I) « Tout mouvement de libération de l'homme ne saurait plus passer maintenant que par une déscolarisation.»

Ivan Illich

II) « L'oppression des enfants est première, et fondamentale. Elle est le moule de toutes les autres. »

Christiane Rochefort

III) « Quels enfants allons-nous laisser à la planète ? »

Jaime Semprun

IV) « Non plus créer des écoles alternatives, mais des alternatives à l’école »

John Holt

V) « Notre principale menace aujourd'hui est le monopole mondial de domination scolaire sur l'esprit des hommes. »

Everett Reimer

VI) « Ce qui me paraît le plus insupportable, c'est que l'école me séparait de moi-même. »

Christian Bobin

VII) « Plus l’homme se connaît par la voie officielle, plus il s’aliène »

Raoul Vaneigem

VIII) « Je perçois l'école non pas comme une institution qu'il faut réformer et perfectionner, mais comme une prison qu'il faut détruire. »

Cornélius Castoriadis

IX) « Ce qui abrutit le peuple, ce n'est pas le défaut d'instruction mais la croyance en l'infériorité de son intelligence. »

Jacques Rancière

X) « Prisonnier de l'idéologie scolaire, l'être humain renonce à la responsabilité de sa propre croissance et, par cette abdication, l'école le conduit à une sorte de suicide intellectuel. » Ivan Illich

XI) « Les hommes qui s'en remettent à une unité de mesure définie par d'autres pour juger de leur développement personnel, ne savent bientôt plus que passer sous la toise.» Ivan Illich

Site connexe : débordelisation.

LOGO 1 coul inv

Nexus

COUV NEXUS 108 WEBOn parle de nous (interview) dans le numéro 108 de Nexus de Jan/Fév 2017

Dossier « Déscolariser la société »

moinsOn a participé au dossier sur la déscolarisation du numéro 24 (août/sept 2016) du journal romand d'écologie : - Moins

L'école de la peur (texte complet)

ecoledelapeur

Attention aux méprises !

Nous ne sommes pas pour l'Instruction En Famille (IEF) sauf comme solution temporaire, celle-ci est inégalitaire et faire la part belle à une autre institution de l'ordre adulte presqu'autant problématique que l'école (si ce n'est plus !) Pourquoi toujours penser les choses en terme de systèmes fermés ?

Notre revendication se situe sur les communs et un monde ouvert : établir des écoles libres (chacun est libre d'y aller quand il veut), égalitaires (chacun peut intervenir pour enseigner), communales, citoyennes, gratuites, débarrassées de l'État, dans les espaces publics et communs, autogérées.

Bibliographie déscolarisation

Une société sans école
Ivan Illich
Mort de l'école
Everett Reimer
Le maître ignorant
Jacques Rancière
Comme des invitées de marque
Léandre Bergeron
Les apprentissages autonomes
John Holt
Pour décoloniser l'enfant
Gérard Mendel
Avertissement aux écoliers et aux lycéens
Raoul Vaneigem
Apprendre sans l'école
John Holt
Et je ne suis jamais allé à l'école
André Stern
La fin de l'éducation ? Commencements.
Jean-Pierre Lepri
Insoumission à l'école obligatoire
Catherine Baker
L'école de Jules Ferry, un mythe qui a la vie dure
Jean Foucambert
De l'éducation
Jiddu Krishnamurti
Pour l'abolition de l'enfance
Shulamith Firestone
L'école mutuelle, une pédagogie trop efficace ?
Anne Querrien
L'enfant et la raison d'Etat
Philippe Meyer
Le pédagogue n'aime pas les enfants
Henri Roorda
Les enfants d'abord
Christiane Rochefort
Les cahiers au feu
Catherine Baker
La fabrique de l'impuissance 2, l'école entre domination et émancipation
Charlotte Nordmann
La fabrique scolaire de l'histoire
Laurence de Cock et Emmanuelle Picard
L'école contre la vie
Edmond Gilliard
Libres enfants de Summerhill
A.S. Neill
Soumission à l'autorité
Stanley Milgram
Si j'avais de l'argent, beaucoup d'argent, je quitterais l'école
Une éducation sans école
Thierry Pardo
La véritable nature de l'enfant
Jan Hunt
C'est pour ton bien
Alice Miller
L'herméneutique du sujet
Michel Foucault
Ni vieux ni maîtres
Yves Le Bonniec et Claude Guillon
L'individu et les diplômes
Abel Faure
La domination adulte
Yves Bonnardel
Encore heureux qu'on va vers l'été
Christiane Rochefort
S'évader de l'enfance
John Holt
Inévitablement (après l'école)
Julie Roux

Article en avant

mamandeserie

Global larcin

Le monde est un grand larcin, un grand accaparement très diversifié, chacun son butin :

Les Élus volent le pouvoir.

