1 pour lever le voile

etymosvignette

Les deux faces de la même médaille

mairieecoled

Cliquez sur l'image pour l'agrandir dans un onglet

Article du 30/08/2015

Un document exceptionnel !

millecitations

Nos liens Illustrateurs

Émissions en direct sur une radio locale

LE MONDE ALLANT VERS..., un jeudi sur deux à 19h30, sur la petite radio locale : RADIO GRÉSIVAUDAN.

Vous pouvez écouter ces émissions en rejoignant le site internet de Radio Grésivaudan ou en ouvrant votre radio sur la bonne fréquence.

Générique de l'émission :

Participez en direct en appelant le :

04 76 08 91 91

Accéder aux archives des émissions sur le site de Radio Grésivaudan.

Et si la cause des causes était l'absence d'architecture spirituelle chez chacun ? --> Ecoutez l'émission sur "La Citadelle" :

Fallait oser...

« L'enfant a droit à une éducation gratuite et obligatoire. »

Charte des droits de l'enfant de l'UNESCO

Bossuet nous disait :

« Il n'y a point de plus grand obstacle à se commander soi-même que d'avoir autorité sur les autres. »

 Professeurs, déscolarisez-vous !

« Les enfants ne sont pas seulement extrêmement doués pour apprendre; ils sont bien plus doués pour cela que nous. En tant qu'enseignant, j'ai mis beaucoup de temps à le découvrir. J'étais un enseignant ingénieux et plein de ressources, habile à élaborer des séquences de cours, des démonstrations, des outils de motivation et tout ce galimatias. Et ce n'est que très lentement et douloureusement - croyez-moi, douloureusement ! - que j'ai réalisé que c'était quand je me mettais à enseigner le moins que les enfants se mettaient à apprendre le plus. »

John Holt

Corollaire ou conclusion de cette idée de Holt : si on enseigne à l'E.N., c'est donc pour propagander, détourner, aliéner.

Sur le refus de parvenir

« Les honneurs déshonorent, le titre dégrade, la fonction abrutit. » Flaubert

*****

« Si nous voulons un monde nouveau, comment accepter de grimper, d'être reconnu par des institutions du vieux monde ? »
Marianne Enckell

Autres citations sur le refus de parvenir

Le corps enseignant ?

On parle toujours du « corps enseignant », mais jamais de son âme... C'est parce qu'il n'en a pas. Et s'il en avait une, ce serait évidemment celle, noire et vicieuse, de Jules Ferry.  S.R.

julesferryamenoireVoici le monsieur qui s'occupe de vos enfants !

descoetdroit

« L'éducation, avec son fer de lance qu'est le système de scolarité obligatoire, avec toutes ses carottes, ses bâtons, ses notes, ses diplômes et ses références, m'apparaît aujourd'hui comme la plus autoritaire et la plus dangereuse des inventions humaines. C'est la racine la plus profonde de l'état d'esclavage moderne et mondialisé dans lequel la plupart des gens ne se sentent rien d'autre que producteurs, consommateurs, spectateurs et fans, motivés de plus en plus, dans tous les aspects de leur vie, par l'appât du gain, l'envie et la peur. »

John Holt

Lien vers des centaines d'autres citations sur le sujet (mis à jour une fois par mois)

 

Auteurs / Personnages

Léon Tolstoï

Marchez pendant que vous avez la lumière - TOLSTOÏ

marchezOu l'histoire d'un homme qui ne parvient pas à se déscolariser pendant les 3/4 de sa vie... (livre Lumineux !) L'histoire commence par une déscolarisation au sens propre, celle de Pamphilius qui met fin à ses études un an avant l'obtention du grade, et quitte son meilleur ami Julius, pour partir vivre dans une « Communauté Chrétienne ». Ça se passe 100 ans après la naissance de Jésus-Christ et le livre est sous-titré : récit du temps des premiers chrétiens.

