I) « Tout mouvement de libération de l'homme ne saurait plus passer maintenant que par une déscolarisation.»

Ivan Illich

II) « L'oppression des enfants est première, et fondamentale. Elle est le moule de toutes les autres. »

Christiane Rochefort

III) « Quels enfants allons-nous laisser à la planète ? »

Jaime Semprun

IV) « Non plus créer des écoles alternatives, mais des alternatives à l’école »

John Holt

V) « Notre principale menace aujourd'hui est le monopole mondial de domination scolaire sur l'esprit des hommes. »

Everett Reimer

VI) « Ce qui me paraît le plus insupportable, c'est que l'école me séparait de moi-même. »

Christian Bobin

VII) « Plus l’homme se connaît par la voie officielle, plus il s’aliène »

Raoul Vaneigem

VIII) « Je perçois l'école non pas comme une institution qu'il faut réformer et perfectionner, mais comme une prison qu'il faut détruire. »

Cornélius Castoriadis

IX) « Ce qui abrutit le peuple, ce n'est pas le défaut d'instruction mais la croyance en l'infériorité de son intelligence. »

Jacques Rancière

X) « Prisonnier de l'idéologie scolaire, l'être humain renonce à la responsabilité de sa propre croissance et, par cette abdication, l'école le conduit à une sorte de suicide intellectuel. » Ivan Illich

XI) « Les hommes qui s'en remettent à une unité de mesure définie par d'autres pour juger de leur développement personnel, ne savent bientôt plus que passer sous la toise.» Ivan Illich

Site connexe : débordelisation.

LOGO 1 coul inv

Nexus

COUV NEXUS 108 WEBOn parle de nous (interview) dans le numéro 108 de Nexus de Jan/Fév 2017

Dossier « Déscolariser la société »

moinsOn a participé au dossier sur la déscolarisation du numéro 24 (août/sept 2016) du journal romand d'écologie : - Moins

L'école de la peur (texte complet)

ecoledelapeur

Attention aux méprises !

Nous ne sommes pas pour l'Instruction En Famille (IEF) sauf comme solution temporaire, celle-ci est inégalitaire et faire la part belle à une autre institution de l'ordre adulte presqu'autant problématique que l'école (si ce n'est plus !) Pourquoi toujours penser les choses en terme de systèmes fermés ?

Notre revendication se situe sur les communs et un monde ouvert : établir des écoles libres (chacun est libre d'y aller quand il veut), égalitaires (chacun peut intervenir pour enseigner), communales, citoyennes, gratuites, débarrassées de l'État, dans les espaces publics et communs, autogérées.

Bibliographie déscolarisation

Une société sans école
Ivan Illich
Mort de l'école
Everett Reimer
Le maître ignorant
Jacques Rancière
Comme des invitées de marque
Léandre Bergeron
Les apprentissages autonomes
John Holt
Pour décoloniser l'enfant
Gérard Mendel
Avertissement aux écoliers et aux lycéens
Raoul Vaneigem
Apprendre sans l'école
John Holt
Et je ne suis jamais allé à l'école
André Stern
La fin de l'éducation ? Commencements.
Jean-Pierre Lepri
Insoumission à l'école obligatoire
Catherine Baker
L'école de Jules Ferry, un mythe qui a la vie dure
Jean Foucambert
De l'éducation
Jiddu Krishnamurti
Pour l'abolition de l'enfance
Shulamith Firestone
L'école mutuelle, une pédagogie trop efficace ?
Anne Querrien
L'enfant et la raison d'Etat
Philippe Meyer
Le pédagogue n'aime pas les enfants
Henri Roorda
Les enfants d'abord
Christiane Rochefort
Les cahiers au feu
Catherine Baker
La fabrique de l'impuissance 2, l'école entre domination et émancipation
Charlotte Nordmann
La fabrique scolaire de l'histoire
Laurence de Cock et Emmanuelle Picard
L'école contre la vie
Edmond Gilliard
Libres enfants de Summerhill
A.S. Neill
Soumission à l'autorité
Stanley Milgram
Si j'avais de l'argent, beaucoup d'argent, je quitterais l'école
Une éducation sans école
Thierry Pardo
La véritable nature de l'enfant
Jan Hunt
C'est pour ton bien
Alice Miller
L'herméneutique du sujet
Michel Foucault
Ni vieux ni maîtres
Yves Le Bonniec et Claude Guillon
L'individu et les diplômes
Abel Faure
La domination adulte
Yves Bonnardel
Encore heureux qu'on va vers l'été
Christiane Rochefort
S'évader de l'enfance
John Holt
Inévitablement (après l'école)
Julie Roux