Les universitaires volent l'université.

Les professeurs volent l'apprendre.

Les bibliothécaires volent les bibliothèques.

Les propriétaires volent la terre.

Les patrons volent la force de travail.

Les médecins volent la médecine.

Les médias volent l'information. ... etc. (S.R.)

Scolarisation du monde (le film)

schooling the worldAvec sous-titres Fr (bouton CC)

Outil n°1 pour lever le voile

etymosvignette

Les deux faces de la même médaille

mairieecoled

Cliquez sur l'image pour l'agrandir dans un onglet

Article du 30/08/2015

Un document exceptionnel !

millecitations

Nos liens Illustrateurs

Émissions en direct sur une radio locale

LE MONDE ALLANT VERS..., un jeudi sur deux à 19h30, sur la petite radio locale : RADIO GRÉSIVAUDAN.

Vous pouvez écouter ces émissions en rejoignant le site internet de Radio Grésivaudan ou en ouvrant votre radio sur la bonne fréquence.

Générique de l'émission :

Participez en direct en appelant le :

04 76 08 91 91

Accéder aux archives des émissions sur le site de Radio Grésivaudan.

Et si la cause des causes était l'absence d'architecture spirituelle chez chacun ? --> Ecoutez l'émission sur "La Citadelle" :

Fallait oser...

« L'enfant a droit à une éducation gratuite et obligatoire. »

Charte des droits de l'enfant de l'UNESCO

Bossuet nous disait :

« Il n'y a point de plus grand obstacle à se commander soi-même que d'avoir autorité sur les autres. »

 Professeurs, déscolarisez-vous !

« Les enfants ne sont pas seulement extrêmement doués pour apprendre; ils sont bien plus doués pour cela que nous. En tant qu'enseignant, j'ai mis beaucoup de temps à le découvrir. J'étais un enseignant ingénieux et plein de ressources, habile à élaborer des séquences de cours, des démonstrations, des outils de motivation et tout ce galimatias. Et ce n'est que très lentement et douloureusement - croyez-moi, douloureusement ! - que j'ai réalisé que c'était quand je me mettais à enseigner le moins que les enfants se mettaient à apprendre le plus. »

John Holt

Corollaire ou conclusion de cette idée de Holt : si on enseigne à l'E.N., c'est donc pour propagander, détourner, aliéner.

Sur le refus de parvenir

« Les honneurs déshonorent, le titre dégrade, la fonction abrutit. » Flaubert

*****

« Si nous voulons un monde nouveau, comment accepter de grimper, d'être reconnu par des institutions du vieux monde ? »
Marianne Enckell

Autres citations sur le refus de parvenir

Le corps enseignant ?

On parle toujours du « corps enseignant », mais jamais de son âme... C'est parce qu'il n'en a pas. Et s'il en avait une, ce serait évidemment celle, noire et vicieuse, de Jules Ferry.  S.R.

julesferryamenoireVoici le monsieur qui s'occupe de vos enfants !

descoetdroit

« L'éducation, avec son fer de lance qu'est le système de scolarité obligatoire, avec toutes ses carottes, ses bâtons, ses notes, ses diplômes et ses références, m'apparaît aujourd'hui comme la plus autoritaire et la plus dangereuse des inventions humaines. C'est la racine la plus profonde de l'état d'esclavage moderne et mondialisé dans lequel la plupart des gens ne se sentent rien d'autre que producteurs, consommateurs, spectateurs et fans, motivés de plus en plus, dans tous les aspects de leur vie, par l'appât du gain, l'envie et la peur. »

John Holt

Lien vers des centaines d'autres citations sur le sujet (mis à jour une fois par mois)

 

Géométrie scolaire

salle de classeVoici une série en 4 parties, concernant "la géométrie scolaire" ou si vous voulez "l'anatomie scolaire" ou encore "la théorie scolaire" (valable de la maternelle à l'université) ... Bref de quoi décrire les lignes et la logique du pharmakon de l'école telle qu'elle est en ce moment dans les mains des pouvoirs. De quoi décrire aussi le rapport prof/élève et l'autorité en général.

Pour commencer, y’a t-il effectivement « rapport » ? Oui mais il n'est pas "humain" selon krishnamurti :

« A partir du moment où vous parlez ès qualité, vous détruisez effectivement le rapport humain. La position de supériorité implique le pouvoir, et lorsque c’est ce que vous recherchez, consciemment ou inconsciemment , vous entrez dans un monde de cruauté. » (Krishnamurti)

Autres termes que l’on va pouvoir questionner « relation » et « rencontre » :
Il n’y a évidemment pas non plus de relation ou de rencontre en situation scolaire comme nous le pointe John Holt :

« Il ne peut jamais y'avoir de rencontre réelle, vraie et sincère, lorsque l'une des personnes détient du pouvoir sur l'autre. »
(N.B : Cette phrase est tout aussi valable pour la plupart des rapports parents/enfants.)