Julius va se trouver emporté par ce que Tolstoï nomme partout ailleurs : la doctrine du monde (lien vers le Chap X du livre « Ma religion »). D'abord au sens de la débauche, de l'immoralité totale et de la prodigalité, puis ensuite de beaucoup d'autres façons: responsabilités, argent, vie publique, pouvoir etc. L'histoire est avant tout celle du dialogue entre Julius et Pamphilius, puisqu'à plusieurs reprises et parfois à de très nombreuses années d'intervalle, ils se croisent, et Pamphilius parvient à chaque fois à toucher le coeur de Julius (même si ce coeur est toujours plus dur). Julius, en proie avec la doctrine du monde finit plusieurs fois par décider de vraiment changer de vie et d'aller vivre avec Pamphilius mais Julius se retrouve à chaque fois confronté à un homme, un médecin (il n'est même pas malade), qui le replace dans « la doctrine du monde» avec force d'arguments. Et la vie passe ainsi... jusqu'à la repentance et... une déscolarisation en pleine lumière !

Le livre commence par un prologue qui présente des personnages contemporains de la fin du XIXe qui vivent un peu le même genre de questionnements que Pamphilius et Julius et tombent dans les mêmes ornières et justifications que Julius pour éviter de « Changer de vie ». Ce prologue est tout à fait applicable à aujourd'hui.

Voici le livre et un bouton pour le télécharger :

 

Tolstoï sur la nécessaire destruction des gouvernements

Version texte ci-dessous :

Léon Tolstoï

Extrait de « L’esclavage moderne » sur la destruction nécessaire des gouvernements. (1900)

Du moment qu'il y a des lois, il faut qu'il y ait aussi une force pour les faire exécuter. Or, la seule force qui puisse contraindre des hommes à observer des règles, à faire ce que d'autres ont voulu, est la violence, non pas cette simple violence que les hommes emploient les uns contre les autres dans une minute de passion, mais la violence organisée, consciente, celle, précisément, dont s'arment les gouvernements pour assurer l'application de leurs décrets, c'est-à-dire pour imposer leurs volontés.

Ainsi ne cherchons plus l'explication des lois dans l'idée d'État, la commune volonté du peuple ou d'autres abstractions aussi vagues. Elle est dans le fait que quelques hommes peuvent, en usant de la violence organisée, soumettre à leurs désirs tout le reste de l'humanité.

Et la seule définition précise, indiscutable, intelligible pour tous que l'on puisse donner des lois est la suivante : les lois sont des règles établies par des hommes qui s'appuient sur la violence organisée, règles qui doivent être observées sous peine de coups, de prison ou même de mort.

Cette définition contient la réponse à la deuxième question : qu'est-ce qui donne à quelques hommes le pouvoir de faire des lois ? Ce qui donne le pouvoir de faire des lois est aussi ce qui permet d'en assurer l'exécution : la violence organisée.

La cause de la malheureuse condition des ouvriers est l'esclavage. La cause de l'esclavage est l'existence des lois. Or les lois s'appuient sur la violence organisée. On ne pourra donc porter remède à la condition de la classe ouvrière qu'en détruisant la violence organisée. Mais la violence organisée, c'est le gouvernement.

Ne touchez pas à l'ordre de choses établi, disent d'ordinaire, non seulement ceux à qui cet ordre de choses est profitable, mais ceux-là même à qui il est manifestement défavorable et qui, cependant, par suite d'une longue habitude, ne pensent pas pouvoir vivre sans lui.

« La destruction des gouvernements, continuent-ils, causera les plus grands malheurs : violences, pillages, meurtres et, pour terminer, le règne des méchants et l'asservissement des bons. »

On pourrait répondre que tous les fléaux dont on nous menace, nous les avons subis et nous les subissons encore. Je me bornerai à faire remarquer que tous les troubles et les désordres que pourrait provoquer la destruction de l'organisation actuelle, ne prouvent pas que cette organisation soit défendable.

« Si vous touchez à l'ordre de choses établi, vous causerez les plus grands désastres. »

Supposons que mille briques soient superposées les unes aux autres et forment une étroite colonne haute de plusieurs mètres. Si vous touchez une seule de ces briques, toutes les autres s'écrouleront et seront brisées. Mais qu'on ne puisse retirer une seule brique ou lui donner le moindre coup sans que toute la colonne se démolisse, cela ne prouve nullement qu'il soit raisonnable de laisser toutes ces briques empilées de cette façon extraordinaire et incommode. Au contraire, cela prouve qu'il faut mettre fin à un arrangement qui n'offre aucune sécurité, et disposer les briques de manière à ce qu'elles ne soient plus exposées à tomber et à se casser, de manière aussi à ce qu'on puisse déplacer l'une d'elles sans détruire tout l'édifice.Il en est de même de l'organisation de l'État moderne. L'État est une construction artificielle et chancelante. La possibilité de le renverser du moindre choc est bien loin de prouver qu'il soit nécessaire et démontre au contraire que, s'il eut un jour sa raison d'être, il est aujourd'hui devenu complètement inutile et par conséquent nuisible et dangereux.

