L'angoisse originelle ou la première baffe

Gérard Mendel (dans "Pour décoloniser l'enfant") :

Si le sujet ne se soumet pas, exprime une volonté propre, l'adulte marquera sa désapprobation en lui montrant qu'il ne l'aime plus. Le très jeune enfant, avant même l'apparition du langage, associera ainsi de manière irréversible, affirmation de soi et perte de l'amour de l'autre. Quand on songe à ce que l'autre représente pour un nourrisson — tout simplement la vie — on conçoit l'efficacité d'un tel procédé. De cette manière, le sujet ne pourra pas évoluer naturellement vers l'autonomie. Sa peur de perdre l'amour des adultes, soigneusement entretenue et cultivée, le marquera d'une empreinte ineffaçable qui est le conditionnement à la soumission. (...) Celui qui détient l'Autorité sera appréhendé comme un personnage tout puissant, et le réflexe de soumission conduira le sujet à une obéissance absolue — sous peine de déclencher la réaction de culpabilité et la peur d'un abandon, d'une exclusion. L'angoisse d'un tel abandon, d'une telle exclusion répétera, sans que le sujet en soit le moins du monde conscient, son angoisse originelle lorsqu'il était un tout jeune enfant, voire un nourrisson, menacé d'une perte d'amour. Gérard Mendel

Mathilde dit parfois les choses ainsi : "Tout le monde s'est déjà révolté, oui, plusieurs fois,... dans ce qu'on appelle frauduleusement l'enfance...
Mais tout le monde s'est pris une tarte !!
Tout le monde s'est fait humilier au dernier degré de s'être rebellé."
Et tout le monde a refoulé... Ce que nous proposons à tous via "La Déscolarisation de la société", c'est de remonter avant LA TARTE !!
De redevenir à celui qui savait écouter le fond de son cœur, et ce, sur tous les plans.
Sur le plan social-historique : quand on est petit, on sent très bien (à cause de notre extrême sensibilité) ce qui se joue au niveau de "la grande histoire".
Sur le plan des activités aussi : que celui qui fut intéressé par les pierres précieuses ou les animaux ou les étoiles ou la mécanique ou la mer ou la musique ou les arbres ou l'eau ou la neige ou ceci ou cela, REVIENNE à la pureté de son élan premier, afin de retirer une à une, les couches nauséabondes (de capitalisme et de pression sociale à devenir quelque-chose) qui sont venues corrompre totalement cette pureté originelle, cette Vérité.

Comment ça se fait qu'on termine tous aussi loin (souvent aux antipodes) de ce qui nous intéressait vraiment au fond du cœur ? (Mendel donne la réponse ci-dessus).

Revenir donc avant la tarte dans la gueule.
Revenir avant toutes les tartes.
Je m'étais déjà un peu exprimé sur le sujet dans un article sur l'anamnésis (le 7 août 2015). (Remonter, tel un saumon, le courant de sa petite histoire ou celui de la Grande, ça s'appelle une anamnèse.)

Revenir anamésiquement avant toutes les tartes.
Pour cela s'humilier, accepter, de n'être rien, effectivement, pour racheter le fait d'avoir voulu être quelque-chose (à cause de la baffe).

Il faut revenir AVANT LA BAFFE, quand c'était encore votre CŒUR, le chef !!!

Devenir de La Canaille ! C'est à dire : RIEN ! Ce RIEN qui fait tomber, par essence, tous ceux qui croient être quelque-chose.