« L'une des raisons pour lesquelles l'école est rarement bénéfique aux enfants mais leur est par contre presque toujours nocive, c'est qu'ils n'expérimentent aucune rencontre réelle avec leurs professeurs.Les professeurs ne sont pas eux-mêmes, ils jouent un rôle. Ils ne parlent pas de leur réalité, ce qu'ils savent, de ce qui les intéresse, de ce qu'ils aiment, mais seulement de ce que prévoient les programmes, les livres du maître et les séquences de chaque séance (par exemple avec des indications telles que : "lancez une discussion sur...") Ils ne réagissent pas naturellement, avec franchise, ni aux actions ni aux besoins des enfants, mais en fonction des réactions dictées par des règles. Ils sont sans cesse en train de se demander : "Et si je fais ou dis ceci ou cela, ou que je laisse les élèves faire ou dire ceci ou cela, vais-je avoir des problèmes ?" ; puis ils agissent en fonction de la réponse à cette question. » John Holt

Détaillons dans cette série, cette absence de rapport humain, de relation, de rencontre. Tentons de décrire cette « géométrie » scolaire au final chaotique, infertile et destructrice de l’amitié, des individus et de la société.

La majorité des choses que je vais détailler dans cette série sont pratiquement valables pour le rapport parents/enfants et pour le rapport Élus/Électeurs, et de façon générale pour tous les rapports de domination qui détruisent bêtement la vie.

4 parties donc :

Géométrie scolaire. Partie II : les profs sont "méchants" (en théorie)

prof méchantMéchant. Voici un terme qui autorise étrangement chacun d'entre-nous à hurler au manichéisme primaire !!

L'histoire est simple : quand on est petit, on ressent la méchanceté, on la comprend en tant que telle et on la nomme parfois. Dans les dessins animés et les histoires, il y a des gentils et des méchants, et les gentils réussissent souvent à faire en sorte qu'un méchant devienne gentil. Et puis, un beau jour, on demande : « mais ça veut dire quoi manichéen ?! » Et à partir de là quelque-chose retombe : on s'est complètement gouré, les dessins animés se sont gourés aussi, il n'y a ni gentil, ni méchant, ni bien ni mal ! Orienter son esprit dans cette direction, c'est :

« MANICHÉEN ! » Et manichéen,...curieusement,... c'est ... mal ! C'est mal, et cela fait immédiatement passer notre cerveau d'un organe infiniment complexe, à une boîte avec deux cases vides (bref, le cerveau d'un con, d'un idiot, d'un handicapé mental !). Cette leçon doit être apprise rapidement : passer pour manichéen, quelle horreur ! "Ni bien ni mal", ça fait d'ailleurs partie de la religion de la laïcité, du Bouddhisme zen et de la société de consommation. Okay,... il n'y a pas de méchant.... Okay, tout le monde est un peu gentil et un peu méchant... Okay... (méthode Coué)... Nous nous sommes tous efforcés d'arrêter avec quelconques expressions d'un quelconque manichéisme..., car nous ne souhaitons plus jamais être taxé de "manichéen-cerveau-à-deux-cases" !! Faisant ce gros effort, le premier type qui exprime le moindre début de manichéisme, on pourra lui tomber dessus avec aisance ! Les mots "méchant" et "gentil", sont les deux mots clés principaux en la matière, les deux signaux d'alerte au manichéisme qui nous autorisent à gronder celui qui emloie ces mots de façon un peu trop appuyée ! En fait, le manichéisme (primaire ou pas) est toujours attaqué. L'antimanichéisme primaire, lui, presque jamais.

Mais c'est bien curieux tout ça, car tous autant que nous sommes, depuis que nous sommes arrivés sur terre, si y'a bien quelque chose qui n'a jamais changé, c'est bien de ressentir la gentillesse et la méchanceté des gens et d'établir qui est gentil avec nous et qui ne l'est pas. En fait, une fois adulte, on n'a plus le droit de dire qui est méchant car c'est être manichéen. "Méchant" serait même un terme qui appartient uniquement à l'esthétique de l'enfance. Quand on est adulte le terme correspondant semble être : "un enculé", pourtant le terme méchant décrit beaucoup mieux la réalité et il est plus gentil... Une fois adulte, on continue notre affaire avec le mot et le concept de "méchant" dans le secret de notre coeur. Oui, tout cela est donc bien étrange en nous-tous. On chemine dans la vie, et on voit bien que certaines personnes nous font mal, qu'elles sont méchantes avec nous (exactement comme quand on était "petit"). On voit bien aussi que certains groupes qui ont certaines prérogatives nous font plus mal que d'autres groupes qui n'ont pas les mêmes prérogatives, mais là aussi, zone interdite, surtout depuis la fin de la seconde guerre mondiale, il est moralement proscrit de désigner un groupe (n'importe lequel) comme étant particulièrement méchant. Là, non seulement on est manichéen, mais en plus cela signifierait directement qu'on désire la mort dans d'atroces souffrances des membres du groupe visé. Dire qu'on trouve tel groupe méchant et exprimer notre désir qu'ils arrêtent leurs méfaits, ce n'est pas le début d'une discussion polémique pour avancer, ce serait juste la signature que nous sommes des barbares avec un cerveau à deux cases, totalement opposé à la liberté et au "vivre-ensemble".