Il est nuisible et dangereux parce qu'avec lui tout le mal qui existe dans la société, au lieu de diminuer et de se corriger, augmente et s'affermit. Et le mal augmente et s'affermit parce qu'il est soit dissimulé, soit justifié et revêtu de formes séduisantes.

Cette prospérité du monde, cette œuvre tant vantée des gouvernements fortement organisés, c'est-à-dire des gouvernements qui conduisent les peuples par la violence, n'est à la vérité qu'une apparence, une fiction.

Il est certain que toute révolution et, plus que toute autre, la suppression des gouvernements, de la violence organisée, troublera la belle ordonnance extérieure de nos sociétés, mais elle ne causera pas leur désorganisation, car elle fera paraître ce qui est aujourd'hui caché et nous permettra d'y porter remède.

« Vos lois ne protègent pas la propriété de la terre; elles permettent seulement qu'on enlève la terre à ceux qui la travaillent. Vous empêchez, dites-vous, que l'on dépouille qui que ce soit des produits de son travail, mais en réalité c'est le contraire que vous faites; les hommes qui produisent de leurs mains toutes sortes d'objets précieux ne peuvent même pas trouver dans votre prétendue protection le moyen de se faire payer de leur travail un prix égal à sa valeur et leur vie entière est au pouvoir de ceux qui ne travaillent pas. »

On dit qu'avec les gouvernements disparaîtront les grandes œuvres sociales, les établissements d'instruction et d'éducation qui sont d'utilité publique.

Mais quelles raisons a-t-on de faire une pareille supposition? Pourquoi penser que, sans gouvernement, les hommes, travaillant dans leur propre intérêt, ne sauront pas organiser la société aussi convenablement que le font, pour le bien d'autrui, nos dirigeants aujourd'hui ?

Nous remarquons au contraire que de nos jours, dans les circonstances les plus diverses, les hommes parviennent eux-mêmes à organiser des œuvres utiles beaucoup mieux que n'y réussissent les gouvernements. Nous voyons se développer, sans l'appui des gouvernements et souvent même malgré leur opposition, toutes sortes de fondations sociales.

À supposer qu'il faille, pour créer une œuvre semblable, réunir une certaine somme d'argent, pourquoi penserait-on que les hommes ne fourniraient pas de leur plein gré les moyens nécessaires et ne feraient pas ce qui se fait aujourd'hui, grâce à l'impôt, si le but de l'entreprise devait être vraiment profitable à la société ?

Nous sommes tellement corrompus par un long esclavage que nous ne pouvons pas concevoir que des hommes s'administrent sans gouvernement.

La protection de la propriété de la terre par la violence des gouvernements n'empêche pas la lutte des convoitises mais au contraire la provoque et l'exaspère. Elle n'a servi qu'à pousser les hommes les uns contre les autres, à les armer pour cette mêlée des intérêts qu'elle a suscitée, qui jamais ne s'apaise, et d'où sortent toujours vaincus les travailleurs de la terre, toujours victorieux les complices de la violence.

Les hommes n'ont pas besoin non plus d'être protégés par la violence pour jouir paisiblement des objets nécessaires à la vie qu'ils ont produits par leur travail. Ce droit leur a toujours été suffisamment garanti par la coutume, l'opinion publique, le sentiment de la justice et de la solidarité sociale.

Celui qui possède dix mille hectares de forêts, quand près de lui des milliers d'hommes manquent de bois pour se chauffer, celui-là a besoin d'être protégé par la violence. Cette protection est aussi nécessaire aux patrons des usines et des fabriques où sont exploitées des générations d'ouvriers, et davantage encore au marchand qui détient dans ses entrepôts des centaines de milliers de poudes de blé, attendant une année de disette pour les vendre avec un scandaleux bénéfice aux populations affamées.