Article en avant

mamandeserie

Global larcin

Le monde est un grand larcin, un grand accaparement très diversifié, chacun son butin :

Les Élus volent le pouvoir.

Les universitaires volent l'université.

Les professeurs volent l'apprendre.

Les bibliothécaires volent les bibliothèques.

Les propriétaires volent la terre.

Les patrons volent la force de travail.

Les médecins volent la médecine.

Les médias volent l'information. ... etc. (S.R.)

Scolarisation du monde (le film)

schooling the worldAvec sous-titres Fr (bouton CC)

Outil n°1 pour lever le voile

etymosvignette

Les deux faces de la même médaille

mairieecoled

Cliquez sur l'image pour l'agrandir dans un onglet

Article du 30/08/2015

Un document exceptionnel !

millecitations

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Émissions en direct sur une radio locale

LE MONDE ALLANT VERS..., un jeudi sur deux à 19h30, sur la petite radio locale : RADIO GRÉSIVAUDAN.

Vous pouvez écouter ces émissions en rejoignant le site internet de Radio Grésivaudan ou en ouvrant votre radio sur la bonne fréquence.

Générique de l'émission :

Participez en direct en appelant le :

04 76 08 91 91

Accéder aux archives des émissions sur le site de Radio Grésivaudan.

Et si la cause des causes était l'absence d'architecture spirituelle chez chacun ? --> Ecoutez l'émission sur "La Citadelle" :

Fallait oser...

« L'enfant a droit à une éducation gratuite et obligatoire. »

Charte des droits de l'enfant de l'UNESCO

Bossuet nous disait :

« Il n'y a point de plus grand obstacle à se commander soi-même que d'avoir autorité sur les autres. »

 Professeurs, déscolarisez-vous !

« Les enfants ne sont pas seulement extrêmement doués pour apprendre; ils sont bien plus doués pour cela que nous. En tant qu'enseignant, j'ai mis beaucoup de temps à le découvrir. J'étais un enseignant ingénieux et plein de ressources, habile à élaborer des séquences de cours, des démonstrations, des outils de motivation et tout ce galimatias. Et ce n'est que très lentement et douloureusement - croyez-moi, douloureusement ! - que j'ai réalisé que c'était quand je me mettais à enseigner le moins que les enfants se mettaient à apprendre le plus. »

John Holt

Corollaire ou conclusion de cette idée de Holt : si on enseigne à l'E.N., c'est donc pour propagander, détourner, aliéner.

Sur le refus de parvenir

« Les honneurs déshonorent, le titre dégrade, la fonction abrutit. » Flaubert

*****

« Si nous voulons un monde nouveau, comment accepter de grimper, d'être reconnu par des institutions du vieux monde ? »
Marianne Enckell

Autres citations sur le refus de parvenir

Le corps enseignant ?

On parle toujours du « corps enseignant », mais jamais de son âme... C'est parce qu'il n'en a pas. Et s'il en avait une, ce serait évidemment celle, noire et vicieuse, de Jules Ferry.  S.R.

julesferryamenoireVoici le monsieur qui s'occupe de vos enfants !

descoetdroit

« L'éducation, avec son fer de lance qu'est le système de scolarité obligatoire, avec toutes ses carottes, ses bâtons, ses notes, ses diplômes et ses références, m'apparaît aujourd'hui comme la plus autoritaire et la plus dangereuse des inventions humaines. C'est la racine la plus profonde de l'état d'esclavage moderne et mondialisé dans lequel la plupart des gens ne se sentent rien d'autre que producteurs, consommateurs, spectateurs et fans, motivés de plus en plus, dans tous les aspects de leur vie, par l'appât du gain, l'envie et la peur. »

