Conférence théâtralisée : Sommes-nous en démocratie ?

Elle repose sur une bibliographie d’une soixantaine d’ouvrages (disponibles en prêt).

Synopsis de la conférence :

Un patient, qui incarne le peuple, est en visite chez son médecin psychanalyste et philosophe. Comme tous les patients, il cherche à comprendre et à soigner sa pathologie.
C'est le prétexte pour nous interroger, ensemble, sur le régime politique dans lequel nous vivons.
Un régime de gouvernement représentatif oligarchique où le pouvoir des citoyens est confisqué par une minorité ou bien, une démocratie, comme on l'entend constamment ?

Un dialogue socratique :

Il s’agit d’une sorte de « dialogue socratique » avec tout ce que cela suppose concernant une maïeutique (méthode de Socrate pour faire accoucher les esprits).

L'objet s'ancre dans une tradition oratoire et philosophique qui vient du fond des âges, notamment de la Grèce antique.

La pensée (et à fortiori la pensée critique) naît toujours du dia-logue, du dia-logos (Dia : "à deux" ou autrement dit : "à partir d'une situation divisée").
Et le logos, c'est la parole, c'est le discours, mais c'est aussi la logique.

Un dialogue socratique part de A et va jusqu'à Z.

Très souvent, les militants, les intellectuels, interpellent des gens ici ou là (dans la rue, au diner) sur des questions de philosophie politique. Mais la plupart du temps, on atterrit brutalement sur la lettre H du parcours logique, puis on passe directement à O, mais sans passer par I, J, K, L,... et dans ces situations improvisées, non dévolues à la philosophie, nous n'avons en fait jamais le loisir de parcourir la logique de A à Z.
Sans la logique complète, l'échange aboutit souvent à un échec, voire à un conflit, à un truc assez torturé, et on se perd en dilution et en digressions.

Un dialogue socratique possède une trajectoire circulaire. On part de A, on dessine un cercle logique et donc, Z, l'arrivée, correspond au point A et referme le cercle. "La boucle est bouclée", on a la sensation que "tout se tient" et d'avoir dé-couvert quelque chose (alèthéia).

A l'intérieur du cercle se trouve alors : une cohérence, un nouveau monde idéel qui est apparu peu à peu.

Or, « L'institution se trouve en danger mortel dès que la preuve est administrée que d'autres manières de rendre la vie et le monde cohérents et sensés existent.» (Castoriadis)

C'est en ce sens que le dialogue socratique est un objet essentiel d'éducation populaire et de transformation sociale active.

Tant que Z n'a pas été atteint, il reste des objections : des ouvertures, le dialogue socratique se poursuit.

Le dialogue socratique pour la scène permet aussi de concentrer/condenser les milliers de dialogues hypothétiques sur un même sujet qui ont pu avoir lieu de façon spontanée mais qui ont presque toujours été des échecs en terme de logique (mais pas en terme de philia, évidemment).

Le dialogue socratique nous place aussi à l'intersection entre la méthode philosophique et la méthode psychanalytique. C'est pourquoi dans la conférence sur la démocratie le personnage du docteur se nomme Cornélius Castoriadis (mort en 1997), qui fut à la fois philosophe et psychanalyste et qui était en plus un spécialiste passionné de la Grèce antique (lui-même, d'origine Grecque).

Rappelons que l'art de conférer est à l'origine un synonyme de l'art de converser et donc de dialoguer (Dans les Essais de Montaigne, l'art de conférer est l'art de converser).

Le dispositif théâtral va aussi servir la distanciation en mettant en scène, dans un huis clos, deux personnages contrastés qui vivent des « conflits » et qui ont besoin l'un de l'autre pour cheminer. Dans le dialogue socratique, on peut faire varier l'opacité du quatrième mur de la scène, mais globalement le public garde sa position de "petite souris" au service de la distanciation (avec toutes les vertus décrites de longue date, plus récemment par Brecht notamment).

Dans la conférence sur la démocratie, un personnage, docte et équilibré, incarne donc le savoir (le docteur Castoriadis), et un autre incarne le besoin de comprendre (Madame Ciboulette) et est plutôt « en souffrance ». Les vues de Madame Ciboulette correspondent beaucoup aux "idées reçues", à un certain conformisme, à ce que Castoriadis appelle une "clôture de l'imaginaire social et politique". Il se retrouve donc face à une sorte de "Socrate" qui va habilement et méthodiquement l'amener à bouger les lignes et à changer son regard sur les choses (non sans quelques douleurs comme dans toute maïeutique), à sortir de la caverne, (ou de l'eau, tel un poisson volant, selon l’allégorie utilisée souvent en ce moment par Bernard Stiegler).

Par cette méthode le la complexité est levée car, car toutes les difficultés sont levées une par une via le dialogue (les définitions de certains mots par exemple). L'approche est progressive par définition.

En ne brûlant aucune étape, chaque membre du public se sentira respecté dans son processus intellectuel et accompagné de A... à Z. Il prendra confiance dans sa capacité à comprendre les choses, à embrasser la logique, et deviendra éducateur populaire à son tour et philosophe en puissance.


Le plan de la conférence :

Deux plans s'imbriquent de façon cohérente.

Le plan de « la cure » qui est proposée au patient par le docteur, et le plan général de la conférence.

Voici l'ensemble des chapitres de la conférence :

Chapitre 1 - Le diagnostic
Chapitre 2 - La présentation de la cure
Chapitre 3 - Les symptômes
Chapitre 4 - Avec les élections, les citoyens perdent leur pouvoir
Chapitre 5 - Les 3 régimes décrits par Hérodote
Chapitre 6 - Moyens d'action sur les Élus ?
Chapitre 7 - Une vraie démocratie
Chapitre 8 - La démocratie, c'est le pouvoir des pauvres
Chapitre 9 - Inversion du sens du mot démocratie et la fabrique du consentement
Chapitre 10 - Les clichés pervers sur la démocratie athénienne
Chapitre 11 - Le pouvoir
Chapitre 12 - Le tirage au sort
Chapitre 13 - Des institutions protectrices complémentaires
Chapitre 14 - L'apathie politique, les idiotès
Chapitre 15 - Quelques autres objections...
Chapitre 16 - Une nouvelle constitution

 

Ateliers et débats :


A partir de la conférence, un débat spontané peut voir le jour, mais de nombreux ateliers et travaux dirigés peuvent aussi être organisés tels que :

1 : Le comparatif démocratie antique et démocratie « moderne ».

Il s'agit de présenter un à un, les éléments constitutifs de la démocratie athénienne pour inviter les gens a effectuer eux-mêmes la comparaison avec aujourd'hui.

2 : La désintoxication du langage

3 : Arpentage de livres
Technique de lecture collective et partagée

4 : Ateliers théâtre et d'expressions.

5 : Débats mouvants
Vivre un débat pas seulement dans la parole mais aussi dans l'espace et le mouvement.

6 : Porteurs de paroles

Le texte de la conférence :

Le texte de la conférence est également disponible (libre), pour tous ceux qui voudrait l'utiliser de la même façon (et non lucrative) et pour l'étudier. (+ la bibliographie)

La vidéo de la conférence :

Une version de juin 2013 a été diffusée sur la toile sur youtube pendant plus d'un an, et a été visionnée 25 000 fois, mais nous avons décidé de la retirer pour encourager le présenciel et fuir Internet.

Nous remettons en ligne, cette vieille version de la conférence, ce jour (28/01/2015) :