Le système de violences qui protège actuellement une injuste propriété, s'il n'a pas complètement détruit, a du moins sensiblement affaibli chez les hommes l'idée naturelle de justice qui commande de ne pas usurper sur autrui les objets de consommation nécessaires, produits de son travail — c'est-à-dire cette notion innée du véritable droit de propriété, sans laquelle l'humanité ne peut vivre, qui a toujours existé et existe encore dans la société.

Est-il prouvé que ces gouvernants soient dignes par leurs qualités singulières de diriger l'humanité ?

Le fait même qu'ils s'autorisent à user de violence envers leurs semblables démontre au contraire que leur raison est inférieure à celle des hommes qui leur sont soumis.

Et il arrive en effet qu'au pouvoir parviennent toujours les hommes les moins consciencieux et les plus dépourvus de moralité.

On dit : comment les hommes pourraient-ils vivre sans gouvernement, c'est-à-dire sans redouter la violence ?

Il faudrait dire au contraire : comment les hommes, créatures raisonnables, peuvent-ils vivre ainsi groupés en sociétés par la crainte commune de la violence et non par le consentement de la raison de chacun ?

L'ESCLAVAGE des hommes est la conséquence des lois, les lois sont établies par les gouvernements. Pour délivrer les hommes, il n'est donc qu'un moyen, c'est la destruction des gouvernements.

(Mais) Essayer de détruire la violence par la violence, c'est vouloir éteindre le feu par le feu, inonder un pays pour refluer les eaux d'un fleuve qui déborde, c'est creuser un trou dans le sol pour avoir de la terre afin d'en combler un autre.

Si donc il existe un moyen de détruire l'esclavage, ce ne peut être l'institution d'un nouveau système de violence, mais l'anéantissement de ce qui rend possible la violence des gouvernements. Or les gouvernements, c'est-à-dire un petit nombre d'hommes, ne peuvent user de violence contre la grande majorité des hommes, que s'ils sont armés et leurs victimes désarmées ou tout au moins s'ils sont mieux armés que leurs victimes.

C'est grâce à cette inégalité que tous les conquérants ont accompli leurs exploits, et que, de nos jours encore, on asservit des peuples en Afrique et en Asie, c'est aussi grâce à elle qu'en temps de paix les gouvernements tiennent leurs sujets dans une respectueuse soumission.

Aujourd'hui comme autrefois, quand des hommes gouvernent d'autres hommes, c'est que ceux-là sont armés et que ceux-ci ne le sont pas.

Les gouvernants vont à leur but par la ruse et le mensonge.

Aujourd'hui que le peuple est menacé non plus seulement par la simple violence, mais par la ruse mise au service de la violence, il faut pour détruire celle-ci la démasquer d'abord et jeter bas le mensonge qui la couvre.

Ce mensonge, le voici tel qu'il a été imaginé par quelques hommes :

Vous êtes nombreux, disent ces hommes à leurs peuples. Vous êtes inintelligents et ignorants et vous ne pouvez ni vous diriger vous-mêmes, ni organiser tous les services et toutes les œuvres qui pourraient avoir une utilité sociale. Nous allons nous charger de tout cela : nous vous défendrons contre vos ennemis extérieurs, nous règlerons et nous ferons observer l'ordre qui devra régner parmi vous, nous vous donnerons des tribunaux, nous fonderons et nous dirigerons pour vous des établissements et des services utiles, nous nous occuperons des écoles, des voies de communication, des postes, et en général nous nous efforcerons d'assurer votre bien-être. Pour tant de zèle, nous vous demandons seulement de nous accorder quelques petites satisfactions, par exemple, de nous abandonner complètement une minime partie de vos revenus et de servir dans les armées, qui nous sont nécessaires pour vous défendre et vous gouverner.