John Holt

Lien vers des centaines d'autres citations sur le sujet (mis à jour de teps en temps)

 

Bibliographie Transport

Et en particulier sur cette foutue bagnole

• CHARBONNEAU Bernard, L'Hommauto, Denoël, 1967

• DUFOUR Dany-Robert, La Cité Perverse, 2009

• TRONCHET Didier, Petit traité de Vélosophie, Plon, 2000

• ILLICH Ivan, Énergie et Équité, seuil, 1973

 

 

Des extraits :

 

« Un des signes les plus manifestes de la satisfaction pulsionnelle donnée à l'égoïsme par des moyens industriels, c'est la voiture individuelle magnifique objet démocratique sadien qui permet à chacun d'affirmer sa puissance égotique. On sait d'ailleurs quelle place éminente elle occupe dans l'imaginaire freudo-fordiste américain d'affirmation de l'égo. Cet instrument de liberté est aussi un instrument de grande destruction. Combien de villes, à commencer par Paris, avec son périphérique, ses voies sur berge, etc. ont été détruites par la voiture individuelle séparant les quartiers, ruinant les anciennes socialités, polluant les airs, étourdissant de bruit les habitants et expulsant les enfants des rues ? Combien de paysages urbains ou ruraux ont été à jamais défigurés ? C'est la notion d'espace public, libre d'accès et gratuit, véritable fondement de la démocratie, qui s'est trouvée menacée. Submergeant le monde, partie des États-Unis pour arriver jusqu'en Chine, la circulation automobile, condamnant progressivement la déambulation des individus, a produit de gigantesques enclaves fermées : centres-villes, banlieues, zones commerciales, parcs de loisirs, lotissements résidentiels, quartiers d'exclusions, cités... Soit autant de zones urbaines enclavées autour de giratoires et de voies rapides. A cette destruction de l'espace public il faut ajouter le nombre de vies humaines régulièrement données en tribut à la voiture. Et le fait que la voiture engage un cycle de destruction exponentielle : quel sera l'état de la planète lorsque tous les Chinois, puis tous les Africains auront leur voiture ? (...) La voiture est l'exemple parfait de l'objet sadien moderne. Pourquoi ? Parce qu'elle permet d'atteindre sans peine l'idéal sadien : être tyran. »

 

D.R. Dufour

 

« Il n'est pas nécessaire d'être grand clerc ou connaisseur patenté de l'âme humaine pour discerner le fétichisme de l'automobile et sa signification phallique. Le discours publicitaire comme la parole commune insistent constamment sur la sensualité des formes, la puissance tapis sous le capot, la forme aérodynamique toujours "scientifiquement" calculée de façon à faciliter la pénétration de la voiture dans les masses d'air, le plaisir de la conduite. Ce fétichisme phallique assure donc socialement un espace d'expression pour les innombrables frustrations de la vie sociale et joue un rôle compensatoire très utile.»

 

J.J. Delfour. 

 

« Si jamais l'automobile venait à se généraliser, cela engendrerait un égoïsme terrible chez l'être humain. Cela entraînerait une violence dans des proportions que nous n'avons encore jamais connues : ce serait la fin de la famille telle que nous l'avons connue avec trois ou quatre générations partageant le même foyer. Cela anéantirait nos relations avec notre voisinage et l'idée même de la communauté. Nous verrions de gigantesques villes se créer comme des cancers, des banlieues résidentielles à la fausse opulence, une campagne aux paysages ruinés, des agglomérations encerclées par des usines destructrices pour la santé, des fermes industrielles spécialisées. Cela ferait de chaque homme un tyran. »  

 

R.A. Lafferty en 1960 (dans une fiction se placant en 1900)

 

Ci-dessous, extraits de « l'Hommauto » de Bernard Charbonneau (en 1967 !!!!)