Si nous vivions dans un monde d'égalité, d'autonomie, sans rapport de hiérarchie et de domination, je conçois que ce serait beaucoup plus délicat de dire qu'untel est méchant et ce serait sûrement du manichéisme primaire dans bien des cas. Or, il se trouve que nous vivons dans un monde ultra-hiérarchisé avec des gens qui ont certaines prérogatives, certains avantages qui leur permettent de dominer l'autre, d'abuser, et de le faire souffrir. Mais donc, ce serait dans cette situation sociétale précisément qu'on ne pourrait pas désigner des gens comme étant particulièrement méchants ?!... Non, il y a bien quelque chose qui cloche...

Prenons un exemple. Comme tout un chacun, depuis que je suis né, j'ai eu à faire plusieurs fois avec "les forces de l'ordre" (policiers, gendarmes), et dans mon cas de militant révolutionnaire, un peu plus que la moyenne. J'ai pu observer que dans au moins 90% des situations, les membres de ce groupe abusaient de leurs pouvoirs et de leurs prérogatives. J'ai pu observer leur méchanceté dans la très grande majorité des cas. Mais, je n'aurais pas le droit de dire qu'il y a un problème grave avec ce type de personnes ? Ce serait du manichéisme et cela signifierait que je souhaite qu'on guillotine tous les gendarmes un par un ?! Ce serait pourtant sain de pouvoir dire en quoi ces personnes abusent et comment. Ce serait pourtant sain qu'on puisse exprimer que tel groupe nous fait souffrir à cause des abus qu'il commet (pour être en capacité de remettre en question les prérogatives de ce groupe).

Il se trouve, comme vous tous, que j'ai souffert et je souffre de la méchanceté des hommes de pouvoir mais dans ce monde, ce serait interdit de dénoncer la méchanceté des hommes de pouvoir alors qu'il y a là la cause première de toutes les souffrances de chacun d'entre-nous ? Car ce que j'ai dit pour "les forces de l'ordre", est valable pour tous les hommes de pouvoir et pour tous les groupes d'hommes de pouvoir (principalement : Profs, Élus, Patrons, Chefs en tous genres, Médecins, Propriétaires, Hommes riches, Parents,...). Philosophiquement (et pourquoi pas nourri entre autres par Alain et Simone Weil), il est pourtant clair que tout homme de pouvoir est porté à en abuser et que le pouvoir corrompt toujours. Thucydide disait : « Par une nécessité de nature, chacun commande partout où il en a le pouvoir. » ; Alain disait que tout pouvoir ira toujours à fermer toutes les portes... Depuis la nuit des temps, des hommes réfléchissent sans cesse sur comment se protéger des abus de pouvoir, c'est là l'essentiel de la philosophie politique, mais ces découvertes et ces techniques, sont régulièrement ettouffées, écartées,...

Je voudrais ci-dessous redéfinir la méchanceté et l'abus de pouvoir et prouver par là que le groupe des profs est radicalement méchant, dans le sens où ses membres se trouvent simplement dans une occurrence où ils peuvent faire mal, et comme ils le peuvent, ils FONT mal en permanence (voir la fin de cet article sur la non-puissance). Nous devons donc en finir avec l'antimanichéisme primaire et nous remettre à dénoncer les abus des hommes de pouvoir pour ensuite mettre fin aux prérogatives et aux symbolismes/mysticismes qui provoquent les abus de pouvoir et l'absence de consentement mutuel et de philia.

Cet article veut aussi exprimer qu'en matière de méchanceté, il n'y a pas de différence fondamentale entre les profs d'hier et les profs d'aujourd'hui contrairement à ce qu'on essaie constamment de nous raconter. Ça fait partie de la stratégie de l'Éducation Nationale de toujours faire semblant de changer et notamment en matière de traitement des élèves. La baguette faisait mal aux doigts certes, mais qu'est-ce qui faisait beaucoup plus mal encore et qui fait toujours aussi mal aujourd'hui ? : La situation. Ce rapport (inhumain). Cette ambiance. Cette domination. Cette compétition. Cette peur de l'adulte, cette peur de déplaire et d'être jugé par la négative, et ça, voyez-vous de Jules Ferry à aujourd'hui, rien n'a changé d'un iota. Les fondements de la méchanceté (et donc in fine les fondements de l'obéissance et de l'aliénation) n'ont jamais été retirés. La méchanceté ne s'exprime par exactement pareil qu'au début du XXème siècle, mais son essence, sa puissance, son effectivité, son efficience, ses causes, sont toujours là, intacts.