 

Et la majorité des hommes acceptent cet arrangement, non pas qu'ils aient jamais pesé les avantages et les inconvénients de toutes ces conditions (ils n'en ont jamais eu la possibilité) mais parce que depuis leur naissance ils y sont soumis. Si l'un d'eux doute un moment que cette organisation soit nécessaire, il se rend bientôt aux raisons de son égoïsme qui lui représente tout ce qu'il aurait à craindre, s'il refusait de remplir les clauses du contrat, tandis qu'il peut essayer de les faire tourner à son profit. Et tous en fin de compte prennent les engagements qu'on leur propose, pensant que l'obligation de céder à l'État une petite partie de leurs revenus et de consacrer quelque temps de leur vie à servir dans les armées ne saurait en somme leur causer de grave préjudice. Cependant, les gouvernements, dès qu'ils ont à leur disposition de l'argent et des soldats, au lieu de remplir l'obligation, qu'ils ont acceptée, de défendre leurs sujets contre les ennemis du dehors et de veiller à leur prospérité, font tout ce qu'ils peuvent pour irriter les peuples voisins et provoquer des guerres. Non seulement ils ne contribuent pas à la prospérité des peuples mais ils les ruinent et les pervertissent.

[Discipline] La discipline est une méthode particulière pour l'éducation des hommes, qui réussit en quelque temps à les priver du bien le plus précieux, de la qualité la plus importante de leur nature — la raison libre — et qui les réduit à jouer le rôle de machines, d'instruments de carnage entre les mains de leurs supérieurs hiérarchiques.

Ce n'est pas sans raison que les présidents font si grand prix de la discipline, s'effrayent chaque fois qu'elle a été violée, et attachent une importance considérable aux revues, aux manœuvres, aux parades, aux défilés et à toutes les sottises du même genre. Ils savent que toutes ces manifestations publiques servent à fortifier la discipline et que par la discipline seule est garantie leur puissance, sinon même leur existence. Ils tiennent au système des armées disciplinées, parce qu'il leur fournit le moyen de faire accomplir par d'autres hommes les horribles forfaits dont la seule terreur courbe les peuples sous leurs lois.

La nécessité des armées disciplinées — voilà le mensonge par lequel les gouvernements règnent sur les peuples. Il suffit qu'un gouvernement dispose de cet instrument de violence et de meurtre pour qu'il prenne autorité sur le peuple tout entier. Dès lors il ne le lâchera plus, il le ruinera et, comme pour le bafouer, il prendra à cœur d'en faire, par l’éducation, son fidèle, son adorateur même à lui, gouvernement, qui le tient en esclavage et le tourmente.

Nous n'avons donc qu'un moyen de renverser les gouvernements, c'est de dénoncer aux hommes le mensonge officiel. Il faut leur faire comprendre que les peuples n'ont aucun besoin de se mettre en garde les uns contre les autres, que les haines entre peuples sont provoquées par les gouvernements eux-mêmes et par eux seulement, que les armées sont utiles aux quelques hommes qui gouvernent, mais qu'elles sont inutiles ou même funestes aux peuples, dont elles facilitent l'asservissement.

Il faut encore leur faire comprendre que cette discipline, que les gouvernements prisent si fort, a pour condition le plus grand crime qui se puisse commettre contre l'humanité et que par conséquent l'emploi systématique qu'en font les gouvernements prouve clairement la méchanceté de leurs desseins.

La discipline, c'est la mort de la raison et de la liberté humaine; elle ne peut donc avoir d'autre but que de préparer l'exécution de forfaits si révoltants que tout homme dans son état normal se refuserait à les accomplir.

Le seul but de la discipline est de mettre les hommes en état de tuer leurs frères et leurs pères.

Ce mensonge terrible, sous le couvert duquel quelques hommes mauvais gouvernent les peuples, les ruinent et, ce qui est pis encore, pervertissent dès le berceau générations après générations – c'est lui que nous devons dénoncer et confondre, si nous voulons détruire les gouvernements et leur produit naturel, l'esclavage.

Les gouvernements dépouillent de préférence les pauvres, et favorisent les riches qui les aident au crime.

Les hommes de gouvernement n'aventurent pas leurs personnes et n'agissent eux-mêmes que par la ruse et le mensonge.

Et Les gouvernements protègent et récompensent les hommes à proportion de la part qu'ils prennent à l'organisation du mensonge.

Tant que l'homme n'a pas compris ce que c'est qu'un gouvernement ou ce que c'est qu'une Église, il ne peut leur témoigner qu'un pieux dévouement. Tant qu'il se laisse guider par eux, il doit croire, pour satisfaire son amour-propre, à leur grandeur et à leur sainteté.