 

« L'homme occidental tend à faire corps avec sa bagnole; sans roues il n'est plus qu'un misérable homme-tronc: un piéton. Ou plutôt, impatiente au bord du trottoir, la bagnole attend son homme; car il faut bien que lui aussi regagne son garage, c'est-à-dire sa maison. L'hommauto forme un tout avec sa coquille à moteur. Il va, l'auto l'avale, la portière claque et il démarre. Il vient et, après un dernier rot, la bagnole accouche de la personne humaine; mais elle la récupère bientôt. Contact, l'auto ronronne; il fallait l'homme pour lui donner la vie. Il la conduit, mais désormais c'est l'engin qui l'entraîne. Quand l'invincible mécanique fonce en jetant sa clameur, qui se douterait qu'elle renferme un délicat mammifère que le moindre choc suffit à meurtrir ? Il faut qu'un accident vienne la broyer pour qu'un filet de sang filtrant à travers les tôles nous fasse découvrir qu'elle dissimulait un corps, et peut-être une âme.» (p. 14-15.)

 

« Aujourd'hui, le piéton disparaît, avalé par l'automobile. Il a perdu la partie dans les villes, traqué sur la chaussée jusque entre les clous par les bagnoles qui n'attendent que le feu vert pour lui bondir dessus. Et il est chassé du trottoir où ces dames s'installent. Il n'a plus voix au chapitre, leur tonitruant bavardage lui cloue le bec. Il ne peut ouvrir la bouche de crainte d'être asphyxié par leurs pets. Quant à la route, il ne sait plus s'il doit tenir sa gauche ou sa droite. Piéton, prenez garde à droite, la voiture menace vos arrières ! Prenez garde à gauche, la bagnole vous charge de front ! Les Ponts et Chaussées ne lui laissent même plus la place d'un sentier, il ne lui reste qu'à s'enterrer dans le fossé; et c'est bien pire dans les bourgs, où la crue de l'asphalte lui colle le dos au mur devant le peloton des bagnoles. Où est le temps où, sac au dos, tenant le guidon d'une main, Adam et Ève prenaient la route ? Le piéton ne suit plus une route, il longe une voie ferrée, à chaque instant giflé par des express. Le piéton est une survivance, un obstacle qui pousse parfois l'impudence jusqu'à se faire écraser. [...] Le piéton est forcément insolite ; déchaussé de ses pneus, dévêtu de ses tôles, l'homme sans auto est en quelque sorte à poil, aussi obscène qu'un limaçon sorti de sa coquille. Il est normal que la police l'inculpe d'attentat à la pudeur automobile.» (p. 32-33.)

 

« Le grand prétexte de la bagnole c'est la liberté: le voyage. Mais c'est la machine qui impose l'itinéraire.L'auto ne peut couper à travers les champs, elle a besoin de routes, et pas n'importe lesquelles; elle exige de l'asphalte, et le plus doux, le plus large et le plus droit sera le meilleur.» (p. 75.)

 

« Tout homme travaille aujourd'hui pour gagner et nourir son auto ; c'est probablement pour cela que la semaine de cinquante heures a remplacé depuis la guerre celle de quarante. Et comme la bagnole doit se dégourdir les muscles pour éveiller son appétit, elle a besoin de concentrer au maximum le travail, dans une journée aussi bien que dans une semaine continue. C'est ainsi, quand son homme est au bout du rouleau, qu'elle lui procure l'indispensable repos du week-end ou de six heures.» (p. 80-81.)

 

« La journée finie, le travailleur n'a plus qu'à s'affaler sur la banquette, et au volant. Car c'est en machine que nous allons servir les machines. Le transport s'ajoute au travail, grâce à l'auto nous avons vaincu la distance, et nous nous baladons chaque jour un peu plus loin pour rejoindre notre établi ou notre bureau. Chaque jour nous avons les plaisirs du week-end en regagnant notre dortoir campagnard; le travail est fini, mais les machines ronflent d'autant plus; et plus la production des autos augmente, plus ce plaisir dure. En autobus ou en bagnole, nous sommes maintenant des millions de touristes à jouer au bouchon. D'année en année, la durée des transports augmente; ils sont si nombreux et si perfectionnés ! Peut-être qu'un jour l'auto nous sauvera du travail en nous empêchant d'y arriver. » (p. 81.)