Les profs font mal et font le mal en permanence, car ils poursuivent tranquillement la seule chose qui nous fait du mal à tous depuis notre naissance : la mise sous dépendance et le chantage à l'amour. Cette chose nous fait mal à la fois sur le moment comme une brûlure vive et dans le long terme, car c'est la cause première de notre propre aliénation puisque nous allons diriger toute notre vie par rapport à ça, au lieu de nous développer dans l'autonomie. Les profs prennent le relai des parents sur ce point (ou disons, oeuvrent de concert) et nous préparent ensuite pour être définitivement mûrs pour les prochains hommes de pouvoir qui vont venir : Patrons, Directeurs, Élus et compagnie. Les parents, puis les profs, préparent le terrain nécessaire pour qu'on vive la vie comme eux l'ont vécue, c'est-à-dire comme « un troc permanent de la gloire ou du mépris où chacun reçoit une supériorité en échange de l'infériorité qu'il confesse » (Jacques Rancière). A chaque nouvelle génération, on espère autre chose mais les profs sont là pour empêcher tous les nouveaux mondes possibles : « La tâche du pédagogue : fonctionnaire timide, il inculque à ses élèves le respect et la docilité qui les pousseront toujours à faire "comme les autres". Et, ainsi, il rend encore plus incertain l'avenir meilleur vers lequel s'élancent les cœurs nouveaux. » (Henri Roorda)

Nous sommes tous pareillement faibles sur ce point : nous marchons toujours dans les chantages à l'amour, car nous recherchons tous l'amour de l'autre et le plaisir qui est associé. Le gentil, celui qui nous aime vraiment, sera celui qui nous aime en continu et oeuvre pour notre autonomie. Le méchant sera celui qui crée notre dépendance et un chantage à l'amour : un amour qui varie sans cesse, surtout en fonction de notre comportement ; un amour qui disparaît si nous nous émancipons complètement. Le méchant est notamment celui qui nous donne de l'amour quand nous nous soumettons, quand nous obéissons, quand nous correspondons à ce qu'il attend. Très tôt nous nous faisons berner là-dessus puisque le méchant in fine, après que nous ayons obéi, nous donne effectivement de l'amour, il devient gentil, il devient source de plaisirs et nous voilà complètement pommé. Le méchant veut notre soumission uniquement et il est donc contre notre développement, contre notre liberté. Il est contre le fait de nous rencontrer et de trouver un rapport mutuel, puisque la rencontre suppose l'égalité et ce n'est pas ce qu'il cherche. Louise Michel disait que le pouvoir est maudit ; je dirais que de la même façon  : le Professorat est maudit.

Sur le chantage à l'amour, lisons Gérard Mendel, c'est lumineux :

« Si le sujet ne se soumet pas, exprime une volonté propre, l'adulte marquera sa désapprobation en lui montrant qu'il ne l'aime plus. Le très jeune enfant, avant même l'apparition du langage, associera ainsi de manière irréversible, affirmation de soi et perte de l'amour de l'autre. Quand on songe à ce que l'autre représente pour un nourrisson tout simplement la vie on conçoit l'efficacité d'un tel procédé. De cette manière, le sujet ne pourra pas évoluer naturellement vers l'autonomie. Sa peur de perdre l'amour des adultes, soigneusement entretenue et cultivée, le marquera d'une empreinte ineffaçable qui est le conditionnement à la soumission. (...) Celui qui détient l'Autorité sera appréhendé comme un personnage tout puissant, et le réflexe de soumission conduira le sujet à une obéissance absolue sous peine de déclencher la réaction de culpabilité et la peur d'un abandon, d'une exclusion. L'angoisse d'un tel abandon, d'une telle exclusion répétéra, sans que le sujet en soit le moins du monde conscient, son angoisse originelle lorsqu'il était un tout jeune enfant, voire un nourrisson, menacé d'une perte d'amour.»

Lire la suite : Géométrie scolaire. Partie II : les profs sont "méchants" (en théorie)

Géométrie scolaire. Partie IV : des prisons. La peur.

peur larme4ème et dernière partie de ma série "Géométrie scolaire".

Après avoir décrit le rapport prof/élève dans les trois premières parties, I) Les profs sont des agents, II) Les profs sont méchants en théorie, et III) L'Égo très très spécial des profs, il nous sufit de conclure en décrivant le type d'espace et d'ambiance générale où ce rapport prof/élève se tient. Après avoir parlé du contenu, il nous reste donc à évoquer le contenant et l'atmosphère générale.

