Proposition d'une éthique de vie

  • Donner aux autres, servir les autres, mais ne jamais se sacrifier, ou avoir la sensation de se sacrifier. (Pourquoi ? Car l'être humain a beaucoup de mal à ne pas envisager la contrepartie quand il s'est sacrifié (quoiqu'il ait beau se dire), donc pour réellement donner, il ne faut point se sacrifier. N.B : ça ne signifie pas pour autant qu'on ne doit pas chercher à se dépasser pour soi et pour les autres)
  • Tendre à se développer matériellement de manière à ne plus ressentir aucune peur/inquiétude vis-à-vis du vol. Chercher l'épure dans toutes ses installations. Chercher le plus possible à ne posséder que des choses naturelles, artisanales, qu'on peut facilement refaire soi-même à partir de matières locales. N'avoir que des choses qui peuvent disparaître sans trop de douleurs voire aucune. Un signe fort de tout ça est de pouvoir faire sauter tous les verrous et clés : laisser ouvert, permettre les accès etc. Un autre signe fort est de parvenir à rapidement consigner sur une page tout ce que l'on possède. Travailler quotidiennement au détachement vis-à-vis des objets et biens matériels.
  • Bannir totalement de sa vie la propriété lucrative (le fait de louer contre argent ou contre quelque-chose). N'avoir que de la propriété d'usage (on possède ce dont on a besoin et ce dont on se sert utilement). Avoir un seul lieu de type habitation/abri.
  • Chercher tous les jours les chemins pour créer une société sans argent, basé sur l'abondance et le don (non sur le troc).
  • Surveiller de ne pas avoir en propre tous les objets dont on pense avoir besoin (en se basant sur la recherche de l'essentiel). Exemple : je décide de posséder un lit en propre, mais je décide qu'il serait abusif que je possède en propre une caméra numérique. Donc, développer subséquemment la propriété collective de biens d'usage moyennement courant (mais ne pas attendre qu'elle existe pour décider qu'il est abusif d'avoir tel ou tel objet en propre, et donc s'en séparer).
  • Faire l'éloge de l'inconnu, de l'étranger. Vivre dans un principe d'accueil permanent de celui qui arrive (pour les personnes comme pour les événements). Aimer l'étranger, ne pas le considérer comme "n'étant pas d'ici". "Aimer vos ennemis" disait Jésus.
  • Se donner des limites en quantité d'énergie utilisée et ressources "consommées", et chercher quelle est la quantité la plus juste (donc revoir à la baisse régulièrement).
  • Ne pas se disperser géographiquement. Préférer l'enracinnement.
  • Avoir tout son temps. Le prendre. Le garder.
  • Jeûner de temps en temps.
  • Ne pas transformer la nourriture en argent dans sa tête et ne jamais penser qu'il n'y en aura pas assez pour tous (si on partage, il y a toujours assez). Idem pour tous les besoins premiers (chaleur, abri etc.), considérer qu'ils doivent être apportés à tous ceux qui en manquent (non par l'Etat ou quelques institutions ou puissances mais par nous tous, et par moi-même pour les personnes proches de là où j'habite)
  • Ne pas se lier à des puissances par des serments. Ne jamais être l'agent de volontés extérieure à la sienne (donc ne jamais se déresponsabiliser, donc, ne jamais dire : "Je fais cela parce qu'on me l'a demandé et/ou parce que j'ai dit que je le ferai"). Ne jamais faire quelque-chose contraire à sa conscience et notamment pour avoir de l'argent.
  • Tout faire pour ne jamais servir l'Etat. Tout mettre en oeuvre pour détuire l'Etat et les gouvernements.
  • Vivre DANS la nature, ne pas vivre "en ville" (ne pas se faire avoir/tenter par ce que semble offrir en apparence "la ville"). Considérer "la ville" comme une abomination.