 

« Aujourd'hui la bagnole est moins le jouet du dimanche qu'un outil quotidien. Moyen d'évasion ? Allons donc ! D'intégration dans la prison sociale. Tout est prévu pour nous contraindre à nous en servir. Dans une telle société, sans permis de conduire, l'homme n'est plus qu'un mort-vivant; privé de moteur et de roues, le travailleur n'est qu'un paralytique ; s'obstinerait-il à marcher qu'il ne trouverait plus de trottoirs. Comment atteindre à pied l'épicerie d'en face ? Et la nationale ne se traverse pas à la nage. » (p. 81-82.)

 

« La bagnole ne tue pas, c'est un accident, un événement aberrant qui ne se reproduira jamais, et qui ne peut arriver qu'aux autres. Et la bagnole ne tue pas, parce qu'elle tue quotidiennement ; il suffit qu'un fait devienne quotidien pour qu'il disparaisse de laconscience. Le premier mort en auto a provoqué quelque remous, mais le millionnième? Pourtant General Motors aurait pu lui offrir une couronne mortuaire pour marquer ce record. Aujourd'hui mourir en auto c'est en quelque sorte mourir dans son lit ; aussi, tandis que le moindre cadavre de la S.N.C.F. a droit aux gros titres, le mort automobile se perd en deux lignes dans la chronique locale: on ne peut s'amuser à consacrer un titre à chaque tué quand la guerre est déclarée.» (p. 114.)

 

« Laissée à elle-même, la bagnole finit par se détruire. Le temps que sa rapidité nous donne, elle nous le prend aussitôt pour nous expédier ailleurs. Comme le téléphone ou l'avion, pour une corvée qu'elle nous supprime, elle nous en invente mille. Elle nous mène à la campagne, mais bientôt, l'auto aidant, nous ne trouverons plus à cent kilomètres de voiture la baignade ou la verdure qui nous attendaient à cinq minutes de marche. La bagnole, c'est la liberté de mouvement, individuelle ou familiale; mais quand cent mille libertés motorisées se ruent au même endroit, c'est le bouchon.  La "démocratie" occidentale prétend cumuler la liberté et la fabrication en série d'une masse toujours accrued'hommes et de bagnoles: elle devra choisir. » (p. 123-124.)

Sur cette foutue bagnole

 

Voici un article pour rassembler des pépites sur cette bagnole qui nous tue :

 

« Un des signes les plus manifestes de la satisfaction pulsionnelle donnée à l'égoïsme par des moyens industriels, c'est la voiture individuelle magnifique objet démocratique sadien qui permet à chacun d'affirmer sa puissance égotique. On sait d'ailleurs quelle place éminente elle occupe dans l'imaginaire freudo-fordiste américain d'affirmation de l'égo. Cet instrument de liberté est aussi un instrument de grande destruction. Combien de villes, à commencer par Paris, avec son périphérique, ses voies sur berge, etc. ont été détruites par la voiture individuelle séparant les quartiers, ruinant les anciennes socialités, polluant les airs, étourdissant de bruit les habitants et expulsant les enfants des rues ? Combien de paysages urbains ou ruraux ont été à jamais défigurés ? C'est la notion d'espace public, libre d'accès et gratuit, véritable fondement de la démocratie, qui s'est trouvée menacée. Submergeant le monde, partie des États-Unis pour arriver jusqu'en Chine, la circulation automobile, condamnant progressivement la déambulation des individus, a produit de gigantesques enclaves fermées : centres-villes, banlieues, zones commerciales, parcs de loisirs, lotissements résidentiels, quartiers d'exclusions, cités... Soit autant de zones urbaines enclavées autour de giratoires et de voies rapides. A cette destruction de l'espace public il faut ajouter le nombre de vies humaines régulièrement données en tribut à la voiture. Et le fait que la voiture engage un cycle de destruction exponentielle : quel sera l'état de la planète lorsque tous les Chinois, puis tous les Africains auront leur voiture ? (...) La voiture est l'exemple parfait de l'objet sadien moderne. Pourquoi ? Parce qu'elle permet d'atteindre sans peine l'idéal sadien : être tyran. »

 

D.R. Dufour

 

« Il n'est pas nécessaire d'être grand clerc ou connaisseur patenté de l'âme humaine pour discerner le fétichisme de l'automobile et sa signification phallique. Le discours publicitaire comme la parole commune insistent constamment sur la sensualité des formes, la puissance tapis sous le capot, la forme aérodynamique toujours "scientifiquement" calculée de façon à faciliter la pénétration de la voiture dans les masses d'air, le plaisir de la conduite. Ce fétichisme phallique assure donc socialement un espace d'expression pour les innombrables frustrations de la vie sociale et joue un rôle compensatoire très utile.»