Enfermement, surveillance permanente et intégrale, immobilité, peur, compétition, laideur, et ennui. Les élèves d'hier et d'aujourd'hui sont des "individus disciplinaires" selon la formule et le concept de Foucault, et rien d'autre.

1) Enfermement

« Les quatre murs de la classe constituent une contrainte incompressible, résistants aux efforts successifs de « renouveaux pédagogiques ». Ils limitent aussi bien le déploiement de l'art de l'enseignant que les aspirations exploratoires des élèves. Au-delà des réformes et des discours d'ouverture, la classe demeure un espace qui dresse un mur entre l'enfant et son milieu familial, son environnement naturel, son réseau social, et qui le prive des multiples occasions éducatives émergeant d'un milieu diversifié et non contrôlé. » Thierry Pardo

Le contenant est une véritable prison, et ce n'est aucunement une image, c'est réalistement une prison, un bocal hermétique, un sanctuaire inviolable officiellement protégé par l'armée (on l'oublierait !), avec des portails à pics, et bien souvent de nos jours : de la vidéosurveillance. C'est en fait assez évident qu'il en soit ainsi puisque face à l'horreur et à la nocivité de la situation scolaire, la nature nous hurle intimement de nous échapper (même si, rapidement, nous apprenons tous à reprimer ce hurlement afin de ne plus jamais l'entendre). Vivre-dans-la-peur, l'être humain semble malheureusement être en capacité de s'y habituer, c'est "la peur coutumière" (qui s'installe pour toute la vie) dont nous parle Catherine Baker :

« En réalité, Marie, avant de concevoir toutes les bonnes raisons qu'on a de ne pas mettre les enfants à l'école, j'ai agi spontanément, comme d'instinct, pour t'éviter de vivre toute ton enfance dans la peur. À l'école, on a peur. (...) À la mère dont le petiot hurle au premier jour de la maternelle, on dit: « Il va s'habituer ! » C'est effectivement ce qui se passe. On s'habitue. La plupart oublient même qu'ils ont eu peur, qu'ils s'y sont accoutumés. Le pli est pris. Ils ont peur toute leur vie, ne savent plus de quoi. C'est là que réside l'atrocité de la souffrance obscure. (...) j'ai essayé d'éviter ce qu'il était en mon pouvoir, d'écarter de ton enfance: la sombre cochonnerie de l'institutionnalisation des rapports de peur entre adultes et enfants. Car cela n'était en rien nécessaire. (...) pourquoi aurais-je permis que tu vives la peur pour la peur, pour le pur apprentissage de la peur coutumière ? »

L'enfermement, qui permet à la peur de proliférer, est à la base (au génome) de la situation scolaire.

« Je m'installe dans un coin de la classe et j'observe. Quel spectacle désolant ! Tous ces enfants assis, muets et inattentifs, emmurés, appelés chacun à son tour à ânonner, obéissants et éteints. Quelle tristesse ! La seule qui semble prendre plaisir à cet exercice, c'est l'enseignante qui exerce son petit pouvoir dans l'inconscience totale. A la récréation où les pauvres prisonniers vont hurler leurs frustrations dehors, l'enseignante, au lieu de venir me parler, à moi cet intrus dans son petit monde fermé, va prendre un café rapide et s'emmure dans des corrections. Pauvres enfants abandonnés de leurs parents, condamnés à cet asile d'aliénés qu'est devenue l'école ! Ma fille ne sera pas abandonnée. Je voudrais bien libérer tous les autres en même temps... » Léandre Bergeron

Pour empêcher la nature, la situation spatiale est celle d'une prison au milieu d'un désert car si nous nous échappons, ce ne pourra être qu'à la manière du colosse Indien à la fin du film "Vol au dessus d'un nid de coucou" autant dire que c'est quasi impossible. De nos jour, le futur déscolarisé, qui doit donc avoir la chance d'être de type "colosse Indien", qui défonce les barreaux de la fenêtre avec le bloc de douche (Cf : la scène finale du film susnommé) retrouve la campagne originelle et la solitude car l'école est totalitaire, elle recouvre tout. Notre "mouvement de déscolarisation de la société" (qui est un mouvement dans le sens littéral du mot mouvement et non un parti), voudrait d'ailleurs changer ça. « La société est fatale, et la solitude impraticable » nous dit fort justement Emerson. Nous voudrions donc lutter de toutes nos forces contre ce dilemme insupportable qui consiste pour l'homme moderne à devoir choisir entre mourir, dégénérer, se suicider (physiquement et intellectuellement), en société ou bien souffrir la solitude et le vide.