Mais, dès qu'il s'est aperçu qu'il n'y a ni dans le gouvernement, ni dans l'Église rien d'absolu et de sacré et que ce sont là simplement inventions des méchants pour imposer au peuple, d'une manière déguisée, une façon de vivre qui soit utile à leurs intérêts, il est pris tout aussitôt d'un sentiment de dégoût pour ceux qui le trompaient indignement, et ce revirement est d'autant plus profond, que la fiction dont il découvre la vanité le guidait autrefois sur des questions plus graves.

Les hommes connaîtront ce dégoût à l'endroit des gouvernements, quand ils auront compris le véritable sens de ces institutions.

Ils comprendront que s'ils participent à l'œuvre des gouvernements – en donnant une somme d'argent qui représentera une part des produits de leur travail, ou en servant dans les armées – ils ne feront pas en cela un acte indifférent, comme on le croit d'ordinaire, mais un acte coupable parce que, outre le préjudice qu'ils auront ainsi causé à leurs frères et à eux-mêmes, ils auront accepté de collaborer aux crimes que tous les gouvernements ne cessent de commettre et à la préparation des crimes futurs pour lesquels les gouvernements entretiennent des armées disciplinées.

Le moment est proche, où le monde comprendra enfin que les gouvernements sont des institutions inutiles, funestes et au plus haut point immorales, qu'un homme qui se respecte ne doit pas soutenir et qu'il ne doit pas exploiter à son profit.

Et quand ces hommes auront compris cela, ils cesseront de collaborer à l'œuvre des gouvernements en leur fournissant des soldats et de l'argent. Alors tombera de lui-même le mensonge qui tient les hommes en esclavage.

Il n'y a pas d'autres moyens d'affranchir l'humanité.

« Mais ce ne sont là que des idées générales; justes ou injustes, elles sont inapplicables. » Ainsi me répondent les hommes qui se sont accoutumés à leur état et qui ne croient ni possible, ni désirable d'y rien changer.

« Dites-nous plutôt, continuent-ils, ce qu'il faut faire et comment il conviendrait d'organiser la société. »

Quiconque veut servir les hommes doit sacrifier son égoïsme et que, s'ils veulent réellement porter secours à leurs frères et non pas satisfaire des convoitises personnelles, ils doivent être prêts à bouleverser leur vie, à renoncer à leurs habitudes, à perdre les avantages dont ils jouissent aujourd'hui, à soutenir une lutte acharnée avec les gouvernements, surtout avec eux-mêmes et avec leurs familles, prêts enfin à braver la persécution par le mépris des lois.

Tout homme qui voudra améliorer, non seulement sa propre situation, mais aussi celle de ses frères, devra cesser de commettre les actes mauvais qui sont les causes de son esclavage et de celui de ses frères. Il devra d'abord ne participer ni volontairement, ni obligatoirement à l'œuvre des gouvernements et, par conséquent, ne jamais accepter les fonctions de soldat ni de feld-maréchal, ni de ministre, ni de receveur, ni de témoin, ni de bailli, ni de juré, ni de gouverneur, ni de membre d'un parlement, qui toutes s'exercent avec l'appui de la violence; en second lieu ne payer aux gouvernements ni l'impôt direct, ni l'impôt indirect, ne rien recevoir de l'argent du fisc sous forme d'appointements, de pensions ou de récompenses et ne jamais demander un service aux établissements entretenus par l'État avec les ressources du peuple ; il devra, en troisième lieu, ne jamais demander à la violence des gouvernements ni de lui garantir la propriété d'une terre ou d'un objet quelconque, ni de défendre sa personne et celle de ses proches, et ne profiter de la terre ou de tous les produits de son travail ou du travail d'autrui que dans la mesure où ces objets ne feront pas défaut à d'autres hommes.