 

J.J. Delfour. 

 

« Si jamais l'automobile venait à se généraliser, cela engendrerait un égoïsme terrible chez l'être humain. Cela entraînerait une violence dans des proportions que nous n'avons encore jamais connues : ce serait la fin de la famille telle que nous l'avons connue avec trois ou quatre générations partageant le même foyer. Cela anéantirait nos relations avec notre voisinage et l'idée même de la communauté. Nous verrions de gigantesques villes se créer comme des cancers, des banlieues résidentielles à la fausse opulence, une campagne aux paysages ruinés, des agglomérations encerclées par des usines destructrices pour la santé, des fermes industrielles spécialisées. Cela ferait de chaque homme un tyran. »  

 

R.A. Lafferty en 1960 (dans une fiction se placant en 1900)

 

Ci-dessous, extraits de « l'Hommauto » de Bernard Charbonneau (en 1967 !!!!)

 

« L'homme occidental tend à faire corps avec sa bagnole; sans roues il n'est plus qu'un misérable homme-tronc: un piéton. Ou plutôt, impatiente au bord du trottoir, la bagnole attend son homme; car il faut bien que lui aussi regagne son garage, c'est-à-dire sa maison. L'hommauto forme un tout avec sa coquille à moteur. Il va, l'auto l'avale, la portière claque et il démarre. Il vient et, après un dernier rot, la bagnole accouche de la personne humaine; mais elle la récupère bientôt. Contact, l'auto ronronne; il fallait l'homme pour lui donner la vie. Il la conduit, mais désormais c'est l'engin qui l'entraîne. Quand l'invincible mécanique fonce en jetant sa clameur, qui se douterait qu'elle renferme un délicat mammifère que le moindre choc suffit à meurtrir ? Il faut qu'un accident vienne la broyer pour qu'un filet de sang filtrant à travers les tôles nous fasse découvrir qu'elle dissimulait un corps, et peut-être une âme.» (p. 14-15.)

 

« Aujourd'hui, le piéton disparaît, avalé par l'automobile. Il a perdu la partie dans les villes, traqué sur la chaussée jusque entre les clous par les bagnoles qui n'attendent que le feu vert pour lui bondir dessus. Et il est chassé du trottoir où ces dames s'installent. Il n'a plus voix au chapitre, leur tonitruant bavardage lui cloue le bec. Il ne peut ouvrir la bouche de crainte d'être asphyxié par leurs pets. Quant à la route, il ne sait plus s'il doit tenir sa gauche ou sa droite. Piéton, prenez garde à droite, la voiture menace vos arrières ! Prenez garde à gauche, la bagnole vous charge de front ! Les Ponts et Chaussées ne lui laissent même plus la place d'un sentier, il ne lui reste qu'à s'enterrer dans le fossé; et c'est bien pire dans les bourgs, où la crue de l'asphalte lui colle le dos au mur devant le peloton des bagnoles. Où est le temps où, sac au dos, tenant le guidon d'une main, Adam et Ève prenaient la route ? Le piéton ne suit plus une route, il longe une voie ferrée, à chaque instant giflé par des express. Le piéton est une survivance, un obstacle qui pousse parfois l'impudence jusqu'à se faire écraser. [...] Le piéton est forcément insolite ; déchaussé de ses pneus, dévêtu de ses tôles, l'homme sans auto est en quelque sorte à poil, aussi obscène qu'un limaçon sorti de sa coquille. Il est normal que la police l'inculpe d'attentat à la pudeur automobile.» (p. 32-33.)