Cet enfermement physique est l'expression matérielle de la fermeture du savoir : « L’enseignement scolaire n’est pas réellement conçu pour ouvrir à autre chose, mais est essentiellement fermé. » nous dit Charlotte Nordmann. Nous avons donc affaire, en terme purement physique, à un milieu fermé à tout point de vue. Il s'agit donc aussi d'un espace fini et défini, limité, au service de la rareté et du manque (condition de tout asservissement).

Lire la suite : Géométrie scolaire. Partie IV : des prisons. La peur.

Géométrie scolaire. Partie I : Les profs sont des agents

geometriescolaireLes profs ne sont pas des éducateurs, ce sont des « agents »

Les profs sont des AGENTS, des agents de l’État Français. Ils sont donc en situation de conflit d'intérêt permanente, ils ne savent pas qui servir : l'État ou les individus ? Formés et conditionnés à servir (à) l'État, payés par Lui, contrôlés, surveillés par Lui, nullement outillés pour émanciper, ayant arrêté d'apprendre pour la plupart, ils servent tous l'État. Et l'État, lui, sert les intérêts des riches, des multinationales et organise la destruction de la vie. Si les profs sont des agents, les élèves sont fatalement en posture de patients.

Les professeurs se sentent sûrement légitimés par leur solde mensuelle (ce sont donc des soldats), mais que répondent-ils à Léon Tolstoï qui disait :

« Les gouvernements protègent et récompensent les hommes à proportion de la part qu'ils prennent à l'organisation du mensonge. » ?

Ils répondraient sûrement qu'ils voudraient/devraient être plus payés et je serais en la matière entièrement d'accord avec eux, car le service rendu à «  l'organisation du mensonge » est effectivement énorme, gigantesque et surtout crucial et déterminant ! pour toute la marche, au pas, de la nation.

Avec les Élus, on le sait moins, les profs sont les pires traitres du peuple. Ils violent et corrompent lentement les âmes au profit d'un État séparé de nous et de la ploutocratie. Ils sont les ouvriers de l’hétéronomie individuelle et collective : sociale, matérielle, et politique. Ils sont là pour que chaque individu soit dépossédé de sa vie et de lui-même. Bref, ils sont là exactement pour l’inverse que ce pourquoi ils croient être là.

Sur cette notion très importante d’agent, Milgram a parfaitement cerné le problème avec sa fameuse expérience et son livre "Soumission à l'autorité". L’état agentique qu’il décrit ci-après concerne radicalement le professorat :

« Typiquement, l'individu qui entre dans un système d'autorité ne se voit plus comme l'auteur de ses actes, mais plutôt comme l'agent exécutif des volontés d'autrui. A partir de ce stade, son comportement et son équilibre interne subissent des altérations si profondes que l'attitude nouvelle qui en résulte met l'individu dans un état différent de celui qui précédait son intégration dans la hiérarchie. C'est ce que j'appellerai l'état agentique, par quoi je désigne la condition de l'individu qui se considère comme l'agent exécutif d'une volonté étrangère, par opposition à l'état autonome dans lequel il estime être l'auteur de ses actes. Un individu est en état agentique quand, dans une situation sociale donnée, il se définit de façon telle qu'il accepte le contrôle total d'une personne possédant un statut plus élevé. Dans ce cas, il ne s'estime plus responsable de ses actes. Il voit en lui un simple instrument destiné à exécuter les volontés d'autrui.

Une fois converti à l'état agentique, l'individu devient un autre être, présentant des aspects nouveaux qu'il n'est pas toujours facile de relier à sa personnalité habituelle. Il est particulièrement désireux de se montrer compétent et de faire bonne impression à l'homme de "science". Il mobilise toute son attention à cet effet. Il suit les instructions à la lettre, s'efforce d'assimiler correctement la technique du stimulateur de chocs (ndlr : voir expérience de Milgram) et se laisse complètement absorber par le souci d'exécuter au mieux les manipulations qui lui sont confiées. Dans le cadre de l'expérience, la conscience de la souffrance infligée à l'élève s'estompe au point de devenir un détail négligeable, une incidence mineure des activités complexes du laboratoire. (ndlr : "les activités complexes du laboratoire" peut être pris dans un sens métaphorique pour évoquer par exemple l'organisation d'un grand état)
Prenons l'exemple d'un président directeur général au cours d'une réunion de travail avec ses subordonnés. Ceux-ci ne perdent pas une de ses paroles. Si des collaborateurs placés au bas de l'échelle expriment les premiers des idées intéressantes, il y a de fortes chances pour que personne n'y prête attention. Si le président les reprend, elles sont accueillies avec enthousiasme. Chacun de nous a tendance à accorder plus d'importance à l'autorité qu'à l'individu. Nous voyons en elle une force impersonnelle dont les diktats l'emportent sur le souhait ou le désir d'un simple mortel. Les détenteurs de l'autorité acquièrent pour certains un caractère suprahumain. L'homme est enclin à accepter les définitions de l'action fournies par l'autorité légitime. Autrement dit : bien que le sujet accomplisse l'action, il permet à l'autorité de décider de sa signification. C'est cette abdication idéologique qui constitue le fondement cognitif essentiel de l'obéissance. Le changement agentique a pour conséquence la plus grave que l'individu estime être engagé vis-à-vis de l'autorité dirigeante, mais ne sent pas responsable du contenu des actes que celle-ci lui prescrit. L'argument de défense le plus fréquemment invoqué par l'auteur d'un crime odieux en service commandé est qu'il s'est borné à faire son devoir. En se justifiant ainsi, il ne fait que se reporter honnêtement à l'attitude psychologique déterminée par la soumission à l'autorité. Pour qu'un homme se sente responsable de ses actes, il doit avoir conscience que son comportement lui a été dicté par son "moi profond. La culture n'est pratiquement jamais parvenue à inculquer à l'individu normal l'habitude d'exercer un contrôle personnel sur les actions prescrites par l'autorité. C'est la raison pour laquelle cette dernière constitue un danger bien plus grave pour la survie de l'espèce humaine. »