« Mais tout cela est impossible, répond-on, il est impossible de refuser toute participation à l’œuvre des gouvernements. »

L'homme qui refusera de faire son service militaire sera jeté en prison; celui qui refusera de payer l'impôt sera puni et se verra confisquer une partie de ses biens; l'homme qui refusera de servir le gouvernement, quand il n'aura pas d'autre moyen d'existence, se condamnera et condamnera sa famille à mourir de faim; celui qui refusera de mettre sa propriété et sa personne sous la protection du gouvernement finira de même; enfin, il est impossible de ne pas faire usage d'objets imposés, puisque le plus souvent les objets de première nécessité sont taxés : il est également impossible de ne jamais recourir aux services publics organisés par les gouvernements, de ne jamais se servir de la poste, des routes, etc.

Il est absolument certain qu'il est difficile à un homme de notre temps de ne pas participer de quelque façon à la violence de gouvernements.

 

Mais, que tous les hommes ne puissent pas aujourd'hui organiser leur vie de manière à ne plus être, dans aucun cas, les collaborateurs des gouvernements, cela ne prouve pas qu'ils ne puissent s'affranchir de plus en plus de la violence.

Tout homme n'a pas la force de refuser le service militaire (il y a cependant des hommes qui le font) mais tout homme peut ne pas choisir les carrières de l'armée, de la police, de la magistrature ou des finances et peut préférer à un emploi public grassement rétribué un métier indépendant et moins rémunérateur.

Tout homme n'a pas la force de renoncer à la propriété de la terre (il y a cependant des hommes qui le font) mais tout homme peut, comprenant qu'ils sont criminels, restreindre volontairement ses droits.

Tout homme ne peut pas faire abandon du capital qu'il possède (il y a cependant des hommes qui le font) et renoncer aux droits de propriété que la violence lui assure sur certains objets, mais tout homme peut diminuer ses besoins et s'accorder de moins en moins les jouissances qui excitent l'envie des autres hommes.

Tout homme ne peut pas refuser de recevoir un traitement de l'État (il y a cependant des hommes qui aiment mieux souffrir de la faim que de remplir quelque malhonnête fonction publique), mais tout homme peut préférer un emploi modeste à un gros bénéfice, afin d'avoir moins de part à la violence.

Tout homme ne peut pas refuser de suivre les leçons d'une école de l'État (il y a cependant des hommes qui le font), mais tout homme peut préférer une école particulière à une école d'État. Tout homme peut faire usage de moins en moins des objets imposés et des services dirigés par l'État.

Entre l'ordre de choses actuel, fondé sur la grossière violence, et l'idéal de la vie sociale où les hommes seront rapprochés par leur consentement raisonnable, où les coutumes seules maintiendront la cohésion, il existe d'innombrables degrés que l'humanité toujours en marche parcourt successivement. Mais les hommes ne se rapprochent de cet idéal qu'en s'affranchissant graduellement, en se déshabituant de la violence, en renonçant à en profiter.

Nous savons à n'en pas douter que l'existence des hommes qui, ayant compris l'immoralité et la funeste influence des gouvernements, s'efforceront de n'en plus profiter et de n'y plus contribuer, sera tout autre et plus conforme aux lois de la vie et de notre conscience que l'existence actuelle des hommes qui, participant à la violence des gouvernements et en bénéficiant, font mine de vouloir la combattre et tendent seulement à en changer les formes.

Ce qu'il est important de retenir, c'est que l'organisation actuelle de la société est mauvaise. Elle aboutit à l'esclavage et nous trouvons qu'elle repose sur la violence des gouvernements. Or pour détruire la violence des gouvernements, les hommes n'ont qu'un moyen, qui est de ne plus participer à cette violence. Les hommes n'ont qu'un moyen de s'affranchir, ils doivent le prendre.

Quand sera remplacé dans chaque société le règne de la violence par celui du consentement libre et raisonnable des hommes ?

Cela dépendra du nombre des esprits qui, dans chaque pays prendront conscience du mal et du degré de clarté avec lequel ils le percevront. Chacun de nous, isolément, peut collaborer au mouvement général de l'humanité, ou au contraire y faire obstacle. Chacun de nous devra choisir : aller contre la volonté de Dieu en construisant sur le sable la demeure fragile de sa vie illusoire et passagère ou diriger ses efforts ans le sens de l'éternel, de l'immortel mouvement de la vie véritable, conformément à la volonté de Dieu.