 

« Le grand prétexte de la bagnole c'est la liberté: le voyage. Mais c'est la machine qui impose l'itinéraire.L'auto ne peut couper à travers les champs, elle a besoin de routes, et pas n'importe lesquelles; elle exige de l'asphalte, et le plus doux, le plus large et le plus droit sera le meilleur.» (p. 75.)

 

« Tout homme travaille aujourd'hui pour gagner et nourir son auto ; c'est probablement pour cela que la semaine de cinquante heures a remplacé depuis la guerre celle de quarante. Et comme la bagnole doit se dégourdir les muscles pour éveiller son appétit, elle a besoin de concentrer au maximum le travail, dans une journée aussi bien que dans une semaine continue. C'est ainsi, quand son homme est au bout du rouleau, qu'elle lui procure l'indispensable repos du week-end ou de six heures.» (p. 80-81.)

 

« La journée finie, le travailleur n'a plus qu'à s'affaler sur la banquette, et au volant. Car c'est en machine que nous allons servir les machines. Le transport s'ajoute au travail, grâce à l'auto nous avons vaincu la distance, et nous nous baladons chaque jour un peu plus loin pour rejoindre notre établi ou notre bureau. Chaque jour nous avons les plaisirs du week-end en regagnant notre dortoir campagnard; le travail est fini, mais les machines ronflent d'autant plus; et plus la production des autos augmente, plus ce plaisir dure. En autobus ou en bagnole, nous sommes maintenant des millions de touristes à jouer au bouchon. D'année en année, la durée des transports augmente; ils sont si nombreux et si perfectionnés ! Peut-être qu'un jour l'auto nous sauvera du travail en nous empêchant d'y arriver. » (p. 81.)

 

« Aujourd'hui la bagnole est moins le jouet du dimanche qu'un outil quotidien. Moyen d'évasion ? Allons donc ! D'intégration dans la prison sociale. Tout est prévu pour nous contraindre à nous en servir. Dans une telle société, sans permis de conduire, l'homme n'est plus qu'un mort-vivant; privé de moteur et de roues, le travailleur n'est qu'un paralytique ; s'obstinerait-il à marcher qu'il ne trouverait plus de trottoirs. Comment atteindre à pied l'épicerie d'en face ? Et la nationale ne se traverse pas à la nage. » (p. 81-82.)

 

« La bagnole ne tue pas, c'est un accident, un événement aberrant qui ne se reproduira jamais, et qui ne peut arriver qu'aux autres. Et la bagnole ne tue pas, parce qu'elle tue quotidiennement ; il suffit qu'un fait devienne quotidien pour qu'il disparaisse de laconscience. Le premier mort en auto a provoqué quelque remous, mais le millionnième? Pourtant General Motors aurait pu lui offrir une couronne mortuaire pour marquer ce record. Aujourd'hui mourir en auto c'est en quelque sorte mourir dans son lit ; aussi, tandis que le moindre cadavre de la S.N.C.F. a droit aux gros titres, le mort automobile se perd en deux lignes dans la chronique locale: on ne peut s'amuser à consacrer un titre à chaque tué quand la guerre est déclarée.» (p. 114.)

 

« Laissée à elle-même, la bagnole finit par se détruire. Le temps que sa rapidité nous donne, elle nous le prend aussitôt pour nous expédier ailleurs. Comme le téléphone ou l'avion, pour une corvée qu'elle nous supprime, elle nous en invente mille. Elle nous mène à la campagne, mais bientôt, l'auto aidant, nous ne trouverons plus à cent kilomètres de voiture la baignade ou la verdure qui nous attendaient à cinq minutes de marche. La bagnole, c'est la liberté de mouvement, individuelle ou familiale; mais quand cent mille libertés motorisées se ruent au même endroit, c'est le bouchon.  La "démocratie" occidentale prétend cumuler la liberté et la fabrication en série d'une masse toujours accrued'hommes et de bagnoles: elle devra choisir. » (p. 123-124.)

 

+ TOUT LE CHEF-D'OEUVRE : Le petit traité de vélosophie de Didier Tronchet.

 

+ TOUTES Les analyses d'Ivan Illich sur la voiture. (Recopiages, plus tard sans doute)

 

Sylvain Rochex

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