Vous voyez donc, grâce à Milgram qu'un des premiers problèmes absolument catastrophique du professeur est son intégration dans un système d'autorité et de hiérarchie.

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Géométrie scolaire. Partie III: L'Égo très très spécial des profs

profVoici la 3ème partie de ma série intitulée « Géométrie scolaire » qui analyse la logique nocive de la situation scolaire et en particulier le rapport Prof/Élève.

Après avoir traité de l'état agentique des profs (partie I) et de leur méchanceté radicale et théorique (partie II), cette troisième partie concerne donc cet Égo très très particulier du "professeur".

"Devenir prof" : il s'agit bien de cette forme incurieuse d'émancipation, à l'opposé de la philosophie et de la vie philosophique, qui consiste à incorporer avec satisfaction et un sadisme revenchard inconscient, la position du dominant en tant que miroir complet de notre ancienne position de dominé. "Devenir professeur" est typiquement cette bêtise qui consiste à passer simplement du camp des opprimés à celui des oppresseurs pour croire que l'on s'est enfin émancipé. Obtenir ce statut de prof de la part des autorités (l'État), qu'on obtient la plupart du temps quand on est encore plutôt très jeune, c'est une forme de rite falsifié et non sage d'un soi-disant passage à l'âge adulte. On devient prof au terme de ce long chemin scolaire aliénant, quand l'idée qu'un être humain peut et doit grandir dans la liberté et l'autonomie est définitivement anéantie. L'aspirant prof voit les choses ainsi  : « Jusqu'ici, depuis 20 ans, j'ai toujours eu besoin de professeurs et de l'institution scolaire, c'est pourquoi celle-ci a valeur déterminante et cruciale, et je vais devenir l'un d'entre eux. » Nous devenons prof quand l'idée d'autodidaxie n'est plus pour nous qu'une étrangeté plutôt rare.

Prenons l'exemple d'un de ces professeurs qui ont une matière (dans le secondaire). A quoi correspond la biologie pour "le prof de bio" ? Il s'agit avant tout du champ de savoirs qui lui a offert ce qu'il prend pour son émancipation, c'est le champ de savoirs qui lui a offert le droit de fanfaronner, de dominer, de punir, de sanctionner, d'acquérir un statut social relativement élevé (jusqu'à présent) et un salaire. Ainsi que nous l'exprime Henri Roorda : « Un professeur accorde naturellement une grande valeur éducative à une discipline dont il a retiré lui-même un grand profit. » Il y a donc une confusion quelque-part. Pour "le prof de bio", les élèves ne doivent pas apprendre librement le logos de la "vie", mais bien "la biologie", en tant qu'objet scolaire et scolarisant, déterminé par des programmes Étatiques (et exactement comme il l'a lui-même apprise) puisque cela permet apparemment de s'émanciper, de devenir prof ! Il y a reproduction sociale complète : le "prof de bio" imite radicalement son prof de bio du passé (comme un individu reproduit souvent les comportements de son père qu'il abhorrait pourtant). Quand il parle de "boîte de pétri", de "microscope" et de "photosynthèse", il ne s'agit point d'une langue et d'un savoir issus de son individuation, de ses recherches personnelles, de ce qu'il est, de ce qu'il aime vraiment, il s'agit d'un rôle, d'une imitation, d'un masque, d'un personnage de la catégorie AGENT, qui répète, qui reproduit, avec le plaisir niais de ne plus être à la place de l'enfant et de l'apprenant.

Devenir prof, c'est totalement rejoindre "le réseau de mafiosi des adultes", ce "réseau des métastases du pouvoir", dont nous parle superbement Léandre Bergeron :

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Crédit Photo originale : Par Khoyobegenn