Je sais que nous sommes tous si fortement assujettis à la violence qu'il nous est très difficile de la vaincre. Mais je ferai cependant tout ce que je pourrai pour ne pas la favoriser, pour ne pas être son complice et je m'efforcerai de ne jamais profiter de ce qui a été acquis et de ce qui est gardé par la violence.

Je n'ai qu'une vie et pourquoi dans cette vie si courte me ferais-je, contre la voix de ma conscience, le collaborateur de vos horribles forfaits ? Je ne veux pas être et je ne serai pas celui-là.

APRÈS avoir lu cette étude, bien des gens s'écrieront : « Toujours le même système : d'une part, le renversement de l'ordre de choses actuel, sans indication d'aucune nouvelle organisation propre à le remplacer, de l'autre, la vieille théorie de l'inaction. L'œuvre des gouvernements est mauvaise, l'œuvre des grands agriculteurs et des patrons est mauvaise ; mauvaise aussi l'œuvre des socialistes et des anarchistes, en un mot toute activité pratique est mauvaise; il n'y a de bon qu'une sorte d'acte moral, spirituel, qu'on définit en termes très vagues, mais qui doit conduire le monde au chaos et à l'immobilité. »

Ainsi parleront, je le sais, beaucoup d'hommes sérieux et sincères.

Une chose surtout indigne les hommes, dans l'hypothèse de la suppression de tout gouvernement. Ils Pensent avec terreur que la propriété ne sera plus protégée et que, par conséquent, il sera possible à qui voudra de prendre à son voisin tout ce qui lui paraîtra utile ou seulement désirable. Habitués à voir protéger les biens et les personnes par la violence, les hommes s'imaginent que, la violence venant à manquer, on assistera à un continuel désordre, à une lutte incessante de tous contre tous.

Je ne répèterai pas ce que j'ai dit plus haut. Je reste convaincu que la protection de la propriété par la violence augmente le désordre au lieu de le diminuer.

Mais en admettant même que, si cette protection faisait un jour défaut, de graves désordres pourraient être déchaînés, que reste-t-il à faire aux hommes qui ont découvert la véritable cause de leurs malheurs?

Si nous sommes atteints d'alcoolisme, pouvons-nous espérer améliorer notre état, si nous continuons à boire même modérément, même en essayant de corriger les effets de l'alcool par des potions que nous auront prescrites des médecins en lunettes ?

Il en est de même des sociétés malades. Du moment que le malaise dont nous souffrons aujourd'hui est causé par la violence exercée par certains hommes contre d'autres hommes, nous ne pourrons améliorer notre état, si nous continuons à soutenir la violence des gouvernements ou si nous la remplaçons par la violence des socialistes révolutionnaires. Nous pouvions garder des illusions à ce sujet, quand la cause véritable du malheur des hommes nous était inconnue. Mais nous savons aujourd'hui que notre société souffre de la violence et nous n'essaierons pas de la guérir en soutenant la violence sous quelque forme que ce soit. Pour l'alcoolique il n'est qu'un moyen de salut, s'abstenir de boire du vin, c'est-à-dire supprimer la cause de sa maladie ; pour nous qui voulons mettre fin à une mauvaise organisation sociale, il n'y a non plus qu'un moyen de salut, nous abstenir de pratiquer la violence, cause de nos malheurs, renoncer à la violence personnelle, à l'enseignement systématique de la violence, à toute justification de la violence.

Peu importe que pour l'affranchissement des hommes nous n'ayons que cet unique moyen. Nous devons l'employer parce qu'il est conforme à la loi morale qui parle en chacun de nous. Nous savons que si l'on veut protéger les propriétés et les personnes par la violence, on devra tuer ou menacer de tuer. Nous ne pouvons donc plus jouir, comme par le passé, en toute tranquillité de conscience, d'une propriété qui est le fruit de l'assassinat ou de menaces d'assassinat; nous pouvons moins encore continuer de prendre part à ces crimes et à ces menaces.

Ainsi ce que demande le bien de l'humanité est aussi ce qu'exige le sentiment moral qui vit en chacun de nous.

Nul homme ne peut donc douter que, pour le bien de tous comme pour l'accomplissement de sa loi particulière, il ne lui soit commandé de renoncer à la violence, à la justification de la violence, à l'exploitation de la violence.

sensortird

Crédit Photo originale : Par Khoyobegenn