  • Que devons-nous faire/construire ? L'abondance est notre tâche, mettre à mal tous les principes de rareté. Œuvrer pour que la création nous rende au centuple chacun de nos gestes au lieu de détruire la création. Œuvrer pour que la terre soit peuplée de plantes délicieuses et d'animaux (et de bienfaits) afin que de cette abondance (contraire de la rareté) découle la paix et l'harmonie (c'est toujours dans la rareté qu'on s'entre-déchire). Donner son surplus.
  • Tendre à subvenir soi-même à ses besoins essentiels : abris, chaleur, habillement, nourriture...
  • Régler un ordre de priorité en faveur de l'essentiel (besoin vitaux). Ne pas se dire que le non-essentiel (exemple : faire des vidéos sur internet ou autres travaux) peut conduire à l'essentiel, c'est faux.
  • Limiter drastiquement la spécialisation, chercher à être un être humain complet. La spécialisation engendre plusieurs maux : la fin des apprentissages, l'ennui et la dépendance aux autres êtres. La spécialisation est directement relié au problème de l'argent, puisque chacun réalise sa spécialité pour avoir l'argent lui permettant de couvrir tous les besoins (prodigués par les spécialités des autres) qu'il n'a pas le temps de couvrir à cause de son exercice d'une spécialité. Donc : Polyculture et permaculture.
  • Avoir un avis clair sur notre société et ses composantes (bonnes/mauvaises, ce qu'il faut garder, ce qu'il faut changer) et prendre position en conséquence concernant tous les éléments matriciels de cette société (Éducation en tête) et s'y tenir par souci de cohérence.
  • Ne pas chercher à monter "socialement", selon l'ordre du monde. Les premiers sont les derniers. Ne pas vouloir plus de pouvoir que les autres. Vivre en cherchant à augmenter le pouvoir des autres et non le sien (donc, ne jamais incorporer un rôle, un titre ou un grade, qui confère/légitime du pouvoir sur autrui). Désirer et pratiquer le pouvoir est un mal. Voir et vivre son frère humain comme son égal absolu. Il ne faut donc jamais donner le pouvoir à ceux qui le veulent. Se mettre en révolte contre toute espèce de Majesté. Ne pas être indifférent ("le contraire de l'amour, ce n'est pas la haine c'est l'indifférence") vis-à-vis des hommes de pouvoir car ce sont les plus blessés d'entre-nous. Chercher le Diogène en soi et détuire (en soi) l'Alexandre.
  • Ne pas constituer de groupes qui cherchent à exister en dehors de l'humanité, qui définissent un dedans et un dehors, membres et non-membre. Il n'y a qu'un seul groupe : le vivant.
  • Attribuer des penchants élevés à ce qui semble bas en apparence (exemple : faire la vaisselle - se dire par exemple que c'est utile à la paix du foyer donc à Dieu) et rester sur nos gardes à vouloir attribuer des penchants élevés à ce qui semble élevé en apparence (la plupart du temps selon la doctrine du monde. Exemple : passer à la télé).
  • Limiter drastiquement son adaptation au monde à la simple notion de survie. Bref, ne pas s'adapter à ce monde. Chercher plutôt à se connaître soi-même, à ne plus avoir de masques.
  • Cultiver la non-peur du lendemain. "Le lendemain s'inquiétera de lui-même. Chaque jour suffit sa peine."
  • Régler la question de la politique et du vivre-ensemble sur les droits naturels et besoins vitaux de tous et de chacun, et s'y tenir indépendamment des pratiques présentes.
  • Chaque être a besoin d'au moins 2 hectares de terre pour assurer ses besoins, et sa part d'eau pure et d'air pur.
  • L'argent est un mal absolu. Ne pas se chercher d'excuses là-dessus. Chacun doit régler pour lui-même la question de l'argent sans se voiler la face.
  • Embrasser les notions de commun et de privé, d'individuel et de collectif. N'en nier aucune, et travailler à leur articulation la plus harmonieuse.
  • Ne pas rendre le mal pour le mal.
  • Pardonner le plus possible et si possible à l'infini.

Sylvain

P.S : il s'agit là, soit de principes que j'applique correctement, soit de principes avec lesquels je souhaite progresser. Chercher la sagesse par amour pour elle, c'est la philosophie.